Les deux oncles

07.06.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les politiciens

Un jeune anti-fasciste est mort hier dans la matinée après avoir été tabassé par une troupe de skinheads. Que n'a-t-on entendu depuis. Tous les hommes politiques auraient pu retourner chacun sept fois leur langue dans la bouche plutôt que de tenter la récupération de ce sordide fait divers. Fait divers, oui, je pèse mes mots quitte à recevoir des volées d'insultes.

J'ai décidé d'écrire ce papier à la suite de l'éditorial de Thomas Legrand ce matin sur Inter signalant que l'extrémisme de gauche n'est pas l'extrémisme de droite, qu'il ne faut pas les renvoyer dos à dos, et que, dit-il, si l'un de ses enfants était un extrémiste, il préférerait qu'il soit de l'extrême gauche. Thomas Legrand est seul responsable de ses paroles et a le droit de prendre position. Après tout, c'est la raison d'être d'un éditorialiste. En revanche, il nous avait habitué à bien plus d'objectivité et de profondeur de réflexion.

Je ne suis pas d'extrême droite, je ne défends personne, j'ai de la peine pour la famille de la victime, mais la mort en martyr d'un antifasciste d'extrême gauche ne me rend pas ces groupuscules d'extrême gauche plus sympathiques. En effet, il est vain de combattre un extrémisme par un autre extrémisme d'autant que ces deux extrémismes sont assez semblables. Il est d'ailleurs assez amusant de constater que les antifas en question sont issus des red skinheads, se présentent crânes rasés et adoptent les mêmes codes vestimentaires que les skinheads avec lesquels ils se sont battus rue de Caumartin mardi soir.

Quelle est au fond la différence entre un militant d'extrême gauche radicale et un militant d'extrême droite tout aussi radicale ? Il paraît que tout les oppose. J'ai personnellement comme un doute d'autant que je suis passé hier par hasard rue de Caumartin et que j'ai pu entendre de mes propres oreilles des appels très clairs à la vengeance. Ces appels venaient de groupuscules dont on peut penser raisonnablement qu'ils appartenaient à la mouvance dans laquelle gravitait la victime.

La différence est assez ténue. L'extrême gauche veut aboutir par la révolution à une société totalement égalitaire avec un partage total de la richesse et a défini pour cela un certain nombre d'ennemis que sont les représentants de la finance, du capital — encore que je n'arrive pas à savoir si elle arrive réellement à faire la différence entre ces deux notions — et de l'ordre établi en général dès que l'on touche à l'anarco-syndicalisme. Pour cela tout est bon. L'extrême droite, quant à elle, veut arriver à un genre de socialisme nationaliste. Pour cela, elle cherche à éliminer ses ennemis que sont l'étranger — enfin, celui qui ne pense pas comme elle —, le déviant ou le libéral, le militant syndicaliste de gauche ou tout autre ennemi désigné par le chef. Toute latitude quant aux moyen. La seule différence réelle entre ces deux extrêmes est qu'à droite se trouve une touche de nationalisme qui ne se retrouve pas à gauche où l'on est plus internationaliste. Quant au reste…

J'ai essayé de débattre hier avec un idéologue d'extrême gauche. Il s'en trouve, mais je vous avoue que j'ai déjà eu des discussions plus intéressantes avec des poteaux télégraphiques. Cela m'a permis de comprendre quelques points qui m'échappaient encore. Lorsqu'on est d'extrême gauche, on représente le bien parce qu'on veut une société égalitaire. On représente le bien parce qu'on est les seuls à faire le coup de point contre les fascistes. Lorsqu'on n'est pas d'extrême gauche, on n'a aucune légitimité pour être antifasciste et on n'a qu'à fermer sa gueule. Je résume un peu le ton de l'échange, mais c'est assez proche de ce que j'ai entendu hier soir. Pire, le fait de vouloir le bien pour des gens qui ne demandent rien légitime toutes leurs actions allant du tractage de rue aux opérations coup de poing. Je rajouterais ici en passant par les attentats puisque j'ai l'âge de me rappeler les années 1970, temps bénis en Europe des groupuscules d'extrême gauche.

