Les talonnettes de Dyonisos

24.08.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit

Un titre qui a de la gueule, non ? Un vrai titre de roman !

Ce titre m'a été inspiré par l'invité de Guillaume Erner dont je tairai ici le nom pour ne pas lui faire de publicité. Guillaume Erner est fabuleux. Il arrive à amener ses invités exactement où il le veut, voire à les prendre pour des imbéciles sans qu'ils ne s'en rendent vraiment compte.

Ce matin, il était question des tribus modernes. La discussion a dérapé lorsque l'invité a cru bon de signaler que chaque époque avait besoin d'un ou de plusieurs totems. Prenant la balle au bond, le présentateur rajoute qu'il se souvenait du grand totem de l'après-guerre, le grand Charles. En effet, le général se pose en totem, lui répond son invité, d'autant qu'il était grand. C'était facile, mais il était tombé dans le piège grossier qui n'allait pas tarder à se refermer sur lui.

Parce que derrière le grand homme se cache un petit à talonnettes. Là, l'invité, très proche de l'actuel locataire de l'Élysée, s'est trouvé très bête parce qu'on n'a encore jamais vu de totem à talonnettes, même dans les tribus les plus reculées du fond de l'Amazonie.

S'ensuivit une séance de rattrapage aux branches assez exceptionnelle. Dans un cas pareil, on se tait et on passe à autre chose. Là, non, le présentateur s'est tu et l'invité a dû meubler. Et il a meublé… Enfin, il a fait ce qu'il a pu en de pareilles circonstances par lui créées. Nous avons entendu que l'actuel président de la république était un Dyonisos à talonnettes. Je n'ai pas vraiment compris la fulgurence du raisonnement qui l'a amené à une telle métaphore. J'ai encore moins compris l'image et je me demande même s'il y avait quelque chose à comprendre. Nous avons entendu un peu plus tard que si le président actuel était petit, c'était pour rappeler à tout le monde un enfant éternel et rassurer.

Là, je crois qu'on a atteint le fond ! Mais, bougre d'andouille, essaie au moins de rester cohérent ! Comment peut-on être petit et mettre des talonnettes dans ses chaussures parce qu'on est complexé par sa taille en désirant en même temps rester petit pour rassurer ? Par ailleurs, j'aimerais te signaler qu'on ne choisit pas sa taille. Il y a des grands et des petits et on ne peut rien y faire. Tirer des conséquences sur le caractère des gens en fonction de leur taille est déjà hasardeux, mais dire que quelqu'un désirait rester petit pour rassurer les gens alors qu'il est visiblement complexé par sa taille est quelque chose d'assez puissant pour être noté.

Et plus il se débattait, plus il s'enfonçait dans la toile qu'il avait lui-même tissé.

J'ai suivi trois ans de cours de théâtre, principalement d'improvisation. J'y ai appris plusieurs choses utiles, surtout lorsqu'il faut donner un cours devant des étudiants qui cherchent absolument à vous pousser dans vos retranchements. Comme au judo, il faut utiliser la force de l'adversaire contre lui. Là, c'était très simple, ça se passait à la radio. Il suffisait de se taire, plutôt que de s'enfoncer tout seul, et le présentateur était obliger de reprendre la conversation sur un autre sujet. Personne n'aurait relevé.

Réagir »
 

Carburants

23.08.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Mauvais esprit, Vieux con, Je hais les écolos

Je suis passé aujourd'hui devant une pompe à essence d'une marque que je ne citerai pas et qui faisait la promotion d'un carburant propre et écologique pour moteur Diesel. De qui se moque-t-on ?

Le moteur Diesel est un moteur fonctionnant à l'huile lourde, pas nécessairement avec une huile lourde issue du pétrole. Le moteur présenté à l'exposition universelle de Paris en 1900 fonctionnait même à l'huile d'arachide.

