TVA sur la presse écrite

21.12.13 | par Le Grincheux | Catégories: Haines ordinaires

Mediapart vient de recevoir un avis de contrôle fiscal portant explicitement sur la TVA. Edwy Plenel, fondateur du site d'information Mediapart, s'en offusque ouvertement, allant jusqu'à déclarer que « l'état s'attaque à la presse en ligne ».

Pire, il suggère que le gouvernement aurait pu se « venger à froid d'une presse trop indépendante (…) un an après le déclenchement de l'affaire Cahuzac, qui a conduit à la démission d'un ministre du budget fraudeur » et que « ce contrôle est déclenché en urgence sur ordre de la hiérarchie des inspecteurs concernés ».

Le grotesque est atteint lorsque ce monsieur parle d'une « attaque illégitime et discriminatoire » contre la « recette unique » de Médiapart, Mediapart rappelons-le n'ayant comme toute ressource que les abonnements des lecteurs.

Dont acte.

Sauf que la TVA est légalement à 19,6% pour l'activité déclarée par Mediapart et non à 2,1%. Edwy Plenel peut trouver cela juste ou non, il n'y a aucune ambiguïté sur le taux de TVA que Mediapart doit imputer à ses lecteurs. Or, depuis 2011, Mediapart applique unilatéralement le régime de la TVA à 2,1% qui ne vaut que pour les éditions papier des publications.

Edwy Plenel, qu'il soit content ou non du régime de TVA qu'il doit appliquer, a à se conformer à la loi. Il n'a pas à se faire justice lui-même parce qu'il en est mécontent. Nous ne serions plus dans un état de droit.

Par ailleurs, le taux de 2,1% ne s'applique qu'aux publications, pas aux biens et services nécessaires à cette publication. Ce taux concerne donc le papier, l'imprimerie, le routage, mais en aucun cas l'ordinateur du rédacteur en chef. Il n'est donc pas anormal qu'une presse uniquement numérique ne bénéficie pas du taux de TVA à 2,1%, puisque les coûts inhérents à la publication sont quasiment inexistants et en tout cas sans aucune mesure vis à vis des coûts induits d'une presse papier.

En tout état de cause, Mediapart n'a pas volé son contrôle fiscal. Et si Mediapart n'était pas un media d'un certain poids, son contrôle fiscal n'aurait pas attendu aussi longtemps. La faute n'en est pas l'affaire Cahuzac, la faute est une faute fiscale perpétrée par quelqu'un qui se pensait intouchable et au-dessus des lois.

 

Selon que vous serez puissant ou misérable...

20.12.13 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Montant de la douloureuse : 18161 € avec le principal, les majorations et les accessoires. C'est le montant des impayés que doit au trésor public Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs d'Europe-Écologie-les-Verts, et cela correspond à cent trente-trois amendes liées à des infractions au code de la route. Dans le lot se trouvent d'après le Canard Enchaîné « beaucoup de stationnements gênants, mais aussi un certain nombre d'excès de vitesse ».

Ce n'est pas la première fois puisque déjà en 2010 nous dit le Canard, une facture pour 22000 euros d'amendes est arrivée sur le bureau de la région, propriétaire du véhicule de son conseiller général.

Jean-Vincent Placé affirme avoir réglé rubis sur l'ongle le capital des amendes dès août 2010 avec un chèque entre 6000 et 7000 €. Dont acte. Il reconnaît avoir demandé une négociation sur les pénalités puis avoir oublié cette affaire avant ce matin. Comment faire pour oublier devoir une telle somme ? Même en n'étant pas un homme de chiffres et en n'étant pas très bon avec les papiers comme il l'affirme lui-même, c'est difficilement admissible.

J'aimerais aussi que l'on m'indique les coordonnées du percepteur parce que je ne sais pas vous mais moi, lorsque je dois une petite somme à l'état, il se rappelle à mon bon souvenir très souvent. Je fais même partie des heureux contribuables qui ont eu un redressement de TVA de 0 FF (c'étaient encore des francs), daté d'un 1er avril, ça ne s'invente pas, redressement suivi d'une saisie-vente pour un montant de 0 FF cumulant le capital et les 10% de pénalités de retard que j'ai fini par payer avec un chèque CCP de 0 FF qui a été tiré !

