La fée fait des misères

29.11.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais l'informatique, Vieux con, Haines ordinaires

J'ai depuis quelques jours l'impression d'avoir fait un bon dans l'espace et le temps. La nuit, généralement entre minuit et trois heures du matin, l'électricité est coupée dans mon quartier. Je n'habite pourtant pas dans un sombre village de la campagne française soumis aux aléas climatiques et à la neige, ni dans un coin de brousse, j'habite en plein centre de Paris.

Nous avons droit toutes les nuits à une coupure qui dure entre un quart et une demi heure. Tout le quartier est plongé dans le noir, seules les affiches des abribus qui doivent être sur un circuit différent donnent un peu de lumière. Même l'éclairage public est éteint. Naturellement, aucune explication de la part d'EDF ou d'ERDF.

Toutes les nuits, donc, mes deux serveurs UltraSPARC et leur baie de disques Raid6 sont arrêtés un peu brutalement. Mon PC portable n'apprécie guère mieux. Vous me direz que ce n'est pas sérieux et que je n'ai qu'à avoir un onduleur. J'en ai un, mais il ne suffit pas pour couper proprement ces machines. Je vais donc devoir investir dans un modèle bien plus puissant que je vais laisser sur le tapis à côté de ces machines parce que ERDF est incapable d'assurer une distribution électrique de qualité.

Le problème principal de ces coupures intempestives est le redémarrage du serveur principal. Le bougre peut mettre plus de deux heures à redémarrer s'il doit resynchroniser son volume Raid6, ce qui lui est arrivé la nuit dernière. Indépendamment du fait que le matériel n'aime pas ce genre de chose et qu'il faut croiser les doigts pour que les systèmes redémarrent tout seul, le coût de ces coupures n'est pas négligeable car il occasionne une perte de temps conséquente.

Il est impensable dans un pays soi-disant développé d'avoir de telles interruptions de distribution d'électricité à répétition. Il est aussi pour le moins bizarre que personne, ni les media locaux ni le fournisseur d'électricité, n'informe les abonnés. Pour couronner le tout, le site web de l'EDF renvoie encore à l'heure où j'écris ces lignes :

Service Unavailable

The service is temporarily unavailable. Please try again later.

La seule information fiable provient du site internet du Parisien qui signale un problème sur un transformateur. Mais il ne s'agit que de la panne du premier soir et non de toutes les autres.

Espérons que tout rentre dans l'ordre rapidement, j'aimerais enfin pouvoir dormir avec mon lit !

 

Les bienveillantes

28.11.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur

J'ai horreur d'abandonner un livre en chemin, même mauvais. Récemment, j'ai pu lire « les Bienveillantes » de Jonathan Littell. Je me disais naïvement que cet ouvrage devait être intéressant puisqu'il a obtenu le 26 octobre 2006 le Grand Prix du roman de l’Académie française, suivi du prix Goncourt le 6 novembre 2006. En décembre 2006, il a même été élu Meilleur livre de l'année 2006 par le magazine Lire, ce qui prouve que n'importe quel livre peut obtenir un prix littéraire.

Je n'ai aucune idée des autres livres en concurrence, mais vu la qualité « des Bienveillantes », ils ne devaient franchement pas être fameux. À moins qu'il ne s'agisse du thème abordé.

Faisons simple. Personnellement, je n'avais aucune idée de la biographie de l'auteur et j'ai directement attaqué ce pavé de neuf cents pages dans l'édition de la collection NRF. Le sujet principal est, à moins que je n'aie strictement rien compris à cet ouvrage, le fait que tout homme peut devenir un monstre et que sa monstruosité peut naître des événements. Jusque-là, pourquoi pas. Mais pourquoi vouloir à tout prix illustrer ce propos par l'histoire d'un allemand au cours de la seconde guerre mondiale ? Au bout des neuf cents pages d'une écriture inégale — j'ai compté une phrase qui faisait deux pages dans mon édition Gallimard NRF, ce qui fait tout de même beaucoup ! — ponctuées de scènes dont on se demande ce qu'elles viennent faire dans le récit, de digressions et d'invraisemblances, je n'arrive pas à savoir s'il s'agit d'une mystification, d'une authentique œuvre d'art ou d'un roman à ranger directement dans les oubliettes de l'histoire et juste bon à caler un meuble bancal.

