Classes surchargées

03.10.13 | par Le Grincheux | Catégories: Vieux con, Monde de merde, Je hais les politiciens

Combien de temps faudra-t-il encore supporter tous ces politiques bien pensant répétant à l'envi que les résultats de l'éducation nationale ne sont pas bon parce que les classes sont surchargées. Chose amusante, ce sont généralement les mêmes qui s'enorgueillissent des 85% de réussite au bac. Mon mauvais esprit me souffle dans le creux de l'oreille qu'il y aurait ici comme un début de contradiction. Passons, si l'incohérence les étouffait, je pense qu'on aurait déjà constaté une hécatombe parmi cette engeance.

Les élèves ne sauraient pas lire parce que les classes de maternelle — si, si, je vous assure que cela a été dit sans rire au Téléphone Sonne, sur France Inter, le 2 octobre 2013, allez vérifier ! — et de l'école primaire comptent plus de vingt élèves.

Là, je m'insurge. Je suis issu d'une longue lignée de hussards noirs qu'on n'appelait pas encore professeurs des écoles. Il n'y avait pas que des hussards noirs de la république, il y en avait aussi de l'empire, mais je m'égare. Dans le lot, il y a même eu un maître de stage de l'école normale, plusieurs directeurs d'école et certains de mes oncles et tantes sont aussi du sérail. Sans doute un atavisme dangereux à surveiller de près.

Des années 1900 aux années 1960, ces instituteurs avaient des classes chargées. Ceux qui avaient la chance de n'avoir qu'un seul niveau avaient entre quarante et quarante-cinq élèves. Les autres avaient des classes moins chargées, mais de plusieurs niveaux, dans des campagnes dont les élèves ne parlaient pour la plupart pas français lorsqu'ils franchissaient pour la première fois les portes de l'école primaire municipale.

Je ne connais pas les horaires de cours alors en vigueur dans ces écoles de la campagne profonde. En revanche, j'ai assez entendu parler des horaires dans les écoles des villes au début des années 1960. Il y avait six heures de cours par jour, 8h00-12h00 et 14h00-16h00, en classe de CE1, du lundi matin au samedi soir, le jeudi étant libre, tout cela avec quarante-cinq élèves par classe. De 16h00 à 18h00, les élèves pouvaient aller en étude lorsque les parents ne pouvaient les récupérer. Et en fin de CE1, les élèves savaient lire correctement et tenir un stylographe qui n'était pas encore à bille (une belle contradiction dans les termes pour ceux qui ont eu la chance de faire du Grec) puisque l'instituteur remplissait encore les encriers.

Le fait que les élèves actuels ne savent ni lire ni écrire en arrivant au niveau du baccalauréat n'est ainsi pas directement lié au nombre d'élèves par classe. Si c'était le cas, nos aînées n'auraient jamais pu apprendre à lire. Peut-être faut-il regarder ailleurs, par exemple sur la motivation des élèves, leur discipline en classe, les méthodes d'apprentissage de la lecture, de l'orthographe et de la grammaire, les matières nouvelles qui ne servent à rien pour l'apprentissage des matières fondamentales et j'en passe. J'ai pu lire dans un rapport tout à fait officiel émanant du ministère de l'éducation nationale que le niveau ne baissait pas parce que les élèves actuels savaient bien plus de chose que ceux d'il y a un siècle lorsque ce même ministère s'appelait encore ministère de l'instruction publique ; les mots sont importants. Ils savent en particulier manipuler un ordinateur, ce que leurs aînés ne savaient pas faire. Argument spécieux s'il en est puisque leurs aînés ne pouvaient pas manipuler quelque chose qui n'existait pas encore. En revanche, ces aînés savaient utiliser une règle à calcul ou une table de logarithmes et j'aimerais bien voir un bachelier moderne utiliser ces deux instruments. Déjà qu'il a du mal avec une calculatrice de compétition, j'imagine assez mal le voir manipuler une Graphoplex. Ariane V a explosé pour bien moins que cela.

