« Austérité à la françaiseLa terre du milieu »

Ah, ces prud'hommes que le monde nous envie...

21.03.16 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur

J'ai appris ce samedi que la boulangerie d'un village voisin avait fermé. Elle n'a pas fermé parce qu'elle n'avait pas de clients, que le pain était mauvais, non, elle a fermé à cause de l'aberration qu'est le tribunal des prud'hommes. Dans notre beau pays, plus rien ne m'étonne vraiment. Je rappelle à toutes fins utiles que j'ai été condamné par ce même tribunal il y a plus de dix ans pour non paiement de salaire à une personne qui n'a jamais travaillé pour moi, ce qui est d'autant plus facilement démontrable qu'il m'a été reproché le nom paiement de salaire sur une période où mon entreprise n'existait pas encore. J'ai appris ce jour-là que l'on gagne ou que l'on perd devant les prud'hommes en fonction de ses accointances syndicales. J'étais le méchant patron, la brave fille était solidement suivie par un syndicat. Je ne pouvais que m'en prendre plein la figure avec une condamnation exécutoire. J'ai donc payé, mais la vengeance étant un plat qui se mange froid, j'ai tellement travaillé la réputation de la dame en question qu'elle a eu le plus grand mal à retrouver un emploi. Maigre consolation, mais c'est déjà cela !

Ah, ces prud'hommes que le monde nous envie...

Fig. 1 : non, je ne parlerai pas du soutien de la dame !

Mais revenons à notre artisan boulanger. Cette boulangerie était assez importante pour avoir au moins deux employés dans le magasin. Depuis plus de deux ans, ces employés étaient plus en congés maladie qu'à leur poste. Or la convention collective applicable est tellement tordue que ces deux congés maladie coûtaient plus de mille euros par mois à l'artisan. Ne pouvant plus faire face, le boulanger a donc décidé de licencier ces deux employés.

Je ne sais pas comment il s'y est pris. Tout ce que je sais, c'est que les prud'hommes, dans leur grande sagesse, ont requalifié ces licenciements en licenciements abusifs et que notre brave boulanger a été condamné à leur verser 40000 euros de dommages et intérêts, semble-t-il par personne. Artisan, il est solidaire des dettes de son entreprise et est en train de vendre sa boutique et sa maison pour payer sa condamnation et les divers frais annexes.

Ah, ces prud'hommes que le monde nous envie...

Fig.2 : Gégé content.

La CGT est contente, le droit du salarié a été respecté et l'employeur qui a dû faire une petite erreur dans le suivi de la procédure de licenciement a été bien justement sanctionné. Jamais ces fichus syndicats n'ont regardé le fait qu'un boulanger se retrouvera sans toit — en raison de salariés, je le rappelle, indélicats —, jamais ils ne regarderont le fait qu'il faudra faire au moins dans un premier temps une vingtaine de kilomètres pour acheter son pain. Quant aux autres employés du boulanger, ce ne seront que des victimes collatérales elles-aussi au chômage.

Et pendant ce temps, d'autres syndicats (lycéens et étudiants en particulier) manifestent contre la réforme du droit du travail. Il y a du bon et du moins bon dans la réforme portée par Myriam El Khomri. Mais dans beaucoup de pays, cette réforme serait néanmoins perçue comme une avancée. Je précise que ce n'est pas moi qui le prétends, mais Daniel Cohn-Bendit dont le moins que l'on puisse dire est qu'il porte plutôt à gauche. Ce serait une avancée, mais pas en France où nous avons les syndicats les plus bêtes et réactionnaires du monde, ce qui explique sans doute pourquoi le taux de syndicalisation est aussi faible.

Les jeunes — qui n'ont pas tout compris des enjeux mais qui ont peur —, les syndicalistes — qui doivent justifier l'immobilisme au nom de la lutte des classes et de la préservation des acquis sociaux — vont torpiller cette réforme pourtant nécessaire. L'honneur sera sauf, les acquis sociaux d'un autre temps ne seront pas touchés et nous garderons toujours notre taux de chômage délirant parce qu'il faut être complètement cinglé ou totalement inconscient aujourd'hui en étant patron de PME ou artisan pour engager un salarié en CDI.

 

1 commentaire

Commentaire de: Manuel
Manuel

Malheureusement, une grande majorité des français n’a rien compris, et ne comprendra jamais rien… La France est et restera irréformable… Ceux qui veulent entreprendre n’auront d’autre choix que d’aller voir sous d’autres cieux.
Marre de me battre pour développer ce que notre état racketteur et complice des syndicats s’efforce de détruire… J’arrête tout !!!

24.03.16 @ 19:29


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