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La tyrannie de l'écologisme

30.06.20 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les écolos

C'est fait, le second réacteur de Fessenheim est arrêté. Les écologistes ont gagné et il va falloir investir sans plus tarder dans des groupes électrogènes. Et cette fermeture est une honte absolue, surtout lorsqu'on se targue comme les « escrolos » de lutter contre le réchauffement climatique.

Cette centrale en parfait état n'a pas été fermée pour des raisons de sécurité, ni parce qu'elle fut mise en service en 1977 et qu'elle serait obsolète. Les réacteurs de même type ont montré qu'ils pouvaient fonctionner largement plus que 43 ans. Non, elle a été fermée sous des prétextes fallacieux et purement politiciens par François Hollande et cette fermeture n'a pas été retoquée par l'actuel occupant de l'Élysée.

Cette centrale produisait deux fois 880 MW (puissance nette). À titre de comparaison, les chiffres sont têtus, une éolienne moyenne en France a une production maximale de 2 MW avec un facteur de charge de 24%, lui aussi moyen. Sur une année moyenne aussi, ce facteur de charge est de moins de 7% pendant 10% de l'année. En d'autres termes, pendant 10% de l'année, l'éolienne moyenne produit moins de 140kW. En étant particulièrement optimiste, on pourrait en conclure qu'il faudrait remplacer cette centrale par 12500 éoliennes. À titre d'information, on peut installer quatre éoliennes par kilomètre-carré, on aura donc une emprise au sol de 3125 km² soit un peu moins que la surface du département du Haut-Rhin (3525,17 km²).

Sauf que la fréquence du réseau doit être fixe et parfaitement contrôlée (elle sert d'étalon de fréquence). Cette fréquence varie en fonction de la consommation et de la production d'énergie. Plus la consommation est importante à production fixe, plus la fréquence baisse. C'est pour cette raison que le réseau d'énergie a besoin de sources pilotables à la demande et non de sources intermittentes et qu'il faut absolument des centrales électriques réagissant à la demande. Cela tombe bien, l'Allemagne vient de mettre en service une centrale non polluant et très faiblement émettrice de dioxyde de carbone à Datteln et brûlant principalement la source de charbon locale, la lignite, qui est une plaie environnementale. Quelques écologistes locaux ont bien râlé, sans succès.

Récapitulons. Nous fermons sous la pression des écologistes une centrale en parfait état à très faible empreinte carbone. Nous remplaçons cette centrale par une source pilotable en Allemagne produisant infiniment plus de dioxyde de carbone, le tout sous des prétextes écologistes. Ce n'est ni sérieux, ni cohérent.

Le réseau européen a été totalement déstabilisé il y a quelques mois — souvenez-vous, les horloges pilotées par la fréquence secteur prenaient du retard —, depuis quelques mois, nous frôlons très régulièrement le blackout (janvier 2019, 9 août 2019, 7 octobre 2019 date à laquelle RTE a autoritairement coupé plusieurs sites industriels pour protéger le réseau, plus récemment encore…). Notre consommation augmente régulièrement, d'autant plus que les véhicules électriques qui sont une aberration écologique consomment eux-aussi. Et nous voulons réussir à augmenter la production électrique en utilisant des sources renouvelables.

La fermeture de Fessenheim et l'ouverture de Datteln nous montre que c'est impossible. Pire, cela nous montre que la fermeture d'une centrale nucléaire pour des raisons écologiques impose l'utilisation de centrales thermiques grandes émettrices de CO2. Dans cette perspective, la percée des écologistes tendance pastèque (vert dehors, rouge dedans) ne me rend pas furieusement optimiste pour l'avenir de certaines villes.

Well done, old chap !

 

2 commentaires

Commentaire de: Jean-Pierre
Jean-Pierre

Bonjour Grincheux, “… les véhicules électriques qui sont une aberration écologique …” Vous pouvez développer SVP ? (Ça peut être des liens vers les explications) Merci !

01.07.20 @ 21:46
Commentaire de: Le Grincheux

Bonjour.