Pourtant, il existe des antifascistes qui ne sont pas d'extrême gauche. Il existe des gens qui n'ont d'amitié pour aucun des deux extrêmes. Cela ne leur empêche pas d'être actifs. La réponse est toujours la même : ces groupuscules antifascistes ne contiennent que des gens d'extrême gauche. Cela justifie d'un point de vue leur position actuelle, mais tant que ces groupes seront avant tout d'extrême gauche avant que d'être antifascistes, il n'y aura parmi leurs membres que des gauchistes extrêmes, un modéré n'ayant rien à y faire. La lutte contre l'extrême droite ou l'extrême gauche ne peut passer par le coup de point parce que ces deux extrêmes l'appellent de leurs vœux. Tous ces groupuscules sont formés et prêts à cela. Aujourd'hui, les uns ont un martyr à défendre, les autres ont trouvé un ennemi bien identifié à combattre. Les deux sont plus forts qu'hier.

Combattre ces groupuscules ne peut se faire que sur le plan des idées. Les gens qui se retrouvent dans ces mouvements y recherchent plusieurs choses qu'ils ne retrouvent pas ailleurs, entre autres :

  • une nouvelle famille ;
  • un programme politique simple voire simpliste. Taper sur les fachos ou les gauchos, c'est assez rassurant pour des cortex imbibés de bière tiède ;
  • une figure paternelle rassurante ;
  • un prétendu idéal facile à imaginer et assez facile à imposer par la force ;
  • un effet de meute pour se donner du courage et justifier par la masse une idée politique qui masque ses propres doutes et ses propres carences de raisonnement…

En ce sens, ce n'est que la discussion et l'intransigeance des idées qui pourra arriver à battre ces groupuscules, certainement pas le combat de rue ou la dissolution de ces mouvements qui renaîtront d'ici quelques mois sous une forme ou sous une autre.

Mais revenons aux récupérations des politiques. J'ai honte pour eux. Comme à son habitude, Mélenchon a fait du Mélenchon et je ne vais pas m'étendre sur ses déclarations qui n'en valent vraiment pas la peine. À l'extrême droite comme à la droite extrême, on a pu entendre quelque chose du type ce n'est pas nous, c'est les autres. Copé a trouvé le moyen de dire qu'il fallait dissoudre tous ces groupuscules, de gauche comme de droite. Tous y sont allés de leur petite phrase. J'ai même entendu que l'extrême gauche n'a, contrairement à l'extrême droite, jamais tué personne en France. Je viens donc d'apprendre au choix que les membres d'Action Directe étaient de gentils révolutionnaires totalement pacifiques ou qu'ils n'étaient pas d'extrême gauche. C'est sans doute pour cela qu'il se considéraient non comme des détenus de droit commun mais comme des prisionniers politiques.

Il ne faut pas dissoudre ces mouvements puisque c'est le seul moyen que l'état a à sa disposition pour les surveiller. Les dissoudre seraient les ériger en victimes et les rendre plus virulents encore, ils n'attendent que cela. Il ne faut pas non plus présenter les antifas comme des anges idéalistes. On ne va pas exciter une bande de skinheads sans avoir une idée derrière la tête. La mort de ce jeune militant est un drame, tout le monde a fait des bêtises à son âge et je ne suis pas en train de défendre les skinheads, mais aller titiller du skinhead en les traitant de fachos n'était pas la chose la plus intelligente de sa journée. Cela n'excuse en rien la rixe qui s'ensuivit.

Ce qui me surprend surtout, à la réflexion, c'est l'absence de profondeur de raisonnement des idéologues d'extrême gauche dans cette affaire. On ne peut combattre le fascisme par des coups de poing. C'est totalement contre-productif. On ne peut combattre ce fascisme que par un combat d'idées et ces idées ne peuvent provenir de l'autre extrême car il est vain de vouloir lutter contre un extrême par un autre extrême. On a vu ce que cela a donné dans les années 1930 où l'Europe a laissé faire l'Allemagne qui, luttant contre le communisme, lui semblait un bon rempart contre Staline.

Seuls les modérés ont la légitimité pour combattre les extrêmes, encore faut-il qu'ils le fassent intelligemment. La récupération par le premier secrétaire du Parti Socialiste ou par le président de l'UMP me laisse entendre que ce n'est malheureusement pas pour demain. Les groupuscules d'extrême gauche comme d'extrême droite ont malheureusement encore de beaux jours devant eux.

Mourir pour des idées, oui, mais de mort lente. C'est bien plus efficace à tous points de vue.

