Formulaire P2

20.03.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Mauvais esprit, Haines ordinaires

Je ne sais pas si vous le savez, mais il existe en France plusieurs centres de formalités des entreprises, tous subtilement différents. En particulier, il s'en trouve un dans l'administration que le monde entier nous envie, je veux parler du fisc, et un autre dans cet immense machin qu'est l'union pour le recouvrement des cotisations de la sécurité sociale et des allocations familiales, plus connue sous le sobriquet d'URSSAF. Au vu des problèmes adminsitratifs qu'il est possible d'avoir avec ces deux administrations, j'aurais plutôt tendance à penser qu'il s'agit dans les faits de deux associations de malfaiteurs déclarées d'utilité publique, mais on va encore me dire que je fais du mauvais esprit.

Je m'explique.

Étant consciencieux et malheureusement encore honnête, je tiens à reverser au trésor public la TVA que je facture au titre d'une activité de profession libérale. Je dois vous dire que j'ai eu par le passé un numéro de TVA, mais qu'à la suite d'un changement de siège social, le service des impôts m'a perdu ce numéro et refuse de me le réattribuer sous prétexte que le centre de formalité de l'URSSAF ne lui a pas transmis le formulaire P2 avec adjonction d'activité, ce qui entre nous est parfaitement faux parce que j'ai sous les yeux ce fameux formulaire.

Je l'ai sous les yeux parce que j'ai obtenu de l'URSSAF une copie de ce papier daté du premier semestre 2007 et qui n'a toujours pas été traité par le centre des impôts. Sur ce papier, la case mentionnant le statut de profession libérale est cochée. Il y a mon numéro de SIRET ainsi que toutes les informations nécessaire à l'attribution d'un numéro de TVA. Après avoir perdu un temps infini pour avoir une personne dans ce centre des impôts qui comprenait quelque chose à mon problème, je m'entends dire que ce formulaire n'est pas le bon , qu'il faut un formulaire P2 avec une case pour choisir son régime de TVA et que de toute façon, ce papier doit être envoyé par le centre de formalités de l'URSSAF et non par moi-même parce que vous comprenez, si tous les contribuables s'adressaient directement à nous, nous ne pourrions plus travailler.

Travailler… Si tout le monde dans cette administration qui avait eu à traiter mon dossier avait fait le nécessaire en temps et en heure — ce qui leur aurait pris tout au plus quelques minutes —, jamais je n'aurais pris la peine de les appeler pour faire avancer ce dossier en souffrance depuis quatre ans. Par ailleurs, j'ai assez mal pris le fait qu'on me glisse dans la discussion que je les harcelais presque puisque j'ai eu trois fois la même personne en ligne en six semaines !

Donc je dois fournir un document portant le doux nom de formulaire P2, mais un formulaire P2 spécial puisqu'il porte mention d'un régime de TVA. Or ce papier n'existe pas. Il n'existe aucun formulaire P2 contenant cette information car le régime de TVA est associé au numéro de SIRET, unique pour une personne donnée quel que soit son nombre d'activités déclarées, et que ce régime de TVA est logiquement choisi lors de l'immatriculation, donc de l'envoi du formulaire P0. Je ne sais pas si vous suivez.

Je me trouve donc dans la situation aberrante suivante : il me faut remplir un papier qui n'existe pas, le mettre dans le circuit administratif au point d'entrée qu'est le centre de formalités de l'URSSAF et attendre que quelqu'un, au centre des impôts veuille bien le traiter en moins de quatre ans. Étant déjà immatriculé au travers d'un M0, je ne peux remplir un P0. Tout au plus puis-je fournir un P2 avec modification ou adjonction d'activité. Mais nous tournons en rond puisque cette fichue information de régime de TVA n'y figure pas. Fatigué, je me demande si je ne vais pas garder cette TVA, finalement.