Mais le problème est toujours le même, réduire le nombre d'élèves par classe. C'est un leit-motiv, un gimmick des syndicats et du ministre. On pourra essayer de le réduire autant qu'on voudra jusqu'à avoir un élève par enseignant. Tant qu'on ne luttera pas contre la réelle cause d'échec scolaire dans les petites classes que sont l'attitude des parents et des enfants, les méthodes d'apprentissage, la relation au travail et aux devoirs, la dispersion dans des matières parfaitement inutiles voire nuisibles — quel intérêt en classe de CE1 au maniement de l'outil informatique ? — on n'avancera pas. Et que l'on ne me parle pas de l'étude des langues étrangères au primaire, on pourra commencer à envisager cela lorsque la langue maternelle sera maîtrisée. Il suffit de regarder une pile de copies d'élèves de collège pour se convaincre que ce n'est pas le cas et que l'étude des langues étrangères ne devrait pas être une priorité.

Mais il est tellement facile de se convaincre que tout les problèmes sont dus aux classes surchargées, donc à des problèmes financiers… J'espère seulement que le ministre n'en est pas convaincu lui-même. Mais un doute m'assaille à la lecture de sa réforme des rythmes scolaires.

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Nausée

02.10.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Monde de merde, Je hais les politiciens

Il l'a dit. Il a osé le dire. Je le cite avec des guillemets que j'ouvre avec des pincettes :

On pourrait légaliser le viol aussi. Le viol, finalement, c'est un rapport amoureux qu'une partie des deux souhaite. La deuxième pourrait faire un effort. Enfin, finalement, si je suis votre raisonnement, on pourrait légaliser le viol ou le vol de voiture.

Celui qui a eu cette fulgurence se nomme Stéphane Ravier, candidat du Front National à la mairie de Marseille, devant Patrick Mennucci et sur un plateau d'une émission de Thierry Ardisson, Salut les Terriens !, samedi 28 septembre sur Canal+. J'admets que cette phrase est sortie du contexte, mais même lors d'un échange de vannes, elle reste choquante. Je suis pourtant assez difficile à choquer.

Cela se passe de commentaire et personnellement, je crois que je vais aller vomir.

En tout cas, une raison de moins pour voter FN. Après un programme économique délirant, un programme social inepte, voici la morale à géométrie variable.

 

Nouvelles idées et pause fiscale

02.10.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les politiciens

Ce qui se souviendront de la pause fiscale pour 2014 ne seront pas déçus. D'autant qu'Aurélie Filippetti, ministre de la culture, ne renonce pas malgré sa première bataille perdue contre Bercy. En effet, elle souhaite que les appareils connectés soient taxés comme le sont les supports d'enregistrement pour financer la sacro-sainte exception culturelle française qui fait, selon elle, que « l'on a un peu de bonheur [en France] ».

Oui, vous avez bien lu, c'est du Filippetti dans le texte.

Revenons à cette annonce. Invitée sur BFM TV pour répondre aux questions de Jean-Jacques Bourdin, Aurélie Filippetti est revenue sur la suspension de la taxe sur les appareils connectés. Cette taxe, rappelons-le à la décharge du ministre, était l'une des propositions du rapport Lescure commandé par le ministère.

Après le cafouillage sur la pause fiscale, la diminution de l'augmentation des impôts à horizon 2014, à moins qu'il ne s'agisse de 2015 voire de 2016, le gouvernement a déclaré que cette pose fiscale serait effective à partir de 2015. Cochon qui s'en dédit. Par conséquent, cette nouvelle taxe qui devait représenter 1% du montant des appareils dès 2014 pourrait ne jamais voir le jour si cette pause fiscale est bien respectée en 2015.

Mais c'est mal connaître le ministre. Ayant perdu son premier combat contre Bercy, elle ne baisse pas les bras et continue à défendre l'idée de faire évoluer la taxe pour copie privée en en élargissant l'assiette. Déjà, cette taxe m'énerve au plus au point. Il paraît qu'en tant que professionnel, je peux me la faire rembourser parce que j'utilise mes systèmes de stockage pour stocker mes productions de l'esprit et non celles des autres. Je vous défie de le faire. Même mon centre des impôts ne sait pas comment cela pourrait se faire. Passons et revenons au sujet. Cette taxe pour la copie privée, ce qui est contestable sachant que le droit français permet déjà un droit à la copie privée pour un usage personnel, est une taxe bizarre puisqu'elle revient à mélanger sans vergogne une certaine compensation inavouée du piratage et les dispositifs de soutien à la création.

