« Post coitumMême à Paris »

Ceci est une révolution

18.01.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Mauvais esprit, Haines ordinaires

Entendus entre autres ce matin pour parler des événements de Tunisie Gisèle Halimi — dont je me demande encore pourquoi je l'indique en premier — et Serge Moati. Je ne parlerai pas ici de l'engagement politique de Gisèle Halimi même si je pense qu'elle se trompe aujourd'hui de combat. On ne peut d'une part limiter le féminisme à sa propre expérience et d'autre part considérer que le féminisme des années 1950 est le même que celui des années 2010. Si en 1950, sa position était légitime, aujourd'hui, elle ne l'est plus, principalement parce que le monde a considérablement évolué. Aujourd'hui, le féminisme n'est plus d'imposer une équité entre les hommes et les femmes, mais de trouver à chaque niveau de hiérarchie autant d'incompétents que d'incompétentes. En ce sens, vous me direz que le gouvernement français montre l'exemple.

Ce matin, elle a tout de même réussi à démontrer que ce sont les femmes tunisiennes qui ont évité l'écueil de l'islamisme en Tunisie. Cela revient à dire que les femmes des autres pays arabes ont perdu leur combat. Merci pour elles. Pour une chantre du féminisme, c'est assez amusant.

Non, Madame Halimi. Ce qui a fait que la Tunisie n'a pas — encore — eu de problème islamiste est dû à la politique de Habib Bourguiba. On aime ou on n'aime pas le personnage, c'est un tout autre débat, mais il faut constater que les priorités de son action politique furent le développement de l'éducation, la défense de l'égalité entre les hommes et les femmes, le développement économique et une politique étrangère équilibrée. Il était une exception parmi l'ensemble des dirigeants arabes et c'est cette exception et rien d'autre qui fait qu'il n'y a pas eu de problème islamiste dans ce pays. La politique de Bourguiba, à savoir l'éducation et l'économie, a fait que les fondements du développement de l'islamisme ont été sapés. Les femmes n'y sont pour strictement rien.

Personnellement, j'ai une sainte horreur des gens qui réécrivent l'histoire quitte à en faire un palimpseste patent pour la faire entrer dans leur moule, voire leur conception étriquée. Je n'ai rien contre le féminisme sauf lorsqu'il est bas de plafond et à poil dur, mais il faudrait tout de même éviter de mettre au crédit du féminisme des faits qui lui sont totalement étrangers.

 

1 commentaire

Commentaire de: oloc
oloc

Je partage ton avis sur les réécritures féministes de l’histoire. Si je voulais troller, je dirais que finalement, le “socialisme arabe", c’était pas si mal.

Merci pour l’usage du cadratin pour les incises, qui se perd malheureusement, mais que je pratique assidûment pour ma part.

http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2010/09/01

19.01.11 @ 19:33


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