Allô, quoi ?

11.04.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit

La phrase qui a fait rigoler la France entière est maintenant une marque déposée. Cela vous a peut-être échappé, c'est du plus cocasse, mais c'est comme ça. La très siliconée Nabilla Benattia — ce n'est pas de la diffamation, elle se vente elle-même d'être passé d'un 85B à un 95D, je ne sais plus si j'ai trouvé cette information dans le Figaro, Closer ou Minute, en tout cas c'était dans un journal people —, mademoiselle de son état, vient de déposer sa fulgurence. Pour preuve, une copie du dépôt à l'INPI.

Pour avoir déjà déposé un certain nombre de marques, je connais bien le fonctionnement de l'INPI. Je connais aussi bien le fonctionnement des cabinets de protection intellectuelle qui se chargent pour vous de déposer une marque et qui sont prêts à déposer n'importe quoi à partir du moment où ils sont grassement payés même si la marque en question a toutes les chances d'être recalée.

Je ne ferai aucune remarque sur les classes choisies. En revanche, une marque ne doit pas décrire un produit ou un service de façon usuelle banale ou nécessaire. Ce n'est pas moi qui le prétends, c'est le code de la propriété intellectuelle. À titre d’exemple, les appellations suivantes : bureautique, alcotest, ticket-restaurant, super glue ont été refusées. À l’inverse, ont été acceptées : fun, caddie, la Pierrade, Halloween et Neurone. De la même façon l’appellation « coutellerie de Savoie » a été refusée car simplement descriptive et devant rester à la disposition de tous.

La marque en question ne protège rien car elle est trop facilement détournable. Il suffit d'enlever un mot ou d'en rajouter un, au hasard un « quoi » après le « allô », pour utiliser une phrase dérivée non protégée ou tout au moins difficilement défendable. Si j'avais mauvais esprit, je dirais qu'il suffirait même de l'écrire sans faute d'orthographe. Ce sera certes à l'appréciation du juge, mais la marque en question ayant beaucoup de chance d'être jugée descriptive, je souhaite bien du plaisir à mademoiselle Benattia dans le cas où elle doive faire valoir ses droits.

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Ce n'est pas possible d'être aussi mauvais...

10.04.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit

Une chasse aux trésors bizarre a été lancée et se tiendra jusqu'au 12 avril sur le réseau de la SNCF. L'entreprise a en effet égaré la bagatelle de cent cinquante wagons de marchandise lors de ces dernières années. Cent cinquante. Pourtant, un wagon de marchandise n'est pas exactement un petit objet qui peut disparaître facilement.

Pour retrouver ces wagons égarés, la SNCF a lancé l'opération « Wanted : à la recherche des wagons perdus ». Pour cela, elle a communiqué la liste des wagons perdus à ses employés. Ce qui est assez surprenant, c'est le fait que chaque employé qui remettra la main sur un wagon déclaré perdu touchera une prime d'environ 80 €. C'est un peu bizarre. Des employés ont réussi à perdre des wagons et reçoivent une prime pour les retrouver. Espérons simplement que ce n'est pas un encouragement à perdre encore plus de wagons pour attendre d'hypothétiques primes !

 

Référendum alsacien

08.04.13 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les financiers, Je hais les politiciens

Depuis hier soir, nous avons tout entendu sur l'échec du référendum consistant à réunion en une seule communauté des deux départements alsaciens. Dans un premier temps, c'était la faute à Cahuzac, bouc émissaire pratique et tout désigné. Après, c'était parce que le haut-rhinois n'avait pas envie de se faire bouffer par le bas-rhinois. Tout de même, mettre ensemble des bäckser avec des gens normaux, ça, on ne peut pas savoir faire !

Et si c'était tout simplement parce que ce projet était mal ficelé ?

En effet, nous avons tout entendu, allant de la suppression de la préfecture du Haut-Rhin à la suppression de la Cour d'Appel de Colmar en passant par un tas d'arguments plus ou moins spécieux. Vu de loin, on nous dit que ce projet est dicté par l'impérieuse nécessité de faire des économies tout azimut. Très bien. On supprime deux conseils généraux et un conseil régional, mais on crée de toutes pièces une assemblée d'Alsace — qui notez le bien n'est pas l'ancien conseil régional — , un conseil exécutif ainsi que deux conférences d'une douzaine de conseils de territoires. On croit rêver.