L'état n'oublie pas une telle somme aussi longtemps sauf à ce qu'une bonne âme quelque part soustrait le dossier de la pile des relances.

Chose amusante, il reconnaît son tort et promet de tout payer, allant jusqu'à marteler  « Je suis prêt à payer depuis le début. C'est bien sûr de ma faute, je n'ai jamais cherché à fuir mes responsabilités, je ne demande aucun passe-droit, j'assume et je paie, je ne veux pas que quiconque doute de mon honnêteté. »

Je ne doute pas de son honnêteté a priori, mais s'il n'a jamais rien demandé, quelqu'un l'a fait pour lui.

 

42

16.12.13 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais l'informatique, Je hais les financiers, Je hais les marketeux

42, un joli nom pour une école…

Le simple fait que Xavier Niel soit derrière elle ne me laisse pas augurer du meilleur. Je connais le pedigree de ce monsieur, je connais assez bien l'une de ses entreprises, quasiment de l'intérieur, mais n'en dirais pas plus de peur d'essuyer ses foudres.

Cela me titillait depuis quelque temps. Je vais donc dire ici tout le mal que je pense de cette pédagogie d'autant plus que Xavier Niel vient encore une fois de dire devant les media que notre système empêche l'émergence de nouveaux Steve Jobs ou Bill Gates.

Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Certes, ce constat est certainement vrai. Mais il y a une raison fondamentale à cela et cette raison ne réside pas dans notre système de formation. Toutes les personnes que tu cites — je te tutoie parce que tu m'amuses — ont fait leurs armes dans les années 1970. La microinformatique était en train de naître, un ordinateur classique se composait d'un microprocesseur huit bits, de quelques kilo-octets de mémoire lorsqu'on avait de la chance et de l'argent, de deux ou trois circuits logiques et d'un modulateur PAL ou NTSC pour afficher quelques caractères sur un écran de télévision. Lorsqu'on n'était pas le dernier des idiots, c'était parfaitement compréhensible et maîtrisable.

Par ailleurs, la microinformatique restant à inventer, c'est tout naturellement que ces bidouilleurs y ont participé.

Aujourd'hui, le monde de l'informatique a radicalement changé. Tout est devenu infiniment plus complexe et ce qui était accessible à un simple passionné d'électronique dans les années 1970 ne l'est plus du tout aujourd'hui. Il faut des spécialistes des algorithmes, des spécialistes des systèmes d'exploitation, des spécialistes des réseaux… Faire accroire à des étudiants qu'ils peuvent entrer dans ton école sans le bac et qu'ils en sortiront aptes à trouver un travail dans le domaine de l'informatique n'engage que ceux qui le croient.

Si encore cette formation était une formation classique, avec un bon morceau de théorie avant de passer au côté pratique de la chose, pourquoi pas. Mais cette formation est une formation qualifiée de peer to peer. En d'autres termes, chaque élève apprend des autres. Beau programme. Déjà qu'en TP d'école d'ingénieur en informatique, on se retrouve plus qu'à son tour avec des copier-coller du site du zéro, là, cela risque fort de virer à l'extase. D'après toi, cette pédagogie mise sur des compétences poussées en programmation et la capacité à innover, à voir et penser différemment.

À penser et à voir différemment. Tu parles !

L'algorithmie, puisque c'est de cela que l'on parle, est une science. C'est une branche des mathématiques avec toute la rigueur que cela impose parce qu'un programme se prouve. Son dieu que personnellement j'invoque régulièrement s'appelle Donald, pas Sutherland, mais Knuth, quoique s'il s'agissait de Sutherland, certains programmes pourraient être un peu plus rigolo. En aucun cas, cela ne s'improvise avec du peer to peer. La seule chose que l'on peut imaginer faire avec ce genre de pédagogie, c'est accumuler les connaissances à la façon d'un livre de recettes, rien de plus, puisqu'il manque le socle théorique. Tant que les recettes suffiront, on fera illusion.

