« Une alumette s'est éteinte3615 code ADIEU »

Écologie

Je restaure une ruine quelque part dans notre belle campagne française. Et je dois dire que faute de trouver des artisans compétents — sauf pour la toiture et pour quelques travaux de maçonnerie comme la pose d'un escalier —, je fais l'immense partie du travail moi-même. Je crois que je pourrai à l'avenir travailler dans le bâtiment, je sais maintenant faire la plomberie avec cuivre, brasure, filasse et pâte à joint, l'électricité et surtout, poser correctement des doublages en BA13 qui ne bougent pas comme c'est trop souvent le cas lorsque c'est fait à la va-comme-je-te-pousse par des gens peu scrupuleux. Hier soir, j'étais encore en train de batailler avec une fausse-équerre et un bout de BA13 hydrofuge pour terminer un tour de porte.

J'ai donc un semblant de début d'outillage. Dans cet outillage, il y a du chinois pas cher qui tombe en panne plus vite qu'à son tour — les déformations des engrenages en acier mou du matériel chinois me laissent songeur… — remplacé maintenant pas du Bosch série bleue. C'est plus cher, mais au moins, on en a pour son argent. Une visseuse fait néanmoins exception. Connaissant un peu les technologies utilisées dans les batteries et n'ayant trouvé il y a quelques années aucune visseuse à fil parce que c'était sans doute has been, j'ai jeté mon dévolu sur une visseuse 12V avec une batterie NiCd. Bien entretenue et correctement utilisée, une batterie de ce type fonctionne raisonnablement bien. Mais au bout de cinq ans de bons et loyaux services, les deux batteries livrées avec l'engin accusent de poids des ans et leur autonomie décroît sensiblement.

Ces batteries étant démontables, je les ouvre pour me rendre compte qu'à l'intérieur, les éléments n'étaient pas des éléments standard destinés à pouvoir être remplacés. La batterie étant une 12V 1,5 Ah, je pensais naïvement que les élements seraient amovibles et remplaçables. Au pire aurais-je sorti un fer à souder et le tour était joué. Rien à faire, les dimensions sont spécifiques. En cherchant sur Internet, j'ai trouvé un vendeur proposant la batterie en question. Un seul, il y a trois semaines de délai et il vend ces batteries à 50 euros TTC pièce hors frais de livraison. Le coût des deux batteries revient donc au même prix qu'une visseuse équivalente neuve. Personnellement, je vais bricoler quelque chose, quitte à utiliser la batterie actuelle pour y loger un transformateur 12V intégré, y installer des batteries amovibles si j'en trouve voire y adjoindre un câble à brancher soit à une alimentation externe de 12V soit à une batterie au plomb.

Mais que croyez-vous que l'utilisateur lambda fera ?

 

3 commentaires

Ag

D’abord, je tiens à dire que je compatis. Je veux apporter un soutien moral. Ayant plusieurs fois restauré des appartements (d’une manière beaucoup plus light que le chantier décrit par le forçat du dessus), j’ai pu mesurer ce qu’était la solitude. Les premiers jours, cela va encore. Mais ensuite, prenant conscience de ce qui restait à faire, j’ai éprouvé une angoisse à la fois sartrienne, kierkegaardienne et tout bêtement freudienne. Ce qu’on résume souvent par l’envie pure et simple de se flinguer.

J’ai enfin compris ce texte d’ E. Poe mentionnant l’attrait du vide et l’envie de s’y jeter. Pratiquant l’escalade, je me suis retrouvé dans le même état d’esprit que devant une paroi infranchissable et lâchant de tout mon coeur cette phrase si universelle à l’être humain et à l’animal: “Dans quel merdier je me suis foutu !".

Qui parlera de l’odeur atroce de la cigarette mêlée à des effluves de white spirit ? Cela n’a rien à voir avec cette fameuse odeur du napalm au petit matin tant vantée par Coppola. Là, c’est vraiment atroce et vous ferait presque renoncer à votre cancer du poumon naissant.

Bien que je me sois fait systématiquement entuber par des outils fabriqués en chine, je leur reconnais un mérite. Celui de démontrer à ma moitié qu’avec mes 1m83 et mes malheureux 73 kg, je n’en suis pas dénué pour autant d’une certaine force physique : je tords les outils dont j’abuse. Et quand je ne peux démonter une vis, c’est que c’est impossible : l’outil lui-même renonce avant moi. Cela a souvent sauvé mon couple, les femmes aimant, contrairement à la légende, les brutes épaisses.

Je suis l’heureux propriétaire de matériel médical. Enfin, propriétaire est un bien grand mot. Ces outils électroniques et informatiques ressemblent à des jouets pour enfants mais coûtent tout de même le prix de plusieurs Bmw. Propriétaire de quoi ?

Je me le demande chaque jour : tout est serti, verrouillé et indémontable. Pour voir ce qu’il y a à l’intérieur, il faut en passer par le chalumeau auparavant. C’est pire que sur mes Apple. La marque à la pomme laisse au moins l’utilisateur changer la batterie du portable après avoir démonté 18 vis à l’aide d’un microscope à balayage électronique et un tournevis fait sur-mesure par le maréchal-ferrant chinois du coin. Sur mon matériel médical pour voir il ne suffit pas de payer, il faut casser.

Le matériel informatique ne peut fonctionner que muni de toute une série de dongles, sous windows bien entendu, ce qui va finir par me pousser à l’étude de l’assembleur alors que je ne m’en étais arrêté qu’au C. A l’époque où cela fonctionnait avec transistor, les références étaient minutieusement gommées.

Mon expert comptable m’assure qu’une partie de ces jouets entre dans les dépenses nécessaires, qu’une partie peut être défalquée des impôts, enfin bref qu’il n’est pas si douloureux de payer. Oui, j’ai oublié de préciser : les dongles activent un compteur et lorsqu’on arrive au bout, on repaye quasiment tout.
Ne comprenant rien à la comptabilité, je suis comme en soins palliatifs dans la période dite “de renoncement". Je paie faute de ne pouvoir démonter.

Ce qui est outrageusement protégé, serti, est invariablement de mauvaise qualité. C’est comme ces classeurs de profs jalousement protégés et jamais photocopiés par les élèves. Ca sent tellement la protection de l’incompétence, le prof voulant s’assurer que l’étudiant ne va pas vite fait le rattraper, que cela génère une forme de pitié comme on en a en avalant un mollusque.

En tout cas, meurtri par la future grande crise économique qui va nécessairement tomber sur la tête des gaulois, je me suis juré que mon prochain métier sera sans nul doute dans la contre-façon ou le perçage de blindages.

02.07.12 @ 15:58
Commentaire de: Le Grincheux

Utiliser du white spirit en fumant ? Quelle drôle d’idée que vous avez là…

02.07.12 @ 17:51
Ag

Oh, je fais un petit décalage dans le temps entre la clope et le white spirit.

Au prochain tiers provisionnel, le décalage va se faire plus bref, je le crains.

02.07.12 @ 18:15


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