Massacre

26.03.20 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Je commence à en avoir plus qu'assez, mes oreilles saignent. Je sais bien que la langue française est assez particulière pour devoir écrire que ces grandes orgues sont les plus belles des plus beaux sauf à vouloir pratiquer sa langue comme un cochon, mais suis-je le seul à tiquer légèrement sur les néologismes actuels ?

Le coronavirus nous a heureusement sevré des « féminicides ». Heureusement, parce qu'en Français, on parle d'uxoricide, bande de flapis décérébrés !

Quant aux « gestes barrière », est-ce que le mot prophylaxie vous parle ? En plus, c'est bien, un nouveau mot qui permet au Scrabble de caser en même temps un x et un y !

 

Des stats et des médecins

24.03.20 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Matheux pervers, Je hais les politiciens

Lorsque je dois me faire soigner, je vais voir un médecin. Alors que les médecins laissent en retour les statisticiens travailler. Ces deux métiers sont différents et les médecins, fussent-ils professeurs de médecine, ne savent vraiment pas faire des statistiques.

On lit depuis quelques jours que la chloroquine — à moins qu'il ne s'agisse d'hydroxychloroquine — soigne le Covid19. Des gens se ruent par centaines à l'hôpital de Marseille pour recevoir ce produit, heureusement délivré aujourd'hui sous ordonnance en raison de sa dangerosité même comme antipaludéen à titre préventif. Cela n'est pas réellement sérieux et montre que l'homme a besoin d'un messie.

Plusieurs choses me dérangent aux entournures. Le professeur de médecine en question et dont je tairai le nom prétend qu'il agit dans l'urgence et qu'il est impossible de faire des études correctes rapidement. C'est se moquer du monde puisque certaines équipes y arrivent sans problème. Certaines arrivent même à faire passer en urgence leurs papiers dans des revues à comité de lecture. Prétendre le contraire est se moquer du monde.

Loin de moi l'idée de trancher définitivement sur l'intérêt thérapeutique de la molécule, sur son bénéfice/risque ou sur son efficacité. La question n'est vraiment pas là. Le problème est d'avoir une médiatisation à outrance sur une document publié par un chercheur refusant de passer par les circuits classiques de reviewing et faisant de la communication sur Youtube. Qu'il ait raison ou tort importe peu, c'est sa démarche qui est contestable car rien n'est scientifiquement prouvé. Plus exactement, un papier relativement ancien permet de montrer qu'in vitro la chloroquine permet une amélioration dans certains cas. Rien n'a jamais été montré in vivo.

Mais arrêtons-nous simplement sur les statistiques du papier du bon docteur. Ceux qui me connaissent savent que j'ai été enseignant dans le supérieur et que, parmi les cours que j'ai pu donner, se trouvait un cours de statistiques. Oh, pas des statistiques très évoluées, des statistiques pour des ingénieurs qui allaient faire du traitement du signal, mais cela me permet de voir assez rapidement quand on me fait passer des vessies pour des lanternes et cela me permet de qualifier une étude surtout lorsque c'est une blague, une grosse blague.

Pourquoi qualifié-je cette étude de grosse blague ? Pour tout un tas de raisons. La première est que l'on fait des statistiques, pas du dénombrement. Il serait bon que les pontes de la faculté, une bonne fois pour toute, fassent la différence. On ne calcule pas une probabilité ou une statistique de la même façon lorsqu'on veut voir une amélioration ou une détérioration. Là, on nous la fait à l'envers, erreur classique des débutants. Mais c'est loin d'être le seul grief :

