Salle de marché

11.03.15 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur

Je viens de tomber au hasard de mes pérégrinations sur internet dans la salle de marché virtuelle utilisée entre autre par le RSI pour ses appels d'offre. Au milieu d'appels divers et variés pour du matériel de bureau, des fournitures diverses et variées rendues nécessaires par un travail administratif, je suis tombé sur l'appel d'offre suivant, je vous laisse seuls juges.

Salle de marché

Fig. 1 : c'est gratuit, ce sont les cotisants qui paient !

Si j'ai bien compris, le RSI Paris-Île-de-France Centre organise des séminaires en Europe et il lui faut une prestation d'agence de voyage. C'est très bien, c'est fort louable, cela améliore l'esprit de corps et sans doute la cohésion des troupes qui pourraient être démotivées par la fronde actuelle. Qui ne le serait pas ?

Mais je suis en droit de me demander à quoi servent réellement ces séminaires. Est-ce pour trouver une nouvelle façon de ponctionner les indépendants ? De nouvelles idées de cotisations ? Des assiettes étendues ? Quelles sont les choses que les employés du RSI pourraient faire en séminaires à l'autre bout de l'Europe et qu'ils ne pourraient pas faire raisonnablement dans leurs bureaux parisiens où ils jouissent de plus de 20m² par employé ? Peut-être est-ce pour leur apprendre à ne pas déprimer dans de si grands bureaux, je vois le mal partout.

Cet appel d'offre date du 23 février 2015. Il est tout a fait récent et postérieur aux plaidoiries de l'affaire en délibéré devant la cour d'appel de Limoges, délibéré qui doit dire une bonne fois pour toute si le RSI a une existence légale ou non. Mais l'OJNI — objet juridique (encore) non identifié — n'a même pas la décence d'attendre que les petits scandales actuels dans lesquels il trempe allègrement ses petits pieds potelés soient un peu oubliés. Non, il ose. Et pendant ce temps, les travailleurs non salariés se saignent aux quatre veines pour leur payer des séminaires qui ne sont que des vacances malhabilement déguisées. Pour des employés du RSI qui touchent déjà quatorze mois de salaire (cf. leur convention collective librement accessible sur leur site internet) et de nombreux avantages en natures que j'espère déclarés à l'URSSAF et au fisc, c'est un peu fort.

Quand on sait que le RSI est responsable de deux suicides de travailleurs non salariés par jour, entre autre parce qu'ils n'ont pas pu payer leur participation obligatoire à ces petites sauteries, on se met à espérer qu'un jour, les responsables de cet OJNI en seront comptables.

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Coupons de dette française

10.03.15 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

J'ai encore entendu Jean-Luc Mélenchon dire qu'il fallait annuler la dette française qui selon lui n'existait que sur le papier. Sur le papier, que ne faut-il pas lire. Il est certain que cela flatte les plus bas instincts dépensiers de certains électeurs ou de certains partis politiques sous l'air du « demain on rase gratis ». Pourtant, Jean-Luc Mélenchon et ses électeurs devraient lire une petite dépêche de l'agence Reuters donnant la liste des cinquante plus gros détenteurs de couons de dette française. N'apparaissent pas dans cette liste les investisseurs institutionnels comme les banques nationales qui en sont dispensé.

Cette liste indiquant les sociétés en question par ordre d'importance ainsi que leur localisation, la voici :