Dans le même entretien, elle avoue « travailler sur l'évolution de la fiscalité pour l'adapter au numérique ». Là, vous devriez trembler. Un ministre qui travaille à l'évolution de la fiscalité n'augure, en France, rien de bon. En effet, elle signale que depuis les années 1980, les cassettes audio, les fax, les photocopieurs sont taxée en vertu du droit à la copie privée, que ces technologies sont aujourd'hui obsolètes et qu'il faut donc faire évoluer la base de la fiscalité pour continuer ce que l'on a toujours fait en France.

À ce moment, il faudrait tout de même rappeler que c'est justement la mal français. Aucune suite dans les idées fiscales, les règles du jeu qui changent subtilement tous les trois mois et un droit fiscal plus alambiqué encore qu'une homélie d'un père jésuite. Il faudrait rappeler au gouvernement que si de plus en plus de cadres supérieurs vont résider fiscalement en Belgique, ce n'est pas pour payer moins d'impôts (les impôts sur les salaires y sont objectivement plus élevés), c'est juste pour avoir un peu plus de stabilité fiscale.

Mais le ministre n'en a cure, taxer les objets connectés comme on le faisait autrefois pour les dispositifs de reproduction des œuvres « va dans le sens de l'histoire et n'alourdira pas le prix pour les citoyens ». Pourtant, il y a au moins un citoyen qui en a marre d'être pris continuellement pour un imbécile. J'ai un smartphone pour raisons professionnelles (acheté au Canada non pour des raisons fiscales mais pour avoir un vrai clavier sans écran gras) qui ne me sert que pour faire un ssh une fois de temps en temps sur mes serveurs. Je n'utilise pas ses autres fonctionnalités, un téléphone étant d'abord fait pour téléphoner. Je paie déjà des taxes sur mes DLT, SLR, CD-Rom, DVD-R, disques durs, accès internet pourtant sans télévision, je contribue donc déjà assez à l'exception culturelle française qui me semble pourtant mal en point lorsque je vois les émissions qui passent à la télévision actuellement et la médiocre production cinématographique française. Quant à la musique sponsorisée par le ministère, je préfère ne pas dire ce que j'en pense.

Et elle nous prévient. Même si une pause fiscale a été annoncée pour 2015, il n'est pas impossible que cette nouvelle taxe figure au budget 2015. Elle ajoute même : « moi, je pense qu'il faut faire évoluer les choses, parce qu'il s'agit de financer des industries créatives qui créent de l'emploi en France, qui nous permettent d'écouter de la musique française, de voir des films français… C'est l'exception culturelle, et ça tout le monde est d'accord en France, c'est droite-gauche, on est tous très fiers de ça. Ca fait partie de ce qui marche en France, et de ce qui fait qu'on a un petit peu de bonheur et de plaisir ».

Personnellement, je n'ai pas un peu plus de bonheur et de plaisir parce que je regarde un film français. Je peux à la rigueur discuter de la chose lorsque je regarde un bon film. Entre Bienvenue chez les ch'tis et Dans ses yeux, film argentin de Juan José Campanella, je n'ai pas honte de préférer le second même si cela doit me faire passer pour un mauvais français.

Quoi qu'il en soit, le ministre a plein d'idées pour lever de nouvelles taxes, nouvelles taxes qui ne sont pas incompatibles avec l'augmentation des taxes actuellements perçues pour légitimer le droit à la copie privée. Et n'oublions pas que le Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique qui a l'oreille du ministre a adopté mardi 23 octobre 2013 un avis sur les services en cloud qui permettent l'accès à des œuvres stockées à distance. Il estime qu'ils devaient être soumis au paiement de la rémunération pour copie privée. Le ministre ne devrait pas tarder à saisir l'idée au bon.

 

Loi Duflot

01.10.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les politiciens

Si nous avons les hommes et femmes politiques que nous méritons, il faut bien constater que nous ne sommes pas très méritants. Nous avons actuellement au gouvernement une brochette qui ne brille que par son incompétence, une équipe dont certains membres pétris d'idéologie crasse n'ont d'une part aucune légitimité électorale et d'autre part même pas le début de culture nécessaire à la plus petite compréhension d'un problème qui dépasse la liste de courses.

Je vais ici parler du cas Duflot.