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Gaymardages

31.05.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les politiciens

Nos hommes politiques sont vraiment impayables. Après les tentatives de faire payer l'accès aux classes préparatoires aux grandes écoles pour permettre une meilleure mixité sociale (sic) et non pour casser la dernière chose qui fonctionne encore à peu près dans l'éducation nationale, après le mariage pour tous qui était la seule chose nécessaire au redressement de l'économie de notre beau pays, après la refondation de l'école qui n'augure rien de bon, voici que l'opposition rajoute son grain de sable dans la gueule du débat qui n'en avait nullement besoin.

Vous souvenez-vous d'Hervé Gaymard ? Non ? Comme c'est dommage. Lui, en tout cas, se souvient de vous. Hervé Gaymard est un gentil membre de l'UMP, ancien ministre, qui est aussi l'auteur d'un rapport attendu et très documenté sur le prix du livre en général et des livres numériques en particulier. Non seulement il a écrit ou fait écrire ce rapport, mais il a aussi soumis une proposition de loi sur l'exploitation numérique des livres anciens — et donc assez rapidement introuvables au moins à des prix décents — qu'il a agrémentée d'une joli lettre au ministre de la culture Aurélie Filippetti si d'aventure elle n'avait pas tout compris à la première lecture de sa proposition de loi. Il est vrai qu'avec les ministres de la culture, on ne sait jamais. On a tout de même eu Jack Lang et Frédéric Mitterrand. Ça laisse des traces.

Je cite sa prose avec des guillemets que j'ouvre avec des pincettes :

Alors que le développement du marché du livre numérique mobilise l'ensemble des acteurs, soucieux à juste titre d'une répartition équitable des profits, se développe depuis plusieurs années un nouveau marché de l'occasion qui enrichit tous les acteurs à l'exception notable des auteurs et des éditeurs, pourtant les premiers concernés.

Hier marginal et cantonné aux vide-greniers et aux bouquinistes, le marché de l'occasion représente aujourd'hui plus de 42 % des ventes de livres, et ses acteurs, Amazon, Priceminister, la FNAC ou Ebay touchent des commissions sur chaque vente et sont soumis pour partie à la TVA.

Au contraire, ceux qui ont créé et édité les livres vendus ne perçoivent aucun bénéfice de cette exploitation et voient même leur chiffre d'affaires amputé de recettes non négligeables.

À l'heure actuelle, pour les achats de livre sur les sites de la FNAC ou d'Amazon par exemple, l'occasion est systématiquement proposée à côté du produit neuf. Dans le secteur des jeux vidéo, plus de la moitié des jeux sont achetés d'occasion. Or selon qu'un ouvrage est vendu ou revendu, les acteurs de la transaction diffèrent fortement. Ainsi, dans le cas de la vente d'occasion, seuls le libraire, le site, le vendeur et l'État, dans une moindre mesure, touchent un pourcentage. Face au développement de cette vente d'occasion, les créateurs, les auteurs et les éditeurs sont donc fortement pénalisés.

Les premiers sont en effet privés d'une part non négligeable de leurs droits d'auteur et les seconds voient baisser significativement leurs ventes moyennes, rendant leurs coûts de création de plus en plus difficiles à amortir. Si cette pratique n'est pas réglementée en faveur des propriétaires des œuvres, c'est tout le secteur de l'édition qui, à l'instar de l'industrie du disque face au téléchargement illégal, est menacée.

Face à cette situation, l'instauration d'une contribution sur les ventes et les achats d'occasion, à l'image de ce qui se fait déjà pour les prêts en bibliothèque ou pour les œuvres photocopiées, pourrait constituer une solution simple et équitable permettant de sauver la création. Cette contribution, imputable également aux ventes d'occasion de jeu vidéo, permettrait de donner aux éditeurs les moyens de pérenniser l'emploi en France et, ainsi renforcés, de participer à la compétition internationale et au rayonnement de la culture française à l'étranger. Il souhaiterait donc que lui soient précisées les mesures envisagées sur ce sujet par le Gouvernement.

Je vous propose donc une traduction libre pour bien fixer les idées de ceux qui ne comprendraient pas encore la langue fleurie de nos chers politiques dans le texte.

Chère Aurélie,

Tu  sais sans doute que j'ai écrit plusieurs livres qui, s'ils n'ont pas réellement été des échecs cuisants, n'ont pas vraiment été des succès, sans doute parce qu'ils se revendent d'occasoin sous le manteau, me privant ainsi de potentiels revenus confortables. Je ne vois pas d'autres explications tant ils ont été salués par mes copains de parti. Comme je n'ai quasiment rien touché en droits d'auteur, je te demande d'instaurer de toute urgence une contribution obligatoire sur les transactions des livres d'occasion. Sur mes livres, accessoirement sur ceux des autres, cela se verra moins.