Le pire, le pire est que tu justifies la fondation de ton école par l'édito suivant (source : http://www.42.fr/ledito-de-xavier-niel/). Je cite en corrigeant les fautes :

Je travaille dans l’Internet depuis vingt ans. Et depuis vingt ans le principal problème de mon métier est toujours le même : comment recruter des talents, comment trouver les développeurs dont nous avons besoin pour concevoir les logiciels qui vont nous permettre de créer des produits innovants ?

Des produits innovants ? Non. L'informatique a besoin d'ingénieurs, de techniciens, de théoriciens pour implanter des algorithmes de façon sérieuse. Tous ces métiers nécessitent une base théorique solide. Cela ne s'apprend pas en bricolant.

Aujourd’hui, le système français ne marche pas. Il est coincé entre d’une part l’université, qui propose une formation pas toujours adaptée aux besoins des entreprises mais qui est gratuite et accessible au plus grand nombre, et d’autre part les écoles privées, chères, dont la formation est assez qualitative mais laisse sur le côté de la route le plus grand nombre de talents, voire de génies, que nous pourrions trouver en France.

Et les grandes écoles ? Mon cher Xavier, si tu avais fait tes classes préparatoires jusqu'au bout au lieu de vaquer à d'autres occupations, tu aurais constaté qu'une grande école ne coûte pas plus cher qu'une université. Par ailleurs, les classes préparatoires aux grandes écoles étant ouvertes à tous, ton argument tombe à plat. Les grandes écoles sont accessibles à tous ceux qui ont du talent.

Sur la base de ce constat, nous nous sommes rencontrés avec un garçon que je connais depuis longtemps, qui s’appelle Nicolas Sadirac et qui a créé les plus grandes écoles informatiques privées de notre pays. Nous partagions entièrement avec Nicolas ce constat. Il fallait changer les choses, envisager un mode de formation différent et abandonner la structure classique de l’enseignement tel qu’il est fait en France, inadapté à la formation des talents dont nous avons besoin.

Nicolas Sadirac n'a jamais fondé que l'Épitech en 1999, école qui n'est toujours pas à l'heure où j'écris ces lignes reconnue par la comission des titres d'ingénieur (http://extranet.cti-commission.fr/recherche/rechercheEcole). Pour l'une des plus grandes écoles informatique privée de notre pays, enfin c'est toi qui le prétends et personnellement j'hésiterais à la qualifier de la sorte, cela fait un peu désordre.

Modifier le système, c’est d’abord apporter une formation différente qui ne repose plus sur les choses classiques que l’on voit depuis toujours, c’est-à-dire un professeur et des élèves, qui s’ennuient, qui en ont marre. Le système éducatif ne marche pas. On peut être en échec scolaire et pourtant correspondre à ce qui est un génie en informatique. On peut ne pas avoir le bac et pourtant devenir le développeur le plus brillant de sa génération.

Non. On ne peut pas ne pas avoir le bac et devenir le développeur le plus brillant de sa génération. Ou alors on a tout fait pour ne pas avoir le bac. Par ailleurs, si on s'ennuie en cours d'algorithmie et que l'on veut en faire son métier, il est urgent, je dis bien urgent, de changer d'orientation toutes affaires cessantes ! La programmation n'est pas un jeu et n'a pas à ne pas être ennuyante.

Pour être un programmeur brillant, il faut de la pratique et une bonne connaissance théorique de ce qu'on fait et de pourquoi on le fait. Personnellement, j'ai de longues années de développement derrière moi et il m'arrive toujours, malgré de solides connaissances théoriques, à douter de telle ou telle routine (effets de bord, comportements aux limites et j'en passe). Sans avoir les connaissances théoriques de base, ce développeur le plus brillant de sa génération ne sera capable que de coder des choses qui marchent 99% du temps et qui se vautreront le 1% du temps restant. Sachant que des spécialistes se tirent souvent des balles dans les pieds avec des fonctions comme pthread_kill(), j'aimerais assez voir ce qu'arrivera à faire ton développeur aussi brillant soit-il.

Notre deuxième volonté est de supprimer la barrière financière et d’accepter à la fois tout le monde, avec ou sans diplôme, et de faire une école entièrement gratuite. Cette école est basée à Paris aujourd’hui. Elle accueillera un grand nombre de jeunes.

Foutaises. Le problème pour un étudiant de grande école n'est pas le prix de l'écolage mais le logement.

