Vivent les TGV

10.06.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Vieux con

Le jour du dernier voyage de la dernière 141R fut un jour funeste pour la SNCF. Non seulement les trains partaient à l'heure, mais ils arrivaient encore à l'heure malgré le travail pénible abattu par les cheminots. Les pénalités de retard devaient motiver les employés de cette vénérable entreprise. L'abandon de la traction à vapeur aura été un bouleversement bien plus profond qu'il n'y paraît. Avec l'abandon de la vapeur, l'usager est devenu un client. Tout est dit.

Je vous parle d'un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître. Il y avait encore des tickets de quai. Le billet n'était pas plus grand qu'un ticket de métro. Malgré l'absence totale d'informatique, il ne fallait que quelques instants pour en obtenir un, guide Chaix à l'appui et réservation comprise. Les voyageurs fleuraient bon la poussière de charbon et descendaient du train avec des escarbilles dans les cheveux. Aujourd'hui, avant d'arriver à l'heure, encore faut-il réussir à partir. Monter dans un train partant à l'heure avec un billet valide, un billet que l'on a réussi à acheter soi-même sans plonger dans une dépression nerveuse ou sans avoir des envies de meurtre à l'encontre du guichetier ou du concepteur du système informatique ubuesque de réservation, est devenu une gageure. Jusqu'à ce jour, je croyais bêtement qu'il n'existait plus que deux classes. Je mets sciemment de côté les services de la sécurité sociale qui remboursent toujours septante-cinq kilomètres d'un billet aller-retour de troisième classe pour tout curiste allant de Paris prendre les eaux à la Bourboule et les trains de nuit soumis à tarification spéciale pour avoir le bonheur de disposer d'une couchette trop petite. Grave erreur ! J'en ai compté au moins quatre, selon que l'on est en première ou en seconde classe, professionnel ou non. Et c'est sans compter sur les différents types de billets, remboursables ou non, échangeables ou non, avant ou après le départ, à moins que ce ne soit que la veille ou le mois précédent ou peut-être... Pour être tout à fait honnête, je n'ai pas bien vu la différence de prestation ou de qualité allant de concert avec la différence de prix du billet, ni la ristourne qui devrait être faite sur le billet lorsqu'on est en surréservation puisque cela revient pour la SNCF à vendre plusieurs billets pour la même place. Ou alors il faudrait vendre le billet sans surréservation plus cher. Bref, tout ceci n'est pas très cohérent et je ne dois pas comprendre la subtilité de la tarification. Peut-être n'ai-je pas les capacités intellectuelles pour la comprendre, ce qui reste tout à fait possible. Après tout, ma spécialité, c'est le traitement du signal et le calcul intensif, pas la tarification de la SNCF qui semble être une science à part. Mon esprit chagrin me signale aussi que l'espace disponible est d'autant plus réduit que le billet est grand. Sans doute un phénomène de compensation. Passons.

Je remarque aussi que les quelques prises électriques, à la production aléatoire mais permettant tout de même de travailler en seconde classe, ne fournissent plus aucun courant. Le contrôleur auquel j'ai benoîtement posé la question m'a montré navré les disjoncteurs condamnés. Il n'y a pas de petits profits. Soyons magnanimes et rendons grâce à la SNCF d'oeuvrer ainsi pour la sauvegarde de la planète et la réduction de l'effet de serre par la condamnation des huit prises de courant  disponibles pour l'intégralité d'une rame de TGV en seconde classe. Je vous assure avoir compté quatre prises limitées à 100 W chacune par emplacement pompeusement baptisés « bureau », deux emplacements « bureau » par rame de TGV, quatre fois deux font huit, le compte y est.

Point positif, le TGV pris ce matin était à l'heure, mais sans électricité, et celui dans lequel je suis monté à Strasbourg ce soir, s'il n'avait toujours par d'électricité en seconde, est bien arrivé à l'heure de Zürich et parti à l'heure en direction de la gare de l'est à Paris. Sans doute un coup à mettre plus au compte des Chemins de Fer Fédéraux de Suisse que des agents de la SNCF qui n'ont pris le contrôle du train qu'à Bâle.

