De la neige en hiver

13.03.13 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Il neige et il gèle depuis dimanche soir. Quoi de plus normal même si nous approchons à grands pas de la fin de l'hiver. Comme à leur habitude, la RATP, la SNCF et plus généralement les services de l'état le découvrent avec horreur. Ce n'était pas comme si la nature ne leur jouait pas ce sale tour régulièrement. Peut-être pensent-ils qu'avec le réchauffement climatique, il ne sert à rien d'investir.

Résumons-nous. Il est tombé dix petits centimètres de neige à Paris intra muros et en proche banlieue. Je ne suis pas allé voir plus loin ce qu'il en était. Pas de quoi paralyser une région normale. Or depuis hier, il est quasiment impossible de se déplacer. Ce matin, j'ai même entendu sur France Inter un ministre que je ne citerai pas — ce serait lui donner une importance qu'il n'a pas et lui faire trop d'honneur — signaler que, s'il était difficile de se déplacer, c'était parce que les français ne chaussaient pas de pneumatiques dit neige en hiver. Tu parles.

Je viens d'une région où l'on est habitué aux intempéries hivernales. Chez nous, on dit qu'il neige et on passe à autre chose. En hiver, c'est plutôt normal. Les services de l'état et les communes font le nécessaire et, même lors de l'hiver 1986 où il y avait fin février dans notre jardin 1,20 m de neige, la région n'était pas bloquée. En ville, les habitants allaient travailler à ski de fond, mais les déplacements étaient tout à fait possible. Ils étaient juste un peu plus longs.

En région parisienne, c'est un peu différent. On regarde tomber la neige et le désespoir aux dires d'une vieille chanson d'Adamo. Lorsqu'on a un peu de chance, on voit passer une saleuse. Du sable ? Des chasse-neige ? Aucun. De mon bureau, je vois d'un côté l'A1 et d'un autre l'A86. Aucun engin n'est passé hier sur ces deux autoroutes parce que les services de l'état ont attendu la formation des premiers embouteillages pour décider de faire quelque chose. C'était trop tard, les véhicules de l'équipement ne pouvaient plus passer. Et comme l'automobiliste parisien n'a vraiment pas l'habitude de rouler sur une route gelée, la panique était totale jusqu'à tard dans la nuit.

Parlons aussi des transports en commun. Ce matin, gare du nord, j'ai compté un RER sur les deux lignes B et D en une demi heure. Naturellement, c'était aux heures dites de pointe. Le STIF découvrait que la glace peut entraver le bon fonctionnement des aiguillages. Pourquoi ne pas faire comme dans l'est de la France ? Les aiguillages sont chauffés en période de gel par des becs de gaz pour qu'ils puissent fonctionner normalement. Pourquoi ne pas faire cela en région parisienne pour éviter de bloquer tous les usagers des transports en commun ? Ce n'est pas comme si cela n'arrivait pas régulièrement. Combien de jours de travail perdus en raison de ce qu'il faut bien appeler une négligence coupable ? Combien d'accidents parce qu'aucun des quais d'aucune gare que j'ai eu l'occasion d'emprunter n'était déneigé ? Il n'y a certainement pas de statistiques.

Quant aux boulevards parisiens, mieux vaut ne pas en parler. Les températures étaient négatives depuis quarante-huit heures. La neige, poudreuse à souhait, qui est tombée a été damée par les véhicules jusqu'à se transformer ce matin en une couche de glace bien épaisse. Même chose sur les trottoirs où personne ne dégage, ce qui est presque un moindre mal, ce matin, j'ai vu une concierge dégager la porte de son immeuble à grands coups d'eau chaude ! Qui est alors responsable des accidents ? La ville ? Les syndicats de copropriété ? Le mauvais temps ?

Mais, automobilistes mes frères, chaussez des pneus hiver et vous pourrez rouler en toute sécurité. Un ministre l'a dit, c'est donc vrai. Ces pneus sont totalement inefficace sur la couche de glace que nous avons actuellement. Il faudrait au moins des chaînes. Pire, ce n'est pas à l'usager contraint et forcé du réseau routier d'obvier par des moyens dérisoires aux carences de l'état et à sa désorganisation. Ne pas pouvoir se déplacer en région parisienne dès que le sol est légèrement blanchâtre n'est pas une fatalité. Ce n'est que la conséquence d'une défection chronique de tous les services de l'état. Et prétendre qu'en Allemagne ou en Suisse, cela se passe mieux parce que les gens chaussent des pneus hiver est une contre-vérité qui permet de s'affranchir à peu de frais de sa responsabilité propre en la rejetant sur la fatalité et sur l'individu. Cela se passe mieux parce que les services allemands ou helvètes n'attendent pas qu'il y ait cinq centimètres de neige sur une route pour intervenir avec le matériel idoine.