  1. AXA Investment Managers Paris France
  2. Allianz Global Investors France SA France
  3. MMA Finance France
  4. CM-CIC Asset Management France
  5. BNP Paribas Asset Management SAS France
  6. CNP Assurances France
  7. Amundi France
  8. Covéa Finance SAS France
  9. Matmut France
  10. AEGON Investment Management B.V. Pays-Bas
  11. Fideuram Asset Management Irlande
  12. Pioneer Investment Management Irlande
  13. Groupama Asset Management France
  14. Pacific Investment Management Co. États-Unis
  15. Suravenir France
  16. Natixis Assurances France
  17. Swiss Life (France) France
  18. MAAF France
  19. Natixis Asset Management France
  20. Eurizon Capital SA Luxembourg
  21. UBS Global Asset Management Suisse
  22. Standard Life Investments Ltd Royaume-Uni
  23. MACSF France
  24. Lyxor Asset Management France
  25. Crédit Suisse Asset Management Suisse
  26. State Street Global Advisors UK Ltd Royaume-Uni
  27. Monceau Assurances France
  28. BNP Paribas Investment Partners Royaume-Uni
  29. Union Investment Privatfonds GmbH Allemagne
  30. BlackRock Global Investors Royaume-Uni
  31. Malakoff Médéric France
  32. Dexia Asset Management Belgium SA Belgique
  33. Scottish Widows Investment Royaume-Uni
  34. La Banque Postale Asset Management France
  35. ING Investment Management B.V. Pays-Bas
  36. ING Investment Management Belgium Belgique
  37. Kokusai Asset Management Co Ltd Japon
  38. Pioneer Investments Austria GmbH Autriche
  39. MACIF Gestion France
  40. ERSTE-SPARINVEST Autriche
  41. Deka Investment GmbH Allemagne
  42. Vanguard Group Inc États-Unis
  43. DWS Investment GmbH Allemagne
  44. La Française des Placements France
  45. Legal & General Asset Management France
  46. Insight Investment Management Royaume-Uni
  47. Halbis Capital Management (France) France
  48. KBC Asset Management SA (Luxembourg) Luxembourg
  49. JPMorgan Asset Management (UK) Ltd Royaume-Uni
  50. BNP Paribas Luxembourg SA Luxembourg

J'ai indiqué en gras les fonds d'investissement privés français. Il y en a quasiment la moitié (24 sur 50). Et ces fonds sont vos économies, qu'il s'agisse de comptes courants, d'épargne, d'assurance-vie et non vie. Tout ce qui ressemble de près ou de loin à une valeur qui n'est pas dans votre portefeuille que vous avez dans votre poche a de grande chances d'être investi quelque part dans la dette française par l'un de ces fonds d'investissement par le truchements d'intermédiaires plus ou moins cachés.

Que pensez-vous qu'il adviendra si par un caprice un gouvernement futur décidait d'annuler notre dette ?

 

Ascenceur social

09.03.15 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit

Pierre Desproges signalait déjà à l'encontre de Georges Marchais, celui-là même qui peignait les Messerschmitt à la main étant volontaire au STO, qu'il était possible de faire une très belle carrière politique en restant convaincu toute sa vie que Berthier, Marceau et Périphérique étaient des maréchaux d'Empire.

Je puis pour ma part vous assurer qu'il est encore possible de faire une belle carrière en étant totalement inculte pour ne pas dire complètement idiot. En effet, un petit patron actuellement président du RSI — je parle de notre Gérard Quévillon national — est convaincu que les cotisations sociales versées au RSI sont calculées sur le chiffre d'affaire. Il me semblait pourtant que c'était sur la rémunération. Pour lui, 47% de 10000€, cela fait aussi 3000€. Je ne suis pas allé plus loin.

J'ai tout de même un peu de mal à comprendre que cet incapable qui ne sait même pas de quoi il parle ait pu être un jour à la tête d'une entreprise. Même petite, même minuscule.

Enfin, tout le monde ne peut pas être un précurseur puisqu'il a prétendu en juillet 2014 sur une radio nationale qu'il avait 66 ans et qu'il avait pris sa carte au RPR à l'âge de 17 ans. Un simple calcul élémentaire nous apprend qu'il a donc pris sa première carte au RPR en 1965, parti qui n'a pourtant été créé que le 5 décembre 1976.

Guignol !

 

Compétitivité différentielle

09.03.15 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les politiciens

Depuis des années, les hommes politiques de droite comme de gauche nous rebattent les oreilles avec le déficit de compétitivité français. Plus encore, ils montrent du doigt l'Allemagne qui fait bien mieux que la France et qui, en ces périodes de vaches maigres budgétaires, se permet même un excédent significatif. Je ne discuterai pas ici de l'économie allemande ni de la stratégie économique à long terme du gouvernement allemand, mais force est de constater qu'en dépit du coût énorme de la réunification allemande, le gouvernement de la petite Angèle n'a aucune leçon à recevoir d'un pays comme le nôtre. Un petit schéma valant mieux qu'un long discours, voici donc un petit comparatif entre les ponctions françaises sur les salaires et leur équivalent allemand.