Ce qui me met en rogne, c'est que quelqu'un dans ce centre des impôts n'a visiblement pas fait son travail en 2007 et personne ne veut lever le petit doigt pour résoudre le problème. Pire, ces chers fonctionnaires du fisc se dédouanent, non en téléphonant à l'URSSAF ce qui leur premettrait de trouver une solution en quelques minutes, mais en rejetant le problème sur l'usager auquel ils demandent un formulaire qu'ils savent ne pas contenir l'information demandée. Pour couronner le tout, si je remplis un formulaire P0, j'aurais bien un régime de TVA, mais ce formulaire P0 interférera avec le M0 de la personne morale que j'ai rempli en 2004, et ça risque de poser des problèmes tant pour les cotisations URSSAF que pour le régime social des indépendants et les caisses de retraite affiliées, ce dont les impôts n'ont que faire puisqu'ils pourront récupérer leur TVA.

Et c'est sans compter sur le fait qu'un esprit supérieur hantant les bureaux de ce centre des impôts m'a aussi conseillé pour résoudre les problèmes de m'enregistrer en tant qu'auto-entrepreneur. D'une part, au vu de la TVA que je devrais rembourser, cela ne sera pas possible, mais d'autre part, il est impossible de s'inscrire en tant qu'auto-entrepreneur si l'on a dèjà un numéro de SIRET, ce qui prouve que les gens du fisc connaissent bien leur métier !

J'ai beau prendre le problème par tous les bouts. Je pense que cela va terminer par un courrier recommandé au centre des impôts les mettant en demeure de régler le problème. Lorsque je suis en retard de 24 heures pour un règlement, je reçois des mises en demeure, des courriers recommandés. Là, ils sont tout de même en retard de plus de quatre ans, mais sans écrit, ce sera toujours ma faute et non la leur.

 

Résolution 1973

18.03.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit

Il y a quelques années encore, après un purgatoire plus que mérité, l'inénarrable Mouammar Kadhafi semblait devoir remplacer le chien en tant que meilleur ami de l'homme. Accueilli à bras ouverts avec tapis rouge à Paris, il a fait planter par ses amazones dans la cour de l'hôtel de Marigny sa tente bédouine et bloquer plusieurs jours la capitale dès que lui prenait l'envie d'aller faire ses courses sur les grands boulevards. Sans doute une marque de respect pour ses hôtes.

Les plus anciens d'entre vous se souviendront certainement des images pathétiques de ce 14 avril 1986 où l'on a pu voir, sur ce qui s'appelait encore Antenne 2, un président Kadhafi pleurer sur les ruines de l'un de ses palais, palais rasé par un raid de l'aviation américaine en représaille d'actions terroristes. Ceux-là se souviendront aussi de l'interdiction de survol du territoire français adressée par François Mitterrand à Ronald Reagan alors président des États-unis. Si ce jour-là, François Mitterrand avait pu, pour une fois, prendre la mesure des événements, nous n'en serions certainement pas là aujourd'hui.

Heureusement, il nous reste Alain Juppé. On aime ou on n'aime pas le personnage, mais il nous a fait oublier en moins de quinze jours la période insignifiante Bernard Kouchner et l'épisode pathétique Michèle Alliot-Marie. Il faut au moins lui reconnaître cela. Sans lui, le grand machin — j'ai des élans gaulliens ce matin — aurait pu se transformer en vulgaire SDN une fois de plus. C'était sans compter sur sa pugnacité qui a réussi à arracher une résolution, par dix voix pour et cinq abstentions, permettant d'intervenir a minima en Libye et d'entraver la marche de ce dictateur mégalomane, sanginaire et sensiblement perturbé.

Il est pourtant honteux d'avoir mis tant de temps à obtenir un tel accord. Il n'est pas question d'ingérence dans un pays souverain mais de protection d'une population qui n'a rien demandé à personne. Il n'est pas question d'imposer un régime politique ou un autre, les libyens ayant commencé à s'organiser par eux-mêmes et sans attendre l'hypothétique aide occidentale. Il est juste question d'empêcher une armée de mercenaires, grassement payés par le régime et qui ne sont pour la plupart pas lybiens, de décimer une population en allant chercher les terroristes jusque dans leurs placards pour reprendre les mots du guide, sans doute inspiré par Vladimir Poutine, un autre grand démocrate.