Vous souvenez-vous ? Il y a deux ans, Cécile Duflot déclarait crânement à propos du risque de radiations issues de la centrale de Fukushima :

On ne peut pas le savoir aujourd’hui. La probabilité en France métropolitaine est faible mais on ne peut jamais savoir avec certitude. La météorologie fait que cet accident étant survenu dans l’hémisphère sud, a priori le système de vents reste dans l’hémisphère sud, mais on ne peut pas en être certain.

Vous aviez oublié ? Pas moi. Le français a décidément la mémoire courte. Il a sans doute aussi oublié sa complainte sur l'air de « j'ai glissé sur une peau de banane dans un couloir du métro ». Que les couloirs du métropolitains soient sales, c'est une information, un fait qui doit permettre à la RATP de modifier ses habitudes de nettoyage ou d'entreprendre la chasse aux indélicats. Que Cécile Duflot glisse sur une peau de banane n'est pas une information. En faire état est même pathétique.

Mais revenons à ses connaissances géographiques. Ce n'est à l'évidence pas un lapsus puisque son explication enfonce le clou. Elle place bien le Japon dans l'hémisphère sud, sans doute à la place de la Nouvelle-Zélande. Pour quelqu'un qui a eu un DEA de géographie, c'est assez navrant. Vous me direz que la géographie, c'est autre chose que la liste des départements avec les préfectures et les sous-préfectures et vous aurez raison. Mais de là à ne pas savoir placer le Japon sur une carte… Soit Cécile Duflot a eu son diplôme en cadeau dans un paquet Bonux, soit l'université qui le lui a donné ne l'a fait que pour se séparer d'une agitatrice incontrôlable, soit encore le niveau a tellement baissé qu'un DEA de géographie peut maintenant être donné à tout le monde. Rayons le troisième cas, il paraît que le niveau ne baisse pas. Les gouvernements successifs l'affirment haut et fort.

Le parti politique dont est issue Cécile Duflot, Europe-Écologie-les-Verts, représente grossièrement 2% des votes aux dernières élections présidentielles. Mais à la suite d'un accord que je qualifierais sans vergogne de honteux pour la démocratie, ce parti s'est vu attribué un certain nombre de sièges au gouvernement. Et parmi ces sièges, nous avons la joie de subir l'inénarrable Cécile Duflot, ses caprices et sa compréhension lacunaire de l'économie.

Le gouvernement actuel préfère une répartition égalitaire de la misère à une répartition inégalitaire de la richesse. Nous le savions déjà puisque depuis Mitterrand qui nous a bien fait plonger entre 1981 et 1983 rien n'a vraiment changé à gauche. Mais le programme de Cécile Duflot dépasse de loin tout ce qu'un socialiste français peut espérer dans ses rêves les plus fous. Il faut dire que Cécile Duflot est en charge du logement et qu'il est urgent de faire quelque chose.

Il manque en effet des centaines de milliers de logements en France. L'état, vu ses finances catastrophiques, ne pourra jamais construire ces logements et il est nécessaire de faire croître le parc locatif privé puisqu'une bonne partie de la population ne pourra jamais accéder ni à la propriété ni aux HLM.

Et que fait-elle ? Elle veut imposer par la loi l'encadrement des loyers, l'obligation de prendre une assurance pour loyers impayés et, cerise sur le gâteau, l'impossibilité d'expulser un locataire indélicat dès lors qu'une personne de plus de soixante-cinq ans habite l'appartement, que cette personne figure ou non sur le bail. Je ne sais pas pourquoi, mais les mauvais payeurs risquent fort de vivre avec leur grand'mère assez rapidement.

En d'autres termes, le locataire est toujours plus protégé face à des propriétaires dont le seul but, au moins pour Cécile Duflot, est de faire expulser les locataires. Pourtant, si la fameuse assurance obligatoire ne représente que 2% des loyers, c'est qu'il n'y a actuellement que 2% de loyers impayés. Les propriétaires font donc bien leur travail et ne cherchent pas à expulser plus de 2% des locataires. Offrir une telle garantie ne pourra que faire augmenter mécaniquement le nombre des impayés.