L'huile lourde utilisée aujourd'hui dans ces moteurs est un résidu de la distillation du pétrole. C'est donc tout sauf un carburant propre puisqu'il se compose de tout ce qu'il reste au fond de la colonne de distillation une fois qu'on a récupéré tous les composants volatiles dits nobles. C'est un vaste mélange de molécules organiques longues, diverses et variées, à la consistance visqueuse et à la formule chimique aléatoire. La conséquence immédiate est qu'il est techniquement possible de fabriquer une voiture à essence propre, aux émissions de dioxyde de carbone près, alors qu'il est impossible de faire la même chose avec un moteur à Diesel pour la simple raison que la composition du carburant est variable. Tout au plus peut-on rajouter des filtres à particules et plein d'autres choses pour faire croire qu'on ne pollue pas et bidouiller les chiffres pour montrer qu'un moteur à essence pollue plus qu'un moteur Diesel. C'est vrai, un moteur à essence produit essentiellement du monoxyde et du dioxyde de carbone et un moteur Diesel en produit très peu. Mais qu'est-ce qu'il produit comme quantités incroyables de particules fines (cancérigènes), de dioxyde d'azote et de composés soufrés !

Prétendre en comparant leurs émissions de dioxyde de carbone qu'un moteur à essence pollue plus qu'un moteur Diesel est indigne d'un raisonnement scientifique. C'est exactement la même chose que prétendre que la voiture électrique ne pollue pas en faisant l'impasse sur la création et le transport de l'électricité nécessaires à la charge des batteries. C'est tout aussi bête que de comparer des pommes et des bananes.

D'une part, le moteur Diesel n'est pas un moteur propre, au moins lorsqu'il est monté sur un véhicule routier où il change constamment de régime, et d'autre part, le carburant étant un résidu de la distillation du pétrole, il faut, pour vendre du carburant pour moteur Diesel, déjà avoir vendu de l'essence. Et on se retrouve dans la situation absurde d'importer en France du gasoil provenant des raffineries américaines auxquelles on vend notre surplus d'essence. C'est aussi pour cela qu'on essaie de niveler la qualité de l'essence vers le bas, l'SP95 étant au standard américain. Peut-être, mais le taux de compression des moteurs n'étant pas le même, si donner du SP98 à un moteur américain est donner de la confiture à un cochon, alimenter un moteur européen avec un carburant à 95 degrés d'octane est une aberration puisqu'il consommera plus de carburant que si on lui avait donné directement du SP98. Une histoire d'avance à l'allumage et aucun écologiste n'a encore compris cela !

Par ailleurs, l'une de mes connaissance travaille dans le bureau d'étude d'un grand constructeur français et m'a expliqué pourquoi ils essayaient d'orienter le consommateur vers des véhicules à boîtes ayant au moins six vitesses. Vers 1970, les véhicules se conduisaient principalement sur le couple. La courbe de ce couple en fonction du régime du moteur était très peu accentuée. Il faut savoir que la consommation est minimale quand le couple est maximal. La consommation d'un tel véhicule était, en première approximation, fonction de la vitesse. De nos jours, les moteurs sont tellement poussés que, d'une part, la puissance maximale est donnée à un régime très peu syndical et que la courbe de couple est beaucoup plus accentuée. Pour que les consommations affichées soient affriolantes, on bricole la boîte de vitesse pour que le couple maximal soit atteint juste pour les vitesses de mesure. On se retrouve donc avec un véhicule qui affiche fièrement 5l/100km à 90 km/h et qui dans les faits est plus proche des 8,5l/100km.

C'est ce qu'annonçait ma dernière voiture. Dans les faits c'était tout à fait autre chose. Lorsque j'ai fait la remarque à la concession Peugeot — zut, j'avais promis de ne pas dire le nom ! —, on m'a répondu que je devais rouler n'importe comment.

Cette réponse en vaut une autre. Mais j'aimerais simplement qu'on m'explique comment il se fait qu'avec une voiture de 1975, de même poids et même puissance que cette Peugeot, je ne consomme que 10l/100km à 90 km/h sur un parcours routier. Vous me direz que la Peugeot gagne car ne consommant que 8,5l/100km et ayant la climatisation. Je vous rétorquerais que celle de 1975 tourne au SP98 alors que la Peugeot fonctionne au Diesel, donc dans le rapport de vitesses des deux moteurs, c'est bien l'antiquité qui gagne, d'autant que l'antiquité, si elle n'a pas de climatisation, détourne une partie de la puissance du moteur pour la suspension, la direction assistée, le freinage et la boîte de vitesses.