À ce jour, aucune étude sérieuse d'impact sur les finances, qu'il s'agisse des recettes ou des dépenses, n'a été présentée. Quant à Strasbourg, le gouvernement s'étant engagé à la doter d'un statut d'eurométropole avec des compétences élargies, on se demande quel avantage elle pourrait bien tirer d'un nouveau mille-feuille administratif comem celui qui était promis dans le texte soumis au vote.

Lorsqu'on ajoute qu'en cas de vote positif, le statut de cette collectivité unique aurait été arrêté par le gouvernement, on se demande là-aussi ce que valent les promesses des élus locaux. Un vote positif n'était qu'un blanc seing au bon vouloir du gouvernement.

L'Alsace a voté non. Et ce ne sont pas que les extrêmes qui ont voté. L'Alsace a voté non, non pas parce qu'elle ne voulait pas d'une communauté unique, mais parce qu'elle ne veut pas de ce qu'on cherche à lui imposer sournoisement. L'Alsace a voté non parce que je suis convaincu que les électeurs qui se sont déplacés ont lu attentivement le projet et se sont rendus compte qu'il n'apportait la simplification attendue. L'Alsace a voté non parce que les chantres du projet ont essayé une fois de plus de faire voter n'importe quoi, qui plus est par référendum, à un électeur pas totalement idiot.

La terre ne va pas s'arrêter de tourner. L'Alsace ne sera pas plus la risée du reste de la France ou du reste de l'Europe comme je l'ai entendu ce matin que ne l'a été la Corse pour les mêmes raisons il y a quelques années.

 

En parlant de Cahuzac...

03.04.13 | par Le Grincheux | Catégories: Monde de merde, Je hais les politiciens

Aujourd'hui, nous parlons de l'affaire, je veux parler de l'affaire Cahuzac. Lorsque je dis « nous », je parle bien entendu des media qui font l'opinion. Et nous parlons de cette affaire qui a éclaté fort à propos, je dois dire, parce que c'est tout de même un arbre qui cache la forêt. En effet, nous n'avons pas entendu très fort que Jean-Noël Guérini, président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône, est actuellement en garde à vue chez les gendarmes qui enquêtent sur l'affaire des marchés publics présumés légèrement frauduleux. Le juge chargé de l'enquête avait en effet justifié la demande de levée de l'immunité par la « gravité de l'affaire », sa « très grande complexité » et « le caractère mafieux de l'organisation mise en place ». C'est dit.

Cela vous aura peut-être échappé, mais il s'agit de la troisième mise en examen de Jean-Noël Guérini. Pour un président de conseil général d'une république qui se veut irréprochable, cela commence à faire beaucoup. La première lui avait été signifiée le 8 septembre 2011 pour « complicité d'obstacle à la manifestation de la vérité, prise illégale d'intérêt, trafic d'influence et association de malfaiteurs ». Rien que ça. La deuxième est intervenue le 5 mars dernier pour détournement de fonds publics dans une affaire de licenciement considéré par le juge comme abusif.

Lorsque vous et moi êtes pris la main dans le sac, enfin plutôt vous parce que cela ne m'est pas encore arrivé, vous payez votre défense de votre poche. Vous et moi peut-être. Mais pas Jean-Noël Guérini. Ces trois mises en examen ne l'ont pas empêché de faire voter vendredi dernier la prise en charge par la collectivité de ses frais de défense au pénal… La république irréprochable vient d'en prendre un grand coup. Comme pour le budget de 2014 du département, sa majorité socialiste l'a soutenu sans aucun état d'âme et a voté pour cette prise en charge. Une exception notoire tout de même, les trois conseillers généraux (Michel Pezet, Marie-Arlette Carlotti et Jeanine Ecochard) qui s'opposent à lui depuis sa première en examen et qui ont naturellement voté contre cette prise en charge ont été rejoints par un nouvel empêcheur de défendre en rond en la personne de Jean-François Noyes, socialiste, également mis en examen dans l'affaire.

Sans commentaire.

 

Les joies du RER

02.04.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les financiers, Je hais les politiciens

Travaillant en région parisienne, j'ai la joie insigne de prendre tous les jours le RER pour me rendre de mon domicile à mon bureau. Rassurez-vous, j'ai presque de la chance, à vol d'oiseau, cela fait moins de dix kilomètres puisque je vais du centre de Paris vers le Stade de France. Souvent, j'irais plus vite en y allant à pied et, si l'an passé il me fallait entre 30 et 40 minutes pour faire le trajet, j'ai de plus en plus de mal à le boucler en moins d'une heure.