J'ai quelques connaissances d'Allemand, de sérieuses connaissances même puisqu'à une certaine époque je lisais Kafka dans le texte, et je m'intéresse depuis assez longtemps à l'histoire de l'Europe entre 1919 et 1945. Même avec ce bagage, la lecture est ardue puisqu'il faut sans cesse se référer au lexique fourni en annexe pour les grades des différentes armes — à tel point que même l'auteur se prend par moment lui-même les pieds dans le tapis ce qui n'est que justice — et surtout aux organigrammes du régime nazi et de la machine militaro-politique qui lui n'est pas fourni.

Le narrateur principal, le docteur Maximilien Aue, a vécu toutes les grandes étapes de la seconde guerre mondiale en partant de simple militaire du Sicherheitsdienst dépendant du Schutzstaffel plus prosaïquement appelé SS. Il est assez amusant de constater que ce narrateur a pu grimper tous les niveaux de la hiérarchie jusqu'à avoir accès à Sperr ou au Reichsführer Heinrich Himmler, d'autant que le Sicherheitsdienst a toujours été en conflit plus ou moins ouvert avec l'Abwehr, service de renseignement de l'armée qui voyait le Schutzstaffel en général et le Sicherheitsdienst plutôt d'un mauvais œil. Jonathan Littell a même cru bon d'ajouter une scène dans laquelle le narrateur tordait le nez au chancelier Adolf Hitler dans son bunker alors qu'il recevait la Croix de guerre en or de ses mains à la suite de ses bons et loyaux services. On croit rêver !

Lorsque je dis qu'il a tout vécu, il a vraiment participé à tout. Depuis l'opération Barbarossa jusqu'au Kassel de Stalingrad où il a reçu une balle en pleine tête qui ne lui laissera aucune séquelle, une rééducation sur la Baltique, un envoi dans un Paris occupé puis un retour dans les hautes sphère de Berlin où il s'occupait entre autre de la question juive, il a tout vu, tout entendu, tout fait. Mais Littell ne s'est pas arrêté à ça. Il fallait que son personnage soit le plus abject possible puisqu'il est incestueux, pédéraste ce qui est un sérieux handicap pour monter dans l'échelle sociale du Schutzstaffel, pleutre, matricide (même si ce n'est pas dit clairement), cultivé et parfaitement bilingue français-allemand, puisqu'il avait été élevé par son beau-père en France après la disparition de son père biologique et le remariage de sa mère. En lisant entre les lignes, on comprend même qu'il a eu des jumeaux avec sa sœur jumelle. Sa biographie est donc particulièrement chargée et tout à fait réaliste, vous en conviendrez. Je passe sous silence que né en Alsace puis élevé en France, son ascension au sein du régime est tout à fait inenvisageable.

Il existait certainement des officiers cultivés, mais ce n'est pas dans les Schutzstaffel qu'ils se trouvaient, plutôt dans l'armée régulière. À trop forcer le trait, le récit perd son réalisme. L'auteur montre aussi qu'il n'a aucune connaissance de ce qu'était un Sonderkommando ou un Einsatzkommando. Ces commandos du Schutzstaffel étaient pour la plupart des commandos disciplinaires et gérés comme tels au moins sur le front de l'est au début de l'offensive. Ce n'étaient pas de simples supplétifs aux troupes régulières comme ce que l'on pourrait croire en lisant ce livre. Pourtant, on sent derrière l'écrivain, l'élève besogneux qui accroche plus ou moins visiblement page après page ses fiches de lecture les unes aux autres. Je ne vais pas entrer dans une analyse historique exhaustive tant il y aurait à dire sur les erreurs manifestes de l'auteur. Un certain nombres d'historiens et non des moindres se sont penchés sur le sujet.

Quant aux images, il y en a de belles. À un moment, le narrateur est prix d'une vision dans laquelle il voit Adolf Hitler habillé en rabin… Cette scène est une insulte à toutes les victimes de cette guerre, qu'elles soient juives ou non, et je me demande à la réflexion comment aurait été accueilli ce livre si son auteur n'était pas d'ascendance juive. J'ai comme l'affreuse impression que toute l'élite bien pensante aurait crié au scandale. Et c'est sans compter sur les passages figurant dans le texte en Allemand. La plupart des termes utilisés sont fautifs ou pour le moins tordus, ce qui est confirmé par les critiques de Peter Schöttler, historien allemand directeur de recherche au CNRS et professeur associé à l’Université libre de Berlin.