Ainsi, chaque auteur disposerait d'une rémunération à chaque fois que l'ouvrage serait vendu. Tu me diras qu'il est impossible de taxer plusieurs fois le même bien pour la même chose, mais après tout, il suffirait d'imaginer que l'achat d'un livre se transforme en genre de location de longue durée.

Par ailleurs, en cassant le marché du livre d'occasion, puis le marché de l'occasion en général — pourquoi en effet ne pas instaurer une taxe sur les objets vendus dans les vide-greniers ? —, j'espère que tu contribueras dans la joie et la bonne humeur à l'appauvrissement culturel des français qui, en ces temps de crise, n'ont pas d'autre choix que de passer par le marché de l'occasion, appauvrissement culturel que tu sais nécessaire et indispensable à ma réélection future.

Gros bisous baveux.

Quelle sera avec de tels raisonnements la prochaine étape ? J'ai trouvé il y a quinze jours dans un marché aux puces une authentique chignole de Peugeot Frères. Pas l'espèce de batteur à œufs fabriqué en Chine à pas cher, non, la vraie, capoté à deux vitesses, avec des pignons en acier dur et certainement fabriquée dans les années cinquante. Dix-neuf cent cinquante, entendons-nous bien. Je l'ai trouvée à 8 €. Si je la revends dans un avenir pas si lointain que cela, devrais-je payer quelques euros à Peugeot Frères ou à ses ayant-droits ? Les futures propriétaires devraient-ils faire de même jusqu'à ce que cette chignole se retrouve au paradis des chignoles ? Si je revends mon appartement, faudrait-il rétribuer l'entreprise qui l'a construit, celle qui l'a rénové ? L'immeuble ayant été construit entre le XVIe et le XIXe siècle, comment calculer les parts qui iront à chacun ? Et surtout quels étaient ces artisans qui ont construit cet immeuble ?

Et si je vends mon cerveau pour me payer les œuvres complètes d'Hervé Gaymard — je parle de vendre mon cerveau car il s'agit de l'organe le moins sollicité par la lecture de ses œuvres —, le transplanté, lorsqu'il voudra s'offrir une bagnole en revendant mon cerveau, devra-t-il me verser une quelconque rétribution ?

Hervé Gaymard est, rappelons-le, élu de la 2e circonscription de Savoie. Je ne sais pas si la raréfaction de l'oxygène en altitude est responsable des divagations contenues dans cette proposition de loi et les rendrait excusables, mais force est de constater qu'il plane avec défense d'atterrir.

 

Le pays où le noir est couleur

30.05.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit, Je hais les politiciens

Il ne vous a pas échappé que la cote de l'exécutif est au plus bas. Les dernières élections législatives partielles ont été des échecs cuisants pour l'actuelle majorité à tel point qu'il ne serait pas impossible que le parti socialiste perde avant la fin de la législature actuelle sa majorité absolue. Je dois dire qu'au vu de la politique que ce parti conduit depuis un an, préférant les symboles aux actes, ce ne serait pas un mal.

Le problème est que nous n'avons personne pour les remplacer. Souvenez-vous. Nous avions il n'y a pas très longtemps Nicolas et Xavier

Fig. 1 : Xavier et Nicolas (de gauche à droite) font de la politique

à moins qu'il ne s'agisse finalement de Stanley et Oliver, je n'ai jamais pu faire la différence tant la ressemblance à tous points de vue est frappante.

Fig. 2 : Oliver et Stanley (toujours de gauche à droite) imitent Xavier et Nicolas faisant de la politique, mais en couleurs

Ces deux-là, c'est pour l'instant du passé, d'autant que la justice commence à tourner autour de Stanley pour plusieurs affaires plus ou moins louches dont un don de l'état à un ancien chanteur et comédien et quelques histoires de gros sous, de contrats d'armement et de cosmétiques. Des futilités, donc.

Ne restent aujourd'hui à droite en dehors de Valls, de Borloo dont personne ne sait vraiment ce qu'il fait là, pas même lui, alors qu'il y aurait tant à faire, les duettistes de l'UMP que sont Fillon et Copé. Fillon vient de régler son complexe d'Œdipe en tuant le père dans un reportage télévisé qui est passé récemment sur Arte. Copé n'en est pas encore là, il cherche pour l'instant à tuer la mère qu'est Marine Le Pen. Et il a du travail. Il a du travail parce que tuer sa mère alors qu'elle-même essaie de tuer son père encombrant n'est pas une mince affaire. Tout le monde ne peut pas prétendre être la nouvelle Jeanne d'Arc boutant je ne sais qui hors de France pour sauver le pays. Mais, écrivant cela, je ne serais finalement pas étonné plus que cela qu'il finisse par aller en pélerinage à Chinon. Par pitié, ne m'envoyez pas de courriers incendiaires pour me signaler que les moins de trente ans ne peuvent pas comprendre.