Le marketting a encore fait son œuvre. D'une part, il nous fait croire que le moteur Diesel pollue moins qu'un moteur à essence, mais il nous fait aussi croire que les voitures anciennes polluent plus que les voitures récentes. Pour le bas de gamme, c'est certainement vrai. Dans le haut de gamme, c'est trivialement faux. Mais tout le monde est content, les constructeurs, parce que ça fait vendre en leur donnant une étiquette verte et responsable, les clients, parce qu'ils sont contents d'acheter un véhicule neuf qui polluera tout autant, et les écolos, parce que ceux-ci n'ont toujours rien compris à l'écologie. D'ailleurs que deviendrait l'écologie si un jour un écologiste se mettait à réfléchir ?

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

God'Art

22.08.10 | par Le Grincheux | Catégories: Vieux con

Je ne comprendrais jamais le cinéma de Godard. Pourtant, j'ai essayé. J'ai essayé pas plus tard qu'il y a quelques jours en me forçant à rester devant Pierrot le fou, tout de même trois « T » dans Télérama. Dites, les spécialistes de Télérama, je pense qu'il serait plus que temps d'arrêter la boisson. Déjà, pour à bout de souffle, vous aviez écrit une critique dithyrambique largement surfaite.

Que ce soit un film d'art et d'essai, certainement, ne serait-ce que par la tenue des dialogues hachés ou la présence d'écrans de bandes dessinées. Mais de là à en faire une œuvre majeure, il y a un pas que je ne peux pas franchir. Si en plus on rajoute que c'est le meilleur film de Godard comme j'ai pu le lire, ça donne le ton quant au reste de sa filmographie.

La narration est poussive, l'action incompréhensible et ponctuée de scènes surréalistes comme celle de l'incendie de la 404 à côté d'accidentés de la route. Au bout des deux heures que dure ce film, je n'avais pas l'impression d'avoir vu un grand film, juste la pénible impression d'avoir perdu deux heures en étant pris pour un imbécile par le cinéaste.

J'ai tout de même réussi à comprendre deux ou trois choses, mais pas l'action, s'il y en avait une, dans sa globalité. Je n'ai même pas réussi à saisir où voulait nous emmener l'auteur ni même s'il avait un dessein particulier en réalisant ce film. Comment a-t-on pu faire de Godard une telle icône ? Autant j'arrive tout à fait à comprendre pourquoi un cinéaste comme Buñuel est encensé malgré des films expérimentaux et fortement marqués par le surréalisme, autant je n'arrive pas à comprendre la place qu'a pu prendre Godard au panthéon du cinéma.

Il n'y a pas à dire, dans la famille God(d)ard, je préférerai toujours Paulette !

 

Paris-Plage, enfin la fin !

21.08.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les écolos

Enfin !

Paris-Plage vient de fermer ses portes. Il était temps, la circulation devenait démente sur les quais de la Seine. Depuis ce matin, des petites mains nettoient les berges pour que les automobilistes puissent à nouveau les emprunter et laisser les quais à leurs habitants. À partir de mardi, on circulera à nouveau à peu près correctement entre la place de la Concorde et le port de l'Arsenal.

Pour être tout à fait exact, je n'ai jamais compris l'intérêt de se prélasser au milieu des gaz d'échappement. Chacun sait que les gaz d'échappement sont plus dense que l'air ambiant. Les véhicules à l'arrêt ou presque sur les quais crachent une quantité impressionnante de polluants de toutes sortes, les pires étant certainement les résidus de combustion des moteurs Diesel outrageusement subventionnés par l'état. Et où se déverse cette pollution ? Sur les heureux profiteurs de Paris-Plage ! Il y a tout de même une justice en ce bas monde…

Comme tous les ans, on se dépêche de rendre ces voies sur berges praticables en faisant des petites entorses ici et là et en cachant dans la Seine ce qu'on n'a pas le temps de ramasser proprement. Personne ne dira rien tellement Paris-Plage est une opération faite sous le sceau de l'écologie. Après tout, si les gens sont assez bêtes pour croire en l'écologie de cette manifestation aberrante, c'est leur problème, mais qu'on ne vienne surtout pas après me chercher des poux dans la têtes sous prétexte que je roule dans une voiture qui va sur ses trente-cinq ans de bons et loyaux services et qui lors de son dernier contrôle technique ne polluait pas plus qu'une voiture récente !