  1. La méthodologie est très légère. L'échantillonnage est très faible puisqu'il est de trente-six patients sur quarante-deux initiaux. Il y a en effet un critère d'exclusion à six jours sur une histoire d'absence de suivi. Je ne sais pas quoi dire, on retire 15% brutalement sous prétexte qu'on les a perdu de vue ! On n'est plus vraiment dans le trait de crayon !
  2. Vingt-six patients forment le groupe HC (hydroxychloroquine) et sont traités dans un même institut. Pourquoi pas. Mais les patients contrôle ne sont pas dans le même centre. Ils sont situés dans quatre centres autour de Marseille et ne sont pas exposés au même protocole de soin. Deux problèmes : sont-ils contaminés par exactement le même virus (pour rappel, il s'agit d'un coronavirus donc d'une saleté qui mute très vite) et comment ont-ils été sélectionnés ? Visiblement, ils ont été sélectionnés au doigt mouillé, au pif, parce qu'ils avaient six jours de suivi. Visiblement les patients contrôle sont au nombre de seize. Seize patients, pour la randomisation, c'est un tantinet rapide et expédié.
  3. Il y a des perdus de vue. Tenez-vous bien, dans le groupe HC, il y en a six. Là, il faut regarder de près. Sur les six perdus de vue, il y a trois transferts en réanimation. Ainsi, on a perdu de vue trois patients qui ne pouvaient pas s'échapper puisqu'en soins intensifs. Il y a aussi eu un mort qui à jour+2 était négatif au test PCR — ce qui prouve que soit l'hydroxychloroquine est efficace, soit que le test indique des faux négatifs, soit encore que la charge virale n'est qu'un facteur aggravant —, un patient reparti chez lui et un dernier qui avait des nausées après traitement par le produit et qui était toujours positif au test PCR. Vous avez bien lu : un négatif PCR est mort sans que personne ne cherche le problème méthodologique. Il peut s'agir d'un simple biais ou d'un problème bien plus grave de méthodologie.
  4. Il est impossible mathématiquement parlant de comparer des variables quantitatives avec le test du t de Student avec des nombres aussi faibles de patients. Dans le jargon, on dit qu'on est dans l'herbe, dans le bruit de mesure, avec une erreur importante. Visiblement, cela ne dérange pas nos éminences.
  5. Il y a, lorsqu'on creuse un peu, des différences énormes (des biais) entre la population HC et celle de contrôle. Les patients contrôle étaient plus jeunes (37 ans contre 51 dans la population HC), si bien qu'on ne peut avoir aucune idée de savoir si leur charge virale était plus importante ou non car la variable de charge virale est un mélange de variables quantitatives (le taux de virus dans les prélèvements) et de variables catégorielles (positif ou négatif au test PCR). Cela n'a aucun sens puisqu'on mélange des pommes et des poires.
  6. Le groupe HC est en fait un mélange entre des patients soumis à une prescription d'hydroxychloroquine seule et de six patients prenant en plus de l'Azythromycine. Que cherche-t-on à prouver avec cela outre le fait qu'on ne sait toujours pas faire des statistiques correctement ?
  7. À la fin de l'étude, on conclut que la charge virale baisse plus pour le groupe HC que pour le groupe contrôle. Vingt contre seize en faveur du groupe contrôle, là encore, on est dans l'herbe.

Conclusion : trois patients en réanimation, un mort, une intolérance, un parti à domicile en étant positif au test PCR contre aucun mort, pas de réanimation et une bonne tolérance dans le groupe témoin.

Par ailleurs, l'absence d'étude en double aveugle ne permet pas de retirer de l'équation l'effet placebo dont tous les praticiens s'accordent à dire qu'il est responsable de 30% de l'efficacité d'un traitement. Mazette !

Oui, vous avez bien lu. C'est donc une blague, une vaste blague. La valeur de cette étude est nulle. Dans aucune revue sérieuse avec des reviewers faisant leur travail, elle ne pourrait passer. Je sais à peu près de quoi je parle puisque j'ai été reviewer de longues années pour certaines revues IEEE. Sa médiatisation est absolument incompréhensible sur le plan scientifique et, lorsque l'équipe qui a fait cette étude commence à mettre les patients sous hydroxychloroquine pour des raisons éthiques et de serment d'Hippocrate (sic), cela donne plus une indication sur leur quête de gloire que de vérité scientifique.

Les membres de cette équipe font un pari avec une molécule dont les effets secondaires sont loin d'être anodins, peut-être sur une intuition. Cette pseudo-étude est reprise partout, dans beaucoup de pays. Elle repose pourtant sur du vent scientifiquement parlant.

Hier soir, au journal télévisé de TF1, un urgentiste a dit ouvertement ce qu'il pensait de ces expérimentations, je ne suis pas sûr que le message soit bien passé puisque ce matin, la communication du ministre de la santé indique que, avec l'accord unanime des médecins, ce traitement pourra être donné aux patients.

Sans commentaire.

Objet du délit :   1-s2.0-s0924857920300996-main.pdf

Autre article traitant du sujet. Encore un dernier pour la route.

 

Si ce n'était pas con, ce ne serait pas un règlement !

20.03.20 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Haines ordinaires

Mon comptable n'ayant pas fait le travail pour lequel il est payé, grassement, je n'ai pas pu faire l'assemblée générale d'approbation des comptes de 2018 ni, par conséquence, les déposer. J'ai donc été convoqué devant le tribunal de police le 30 mars courant pour me faire tirer les bretelles avec à la clef une amende de 1500 €.