Il n'y a donc à droite que deux candidats sérieux. L'un a bourré les urnes pour maîtriser l'appareil du parti, demandant maintenant aux militants par un suffrage direct s'il faut revoter — ce qui revient à demander par un vote s'il faut voter je ne sais pas si vous me suivez ? —, l'autre a crânement annoncé qu'il sera, quelles que soient les circonstances, candidat à l'élection présidentielle de 2017 avant de se rétracter en parlant des primaires. Le rosé a vraiment bon dos. Cela augure de belles batailles dans un avenir pas si lointain que cela. Réjouissons-nous.

Personnellement, je ne fais pas plus confiance à l'un qu'à l'autre. Si le premier me fait penser par moment à un pasteur calviniste qui a tout de même eu cinq ans pour faire ses preuves, j'avoue que je ne fais pas plus confiance au second. Comment voulez-vous faire confiance, pour diriger la France, à quelqu'un qui ressemble à Louis de Funès ?

Fig. 3 : toi aussi, joue au jeu des sept erreurs. Saurais-tu distinguer l'original de la contrefaçon ?

Nous n'avons pas besoin d'un comédien nerveux, ni même d'un comédien normal qui sous couvert de normalité vend au plus offrant un dixième de la cave de l'Élysée (encore un symbole de plus). Nous avons besoin de quelqu'un qui prenne à bras le corps les problèmes actuels du pays en n'ayant pas peur de réformer l'état, le système des retraites, la fiscalité et surtout l'éducation nationale actuellement en grand péril. Contrairement à ce que la gauche annonce, il ne s'agit pas aujourd'hui de rajouter partout des postes d'enseignants. On pourra se poser la question de rajouter des postes lorsque les fondamentaux de l'enseignement seront acquis par les élèves (lire, écrire, compter et comprendre un texte), ce qui rendra du même coup caduque la ridicule discussion à l'assemblée nationale concernant l'accessibilité des bacheliers aux classes préparatoires et la discrimination positive qui est à nouveau en train de poindre ! Comme si on n'avait que cela à faire !

 

La Poste est formidable

15.05.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit

Le café broyé est une substance grasse. J'en ai fait l'amère expérience l'autre jour lorsque le réceptacle de mon broyeur à café m'a glissé des mains pour tomber sur le carrelage de la cuisine. Non seulement j'ai perdu un peu d'Antigua, ce qui est déjà une source de grincherie matutinale, mais j'ai aussi cassé ce fameux réceptable. Heureusement, Krups suit les pièces et peut me vendre le bout de plastique en question. Je l'ai donc commandé et il devait me parvenir par la Poste.

Quinze jours plus tard, je trouvais tout de même que cela commencait à faire un peu long. L'expéditeur m'avait adressé un message me signalant pourtant que le colis avait été envoyé il y a de cela plusieurs jours.

Hier soir, 14 mai, quelle ne fut pas ma surprise de trouver une lettre verte émanant des services de la Poste au courrier. J'ouvre ce pli et j'y apprends que le facteur n'a pas pu me remettre un colis le 10 mai 2013 parce que je n'étais pas chez moi. Ce n'est pas comme si nous n'avions pas une boîte aux lettres grand volume. Chose plus amusante, si le facteur était bien passé chez moi comme le prétend le courrier en question, pourquoi n'a-t-il pas laissé son avis de passage dans ma boîte aux lettres ? Était-il plus simple de retourner à la Poste pour m'envoyer par les services postaux son avis de passage ?

J'ai beau chercher. La seule explication logique est qu'aucun facteur n'a essayé de me remettre ce colis le jour dit et que l'avis de passage m'a simplement été adressé par courrier, la Poste partant certainement du principe qu'il ne sert à rien d'essayer de livrer dans la journée les destinataires de colis.