On commence maintenant. Nous avons donc envie de vous dire quelque chose de très simple : à ceux qui veulent un beau métier, à ceux qui veulent nous aider à créer la France de demain et à créer les entreprises innovantes de demain, rejoignez-nous. Venez chez 42. On vous attend.

C'est cela. Allez-y ! Avec une telle formation, la seule chose que vous aurez au bout, et dans le meilleur des cas, c'est un poste de pisseur de code. Quand on voit actuellement ce que les SSII, principales utilisatrices de développeurs informatiques, demandent comme compétences à des ingénieurs diplômés, j'imagine à peine ce qu'elles feront d'un CV qui proviendra d'une telle école.

Mais nous sommes sauvés. La France est sauvée, Xavier Niel s'occupe de son problème de formation !

 

Apartheid

12.12.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Monde de merde, Je hais les politiciens

Nelson Mandela est décédé il y a peu. À moins d'habiter sur une île déserte peu ou pas desservie par les services réguliers de courriers, cela n'a pas pu vous échapper.

Cet homme a combattu et vaincu l'apartheid en Afrique du Sud. L'apartheid était d'après Wikipedia une politique dite de « développement séparé » affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées. Il fut conceptualisé et mis en place à partir de 1948 en Afrique du Sud (Union d'Afrique du Sud, puis République d'Afrique du Sud) par le Parti national et aboli le 30 juin 1991. Avec l'apartheid, le rattachement territorial (puis la nationalité) et le statut social dépendaient du statut racial de l'individu.

En Afrique du Sud, l'apartheid a effectivement été abolie en 1991. En revanche, en Israël, il n'a visiblement jamais été aboli. En effet, l'organisation caritative israélienne Magen David Adom, société nationale du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a refusé mercredi 11 décembre 2013 le don de sang de la députée noire d'origine éthiopienne Pnina Tamano-Shata.

La cause en est mystérieuse jusqu'à l'explication fournie devant des caméras par une responsable de cet organisme expliquant le plus naturellement du monde que, je cite avec des pincettes, « selon les directives du ministère de la santé, il n'est pas possible d'accepter le sang spécial d'origine juive éthiopienne ». Le sang spécial d'origine juive éthiopienne… Sans doute n'est-il pas assez kasher !

Aujourd'hui, Magen David Adom refuse ce sang. C'est toujours mieux que ce qui se passait auparavant. Il y a seize ans, en effet, une grande manifestation de la communauté des juifs éthiopiens avait eu lieu à Jérusalem lorsque les médias avaient révélé que les autorités sanitaires se débarrassaient sans l'utiliser du sang donné par les membres de cette communauté. Pour essayer de calmer le jeu, les responsables du Magen David Adom ont indiqué qu'ils étaient prêts à accepter le sang de la députée, mais que celui-ci serait congelé et ne serait pas utilisé. Quel est donc l'intérêt ?

Mais de qui se moque-t-on ? Il réside actuellement un peu plus de 100000 juifs d'origine éthiopienne en Israël, juifs qui sont encore victimes de discriminations par l'état même qui les a fait venir du milieu des années 1980 au début des années 1990 (voir l'opération Salomon). Il est inadmissible qu'un état qui revendique quasiment la shoah comme acte fondateur se comporte de telle sorte avec ses coreligionnaires.

 

Il faut sauver l'Humanité

11.12.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les politiciens

L'assemblée nationale est en train d'examiner la loi de finance rectificative de 2013. Les lois de finances sont toujours de joyeux fourre-tout dans lequel le gouvernement et les parlementaires font passer tout et n’importe quoi en matière de fiscalité. Les lobbies de tous poils y déploient aussi un talent hors pair au service de ceux qui les emploient.

Cette mouture 2013, votée définitivement ce mardi, vaut son pesant de millions sonnants et trébuchants. On y voit entre autres le gouvernement sauver le quotidien L’Humanité. Voici l'amendemend correspondant.