Le procureur du coin n'a visiblement que cela à faire. Je dépose scrupuleusement mes comptes tous les ans pour toutes mes entreprises depuis 2003. Certaines années, j'ai l'accusé de réception mais d'après le greffe les comptes n'ont pas été déposés, preuve qu'ils font vraiment bien leur travail. Certaines années, j'ai même eu le droit à une absence de dépôt alors même que le greffe a pris soin de débiter mon chèque. Sans doute l'effet du « en même temps » gouvernemental. Un voisin n'a jamais déposé ses comptes et son entreprise fonctionne avec un actionnaire décédé depuis douze ans, ça ne semble pas déranger notre charmant procureur. Mais moi, la première fois que je ne peux pas déposer mes comptes en raison d'un cabinet comptable déficient, je me prends une convocation.

J'ai naturellement indiqué à mon cabinet comptable que j'engagerai sa responsabilité si, d'aventure, les choses tournaient mal.

Lorsque ce cabinet comptable a entendu que j'engagerai sa responsabilité, il a décidé de produire la plaquette que j'aurais dû déposer l'an passé. Naturellement en l'antidatant au 7 janvier 2019 histoire de pouvoir dire que, vous voyez Monsieur le Procureur, nous avions bien fait notre travail et nous ne sommes pas responsables. Or elle fut produire devant moi fin février 2020. C'est dommage parce que j'ai la preuve que le 7 janvier 2019, le bilan comptable ne pouvait être prêt. Lorsqu'on antidate des documents, il vaut mieux ne pas les antidater n'importe comment parce que là, j'ai de quoi engager la responsabilité du cabinet comptable sur un faux en écriture. C'est d'autant plus dommage que j'ai aussi des courriers du service des impôts des entreprises qui me rappelle à l'ordre, certaines déclarations étant faites bien tardivement. J'ai un souvenir ému d'une déclaration d'impôt sur les sociétés qui a eu plus de six semaines de retard !

Je vais donc à la Poste (souvenez-vous de l'épisode d'hier) pour envoyer un recommandé au greffe du tribunal. Naturellement, il s'agit d'un recommandé urgent. Je me fais éconduire comme un malpropre, la poste n'acceptant pas de courrier recommandé parce qu'elle est en situation d'urgence. Mais des courriers simples, pas de problème, vous les mettez dans la boîte dehors. Est-ce que je peux vous acheter un timbre ? Non, nous sommes en situation d'urgence.

Bon, certes, mais alors, si vous n'avez rien à faire, vous allez m'expliquer pourquoi vous êtes cinq avec des masques… Si c'est pour répondre ce genre de chose et ne pas faire votre travail, autant fermer le bureau et rester chez vous.

Je leur remets aussi un courrier qui est arrivé par erreur chez moi (même nom de famille, mauvaise localité, mauvaise rue, bref, seul le nom était identique au mien.), je me fais engueuler — il n'y a pas d'autre mot — parce que ce serait à moi d'aller l'apporter à la bonne adresse. Parfait, vous me prenez pour un imbécile, je vous laisse le courrier sur votre comptoir, vous en faites ce que vous voulez. Je ne suis pas responsable de vos erreurs et je ne vais pas aller à 10 km pour remettre ce courrier à son destinataire. Il n'y a pas cela sur l'attestation de déplacement dérogatoire.

Mais revenons à mon recommandé. Je peux envoyer un courrier simple à ma voisine. La poste va le traiter. Le courrier simple à ma voisine n'a a priori aucune caractère d'urgence. Sauf naturellement s'il s'agit de lui notifier un départ de feu de cheminée et que je suis trop confiné pour aller frapper à sa porte.

Mais je ne peux pas envoyer un courrier urgent et nécessitant un accusé de réception pour une procédure en cours. Parce que ce n'est pas urgent aux dires de la Poste qui, de toute façon, se contrefiche des conséquences.

Pire, je pensais que le refus de recommandé était pour protéger les facteurs. Même pas puisqu'il est possible d'envoyer des recommandés en enveloppes prépayées, naturellement en rupture de stock et limitées à 50 g, ce qui n'aurait pas été suffisant, mon pli faisant 99 g, enveloppe comprise.

Certains jours, je souhaite que le monopole du courrier explose en France, qu'on puisse enfin passer à un service de qualité. J'admets que l'on doive se confiner, j'ai parfaitement conscience des risques. Mais j'aimerais que l'on m'explique sans rire la différence de risque entre un courrier classique et un pli recommandé.

 

Avoir la poisse, c'est un art !

19.03.20 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur

Je suis confiné comme tout le monde. J'ai pourtant dû, en tant qu'indépendant, me faire une autorisation à moi-même pour aller poster un recommandé urgent. Direction, le bureau distributeur et non la petite poste de mon village, en ces temps troublés, c'est plus prudent.

Et j'y suis allé avec la 2CV, ma XM étant bloqué chez le garagiste pour quelques menus travaux ainsi qu'un contrôle technique. N'ayant pas eu de nouvelles, je considérais cette voiture perdue jusqu'à la fin du confinement.