J'avoue aussi être réellement mal à l'aise parce qu'au bout des neuf cents pages de cet indigeste pavé, j'en suis à me demander si l'auteur n'éprouve pas une fascination maladive, morbide et malsaine pour la perversité sous toutes ses formes. Cette fascination ne provient pas du thème choisi, mais des mots utilisés et de la narration elle-même. Le critique Jürgen Ritte résume d'ailleurs son impression par les termes d’« arrière-goût mauvais, de parfum d’obscénité ».

À la réflexion, je crois que j'ai enfin compris qu'il s'agissait d'un romain exécrable. Ne perdez pas votre temps, ne le lisez pas, il n'en vaut pas la peine.

 

La France et les mathématiques

27.11.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit, Je hais les financiers

En France, nous avons la chance d'avoir les meilleurs mathématiciens du monde. Et spécificité culturelle, ils ne se trouvent pas dans des laboratoires mais dans les bureaux ministériels.

D'un côté, nous avons les énarques du quai de Bercy qui ont dû tomber sur deux ou trois tonneaux de gros rouge laissés là par les anciens habitants du quartier et qui nous ont concocté un budget tout à fait équilibré pour l'année prochaine, et de l'autre, nous avons des ministres qui nous disent que nous sortons de la crise. Il n'y a pas à dire, il y en a qui boivent et d'autres qui devraient.

Et pour tenir le fameux engagement de la suppression de la taxe professionnelle, taxe imbécile s'il en était, nous sommes actuellement soumis à la cotisation économique territoriale. Les avis d'imposition sont en train d'arriver. Déjà, ce n'est ni un impôt ni une taxe et nous devrions être contents. Le bonheur tient décidément à peu de chose. Ce qui est assez amusant, c'est que pour l'immense majorité des entreprises (hors entreprises industrielles), cette nouvelle cotisation est plus élevée que l'ancienne taxe professionnelle. Le progrès est donc certain. Je ne sais pas pour qui, mais il est indéniable.

La communication gouvernementale a pourtant porté ses fruits. Tout le monde est convaincu de la suppression de cette taxe et personne n'a vraiment compris, au moins chez les manifestants de ces dernières semaines, que cette taxe a été remplacée par une gentille cotisation en très nette augmentation et que les employeurs de France et de Navarre allaient devoir racler les fonds de tiroir de trésoreries mal en point pour régler une cotisation qui aurait dû être, du moins selon les annonces, plus faible que l'ancienne taxe professionnelle.

L'état continue donc de prendre l'argent où il peut encore en trouver plutôt que de remettre ses comptes une bonne fois pour toute à l'équilibre, ce qui est la seule position tenable à terme. Pire que tout, cette contribution dépend des collectivités locales, ce qui veut dire, à moins que j'ai raté quelque chose car son calcul n'est pas vraiment clair, que son taux va dépendre fortement des collectivités.

À l'heure où on nous assomme avec le principe de péréquation entre collectivités dites riches et les autres et celui de la sacro-sainte égalité, il est inadmissible que ces taux soient différents d'une commune à l'autre et surtout que ces taux soient soumis aux bons vouloirs des autorités locales. À titre d'information, le taux de taxe professionnelle était à Paris de quelques 18% alors que de l'autre côté du périphérique, de l'autre côté de la rue donc, dans la banlieue dite rouge, on pouvait atteindre sans vergogne 42% !

Il est inadmissible aussi qu'à l'heure où la plus grande partie des industries ont été délocalisées et ne reviendront pas de sitôt, l'état privilégie l'industrie au détriment du secteur tertiaire qui n'est pas délocalisable. Cette mesure ne fera pas revenir l'industrie. En revanche, cette idée lumineuse risque de créer de nouveaux chômeurs dans les entreprises fragilisées de services à la personnes.

Avions-nous seulement besoin de remplacer une taxe imbécile par une cotisation qui ne l'est pas moins ? Le seul gagnant à ce petit jeu est l'état qui après avoir augmenté tout ce qu'il a pu les dernières années s'est payé une belle campagne de publicité sur le dos des employeurs.