Mais durant ce temps, que fait la mairie de Paris ? Elle communique. Et croyez-vous qu'elle communique sur ce qu'elle fait pour dégager les grands boulevards, seule chose susceptible d'intéresser actuellement le parisien ? Que nenni, elle communique pour faire savoir à tout le monde qu'elle va débaptiser des squares, des rues et des avenues qui portent des noms d'hommes pour avoir la parité dans les toponymes. Et pas quelques uns, il s'agit de vingt-cinq pourcents ! Mon cher Delanoë, tu es tombé encore plus bas que je ne l'aurai jamais cru possible. La parité, ce n'est pas cela. Si tu voulais réellement la parité, tu commencerais par remplacer une partie des gérontes qui peuplent le conseil de Paris pour mettre à leurs places des femmes. Débaptiser des noms de rues est du plus beau ridicule. Mais il est vrai que pendant qu'on parle de cela, on ne s'occupe pas des choses qui fâchent comme de la circulation dans Paris. Sois sans crainte, demain les températures vont remonter et le bordel généralisé qui tient lieu de circulation depuis lundi matin sera vite oublié.

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Mon métier, ce n'est pas nounou !

12.03.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Vieux con, Monde de merde

Je fais actuellement des prestations techniques dans un laboratoire de recherche. À mes trop peu moments perdus, il faut aussi que je m'occupe de stagiaires. Certaines fois, j'ai de la chance, il s'agit presque d'êtres humains normalement constitués, c'est-à-dire avec deux bras, deux jambes et un cerveau pour signifier qu'ils existent. D'autres fois, je n'ai pas de chance. C'est le cas actuellement.

Si en septembre dernier, un stagiaire est parti de mon bureau pour voguer vers de nouvelles aventures en me disant merci pour ce qu'il avait appris — c'est bien la première fois que cela m'arrive —, j'ai hérité depuis de stagiaires disons médiocres pour rester poli. Je ne prétends pas qu'un stagiaire doive être opérationnel. S'il l'était, il ne serait plus stagiaire. En revanche, j'attends d'un stagiaire qu'il sache lire et écrire, s'il comprend ce qu'il lit c'est encore mieux, et qu'il soit présentable. À l'automne dernier, c'était une descente aux enfers et Dante n'était pas loin. J'en ai eu un qui avait tout compris de SQL et qui m'a fait dès que j'avais le dos tourné des requêtes SQL de cinq pages. Quand je vous aurai dit qu'une page est constituée de cinq mille signes, vous aurez compris pourquoi il me mettait à genoux un serveur pourtant parfaitement dimensionné.

Début février, j'en ai vu arriver un autre. La moindre des choses que l'on puisse objectivement dire est qu'il n'est pas en avance pour son âge. Admettons, tout le monde peut faire des erreurs d'orientation. Mais après avoir essayé de lui faire faire quelques menues choses durant un mois, je l'ai lâchement orienté vers un collègue qui, je pense, ne me remerciera jamais assez. Le stagiaire, au moins, devrait me remercier car si je n'avais pas réussi à m'en défaire, je pense que je l'aurais mis sur orbite à mains nues assez rapidement, voire que je lui aurais fait intégrer les règles d'accord du participe passé avec l'auxiliaire avoir et les verbes pronominaux à grands coups de Bled. Au sens propre, les coups. D'une hygiène douteuse, reniflant en permanence à tel point que je lui ai offert un paquet de mouchoirs en papier, il a beaucoup de mal avec le téléphone. Quant à sa compréhension de la chose écrite dans une langue que je ne puis qualifier autrement que d'être sa langue maternelle, je n'en parle même pas.

