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Cet homme est un saint

30.10.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Mauvais esprit, Haines ordinaires, Je hais les financiers

Nul n'est prophète en son pays. C'est du moins ce que je me disais ce matin en écoutant doctement Joseph Eugène Stiglitz. Joseph Stiglitz — je ne sais pas si vous le savez — est un économiste réactionnaire et parfaitement incompétent puisqu'il a échappé au prix Nobel d'économie pour ne toucher que le Nobel au rabais qu'est le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel. Il est un des fondateurs et l'un des représentants les plus connus du « nouveau keynésianisme » et a acquis sa notoriété populaire à la suite de ses violentes critiques envers le FMI et la Banque mondiale, émises peu après son départ de la Banque mondiale en 2000, alors qu'il y était économiste en chef.

Son pedigree lui refuse donc toute autorité en matière économique et financière.

Ses thèses sont les suivantes : depuis le début de la crise actuelle, les états prêtent à des taux d'intérêt ridiculement faibles et au travers des banques nationales des sommes considérables aux différentes banques sans aucune contre-partie ni aucun engagement de celles-ci. Cela a coûté des sommes considérables en pure perte puisque, à peine renflouées, ces banques se sont mises à spéculer sur les nouvelles dettes souveraines par leurs renflouements créées. En d'autres termes, toutes ces banques n'ont même pas la reconnaissance du ventre et s'amusent à mordre la main qui les nourrit !

Or, si les différents états, plutôt que de renflouer ces banques qui de toute façon n'ont aucun intérêt à la bonne santé de l'économie tant que la finance débridée leur permet d'accumuler des sommes rondelettes et virtuelles, avaient soit forcé les banques à prêter aux entreprises à des taux et des conditions acceptables, soit directement prêté à ces entreprises aux taux accordés aux banques, l'économie mondiale ne serait pas dans le marasme actuel.

Depuis 2008, l'immense majorité des fonds versés aux différentes banques n'a servi qu'à éponger une infime partie des créances douteuses. Je vous rappelle tout de même ce qu'est une créance douteuse dans ce cas. Lorsque quelqu'un demande un prêt à une banque, celle-ci commence par étudier un dossier souvent mal monté, car monté par des gens qui ne sont plus aujourd'hui que des commerciaux et non des banquiers, puis après acceptation par la commission dite des engagements (qui n'a de compte à rendre à personne, la hiérarchie bancaire n'étant pas pyramidale mais circulaire) demande à une banque nationale par exemple la banque de France une ligne de crédit de la hauteur de l'engagement. La banque de France ajoute une ligne d'écriture sur le compte de la banque prêteuse, lui prête de l'argent frais à un taux d'intérêt faible et la banque de détail empoche la différence des taux d'intérêt, ce qui correspond à sa prime de risque. Aucun établissement financier ne devrait l'oublier.

Et c'est bien là qu'est le problème. Une banque de détail peut prêter largement plus d'argent que ses fonds propres car elle emprunte à une banque nationale. Mais l'état en l'occurrence ne fait pas marcher la planche à billets pour renflouer sa banque nationale et couvrir ces emprunts : il n'y a aucune création de devise ni création de richesse. Comme l'argent demandé est versé à un tiers, il passe sur un autre compte, détenu par une autre banque de détail et au final par la banque nationale. Ce n'est qu'un jeu d'écriture qui ne coûte quasiment rien à la banque de détail qui ne fait qu'empocher les différences de taux. Je vous laisse calculer la culbute que fait actuellement une banque qui prête à un particulier 500 000 euros sur 20 ans à un taux de 5 % annuel.

Tant que le destinataire final ne cherche pas à toucher effectivement son argent en le retirant de ses comptes, cela ne reste qu'une écriture comptable qui ne sert qu'aux banques. Elles ont donc intérêt à multiplier ces placements, même en prêtant à des personnes insolvables. Et après, on entend des directeurs de banques américaines dire que la crise des subprimes est due au fait que le gouvernement américain a un jour décrété qu'il fallait que chaque américain soit propriétaire de sa résidence principale. On croit rêver ! Personne n'a demandé aux banques américaines de prêter des sommes inconsidérées à des personnes qu'elles savaient insolvables !

Le problème est que ce système ne peut survivre que si tout le monde a une entière confiance dans le système financier. Si une panique survient parce que l'argent réel ne représente qu'une infime partie de toutes les lignes de crédits qui n'étaient adossées à rien et que tous les acteurs veulent récupérer leur argent, il s'ensuit la crise actuelle. Et tant qu'il y aura moins d'argent disponible que le montant des encours bancaires, la situation risque de perdurer.

Et dire que l'on entend encore aujourd'hui des économistes prétendre qu'on s'enrichit en s'endettant. La page de la crise actuelle sera définitivement tournée lorsque tout le monde aura compris qu'on ne s'enrichit pas en s'endettant plus que de raison ou en vivant au dessus de ses moyens. La tournure des événements ne semble malheureusement pas prendre cette voie.

 

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