Mais ce n'est pas tout. Pour louer un appartement, il faut l'entretenir malgré les locataires indélicats, payer une assurance (optionnelle, mais recommandée, on ne sait jamais si son locataire possède une police valable une fois qu'il a intégré les locaux), payer les taxes foncières, taxes d'habitation pour local vide le cas échéant, les charges de copropriété incombant au propriétaire, les impôts sur le revenu, les CSG et CRDS, sans oublier l'ISF et l'impôt sur la plus-value, tout ce petit monde étant en constante augmentation. Le rendement locatif étant à la baisse en raison de toutes ces augmentations, les risques pour le propriétaire toujours plus grands, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que bon nombre de propriétaires laisseront plus volontiers leurs appartements vides que sur le marché locatif. Pire, ils pourraient les vendre à des gens encore capables de les acheter, tarissant du même coup l'offre locative pour les plus modestes.

La loi Duflot est ainsi une aberration idéologique contre-productive. Sous prétexte de taper sur les propriétaires — parce que c'est exactement ce qu'elle fait, elle ne s'en cache même pas —, elle ne va conduire qu'à un éclatement du marché de l'immobilier entre ceux qui pourront se loger parce qu'ils en auront encore les moyens et les classes populaires qui ne trouveront plus rien faute d'offre à leur mesure. Et la demande étant alors excessive par rapport à l'offre, je vous laisse entrevoir ce qui se passera.

Les effets commencent déjà par se faire sentir. Une étude du réseau d'agences Century 21 montre qu'au troisième trimestre 2013, l'achat de logements anciens par des particuliers qui veulent les louer a reculé de 5,8% sur un an. Cette baisse sensible confirme une tendance de fond constatée depuis la seconde partie de l'année 2012. Dans l'absolu, cela fait 81000 logements anciens qui n'ont pas été achetés tout en sortant du marché locatif. À Paris et en région parisienne, ces chiffres sont alarmistes car la part des investisseurs locatifs sur un marché déjà tendu a chuté en moyenne de 11%. Dans les départements de la petite couronne, les propriétaires en fin de bail cherchent à vendre plutôt qu'à trouver un nouveau locataire aux conditions actuelles. Dans l'Essonne, le plongeon de l'investissement locatif sur la même période est de 29,8%, 14,5% dans les Yvelines. Une partie de ces investisseurs étaient des cadres supérieurs (pour défiscaliser) et des professions libérales (pour préparer leur retraite car les professions libérales ne peuvent pas compter sur leurs cotisations pour avoir ne serait-ce qu'une retraite décente). Leur part s'est effondrée de 46%, une partie se tournant vers l'immobilier d'entreprise qui a augmenté dans la capitale sur la même période de près de 20%.

Le marché locatif déjà en proie à une pénurie risque de s'assécher totalement et d'amplifier la crise à venir. Les cinq cent mille logements promis par le gouvernement ne pourront être constuits faute de moyens et il est impossible d'éviter une grave crise du logement sans le parc locatif privé. Pourquoi vouloir à tout prix se l'aliéner ?

Nous venons à peine de digérer les inepties de la loi de 1948 et de son encadrement des loyers. Pourquoi vouloir à tout prix en remettre une couche ? Cécile Duflot n'aura rien appris du passé. Pour quelqu'un qui situe le Japon dans l'hémisphère sud, le contraire eut été étonnant.

 

Python ou l'exemple à ne pas suivre.

30.09.13 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais l'informatique

Dans les années 1990, une foule immense s'est élevée contre le langage Basic parce que la plupart du temps, ce langage n'était pas compilé, que les variables étaient déclarées à la volée et qu'un programme Basic ne contenait que des sous-programmes accessibles au travers de la fonction GOSUB. Pourtant, le Turbo Basic permettait aussi l'utilisation des fonctions, des procédures ainsi que des blocs structurés de programmes. Rien n'y a fait, le Basic traînait derrière lui une sulfureuse rumeur que n'a pas arrangée la série intitulée Visual Basic. Microsoft étant capable de pervertir n'importe quel concept, le Basic passé à sa moulinette n'a pas échappé à cette règle.

Il existe pourtant aujourd'hui un langage utilisé malheureusement partout qui est bien pire que le pire des langages de la famille des Basic. Il s'agit de Python. Non seulement les différentes versions de Python sont incompatibles entre elles, mais il n'y a même pas la plus minimale des compatibilité ascendante. Entre Python 2 et 3, l'annonce a été faite on ne peut plus clairement. Mais d'une branche de la version 2 à une autre plus récente, la compatibilité n'est pas assurée dès que l'on creuse un petit peu. J'ai pu il y a quelque mois réinstaller un vieux Python 2.6, parce que ni le 2.7 ni le 3.0 ne permettait de faire fonctionner un système de programmation d'une carte d'électronique embarquée. Le programme en question était peut-être mal écrit, certainement d'ailleurs, mais le résultat était là. Un programme parfaitement fonctionnel avec Python 2.6 ne fonctionnait plus avec le 2.7.