J'ai pour ma part arrêté d'enseigner il y a quelques années en écoles d'ingénieurs car les sciences dures n'ont plus les faveurs de ce jeune public. Des ingénieurs dits chargés d'affaires, on en forme par wagons entiers, mais l'esprit fantassin se perdant, il faut vraiment se lever de bonne heure pour trouver des jeunes ingénieurs faisant encore de la technique. J'ai comme l'impression que d'ici quelques années, nous allons avoir un problème. Que ferons ces fumeux (sic) chargés d'affaires s'il n'y a plus personne pour assurer in fine le travail ? Je ne sais donc pas, même si j'ai une petite idée, d'où vient ce défaut de formation. En tout état de cause, le niveau théorique des stagiaires qui arrivent devant moi est de plus en plus ténu. Mon vieux prof de math de spé aurait pu dire qu'il tend asymptotiquement vers zéro, c'est-à-dire qu'aussi loin qu'on regarde, il en restera toujours quelque chose. C'est le point de vu optimise d'une personne qui n'a pas à essayer d'en tirer quelque chose.

Cette baisse significative de niveau est pourtant assez récente. Il y a dix ans, j'arrivais à encadrer correctement trois stagiaires de licence professionnelle (BAC+3), un stagiaire ingénieur et deux thésards tout en faisant mon travail. Il suffisait de prendre un peu de temps tous les jours avec eux pour voir ce qui allait et ce qui n'allait pas et, le cas échéant, de remettre les choses sur les bons rails. Aujourd'hui, si je veux encadrer correctement un seul stagiaire, il faut que je sois sans cesse derrière lui à surveiller ce qu'il fait. Deux relève d'une mission impossible. Quant à leur utilisation d'internet, outre Tronche-livre® et Cuicui®, leur utilisation se résume à rechercher des réponses souvent fausses à des questions pourtant simples. Taper quelque chose dans un moteur de recherche est tellement plus reposant que de réfléchir un peu… Et on ne risque pas de se fouler un neurone !

D'un encadrement gratifiant, je suis aujourd'hui passé à quelque chose qui ressemble assez à l'idée que je me fais d'un garde-chiourme mâtiné d'une nounou. Je ne pense pas être payé pour cela.

 

Deux poids et deux mesures

11.03.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les financiers

Le dernier rapport de la Cour des comptes pose la question de savoir s'il faut oui ou non abolir le CNED. Le CNED, pour ceux qui ne le sauraient pas, est le Centre National d'Étude à Distance. Le motif invoqué est pourtant spécieux. La Cour des comptes semble en vouloir au CNED non pas parce que cet organisme serait un gouffre financier injustifié de plus, mais parce que cette organisme qui gère des centaines de milliers de « clients » ne possède pas de comptabilité analytique de sorte qu'il lui est impossible de justifier l'utilisation des 72 millions d'euros que l'état français, dans sa grande bonté, lui a versé en 2011. Il est vrai qu'entre 2002 et 2001, si la dotation de l'état au CNED a été multipliée par trois, le nombre d'inscrits a, lui, été divisé par deux. La question est maintenant de savoir si le service est resté le même pour déterminer si oui ou non, la hausse de la dotation était justifiée. Le rapport est étrangement muet sur ce point. La réponse de la Cour des comptes est dès lors purement comptable. On ne pouvait s'attendre à moins.

Vous allez me dire que la Cour des comptes réclame depuis 2007 l'instauration d'une comptabilité analytique par le CNED et que celui-ci s'était engagé à y remédier. Promesse restée sans effet. Le CNED est donc responsable de sa mise à l'index.

Certes, mais quelque chose me gêne aux entournures. La Cour des comptes s'émeut que le CNED n'a pas de comptabilité analytique parce qu'il faut justifier des dépenses de l'état. En d'autres termes, il faut justifier du moindre sou sorti des caisses de l'état. C'est très bien et il était temps qu'on en arrive là tant il y a eu de gabegies par le passé. Mais j'aimerais assez que cette même Cour des comptes s'émeuve à ses moments perdus de l'absence de comptabilité analytique des organismes de collectes de charges diverses et variées. Je pense entre autres au RSI, aux différents centres de l'URSSAF et à tous les autres (liste non exhaustive) qui, s'ils ont une comptabilité analytique — ce qui reste à prouver, ma charmante gestionnaire de compte URSSAF m'ayant pas vraiment aimablement signalé que l'URSSAF n'est pas tenue à une comptabilité analytique —, la cachent tellement bien que leurs généreux cotisants ne peuvent obtenir un simple état de leurs comptes. Personnellement, j'attends cette information depuis maintenant trois ans et je pense devoir attendre encore quelque temps. Plus amusant, le RSI peut très bien collecter des cotisations sur un numéro de cotisant inexistant ou radié sans qu'à un moment où un autre une vérification comptable ou une consolidation puisse lever le problème. Je sais de quoi je parle, mon compte a été radié par erreur car j'étais soi-disant décédé. Mais j'étais un mort très scrupuleux car j'ai tout de même réglé mes cotisations rubis sur ce qu'il me restait d'ongle durant deux avant avant de me rendre compte du problème parce qu'une feuille de soin était revenu de ma mutuelle avec la mention « patient décédé ».