APRÈS ART. 33 N°410
ASSEMBLÉE NATIONALE
3 décembre 2013

PLFR 2013 - (N° 1547)

 

Commission
 
Gouvernement
 
Adopté

AMENDEMENT N°410

présenté par

 

le Gouvernement

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ARTICLE ADDITIONNEL

APRÈS L'ARTICLE 33, insérer l'article suivant:

Les créances détenues sur la Société nouvelle du journal L’Humanité au titre du prêt accordé le 28 mars 2002, réaménagé en 2009 et imputé sur le compte de prêts du Trésor n° 903‑05, sont abandonnées à hauteur de 4 086 710,31 euros en capital. Les intérêts contractuels courus et échus sont également abandonnés.

EXPOSÉ SOMMAIRE

L’article 24 de la loi organique relative aux lois de finances précise que « toute échéance qui n’est pas honorée à la date prévue doit faire l’objet, selon la situation du débiteur :

- soit d’une décision de recouvrement immédiat, ou, à défaut de recouvrement, de poursuites effectives engagées dans un délai de six mois ;

- soit d’une décision de rééchelonnement faisant l’objet d’une publication au Journal officiel ;

- soit de la constatation d’une perte probable faisant l’objet d’une disposition particulière de loi de finances et imputée au résultat de l’exercice dans les conditions prévues à l’article 37. Les remboursements ultérieurement constatés sont portés en recettes au budget général. »

Or, la Société nouvelle du journal L’Humanité ne peut faire face au remboursement de sa dette contractée auprès de l’État (prêt du fonds de développement économique et social - FDES), sur le capital et les intérêts, parce que ses résultats financiers sont très faibles et qu’elle ne possède plus d’actifs.

Par conséquent, il est nécessaire d’abandonner cette créance détenue par l’État sur cette société.

Ce prêt a été initialement accordé à partir du compte de Trésor n°903‑05 « Prêts du fonds de développement économique et social ». Les opérations portées sur ce compte ont été reprises sur le compte de concours financiers « Prêts et avances à des particuliers ou à des organismes privés » dans le cadre de la loi de finances pour 2006.

L'Humanité est un quotidien qui tire à peine à plus de 40000 exemplaires par jour. Même France soir et La Tribune aujourd'hui disparu des kiosques tiraient presque deux fois plus. Aux dires de l'OJD, le nombre de lecteurs de l'Humanité était en 2011 de seulement 280000. Les subventions à la Voix de Moscou, pardon la Pravda française qu'est l'Humanité montaient à 48 centimes par exemplaire, ce qui est loin d'être négligeable lorsque chaque numéro est vendu 1,40 €.

Je n'ai rien contre la pluralité de la presse. Cela me semble même une bonne chose. En revanche, j'ai un peu plus de mal lorsque le gouvernement injecte quelques milllions d'euros dans une entreprise vouée à la disparition. Outre la subvention octroyée à l'Humanité comme à d'autres quotidiens qui ne bénéficient pas de beaucoup de publicité (comme Libération et la Croix) et qui nous coûte annuellement quelque trois millions d'euros pour la seule Humanité, le gouvernement vient d'annuler purement et simplement une dette de plus de quatre millions d'euros hors intérêts que ce quotidient avait envers l'état.

Là, je m'insurge. Je m'insurge parce que cette annulation est motivée par le fait que ce quotidien ne possède plus d'actifs et que ses résultats financiers sont très faibles. La belle affaire ! Lorsque je me suis retrouvé dans la même situation parce que deux clients avaient fait des faillites frauduleuses avec la bénédiction d'une partie de la classe politique locale mouillée jusqu'aux yeux, je me suis retrouvé avec des résultats financiers très faibles et dans l'obligation de licencier tous mes salariés. L'état, dans sa grande clémence, n'a jamais voulu annuler une dette de 12000 euros, intérêts et principal, que j'avais envers lui au travers du grand machin qu'est Oséo. Bien au contraire, j'ai été assigné devant un tribunal alors que j'avais déjà du mal à régler les licenciements.

La différence entre l'Humanité et moi, outre la taille de la dette, est que je peux apporter aucun électeur à la majorité. Bien au contraire. À l'heure où la majorité tombe dans les abîmes des sondeurs, quelques voix communistes sont toujours bonnes à prendre.

Il y a donc deux poids et deux mesures dans notre beau pays. Et lorsque ces poids sont mélangés à de la basse politique, cela n'augure vraiment rien de bon.

 

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