 

Éducation 2012

25.11.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Mauvais esprit, Vieux con, Haines ordinaires

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais il existe dans les partis politiques français des gens qui pensent. Quand on voit le résultat, on se demande avec raison que ce cela aurait donné s'ils n'avaient pas pensé. Les gens de gauche en ont, ceux de droite aussi, et ils ne sont d'accord sur rien.

À l'UMP, il y a un nid de penseurs dont certains n'ont rien à envier à ceux du parti socialiste et dans ce nid, une certaine Camille Bedin, encore étudiante. Je ne vais pas vous faire sa biographie que vous trouverez ici. Personnellement, je trouve que pour parler d'éducation avec autant d'aplomb et d'autorité, c'est un peu maigre. Voici un résumé de ce qui s'est dit aux tables rondes de l'UMP concernant l'éducation.

« Interdire le redoublement en CP », « rendre la maternelle obligatoire dès trois ans », « en finir avec la dictature des notes », « mettre en place une charte éducative signée par l'enseignant, les parents et l'élève » : telles sont quelques-unes des propositions que Camille Bedin, secrétaire nationale UMP à l'égalité des chances depuis juin 2010 soumet à son parti, dans l'optique de la préparation du programme électoral de 2012.
Vous pouvez lire ses « notes mensuelles » sur son blog « Du sens à l'action » : www.dusensalaction.fr.
Ses propositions « sont soumises à l'UMP et certaines font débat », explique Camille Bedin. « On se retrouve par exemple sur la nécessité d'ouvrir l'école aux parents », une proposition qui « devrait d'ailleurs être évoquée lors de la convention mercredi 3 novembre », affirme la secrétaire nationale. « Mais l'interdiction du redoublement en CP fait plus débat », explique-t-elle. « Je suis contre le redoublement en général. Le fait de vouloir l'interdire en CP est symbolique, car je considère qu'un enfant de six ans n'est pas responsable de son échec. Ce n'est pas de sa faute, le problème vient soit de l'accompagnement des parents, soit de la pédagogie », avance-t-elle.
Selon Camille Bedin, la réforme doit « commencer dès le plus jeune âge ». Elle propose alors de rendre la maternelle obligatoire à trois ans et de « privilégier les jardins d'éveil » ainsi qu'une « meilleure adaptation des modes de gardes ». « Je suis parvenue à ces conclusions après avoir consulté une vingtaine de parlementaires, parmi lesquels Frédéric Reiss, auteur de l'excellent rapport sur l'autonomie des établissements (AEF n°138102) et Jacques Grosperrin (AEF n°130130), mais aussi Monique Sassier, médiateur de l'Éducation nationale, Laurent Bigorgne, directeur adjoint de l'Institut Montaigne, Pierre Maurel, secrétaire général du HCE et Hervé Masurel, secrétaire général du CIV », fait-elle valoir.
« ASSOCIER ET RESPONSABILISER »
« Je crois qu'il faut associer et responsabiliser, et dans les mois à venir il faut que nous menions une réflexion sur la responsabilisation des acteurs, ce que l'on appelle aussi 'l'empowerment' et qui est au cœur des systèmes éducatifs au Canada et aux États-Unis », explique-t-elle. La secrétaire nationale à l'égalité des chances définit cette notion par « le fait de donner plus de pouvoirs aux citoyens dans les quartiers » et qu'en parallèle avec la plus grande autonomie des établissements scolaires, « ils puissent s'impliquer dans le projet éducatif de l'école, de l'établissement ».
« En leur accordant plus de responsabilité, plus de confiance, les jeunes seront plus respectueux », affirme Camille Bedin. « On propose alors de développer des contrats dans les écoles, destinés aux élèves les plus difficiles. Le professeur a alors la possibilité de contractualiser avec l'élève et ses parents, ils se mettent d'accord sur des objectifs ». Selon elle, « ce type de contrats existe déjà de manière tacite et ça marche. Les élèves sont tellement surpris qu'on leur fasse confiance qu'ils changent d'attitude ».
Il faudrait que dès le CP les élèves soient responsabilisés, qu'ils prévoient ce qu'ils ont envie de faire : par exemple, quel sport ils souhaitent pratiquer durant la semaine. Et qu'à terme, les élèves puissent être associés aux réunions, à la vie de l'établissement ». Elle poursuit : « en classe de sixième, l'éducation civique pourrait être étudiée au-delà du simple cours. Les élèves pourraient ainsi élaborer un projet visant à accueillir les élèves de CM2, leur rendre visite dans leur école et leur expliquer le collège, que les élèves de 5e mettent en place une sorte de tutorat avec les élèves de 6e, etc. »
« OBJECTIF 100 % DE RÉUSSITE »
« Aujourd'hui, le seul objectif des professeurs est de finir son programme, et ce aux dépens de l'élève. Or, l'objectif doit être la maîtrise des fondamentaux à la fin de l'école primaire » Ainsi, selon elle, « la formation des maîtres doit évoluer et s'adapter au besoin de chaque élève ». Au sujet de la masterisation de la formation des enseignants, Camille Bedin souligne : « La volonté de masteriser la formation est une bonne chose. Il fallait la mettre en place et mettre les enseignants sur le terrain ».
Camille Bedin souhaite enfin faire évoluer le système de notation, et « évaluer l'élève en fonction de sa progression », par le biais du livret de compétences. « Aujourd'hui un 12/20 ou un 6/10 ne veut rien dire sur la progression de l'élève », poursuit-elle.
« ASSOCIER ENTREPRISES ET ASSOCIATIONS »
La secrétaire nationale à l'égalité des chances imagine également une école qui « associerait les entreprises et les associations ». « Souvent les parents d'élèves ont des choses à apporter aux élèves, ils ont vécu des expériences particulières, ils pourraient venir parler de leur métier, d'une langue qu'ils savent parler et donner des cours ».
« Aux États-Unis, dès le plus jeune âge, les enfants participent à des concours lancés par de grandes entreprises, afin d'imaginer un nouveau logo, ou un nouveau slogan. On pourrait très bien envisager une entreprise telle que Danone organiser le même type de concours auprès de jeunes de CM2 ou de 6e. Cela permettrait d'encourager l'esprit d'initiative des élèves, leur créativité, mais aussi le travail en équipe ».