Compétitivité différentielle

Fig. 1 : la cigale française et la fourmi allemande

Le problème structurel de l'économie française ne serait-il pas caché à tout hasard quelque part dans ce graphique ?

 

Il n'est pas de problème qu'une absence de solution ne finisse par résoudre

06.03.15 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Certes, cette phrase du président Henri Queuille est dure. Henri Queuille — qui s'en souvient ? — fut un radical-socialiste corrézien plusieurs fois ministre sous la IIIe république et trois fois président du conseil sous la IVe qui, à l'instar d'un Édouard Herriot ou d'un Edgar Faure, a laissé quelques bons mots.

Pourquoi me demanderez-vous ai-je intitulé cet article ainsi ? Pour une raison simple, nous avons un marché de l'emploi extrêmement dynamique en France. Notez bien que je n'ai pas écrit qu'il créait des emplois. Il est dynamique parce qu'il en détruit beaucoup. Et il en détruit beaucoup parce que les contraintes sur les employeurs deviennent de plus en plus importantes et qu'il est pure folie pour un patron de TPE d'embaucher un salarié supplémentaire alors même qu'il aurait du travail pour lui. Il serait pourtant assez simple d'obvier à cela en appliquant simplement les lois françaises.

En effet, en déclarant que la sécurité sociale était soumise à concurrence depuis au moins avril 2001, date de l'ordonnance Jospin, un salarié pourrait immédiatement avoir un salaire net mensuel augmenté de quelques 15 à 20%. Un patron de TPE pourrait aussi embaucher. Cela donnerait de l'air à toute l'économie. Sauf qu'en France, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible parce que l'état achète la paix sociale au prix fort en graissant la patte des syndicats et de toute une caste de bien pensants agissant comme de puissants lobbies. C'est ainsi que nous sommes persuadés d'avoir le meilleur système de sécurité sociale au monde, que le monde nous l'envie et que nous nous permettons de donner des leçons de vivre ensemble au monde entier. C'est ridicule et pathétique.

Pourtant, notre belle sécurité sociale vient de mettre les cliniques privées dans une situation financière catastrophique. Je n'ai entenu aucun media national en faire écho. En effet, la convention liant les cliniques privées à la sécurité sociale est échue tous les ans au premier mars. À cette date, de nouveaux tarifs remplacent ceux de l'ancienne convention et le système repart pour un an. Cette année, le ministère n'a stritement rien fait. Il n'y a pas eu de nouvelle convention et, l'ancienne étant caduque, les cliniques privées sont dans l'impossibilité de facturer leurs actes faute de conventionnement, ce qui les met dans des situations financières difficiles. Certaines ont déjà annoncé qu'elles n'avaient que quelques jours de trésorerie devant elles. À l'heure où j'écris ces lignes, le ministère n'a pas bougé et les rumeurs de plus en plus insistantes annoncent qu'il n'y aura aucune nouvelle convention active avant la fin du mois, tout au plus, peut-être et si le temps le permet, y aura-t-il des avances sur 80% du chiffre du mois précédent qu'il faudra corriger ultérieurement. Cela fleure encore bon l'usine à gaz.

C'est très bien, il faut que les cliniques tiennent avec une réduction de 20% de leur facturation alors que le 15 avril sera comme tous les trimestres la Saint Employeur qui devra s'acquitter de toutes les charges salariales auprès du grand machin qu'est l'URSSAF. Je ne sais pas pourquoi, mais je vous parie que dans sa grande bonté, cet organisme se dépêchera de coller 10% de pénalités à tous ceux qui ne pourront pas payer l'intégralité de leurs charges parce que le ministère de la santé n'a pas renouvelé la convention en temps et en heure. Je n'irai pas jusqu'à prétendre que c'est fait exprès, parce que les caisses sont vides, mais j'ai dû le penser tellement fort que certains d'entre vous l'ont entendu.