J'aimerais assez avoir des statistiques sur l'origine des badauds fréquentant Paris-Plage ainsi que sur la fréquence des visites de ceux-ci. J'ai vaguement entendu parler hier de deux cent mille visiteurs, soit pour trois kilomètres de plage et trente jours d'ouverture, quarante-cinq centimètres linéaires par visiteur. En partant du principe optimiste que la largeur de la manifestation n'est que la largeur de la voie carrossable, donc six mètres, nous arrivons à un peu moins de trois mètres carrés par visiteur. Il n'y a donc pas de quoi se vanter.

Je pense qu'avoir de vrais chiffres serait très instructif. En effet, je ne connais personne dans mon entourage à qui viendrait l'idée saugrenue d'aller passer ne serait-ce qu'une demi-journée à Paris-Plage. On subit la capitale toute l'année, on a la chance d'habiter au centre de Paris, ce qui fait qu'on arrive à avoir les avantages de la vie parisienne sans avoir les inconvénients de celle de banlieue, mais ce n'est pas pour ça qu'on ira perdre du temps sur les voies sur berges.

J'ai l'impression que cette manifestation est surtout destinée aux touristes. Dans ce cas, pourquoi ne pas faitre payer un droit d'entrée permettant d'amortir entièrement les coûts astronomiques de l'opération ainsi que les coûts annexes résultant des nuisances aux riverains ? En effet, les habitants des quais ne peuvent plus vivre les fenêtres ouvertes, non en raison de Paris-Plage directement, mais du fait de l'accroissement de la circulation sur les quais que cette manifestation engendre. La municipalté part certainement du principe que les habitants des quais, au vu du prix du mètre carré, sont des gens fortunés qui peuvent partir durant un mois dans une confortable maison de vacances au calme. Ce n'est pas toujours le cas.

Il me semblait avoir entendu un jour et de la part de la municipalité actuelle qu'il fallait rendre Paris aux parisiens. Là, nous avons une manifestation qui se fait aux détriments d'une grande partie des parisiens. Messieurs les politiques, je vous prends donc au mot !

 

Je pense donc jésuite

20.08.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit, Je hais les tradis, Haines ordinaires

Pour une raison trop compliquée à écrire ici, je me suis replongé dans la lecture de la genèse. C'est tout de même un livre à ne pas mettre dans toutes les mains et surtout pas dans les mains des enfants.

On commence par y apprendre que Dieu est androgyne puisqu'il a fait Adam et Ève à son image. On ne sait pas bien si les deux ont été créés en même temps ou si Ève, comme le prétendait Bossuet, était le fruit d'un os surnuméraire. Le texte officiel n'est pas clair et, pour arranger les choses, les deux versions existent. Admettons, pour ne pas compliquer des choses déjà assez compliquées par ailleurs, qu'Ève soit issue de la côte d'Adam, donc qu'Adam ait préexisté à Ève. Ce dernier, avant de connaître — bibliquement parlant, il va sans dire — Ève avait eu pour compagne une certaine Lilith dont rien ne nous explique la provenance ni même s'il s'agissait d'une créature de Dieu. Le diable n'existant pas encore puisque les plus grands exégètes qui se puissent tenir en mon bureau situent sa naissance aux alentours au XIIIe siècle, nous sommes donc en droit de nous poser la question de savoir qui était le créateur de Lilith puisqu'il ne peut s'agir de Dieu à moins de prétendre qu'il ne savait plus ce qu'il faisait. Et prétendre que Dieu ne savait déjà plus ce qu'il faisait est incompatible avec le monde tel qu'il est et son ordre incontestable. Il y a bien eu quelques ratés comme les poissons volants dont on se demande encore ce qu'ils font dans les airs, l'ornithorynque ou le homard — le homard, il faut vraiment être cinglé pour penser créer un truc pareil —, mais il faut bien reconnaître que dans l'ensemble, ça se tient plutôt bien.