Revenons donc à Python. Depuis une quinzaine d'années, mon activité m'a poussé à étudier les formalismes et à concevoir des langages de programmation. Un exemple de mes travaux se trouve ici et est utilisé actuellement pour des calculs massivement parallèles. Je vais donc me permettre d'analyser les défauts de Python à l'aulne de mon expérience de logicien fou. Je n'entrerai pas dans le détail, mais vous pouvez toujours poster des commentaires, je développerai un peu plus.

Le fait de mélanger le fond et la forme est la première aberration de ce langage. En Python, l'espace et la tabulation sont signifiantes. Là où l'immense majorité des langages de programmation utilise une syntaxe spécifique pour déclarer des blocs de programmes, qu'il s'agisse de begin/end, d'accolades ouvrantes et fermantes ou de tout autre système, Python considère que cette déclaration est implicite et fonction du nombre d'espaces ou de tabulations en début de ligne. C'est assez amusant, surtout lorsqu'un éditeur décide dans le dos de l'utilisateur de changer des tabulations en espaces et réciproquement. Et encore, il faut savoir combien d'espaces représente une tabulation.

Entre nous, c'est dommage. Cela nous prive de programmes agréables à lire comme ceux de l'IOCCC.

Python mélange un tas de paradigmes assez orthogonaux. D'après ses concepteurs, il peut être procédural, fonctionnel, objet voire encore d'autres familles qu'il resterait à inventer. Il paraîtrait même que l'on pourrait faire du lamba-calcul avec Python. Comme tous les langages qui font plein de choses, il fait un peu tout, mais mal, puisqu'il cherche à avoir une syntaxe générique pour traiter tous les cas. Et qui dit langage objet dit ramasse-miette quasiment à coup sûr. Ce n'est en effet pas tout de créer des objets, il faut encore libérer la mémoire. Et si on le fait de façon synchrone, les performances peuvent s'en ressentir.

La question est de savoir ce qu'apporte le paradigme objet. Le seul intérêt que j'y vois est qu'un développeur médiocre peut essayer de coder quelques applications sans jamais se poser réellement la question de la gestion de la mémoire. Subséquemment, lorsqu'il cherche à appeler une banane, il est souvent contraint de siffler un singe qui apporte cette banane sur un plateau et qui vient avec tous ses copains de la jungle. En termes stricts de ressources, la programmation objet est une aberration.

Il faudrait contraindre Python a rester dans le domaine du prototypage rapide où son utilisation pourrait à la rigueur se justifier en tant que langage pouvant être interprété et surtout se débrouiller pour qu'il n'en sorte pas. Le fait de disposer de nombreuses bibliothèques fait que personne ne se préoccupe de sa pérennité, le choix du langage se faisant en fonction des outils déjà existants et surtout pas en fonction de critères objectifs intrinsèques au langage. Je pourrais faire exactement le même reproche aux gens qui choisissent le C ou le C++ là où le Fortran serait le plus adapté ou à ceux qui ne jurent que par Java ou par Matlab. Le choix d'un langage n'est pas anecdotique, il impose une façon de penser, une manière d'implanter un algorithme. Penser Python, ou C, ou n'importe quel autre langage avant de penser algorithme revient à mettre la charrue avant les bœufs et à s'imposer des limites qui ne devraient pas exister. Souvent, cela complexifie les programmes.

Mais ce type de pensée se perd. Aujourd'hui, il faut développer vite quitte à ce que le code soit jetable car non maintenable. La génération des développeurs Python ou Java a donc malheureusement encore de beaux jours devant elle. Et tant qu'il restera des objectifs inatteignables, des cahiers de charges mal fichus, des délais raccourcis et sur le marché autant de mauvais développeurs, cela risque de ne pas s'arranger.

Si vous êtes bien sages et que vous le demandez gentiment, je vous expliquerai dans un prochain billet ce qui est pour moi un langage correctement conçu.

 

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