Or la sécurité sociale, monopole de fait et non monopole de droit, est imposée à toute la population française. Cela nous coûte une fortune tous les jours et, malgré ce que nous payons déjà, nous laissons une dette qui n'arrête pas de se creuser aux générations futures. J'espère pour ma part être mort le jour où ces générations futures commenceront à nous demander des comptes parce qu'il n'y a vraiment pas de quoi en être fier.

Ainsi, la responsabilité de tout français est de quitter ce système à la dérive et devenu complètement fou qui ne sert qu'à justifier sa propre existence. C'est une obligation morale vis à vis de nos enfants, obligation qui nous est encore interdite par l'état qui refuse d'appliquer ses propres lois et par une partie de la population tellement abrutie par des années de lavage de cerveaux que le chemin risque d'être long. En effet, pour une bonne partie de la population, le problème est toujours l'absence d'état, jamais le trop d'état. À chaque fois qu'un problème se pose, la solution est toujours en France la régulation, le plus d'état, jamais le bon sens ou la gestion en bon père de famille à tel point que le système lui-même en devient totalement absurde. Lorsque la droite est aux commandes, c'est un peu moins pire que lorsqu'il s'agit des socialistes qui, eux, ont des idées si géniales qu'elles doivent absolument être imposées.

Pourtant, toutes les crises majeures que la France a subi ces dernières années ont été produites par le dirigisme, l'étatisme et le constructivisme. Nous n'avons strictement rien appris de la chute de l'URSS qui s'est aussi effondrée sous le poids des mêmes erreurs. Le libéralisme est auto-régulé. Il est surtout auto-correcteur par le jeu des prix et des destructions créatrices. Mais cela, c'est le mal et, en France, il vaut mieux conserver un statu quo intenable qu'essayer de faire avancer le problème. Un bel exemple est la fermeture de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord entièrement due à la position des camarades de la CGT. J'espère que les camarades aujourd'hui au chômage leur en sont gré.

Il est surprenant dans ces conditions de constater que les gens de gauche imputent la crise actuelle au libéralisme. Certains l'imputent même à un ultra-libéralisme à définir. De façon assez paradoxale, les gens de droite font de même, ne défendent pas le libéralisme et baissent honteusement la tête lorsque le sujet est évoqué. Cela va même tellement loin que le programme économique du Front National ressemble plus à un programme d'extrême gauche qu'à un programme de droite modérée. Attention, le Front National avec un avec un programme socialiste, cela ressemble assez à du National Socialisme. Il ne faut surtout pas le dire parce que d'un côté, les séides bleu marine sont convaincus d'être économiquement très différents de l'extrême gauche alors que Mélenchon, grand adorateur de Poutine — lisez son blog, c'est édifiant —, ne veut pas que son beau programme économique ne ressemble à celui des mentors de la famille Le Pen. Enfin, tout est dans tout et il va être très difficile de sortir de l'ornière.

Pourtant, le libéralisme n'a strictement rien à voir avec la crise que nous vivons et dans laquelle nous nous débattons depuis de longues années. Le libéralisme n'a rien à voir non plus avec la tragédie de la Grèce — pas celle où le fils indigne était accusé d'inceste par le beau-père, mais celle dans laquelle l'état grec a tellement maquillé ses comptes qu'il lui faut maintenant en rendre — ni avec la destruction actuelle de la France. Il n'a rien à voir avec cela parce que la construction de l'Europe et le système financier qui en découle est dirigiste. Pire, ce système est constructiviste et n'a strictement rien à voir avec le libéralisme : il a été conçu pour forcer, pour lutter, pour s'opposer aux forces et au libre jeu des marchés quitte à imposer la concurrence dans les prés carrés des gouvernements nationaux si bien gardés jusque-là.