Revenons à nos deux ou trois premiers bipèdes.

Adam et Ève, chassés du jardin d'Éden pour avoir mongé un fruit mis à leur disposition par Dieu et par un serpent qui avait alors des pattes — s'il a été condamné à ramper après son forfait, c'est donc qu'il pouvait se déplacer autrement avant… — auraient eu pour descendance Caïn et Abel. On sait maintenant grâce à Victor Hugo que Caïn est mort, après avoir fui Dieu, assis sur une chaise dans un souterrain avec un œil qui le regardait parce qu'il avait tué Abel dans un geste de jalousie. Je simplifie, mais c'est un peu l'idée. Heureusement que Caïn avait déjà eu une descendance en profitant d'au moins l'une de ses sœurs. Il n'est rien dit des pratiques d'Abel-le-Juste.

J'ai bien écrit « après avoir profité d'au moins une de ses sœurs », parce qu'à moins d'avoir une génération spontanée de bipèdes de sexe féminin ou une cachoterie de Dieu passée sous silence par les auteurs de la Bible, il n'a pu concevoir Hénoch qu'en fautant avec au l'une de ses sœurs vu qu'il n'y avait pas d'autre représentante de l'espèce humaine en dehors de sa mère. Je n'ose pas imaginer qu'Ève soit sa mère en même temps que sa grand' mère, parce que cela signifie qu'il sera son père en même temps que son fils. Je ne sais pas si vous me suivez, même moi, j'ai parfois du mal. En termes modernes, et quelle que soit l'hypothèse retenue, il est convenu de qualifier cette pratique d'incestueuse.

À la suite de la disparition d'Abel et de la fuite de Caïn, Adam et Ève, se sentant certainement seuls, eurent ensemble un troisième fils, Seth, puis, nous dit la genèse, de nombreux autres enfants. La lignée de Caïn s'éteindra lors du déluge, rien n'est vraiment dit sur celle d'Abel et seule celle de Seth survivra. Quant aux autres enfants, nous supposerons qu'il y eut un lot de filles pour assurer la survie de la seule lignée digne d'intérêt puisqu'il paraîtrait que nous en sommes toutes et tous issus.

Entre Adam et Noé, il y aurait eu dix générations. Mais attention, pas dix générations de quinze ou vingt ans, non, des vraies générations, qui oscillaient bon an mal an entre une centaine et un millier d'années. On savait vivre. Il s'ensuivit des neveux morts avant même la conception de leurs oncles, des enfants plus vieux que leurs parents — oui, je sais, là, j'exagère ! —, de telle sorte qu'il est illlusoire de mettre tout ce beau monde à plat pour dresser un arbre généalogique exhaustif.

Devant tant de désordre et de débauche, Dieu trouva bon d'envoyer le déluge mais pris, hélas, le soin d'en avertir Noé et son clan, descendants de Seth en ligne directe.

On efface tout et on recommence.

Noé eut trois fils, Sem, Cham et Japhet. Cham fut maudit par son père après le déluge et une première fête des vendanges passablement — voire trop — arrosée pour avoir vinifié le premier jus de raisin. Noé devient ainsi le nouvel Adam, Cham, le nouveau Caïn et l'histoire recommence avec son lot de sexe et de violence familiale.

Et il y en eut. Depuis l'affaire de la golden maudite jusqu'à la fin de l'Apocalypse de l'aigle de Pathmos, l'histoire est constellée de petits meurtres en famille et de transgressions diverses et variées avec tout ce que la morale, pourtant judéo-chrétienne, peut réprouver. En y regardant de plus près, la Bible est l'écrit le plus réactionnaire qui puisse exister.

Le pire, c'est qu'il se trouve toujours un enfant pour poser des questions sur la genèse, des questions naïves et de bon sens comme de savoir comment les fils d'Adam et Ève ont pu avoir des enfants. Qu'est-ce que vous pouvez bien leur répondre ? Personnellement, j'en suis toujours réduis à quia.

 

Pages: 1 ... 161 162 163 ...164 ... 166 ...168 ...169 170 171 ... 181