La partie de mon trajet qui s'effectue en métro se déroule généralement bien, la RATP étant, hors période de grève, assez efficace. En revanche, je ne puis en dire autant de la SNCF puisque la fin de mon parcours utilise au choix les lignes B ou D du RER. Une station à chaque fois et, depuis quelques mois, ce trajet devient jour après jour de plus en plus dur.

La SNCF rejette le problème sur la RATP qui renvoie les défauts de fonctionnement à la figure de la SNCF. Pourquoi ? Parce que le tunnel entre Châtelet et Gare-du-Nord est un tunnel RATP, alimenté en 1500 V continus alors que le nord des lignes est SNCF, alimenté en 25 kV monophasés. Et pour que les conducteurs n'aient pas à penser à l'ouverture des disjoncteurs, à l'abaissement et au relèvement des pantographes, puis au réenclenchement des disjoncteurs, à l'entrée de la gare souterraine de la Gare du Nord, côté tunnel RATP, se trouve une section de séparation entre les deux tensions munie d'une commutation automatique des tensions grâce à des balises au sol.

Ce mécanisme fonctionne presque bien. Un jour par semaine, le matin, aux heures de pointes, le système disjoncte, laissant une rame de RER en drapeau et bloquant les rames suivantes. Ce matin, cela a duré plus de dix minutes, bloquant simultanément le trafic des lignes B et D. Mais les retards ne sont pas dus qu'aux problèmes d'alimentation électriques. Ils sont dus aussi à des pannes diverses et variées. Chaque jour nous donne une idée un peu plus précise des diverses pannes qui peuvent arrêter un RER. Chose surprenante, un RER en panne à Villeneuve-Saint-Georges où se trouve une immense gare de triage peut arrêter la circulation des RER D dans les deux sens alors qu'il est relativement simple d'aiguiller les trames sur d'autres voies, voire d'interrompre la circulation des RER D sur la seule portion du parcours où le trajet serait entravé. Que nenni, toute la ligne subit des difficultés. Belle litote.

Et le STIF prétend froidement que les problèmes de ponctualité sont dus :

  • aux signaux d'alarmes tirés pour des raisons intempestives ;
  • aux personnes sur les voies ;
  • au fait que le tunnel entre Châtelet et la Gare-du-Nord est utilisé par deux lignes ;
  • au fait que les trains prennent toujours du retard lors de la traversée de Paris.

Alors fixons les idées. Depuis que le prends le RER, rares sont les trames en retard pour cause de signal d'alarme. Je ne prétends pas que cela n'arrive pas, je signale que ce fait est très rare. Les personnes sur les voies sont déjà plus nombreuses, mais la majorité des retards sont dus à des problèmes mécaniques (arrachages de caténaires, problèmes électriques, problèmes mécaniques et j'en passe). J'en arrive même à soupçonner la SNCF et la RATP de ne plus entretenir leurs rames attendant qu'elles tombent en panne en partant du principe, comme au temps bénis des derniers Turbotrains, qu'elles coûtent moins cher à réparer sur panne constatée qu'à entretenir régulièrement.

Par ailleurs, si le tunnel pourrait être un point d'engorgement, ce n'est pas le cas actuellement. Il est parfaitement possible de faire passer un train toutes les 90 s dans les deux sens. La RATP le fait bien dans ses tunnels de métropolitain. Aujourd'hui, aux heures de pointe, il est rare d'y voir passer plus d'un train toutes les trois ou quatre minutes dans chaque sens. Il y a donc une certaine marge de manœuvre. Peut-être faudrait-il regarder du côté des wagons du RER D qui prend régulièrement du retard lors de la traversée des gares parisiennes. N'avoir que deux portes ridicules par wagon ne permet pas aux usagés de monter ou de descendre dans le temps imparti, même avec la meilleure volonté du monde.

Avant de lancer des grands travaux comme le doublement du tunnel entre Châtelet et Gare du Nord, il serait bon de regarder attentivement ce qui coince dans le fonctionnement de ces deux lignes. Typiquement, il faudrait repenser les trames de RER ainsi que l'alimentation de la ligne. L'aménagement des rames est à revoir d'urgence. Il faudrait aussi se décider une fois pour toute à entretenir les rames avant qu'elles en tombent en panne.

 

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