 

Orange Business Services

07.05.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les financiers

J'ai la chance d'avoir des lignes mobiles chez Orange Business Services. La chance… Disons l'obligation pour des raisons historiques puisque l'une d'entre elle n'a été souscrite que pour obvier aux lacunes de France Telecom lorsqu'il se fut agi de m'installer une ligne fixe à la campagne (vous ai-je déjà dit qu'il m'a fallu six mois pour avoir le téléphone et la tonalité ?) et que l'autre n'a été souscrite que pour effectuer des tests poussés des accès internet mobiles.

Ces deux lignes ne m'étant plus d'aucune utilité d'autant plus qu'à moins de monter chez moi au sommet de la colline, la couverture par Orange est exécrable. Je ne vois donc pas pourquoi payer très cher deux abonnements qui ne me servent strictement à rien sauf à engraisser une entreprise qui n'en a pas réellement besoin. J'ai donc pris mon courage à deux mains pour affronter le service clientèle d'Orange Business Services. Lorsqu'on voit l'efficacité de ce service, on est vraiment content de ne pas être un simple client. Je ne sais pas si vous voyez bien ce que je veux dire.

Je téléphone donc aux numéros du service clientèle figurant sur mes factures. J'écris bien aux numéros au pluriel puisque les deux abonnements sont visiblement gérés par deux services clientèle différents. Soit, l'organisation d'Orange, même pour l'ancien de France Telecom que je suis, me semblera toujours plus obscure. Je finis par tomber au bout d'un temps infini, décompté de mon fortait pour parler en patois pététique, sur une personne qui m'explique que je dois passer dans une agence Orange pour résilier mes deux lignes, ce que je fais le soir même.

Je me rends donc dans l'agence qui jouxte le coin de la place au bout du boulevard. J'attends, j'attends longuement jusqu'à ce que quelqu'un daigne s'occuper de mon cas et me dise au bout de quelques secondes qu'il me faut téléphoner à tel numéro pour la première ligne et à tel autre pour la seconde. Oui, j'oubliais de préciser, il faut téléphoner à partir de la ligne que l'on veut résilier et comme l'une des deux lignes n'est qu'une ligne de données, c'est tout de suite plus difficile.

Je commence donc par la ligne de données. J'appelle le numéro en question et au bout de quelques minutes, je tombe sur quelqu'un qui accepte de résilier cette ligne et qui me confirme qu'elle sera désactivée à partir du 16 mai courant. Très bien. Je pensais que le plus dur était fait. J'attaque donc la résiliation de la seconde ligne, celle qui avait un abonnement voix et données. Je pensais naïvement que ce serait plus simple. Erreur fatale.

Après être tombé sur un disque qui m'annonce le prix de la communication, un automate me demande ce que je veux faire. J'ai quatre possibilités, mais aucune ne me parle de résilier une ligne. Borné, j'essaie la première possibilité qui ne parlait que d'ouverture de ligne et, par chance, le menu vocal suivant me propose en quatrième choix de résilier une ligne. Docile, je m'exécute, et je tape sur mon petit clavier sur la touche 4. Stupéfait, j'entends alors que l'automate ne peut pas reconnaître mon mobile et me raccroche au nez. J'essaie plusieurs fois, à chaque fois, le sale truc me raccroche au nez. Mais l'appel est bien comptabilité sur mon compte client. Il n'y a pas de petits profits.

Je reprends donc la manipulation en décidant d'être plus bête que la machine et fais comme si je voulais ouvrir une ligne, supposant que j'allais tomber sur un humain bien disposé. Effectivement, lorsqu'il s'agit de vendre quelque chose, on tombe sur un humain. J'explique alors mon problème et je me fais expliquer la procédure de résiliation. Il me faut envoyer un courrier électronique à l'adresse contact.ccer@orange.com, chose que j'ai faite dans la foulée.

Aujourd'hui, je n'ai toujours pas le moindre accusé de réception de ma demande de résiliation.

Le système est donc fait pour vendre, vendre toujours plus et garder le client captif puisqu'il lui est impossible sauf à batailler durant une journée de résilier ne serait-ce qu'une ligne. Les informations figurant sur les contrats sont volontairement erronées puisque elles indiquent au client de téléphoner à un numéro surtaxé qui lui raccroche au nez plusieurs fois avant d'obtenir les bonnes informations.

Tout est donc fait pour rendre le client captif avec des méthodes pour le moins ignobles. Je veux résilier une ligne. C'est mon droit le plus strict et je n'ai pas à devoir me justifier. Il est inadmissible qu'il faille plus d'une journée pour le faire. Et encore, l'affaire n'est pas terminée.

 

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