Je ne vais relever toutes les horreurs débitées dans ce texte. Juste peut-être le fait que les élèves de 5e doivent être les tuteurs des élèves de 6e parce qu'utiliser des illettrés pour servir de tuteurs à d'autres illettrés ne me semble pas l'idée la plus géniale qui soit.

Par ailleurs, être contre le redoublement et les notes est une vaste démagogie. Un élève a ou n'a pas le niveau pour passer au cours supérieur. S'il ne l'a pas, il est inutile pour lui et malsain pour les autres de ne pas le faire redoubler. En effet, soit son enseignant s'occupera de lui au détriment de tous les autres, soit il laissera tomber cet élève. L'échec scolaire, au moins dans les petites classes, n'est pas dû à un facteur unique mais à une conjonction entre des méthodes d'apprentissage absolument idiotes de lecture et une absence de redoublement quasi généralisée. Au milieu de la mêlée, il y a l'enseignant qui est obligé de faire avec les méthodes actuelles et soumis à son inspecteur qui est noté en fonction du nombre de redoublements dans son secteur. On croit rêver !

Et la brave dame de fustiger les notes à l'école parce que l'école serait historiquement tournée vers la sélection. Je dois être un peu bête, il me semblait jusqu'à présent que l'école était tournée vers l'éducation, les notes n'étant là que pour savoir si un élève est capable de suivre ou non dans le cours supérieur. Les notes ne sont qu'un outil et les supprimer ne fera que les remplacer par un autre moyen d'évaluation. Les tenants de la suppression des notes signalent que la notation est un système élitiste, mais jamais que les notes permettent d'identifier objectivement les points forts et les points faibles d'un élève. Non, la note a été inventée par un professeur aigri dans une cave à seule fin d'embêter les élèves et de les empêcher d'accéder selon leur bon vouloir à un doctorat de mécanique quantique ou de physique nucléaire, chose pourtant bien légitime en démocratie.

En plus, tout le raisonnement de ces rapports se focalisent sur les élèves qui obtiennent des mauvaises notes et qui en seraient traumatisés, jamais sur ceux qui seraient stimulés par le fait d'avoir des bonnes notes et d'en être fier. À lire l'appel pour la suppression des notes curieusement concomitant aux déclarations de Camille Bedin, j'ai l'impression que l'élève qui reçoit une mauvaise note tombe tout de suite dans la dépression chronique, la drogue ou l'alcoolisme. Autant que je m'en souvienne, quand j'usais mes fonds de culotte sur les bancs de l'école primaire, il y avait déjà des cancres et ceux-ci ne semblaient nullement traumatisés par leurs résultats, bien au contraire.