Il y a donc deux poids et deux mesures. Lorsque des sous sortent des caisses de l'état, il faut pouvoir les justifier un à un. En revanche, lorsqu'il s'agit de sous qui entrent, il ne faut surtout pas prendre les mêmes précautions… Sans doute parce que tous ces organismes envoient des appels de cotisation qui valent titres exécutoires, ce qui fait que le cotisant est d'abord contraint de payer les erreurs avant de les contester.

La Cour des comptes serait bien avisée de défendre le cotisant comme elle défend les finances de l'état. Elle serait parfaitement dans son rôle. Visiblement, aujourd'hui, ce n'est pas réellement le cas, la seule défense du cotisant restant l'article 432-10 du code pénal et son délit de concussion.

 

Si ce n'était pas con, ce ne serait pas un règlement

08.03.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit

Cela fait bientôt vingt ans que je touche de près ou de loin pour raisons professionnelles l'électricité. Durant ces vingt ans, j'ai eu l'occasion de faire un peu d'électrotechnique — un souvenir lointain me dit qu'à partir de 5000 A sur la force qu'elle soit tri- ou dodécaphasée, on commence à sentir le vent des électrons —, de la conception de cartes électronique, pire, de l'enseignement toujours en électronique, traitement du signal et communications numériques sans jamais que l'on m'ait dit qu'il ne fallait pas mettre les doigts dans la prise de courant.

C'est chose maintenant réparée puisque me voilà habilité pour trois ans BR/H0.

J'ai en effet suivi un stage de trois jours durant lequel il m'a été dit et répété à l'envi :

  • qu'on ne met pas les deux doigts dans la prise. La question est donc de savoir ce qui se passe si je n'en mets qu'un, étourdi que je suis ;
  • qu'on ne bricole pas un tableau électrique sous tension. Pourtant, de temps en temps, on n'a pas le choix. Il suffit de faire attention à ce que l'on fait et surtout de savoir exactement ce qu'on fait ;
  • qu'on évite de bricoler avec des pieds dans une bassine d'eau. On n'est pas une lumière et on ne veut pas forcément terminer comme Claude François (qui a ce qu'on prétend n'en était pas une non plus puisqu'il en est mort) ;
  • qu'on n'a plus le droit d'utiliser le bon vieux tournevis testeur, qu'il faut utiliser un outil à induction donnant le même résultat, mais beaucoup plus intéressant d'un point de vue strictement mercantile puisque je n'ai pas à ce jour trouvé chez mes fournisseurs habituels l'outil en question avec autre chose que des piles moulées, ce qui revient à jeter le testeur dès que les piles sont vides. Il paraît que c'est pour des raisons de sécurité ;
  • que l'électricité est dangereuse car invisible,

et j'en passe.

Trois jours comme cela, c'est long. Cela pourrait peut-être passer pour des gars du bâtiment qui n'y connaissent rien, mais les participants à cette formation avaient tous un niveau de bac+5 à bac+8 dans des domaines connexes à l'électricité. Autant dire que l'on s'est emmerdé durant trois jours comme l'inventeur de la dératisation par usage immodéré de laxatif. Pour ceux qui n'auraient pas compris la métaphore, on s'est fait chier comme des rats morts. On s'est fait chier comme des rats morts dans un hangar glauque du port de Gennevilliers. Rendez-vous le matin à 7h45 pour une fin des travaux à 16h00. Pour ceux qui connaissent le port de Gennevilliers, l'accès est très facile en transport en commun et surtout, c'est une banlieue riante de l'ouest parisien. Surtout en hiver et en pleine nuit. À 7h45, seul le néon blafard ou l'ampoule à vapeur de sodium des réverbères apportait un peu de lueur dans ce monde minéral et brumeux où aucune trace de vie n'était visible. Pourquoi ne pas avoir débuté ces sessions à 9h00 et les avoir terminé une heure plus tard ? Tous autant que nous étions étions contraints de partir de chez nous vers 6h15 pour arriver à l'heure !