Par ailleurs, si cette armée de mercenaires est certes bien équipée, elle n'a aucun entraînement digne de ce nom et n'avance qu'en écrasant l'opposition sous les bombes. Elle ne résisterait pas à une offensive internationale rondement menée. Il faut donc se demander pourquoi les grandes puissances n'ont pas daigné envoyer une force armée pour chasser d'une manière ou d'une autre le guide du pays, quittant ce pays après cette mision de courte durée. Tout le monde en sortirait gagnant. Les grandes puissances se referaient une virginité à peu de frais dans le monde arabe et cette opération serait courte puisque contrairement à l'Iraq ou à l'Afghanistan, la polulation a initié le mouvement, est éduquée et attend désespérément notre aide.

La question est donc de savoir quels sont les accords plus ou moins tacites entre le dictateur libyen et nos gouvernements, quelles sont les pressions que ce personnage peut encore exercer ou plus simplement quelles sont les cartes qu'il a encore en main pour assurer son avenir.

 

-24 V

16.03.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Haines ordinaires

Je viens de griller un boîtier de commande d'une caméra infrarouge. Le boîtier à plus de cinquante mille euros hors taxe. Pourtant, j'ai scrupuleusement suivi ce qui était indiqué dans la feuille de chou faisant office de documentation et dans laquelle on pouvait lire qu'il fallait l'alimenter entre -24V et 24V, la masse étant en court-circuit avec la terre.

Ce qui était amusant, ou presque, c'est que ce boîtier comportait un convertisseur à découpage 24V/24V censée isoler galvaniquement l'entrée de la sortie et que celui-ci a sauté pour protéger son fusible interne. Heureusement, le boîtier lui-même comportait un second fusible en série qui, lui, a fondu pour protéger son congénère.

Étant curieux de nature et n'ayant pas le temps de m'arranger avec le fournisseur pour obtenir un échange standard du boîtier, je démonte et j'analyse. J'ai été assez surpris. Le convertisseur interne ne supporte en entrée qu'une tension maximale de 33V. Ce n'est pas grave tant qu'il est alimenté en 24V. Le problème est que le câblage indiqué dans la documentation rapportait 48V en entrée. Les dégats dans le convertisseurs étaient visibles, un condensateur de l'entrée avait fumé. Et ce condensateur était un bête condensateur électrochimique de 35V, pas un condensateur spécialisé claquant en circuit ouvert, non, le condensateur bête, celui qui vieillit d'autant plus mal que les normes antipollution se sont occupées de lui. Muni de ces informations, je téléphone au support technique de la maison mère aux États-Unis. Personne semble au courant du problème. Pire, le type du service technique me soutient que l'alimentation se fait bien entre -24V et 24V et que je devais — et c'est un ordre — tester le second boîtier. Les mêmes causes risquant de produire les mêmes effets, je commence à démonter le second boîtier pour analyser le câblage. Les deux boîtiers étaient parfaitement identiques et je rappelle mon interlocuteur qui me signale tout de go que comme j'avais ouvert les boîtiers, la garantie ne s'appliquait plus. Là, je m'énerve parce que si je l'avais écouté, j'aurais grillé mon second boîtier et qu'il valait mieux pour lui qu'il ne me prenne pas pour un imbécile jusqu'au bout. Ne pouvant résoudre mon problème, il me donne le numéro d'un support technique aux Pays-Bas. C'est déjà mieux, nous sommes dans le même fuseau horaire.

Au cour de la discussion avec le support hollandais, je m'entends dire que l'alimentation se fait entre 0 et 24V et que le -24V (indiqué tel quel dans la documentation) est en fait une notation américaine pour indiquer le 0V du 24V. C'est pour eux un problème connu et ils n'arrêtent pas de changer ces fameux boîtiers pour toujours les mêmes raisons : toute nouvelle personne qui monte un tel boîtier est sûre de le faire sauter en l'alimentant sous une tension double de la tension nominale. J'avoue pourtant avoir quelques années d'électronique derrière moi, je n'ai encore jamais rencontré cette notation. Et personne autour de moi non plus d'ailleurs. Bon, problème réglé, correction de la documentation en rouge et renvoi du boîtier défectueux à l'envoyeur pour un échange standard et gratuit.