Donc appelons à la suppression des notes à l'école primaire. Comme ça, les enseignants de collèges se demanderont comment tel ou tel cancre est arrivé jusque là. En fait, non, les enseignants de collèges se le demandent déjà, tout comme ceux de lycées, ceux de classes préparatoires et d'écoles d'ingénieurs dont je fais modestement partie. Supprimer les notes qui n'empêchaient déjà pas le redoublement et les remplacer par quelque chose qui ne serait pas traumatisant pour le pauvre élève — donc par rien parce que c'est sensible un élève, lorsque ça attaque un enseignant, c'est toujours par désespoir — ne me semble pas être une idée géniale sauf à niveler une fois de plus le niveau par le bas. Le système éducatif en avait bien besoin.

La liste des signataires de cet appel que l'on trouve ici est aussi éloquente. On trouve de tout et surtout des gens parfaitement compétents pour avoir un avis : des chercheurs, des hommes politiques qui passaient par là, des directeurs de cabinets d'études, des pédopsychiatres, un principal de collège égaré, mais assez curieusement aucun enseignant en école élémentaire, pourtant les seuls concernés par cette suppression. Pourtant, si les notes étaient aussi nocives et inutiles que cela et sachant qu'elles leur demandent du travail en plus, j'aurais naïvement pensé qu'ils auraient été les premiers à signer des deux mains. Tout cela est finalement assez mystérieux.

 

Le retour de Luther

24.11.10 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Mauvais esprit, Je hais les tradis

Il me semble vous avoir déjà parlé du traditionalisme français en vous parlant de la fraternité Saint-Pierre et de celle de Saint-Pie X. Mais ne croyez surtout pas qu'il n'y a que deux types de traditionalistes. Il ne faudrait surtout pas oublier les sédévacantistes, ceux qui croient dur comme pierre que le siège de Saint Pierre est vacant depuis le concile Vatican II. D'après eux, on aurait subtilisé au vrai Paul VI un faux qui ne ferait rien que de détruire l'église de l'intérieur…

Ces gens ont un site web à côté duquel celui du Christ-Roi ferait passer les adeptes de la fraternité Saint-Pie X pour d'aimables progressistes. Entre autres, on trouve dans leurs petits papiers un document traitant l'« abbé Joseph Ratzinger » de pseudo conservateur. Rien que ça. Pour illustrer leurs propos, ils ont même commis un petit photo-montage que je ne résiste pas à vous montrer.

Joseph Ratzinger ou le loup déguisé en agneau. On pourrait prendre ça pour les écrits d'un Luther qui s'est perdu on ne sait comment au début du XXIe siècle. Le pape actuel est, d'après ces fous de Dieu, traditionaliste uniquement pour piéger tous les bons chrétiens, enfin les leurs, et les faire revenir dans le giron de l'église pontificale. La théorie du grand complot est de retour et la fin des temps est proche.

Même en étant sévèrement attaqué, j'ai peine à croire qu'on puisse écrire autant de bêtises en aussi peu de pages. Et encore, il ne faut pas oublier l'accroche qui signale au lecteur imprudemment égaré sur ces pages nauséeuses que le sédévacandiste est le seul véritable catholique. Remarquez, il vaut mieux lire ça qu'être aveugle.

Il y aurait donc des vrais et des faux catholiques. Je croyais jusqu'à présent qu'on était catholique ou qu'on ne l'était pas, là, j'apprends qu'il y en a des vrais et des faux. Et encore, les vrais, ce sont ceux qui rejettent Rome et le pape, parce que même les lefebvristes les plus obtus reconnaissent que le trône de Pierre n'est pas vacant. En d'autres termes, pour ces gens-là, même les plus durs des lefébvristes ne sont pas catholiques. Quant aux catholiques normaux, ceux qu'on ne voit pas, je n'ose même pas savoir de quoi ils sont affublés.

Lorsque je vois de telles bêtises, j'ai honte pour Dieu. Mais j'ai aussi honte pour tous les catholiques du monde entier qui n'ont rien fait pour mériter de tels individus.

 

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