Il n'en est pas de même pour l'antique ligne Toulouse-Paris par Rodez, Figeac, Brive-la-Gaillarde, Limoges, Châteauroux, Vierzon ligne de démarcation et Orléans-les-Aubrais, deux minutes d'arrêt, navette pour Orléans sur le quai en face. Je n'ai jamais trouvé un train partant à l'heure de Brive un vendredi soir à 19h06 pour raison de vache égarée sur la voie ou de feux de broussailles. J'aimerais bien avoir des statistiques sur le nombre de vaches par kilomètre habitant à une distance maximale — à déterminer en fonction de la vitesse moyenne de déplacement sur terrain non accidenté des quadrupèdes en question pondérée par la conformation locale de la pâture, la vitesse, pas le quadrupède, de la météorologie locale et de l'horaire de la dernière traite, je ramasse les copies dans deux heures — des voies de chemin de fer ou de l'évolution des feux de broussailles sur les terrains de la SNCF, pardon du RFF, rapportée aux kilomètres linéaires le long de cette voie le vendredi soir. Je constate simplement qu'en dehors de toute preuve scientifique et de toute logique puisque c'est l'heure de la traite pour la vache et de l'apéritif pour le pyromane, à moins qu'il ne s'agisse du contraire, le nombre de vaches limousines se promenant en liberté sur les voies ou de feux de broussailles est singulièrement en hausse ces derniers temps le vendredi en fin d'après-midi, au moins sur la ligne Toulouse-Paris par Brive-la-Gaillarde. On me dira que je ne vois que les trains qui n'arrivent pas à l'heure ou les prises électriques qui ne fonctionnent pas. Possible, mais je ne dois pas avoir de chance, il s'agit toujours des trains que je prends ou des prises électriques que je cherche à utiliser.

Réagir »
 

Excommunication

09.06.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur

Il y a quatre-vingts jours, j'ai été excommunié, une version moderne de l'excommunication puisqu'il m'a été interdit de remettre ne serait-ce qu'un pied dans ma paroisse. Pour être tout à fait exact, je n'ai pas été excommunié seul mais avec trois autres comparses, par le curé en titre de Sainte-Élisabeth de Hongrie (Paris 3e), encore en habits liturgiques, à la fin de la messe dominicale du dimanche précédent les Rameaux. Je dois dire que le côté cocasse de la chose est que je m'occupais de longue date de la chorale paroissiale, que les autres personnes faisant partie de la même charrette étaient aussi des membres actifs de cette chorale et que cette chorale avait fait de gros progrès en quelques années. Pire, il nous a été interdit à tous de remettre les pieds dans cette église et nous n'avons à ce jour reçu aucune explication.

Je n'ai pas la prétention de me croire irremplaçable, mais avec quatre premiers prix de piano et un premier prix d'orgue, je pense être assez qualifié pour tenir une chorale et assurer les deux répétitions hebdomadaires. En tout cas, aux dires des paroissiens, je serais largement plus qualifié pour tenir une chorale que les personnes qui essaient actuellement de me remplacer. Il faut dire à leur décharge que la majorité de l'ancienne chorale, à laquelle je n'ai rien demandé, se retrouve pour chanter dans la nef, bravant l'ire du curé qui doit maintenant faire avec un embryon de chœur mal dirigé et qui fait ce qu'il peut.

Cette décision fait suite à un chapelet d'autres décisions de la même veine et couvertes par sa hiérarchie : le congé de la personne s'occupant des « Journées de l'amitié », de problèmes continus avec la femme de ménage et de diverses attitudes pour le moins déplorables chez un homme d'église.

La fin de l'année du prêtre approche. N'oublions pas de prier pour eux, certains en ont vraiment besoin.