Avec Maastricht, ce constructivisme s'est doté d'un instrument un peu bâclé, un peu mal ficelé qu'est l'euro. Pourquoi bâclé ? Parce que cette monnaie ne reflète aucunement les valeurs et les productivités locales, ce que n'aurait jamais permis le libéralisme. En effet, une véritable économie de marché aurait détruit depuis longtemps toutes les constructions et les fausses valeurs qui ont fait vivre la Grèce et, dans une moindre mesure, l'Espagne, le Portugal, l'Italie et naturellement la France. Il aurait également détruit toutes les structures monopolistiques et anticoncurrentielles qui se sont développées à la faveur de ces constructions. En d'autres termes, c'est parce que l'euro est constructiviste que la Grèce souffre. Pas parce que l'Europe serait ultra-libérale.

Mais revenons au libéralisme qui est interdit en Europe et, plus encore, en France. Le libéralisme n'offre pas le droit à chacun de faire n'importe quoi. Cela, ce serait l'anarchisme. Il a pour fonction de permettre la découverte des prix réels, c'est-à-dire des valeurs sociales efficaces et nécessaires pour guider l'action des agents économiques. Relisez bien cette phrase, tous les mots sont importants. Surtout valeurs, sociales, efficaces et nécessaires. Or, depuis sa construction, l'Europe est rétive et fait tout pour s'opposer aux vrais prix des marchés, ceux qui résulteraient de la confrontation normale et de l'allocation efficace des ressources. C'est pour cela, entre autres, que nous sommes envahis de produits fabriqués dans des pays à bas coûts. De ce point de vue, l'Europe est une construction anti-libérale et, de ce fait, anti-démocratique car les deux notions vont trop souvent de paire.

À ce point du raisonnement, je me demande ce que les souverainistes proposent réellement comme système politique lorsque je les entends cataloguer l'Europe de système ultra-libéral. Pourtant, c'est assez symptomatique du mal actuel. Les citoyens européens dans leur ensemble réfléchissent à l'aide d'un carcan d'idées et d'outils intellectuels forgés par les anti-libéraux à la tête de l'Union Européenne. Une foultitude de concepts erronés prennent vie — au hasard le meilleur système de sécurité sociale au monde, les paradis fiscaux, la dérégulation aérienne… — et contraignent la réflexion dans un horizon étriqué. Et cela fonctionne d'autant mieux que le très grand capital associé à la nouvelle aristocratie, plus grands ennemis de la liberté, tiennent les media d'information d'une manière ou d'une autre, soit en les financement directement soit en donnant aux journalistes des avantages (fiscaux…) qui font qu'ils sont assez peu enclins à mordre la main qui les nourrit.

Si vous n'êtes pas encore conviancu que l'Europe n'est pas dirigiste, je vous donne un dernier argument. Aucun système libéral au monde n'aurait imposé une monnaie unique car il était clair dès sa naissance que cela reviendrait à faire payer les déficits des pays du sud de l'Europe par le nord. Ce n'est que parce qu'il y avait la promesse implicite de la stabilité dirigiste et étatiste de cette nouvelle monnaie qu'est l'euro que ces pays ont été financés en dépit du bon sens et de leurs économies. Les banques et tous les financiers ont parié en se retranchant derrière l'abri de cette promesse qui était justement d'empêcher les lois du marché de jouer. En 2008, en effet, un système réellement libéral aurait précipité la faillite correctrice des pays du sud qui auraient pu se reconstruire avec des pertes et des dettes moindres. Le dirigisme a refusé cette sanction immédiate en accumulant et en capitalisant leurs dettes.

Mais tout cela n'a rien à voir avec le libéralisme. Le libéralisme dont on parle en France n'est pas un libéralisme. C'est un épouvantail fabriqué de toutes pièces pour les besoins de la propagande. Cela permet à peu de frais de continuer à penser que la solution est toujours plus d'état jsuqu'au jour où cet état va s'écrouler sous son propre poids.

Préparez-vous, il est déjà trop tard. Et le problème le plus crucial aujourd'hui ne sera pas celui de la santé mais celui des retraites. S'il est possible de passer à des assurances privées bien plus efficaces que notre vieille sécurité sociale à bout de souffle pour la partie maladie, il sera beaucoup plus difficile de passer à la capitalisation pour les retraites parce qu'il faut pour cela du temps.

 

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