Et encore, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Le formateur, au demeurant fort sympathique mais à la voix douce et rocailleuse à la suite de quarante ans de tabac à raison de quatre paquets quotidiens de gauloises sans filtre papier maïs, a fait sont travail. À savoir nous insuffler la bonne parole de la fée électricité digérée par les diapositives de l'organisme de formation. Nous avons donc eu droit aux explications sur les équipements individuels de protection (lunettes et casque), sur les distances à respecter, sur le droit de retrait et sur plein d'autres choses intéressantes sans que jamais les deux ou trois règles de base qu'on nous indiquait en laboratoire d'électrotechnique ou d'électronique hyperfréquence n'aient ne serait-ce qu'été évoquées. Ces règles sont pourtant simple :

  • gaucher ou droitier, la main gauche est toujours dans la poche. En cas de contact direct ou indirect avec une source électrique, le cœur a beaucoup moins de chance d'être touché ;
  • pas de cravate, mais un nœud papillon, surtout en cas de machines tournantes ;
  • pas de bague ou d'alliance qui peuvent résonner par induction sur certaines fréquences ;
  • pas de collier ou de bijou métallique pouvant provoquer d'intéressants courts-circuits ;
  • pas d'habits amples ou flottants adns lesquels peuvent tomber des matérieux conducteurs ;
  • pas d'habits sales (graisses) ou humides ;
  • pas d'habits synthétiques, que de la fibre naturelle prenant difficillement feu.

Nous ne sommes pas moins dangereux pour nous-mêmes parce que nous avons subi cette formation. Tout au plus notre donneur d'ordre est-il couvert et déchargé de sa responsabilité en cas d'accident. Quant à la durée de validité, elle permet une belle rente de situation à ces organismes de formation.

 

Recrutement

07.03.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Mauvais esprit

Il y a deux ans, l'activité s'étant fortement calmée, je m'étais résigné à aller voir une agence de placement de freelances. Pas une petite, non, une grande, de celles qui font de la publicité le long de l'autoroute A1 à côté du stade de France. Je ne sais pas si vous voyez très bien de qui il s'agit. Et je n'étais pas difficile, muni d'un CV à jour, j'étais prêt à prendre n'importe quelle mission purement alimentaire pour peu qu'elle soit dans mes cordes.

Jusqu'à hier, je n'avais plus entendu parlé de cette agence de placement. Heureusement que je n'avais pas compté uniquement sur elle pour trouver quelques prestations à droite et à gauche…

Quelle ne fut donc pas ma surprise de recevoir ceci :

Bonjour,

Nous venons de diffuser sur le secteur de St Marcellin (38160) en Isère une annonce de Chef de projet suivi outillages d'injection plastique pour CDI.

Si l'annonce vous intéresse et correspond à votre profil merci de nous transmettre rapidement votre cv à l'adresse mail suivante : /censure/

Cordialement,

Adresse complète de l'agence de placement

J'ai eu un peu de mal à comprendre la première phrase, comme si les mots étaient mélangés, mais l'essentiel est que j'en ai compris à peu près le sens. Enfin, j'espère.

Mon CV était pourtant clair. Mes domaines de compétences vont du traitement du signal aux communications numériques en passant par l'administration système (Unix et OpenVMS). J'accepte de me déplacer en région parisienne, dans l'est de la France et dans le sud-ouest pour des missions de prestation, certainement pas pour un CDI. Non pas que je sois réticent à accepter un CDI, mais c'est financièrement inacceptable au vu des deux ans de charges diverses et variées qui me resteraient à régler en changeant de statut.

J'ai donc reçu une offre qui correspond tout à fait à ma demande puisque :

  • elle se situe dans une région dans laquelle je ne puis me rendre facilement ;
  • elle correspond tout à fait aux compétences indiquées sur mon CV ;
  • elle correspond tout à fait à mon exigence de maintien de statut.

Et encore cette offre n'émanait-elle pas de Pôle Emploi mais de gens qui sont a priori payés aux résultats. Il se trouve donc au moins quelqu'un qui a pris la peine de retrouver un vieux CV, de le lire en diagonale pour me proposer un poste que je n'ai aucune chance d'accepter.

Traités ainsi, ce n'est donc pas demain la veille que nos cinq millions de chômeurs vont retrouver des emplois stables…

 

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