 

Je hais les supporters

06.06.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Haines ordinaires

Je viens de subir l'open de Rolang Garros. La coupe du monde de football n'a pas encore commencé et sera suivie par le tour de France. Il n'y a rien à dire, les mois de mai, juin et juillet sont décidément bénis. Si je rajoute à ce tableau que je suis l'heureux propriétaire d'un appartement qui est juste entre les parcours Bastille-République et République-Nation, que les mois de mai et de juin sont propices aux manifestations les plus saugrenues et qu'il y a juste sous mes fenêtres un bistrot qui vient d'être racheté par un franco-portugais, j'aurai tout dit. Ne vous méprenez pas, je n'ai rien contre les portugais ou les bistrots, non, ce que je hais de tout mon coeur, ce sont les supporters imbibés de bière tiède qui viennent sous mes fenêtres au choix brailler à chaque fois que la baballe est dans le filet ou conseiller à l'arbitre d'aller aux lieux d'aisance sans plus de commentaire. Et j'ai droit à une double ration ! Les supporters braillent dès que le Portugal marque un but comme si c'était eux-même qui avaient marqué, mais dès que l'équipe du Portugal est éliminée, ils se mettent à soutenir la France. Enfin, lorsque je dis double ration, c'est faux. Cette année, ils aussi ont fêté la Saint Patrick et suivi les matches de rugby. La bière tiède était remplacée par le whiskey irlandais et le maillot de l'équipe du Portugal par le kilt. Je ne sais pas si j'ai gagné au change.

 

Baptême

05.06.10 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les tradis

Je viens de recevoir un faire-part de naissance et de baptême. Tir groupé, deux faire-parts en un seul, ça coûte moins cher. Au prix du papier et du timbre, il n'y a pas de petites économies.

Je dois vous dire que ma belle-famille est traditionaliste, pas Pie-X, mais Saint-Pierre. C'est déjà ça de pris. Pour eux, je passe pour un dangereux hérétique parce que, si j'ai été éduqué dans la foi de notre Sainte Mère l'Église catholique, apostolique et romaine, j'ai fait ma première communion chez les Sœurs de la Divine Providence et cotoyé les bons pères Marianistes, quelques Jésuites et des Cisterciens, tous d'horribles progressistes latinophobes.

Un des inconvénients majeur du traditionalisme, c'est comme on dit chez moi "Alles Gute kommt vom Oben", soit en bon français, tout ce qui tombe du ciel est béni, y compris les mômes. Le corrolaire immédiat, c'est que je n'arrive plus à savoir combien j'ai de neveux et nièces ni comment ils s'appellent, et que je ne sais jamais à l'avance si je me rends à une première communion, une confirmation ou un baptême. C'est assez perturbant. Certains jours, j'arrive même à assister à plusieurs sacrements presqu'en même temps et à l'heure de l'apéritif, ce qui ne me permet pas de me clarifier les idées. Je passe sur le rite en question et le latin de cuisine à l'écoute duquel mon vieux professeur de latin se retournerait dans sa tombe. J'y reviendrai.

Ce qui était franchement perturbant à la lecture de ce faire-part, c'est son esthétisme doûteux. Je ne sais pas pourquoi, mais tous les faire-parts en provenance de traditionalistes sont toujours du même modèle, la seule exception étant pour le faire-part de mariage qui est à deux volets. Il ne faut certainement pas mélanger sur une seule feuille de papier ce que Dieu n'a pas encore uni. Pour quelqu'un comme moi, faisant partie de la catégorie des esthètes taquins, voir une telle typographie est au mieux une faute de goût, au pire une insulte. Pourquoi la cursive anglaise aux ligatures ignobles et composée à l'aide de l'inénarrable Word est-elle aussi typique du traditionalisme que la jupe écossaise ou le serre-tête ?

 

Enfin !

05.06.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur

Après de longues hésitations, le grincheux a enfin pris le temps de lire la doc de b2evolution jusqu'au bout, ce qui lui a permis de configurer à peu près correctement son blog. La substantifique moëlle de sa (mauvaise) humeur sera déversée ici pour que, cher lecteur, vous me permettiez de faire à peu de frais une séance de thérapie de groupe.

 

Pages: 1 ... 169 170 171 172 173 174 ...175 ...176 177 178 180