Je passe sous silence la production des commandes moteur, ces moteurs fonctionnant à des tensions relativement faibles et à fort courant (on ne peut pas se permettre des tensions de l’ordre de plusieurs kV dans une voiture). On parle de monocristaux de silicium qui sont très coûteux à produire (et très polluants). Je passe aussi sous silence l’énergie qu’il faut mettre dans la production des batteries et leur recyclage très complexe.

Il faut ajouter à cela un calcul basique que personne ne veut faire et que je vais faire en prenant en compte les chiffres annoncés par Tesla.

J’ai fait le calcul entre le puits et le litre d’essence à la pompe, y compris le raffinage. On arrive à 96% parce qu’il y a très peu de déchets au passage. Et j’ai fait ce calcul du point de vue énergétique entre un puits au Moyen-Orient et une pompe en France (y compris le super tanker et le camion citerne).

Le véhicule électrique sur un réseau de distribution de 230V en BT a déjà un rendement max de 45% (25% sur un réseau 120V). Et en tout état de cause, un véhicule électrique, une fois tout mis bout à bout, a un rendement énergétique inférieur à celui d’une 2CV ou d’une GSA (moteurs à refroidissement par air avec des rendements de 30 à 35%) parce qu’il ne faut pas oublier les différents rendements par conversion (charge/décharge, conversion de l’énergie, commande moteur et j’en passe). Je ne compte pas encore l’énergie pour construire et recycler la bagnole électrique (parce qu’on parle de monocristaux de silicium, ce qui est délirant, la consommation d’énergie étant quadratique en fonction de la puissance des composants).

Par ailleurs, il faut aussi comparer des choses comparables. Dans un litre d’essence, on a grosso-merdo 33 MJ d’énergie, soit 9,2 kWh. On va prendre une 2CV6, 29 ch DIN au frein, consommation 5l/100 km, rendement du moteur 34%.

Pour 100 km, on consomme donc 5*9,2=46 kWh dont 16 kWh à la roue (pour avancer). Tiens, c’est amusant, Telsa indique 18 kWh/100 km à 90 km/h. Mais en oubliant les rendements de conversion et en récupérant l’énergie au freinage (enfin, le peu qu’on puisse récupérer, on ne peut récupérer plus de C/10 sauf à fusiller à court terme la batterie).

Mais faisons le calcul dans l’autre sens. 16 kWh/100 km de consommation à 90 km/h. Chez Telsa, benmerdalors, c’est forcément au sens SAE (on mesure ce qui est consommé en sortie de batterie et sans accessoire). On consomme donc 16 kWh sur une heure et sept minutes, ce qui nous ramène la consommation toujours au sens SAE à 4 Wh/s, soit la bagatelle de 19,3 ch (toujours au sens SAE en considérant le rendement de 100%). Or c’est électroniquement et mécaniquement impossible. On va se prendre un rendement de 80% dans la commande moteur et le rendement mécanique (en ayant de la chance parce qu’on n’a pas le droit de travailler en trop haute tension dans une voiture, donc les courants sont énormes et que la mécanique reste de la mécanique). La consommation annoncée revient donc à 15,5 ch au sens DIN.

Là, de deux choses l’une, soit Tesla nous prend pour des truffes, soit ils génèrent de l’énergie à partir de rien. Quand à côté, ils nous annoncent des véhicules de 320 à 598 Ch (SAE), je rigole (à 300 ch, vous avez le droit d’utiliser votre voiture 20 mn en tuant ta batterie).

Conclusion : on a donc une voiture (Tesla) qui consomme un peu moins qu’une 2CV6 (en énergie pure), mais dont la consommation cachée (pour remplir le réservoir) a au mieux un rendement de 45% lorsqu’elle est chargée à domicile (chiffres Enedis). Sans parler construction ou recyclage, ou même parler de la production d’électricité, on a donc aussi une bagnole (Tesla) qui consomme _réellement_ le double d’une 2CV6 par km parcouru (à 90 km/h) pour une puissance moitié moindre à la roue.

Bien joué !

04.07.20 @ 14:40


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