Dire que j'ai conçu une alimentation linéaire de plus de 1 kVA pour alimenter plusieurs caméras, régulée, avec une impédance de sortie inférieure à 5 milliohms, deux sorties réglables de -24V à 24V et un limiteur de courant pour la seule raison que des américains ne savent pas écrire une documentation ! Non seulement leur papier nous a fait griller un boîtier, mais aussi perdre un bon mois de travail pour concevoir une alimentation qui ne servira pas !

Autant le boîtier se change, autant le mois de travail perdu ne se retrouve pas. Et lorsqu'on est court en temps, ce mois perdu est plus que préjudiciable !

 

Sortir du nucléaire

15.03.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Mauvais esprit, Je hais les écolos

Je ne sais pas si vous avez remarqué comme moi, mais vous allez voter dans quelques jours pour vos conseillers généraux. Je dis vous, parce qu'en ce qui me concerne, ce problème ne me touche pas ayant la joie d'habiter à Paris, département de la Seine, où la ville et le département sont confondus.

Vous avez dû remarquer aussi qu'il s'est produit au Japon un séisme de grande ampleur puisqu'il a frôlé la note de 9 sur l'échelle ouverte du regretté Richter.

Et l'on a vu les écologistes descendre dans la rue pour hurler contre la fin du nucléaire en France, que tout ceci était un scandale et qu'il fallait faire un référendum, voire une votation, voire un grand débat national qui pourrait éclipser celui annoncé sur l'islam dont on se demande ce qu'il vient faire ici.

Que l'on dise que la technologie nucléaire est dangereuse ou qu'il ne faut pas construire des centrales nucléaires un peu partout est une chose. Que l'on profite d'un séisme à l'autre bout du monde pour faire une campagne électorale à peu de frais en est une autre. Il faut vraiment n'avoir aucune dignité pour en arriver là. Jamais, nous n'avons entendu parler les écologistes et prétendus tels des dangers des centrales nucléaires au Japon. Seuls certains scientifiques émettaient des doutes quant à ce qui pourrait se passer en cas de séisme majeur. Jamais nous ne les avons entendus s'éléver contre ces centrales à risques, peut-être parce qu'elles étaient au bout du monde et qu'elles n'étaient pas directement dangereuses pour nous. Mais, dès lors qu'il est possible de passer dans les media juste avant une élection pour rappeler que le nucléaire, c'est le mal, aucun n'a pu s'empêcher d'y aller de sa petite phrase.

Mesdames et messieurs les écologistes de tout poil et de toutes obédiences, je vous mets au défi de sortir du nucléaire. À l'heure où j'écris ces lignes, plus des 80% de l'électricité sont en France issus de la filière nucléaire. En sortant du nucléaire, nous diviserons par cinq notre production car il ne faut surtout pas croire que le solaire et l'éolien nous permettront une production alternative à la hauteur, surtout lorsque, dans le même temps, vous plébiscitez le véhicule électrique. Quant à l'hydraulique, l'immense majorité des ressources disponibles ont été utilisées. Restent donc les centrales au charbon et les centrales au fuel, que des choses qui ne polluent pas et qui ne provoquent pas de pluies acides. Ou la possibilité d'acheter de l'électricité aux pays voisins. Non, c'est vrai, ce n'est pas possible, nous leur en exporterions plutôt. Et ne croyez surtout pas qu'il sera possible de diviser par cinq dans les quelques années qui viennent la consommation électrique de la France.

Vous allez aussi me dire que le problème du nucléaire est sa production de déchets. C'est parfaitement inexact et vous le savez. Vous avez réussi à faire arrêter les projets de recherche dont les surgénérateurs qui avaient justement la capacité de ne produire que très peu de déchets. Prétendre après cela que le problème de la filière nucléaire est sa gestion des déchets est donc un argument des plus fallacieux puisqu'il est impossible de reprocher à une technologie ses lacunes lorsqu'on a tout fait pour qu'elle les aient.

L'un d'entre vous a eu le courage de dire par le passé que le nucléaire était le moins pire des moyens de productions actuels d'électricité. Vous feriez bien d'en prendre de la graine. En attendant, arrêtez de jouer de la peur des gens à des fins purement électorales. Vous ne valez guère mieux que les gens de l'UMP qui n'arrêtent pas de lancer des grands débats nationaux sur la nationalité, l'islam et tout ce qui peut cliver efficacement. Il est d'ailleurs assez amusant de vous entendre hurler contre ces débats alors même que vous vous comportez à l'identique.

 

Retour de bâton

12.03.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Haines ordinaires

Je viens d'envoyer paître un employeur potentiel. Mine de rien, ça fait du bien. Je dois même dire que cela me démangeait depuis quelque temps.

Depuis quelque temps aussi, les pouvoirs publics s'émeuvent de ce qui arrive aux PME lorsqu'elles sont face à des grands groupes. Il commence à se savoir que la plupart des grands groupes lancent des appels d'offre, souvent longs et difficiles, laissent croire à une PME qu'elle l'a gagné, puis donnent le cahier des charges à un concurrent beaucoup plus gros. Vous comprenez, on ne va pas s'engager avec une PME qui aura peut-être disparu l'année prochaine, c'est la crise pour tout le monde.

Il va sans dire que rien n'est jamais signé et que les réponses aux appels d'offre non seulement ne sont pas rémunérés par le client mais sont souvent pour une PME payants puisqu'il faut qu'elle consigne des cautions bancaires voire qu'elle paie directement l'émetteur de l'appel d'offre pour en avoir le texte écrit.

Cette mésaventure m'est arrivée pas plus tard qu'au mois de janvier. Cela faisait une bonne année que je répondais à un appel d'offre pour une société de vente d'électroménager. Le 15 novembre, ce contrat était acquis. Il s'agissait de fournir l'infrastructure informatique pour gérer sur l'ensemble du territoire français son service après-vente. Le 15 janvier, j'ai appris que le contrat passait à un gros concurrent car l'enseigne en question avait réouvert son appel d'offre en fournissant ma réponse à tous mes concurrents.

Sauf que…

Sauf qu'il y avait dans ma réponse un outil informatique qui m'a coûté dix ans de travaux de recherche et valu deux prix d'innovation, outil que le concurrent en question ne pouvait avoir, aussi gros qu'il fût. Sauf que le concurrent avait remporté cet appel d'offre et qu'il fallait maintenant qu'il fournisse un produit ayant un semblant de fonctionnement.

Je pense qu'il a cherché deux mois avec ses équipes de développement pour savoir s'il pouvait faire dans le temps imparti au développement. Comme la réponse a été négative, ce concurrent, utilisant le numéro de téléphone qui apparaissait sur l'appel d'offre, m'a tout bonnement appelé pour tenter de m'embaucher. Il y en a vraiment qui n'ont peur de rien.

Mon grand — tu permettras sans doute que je t'appelle mon grand, puisque partout, tu te targues d'avoir dix ans d'expertise de plus que mon entreprise —, tu as tout fait pour remporter cet appel d'offre avec la complicité du client. Tu ne pensais tout de même pas que j'étais vénal à ce point. Je ne vais pas te donner un outil qui m'a fait suer sang et eau depuis plus de dix ans pour quelques mois de salaires car lorsque cet outil sera à toi, tu t'empresseras de me congédier. Ce qui t'intéresse, c'est l'outil, ni le développeur ni le chercheur qui l'a mis au point. Je vais être très clair avec toi : tu as gagné cet appel d'offre, maintenant, tu te démerdes comme un grand, et surtout, tu ne comptes pas sur moi. Tu m'oublies.

 

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