Je disais donc être allé au bureau distributeur pour trouver porte close. Qu'à cela ne tienne, je corrige mon autorisation de sortie pour aller à un second bureau distributeur, lui aussi fermé, mais qui avait la bonne idée d'indiquer l'adresse du bureau de poste ouvert le plus proche. Je m'y rends. Ou plutôt devrais-je écrire, j'essaie de m'y rendre. En effet, dans une longue descente, j'entends le « plop plop » caractéristique d'une bougie ayant décidé de vivre sa vie hors de la culasse en aluminium du moteur de la 2CV. Pas de problème, j'ai toujours un bout de caisse à outil pour ne pas être pris au dépourvu. Lorsqu'on roule en 2CV, en DS23ie ou en Type23, il faut bien cela. Pourtant, j'arrive encore à me faire surprendre, même par une pièce aussi peu subtile qu'un rupteur.

Moteur chaud, impossible de reposer la bougie. Je vais chercher la clef à bougie et je me rappelle que j'avais sorti la clef à bougie de la voiture récemment. Coup de téléphone à madame en lui expliquant où se trouvait cette fichue bougie et qu'il serait bon de me l'apporter. Heureusement, je n'étais pas très loin, cinq ou six kilomètres à vol d'oiseau. Une autorisation de sortie signée plus tard, elle m'apporte cette clef à bougie. Je tente de poser la bougie à la main, le moteur ayant refroidi et je m'aperçois qu'elle bouge étrangement. Je la visse au maximum, toujours à la main, puis je sors ma clef à bougie pour terminer. Là, cette fichue bougie tourne dans le vide. Filetage foiré.

 objet du délit
Fig. 1

Il paraît que c'est un grand classique. À titre personnel, c'est la première fois que ça m'arrivait.

Je suis donc bon pour un camion-plateau. Je téléphone à mon assurance qui envoie au dépanneur que je connais (il s'agit de mon garagiste habituel) un ordre de mission comportant une adresse à l'autre bout de la France. On perd une heure. Finalement, à force de téléphoner à l'assurance et au garagiste, tout ce petit monde se synchronise et un plateau arrive pour me récupérer.

J'apprends tout à fait par hasard que ma XM est prête. Je pars donc déposer la 2CV avec le plateau pour repartir avec mon tank qui vient de passer haut la main son contrôle technique avec un résultat vierge. Pas mal pour une voiture de 23 ans aux cerises.

C'est donc moins pire que je ne m'y attendais puisque j'ai au moins un véhicule pour circuler. Entre temps, il faudra tarauder la culasse pour y rajouter un support de bougie en acier rapporté. On croisera les doigts pour que l'autre bougie ne me fasse pas le même coup trop rapidement.

 

Quarantaine

17.03.20 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Je ne voulais pas réagir sur le sujet, le bruit étant largement supérieur au signal sur ce sujet. Mais la communication lamentable du gouvernement ainsi que l'attitude des français — toute aussi lamentable — m'incite à rajouter mon grain de sable dans la gueule du débat.

Refaisons un bref historique de la situation. Lors de la seconde quinzaine de décembre 2019, un nouveau virus pathogène apparaît dans une sombre province chinoise. Ce virus provoque dans un nombre de cas non négligeable des pneumonies atypiques. Un médecin chinois tire la sonnette d'alarme. Rien n'y fait, tout continue presque comme avant. Au bout de quatre semaines, le gouvernement chinois comprend ce qu'il se passe et confine des régions entières. D'autres pays asiatiques touchés mettent les moyens pour éviter une propagation rapide (quitte à utiliser d'autres techniques que le confinement comme Taiwan ou la Corée du Sud).

Pendant ce temps, que faisons-nous ? Nous blablatons. Agnès Buzyn, ce monument inoxydable de la médecine, nous indique que le risque que l'épidémie arrive sur le sol français était infime. Tout cela juste avant de démissionner pour aller voir si la campagne des élections municipales de Paris pourrait lui être profitable. Nous envoyons des militaires récupérer les français travaillant dans les zones à risque alors qu'il aurait fallu les mettre en quarantaine sur leur lieu de travail avant de les rapatrier pour éviter une propagation du virus. Résultat, un premier foyer d'infection a brusquement surgit autour de la base aérienne qui a participé à l'opération.

Mais ce n'est pas tout. La France a aussi envoyé 17 tonnes de matériel (masques, gels et autres) à la Chine. Je vous rappelle que ces masques sont fabriqués en Chine et que la Chine peut tout à fait et contrairement à nous subvenir à ses propres besoins. La Chine a refusé le cadeau qu'elle aurait renvoyé en Italie. De toute façon, quel que soit l'endroit où ce matériel se trouve actuellement, il n'est plus en France et fait défaut.

Parallèlement à cela, le nouveau ministre de la santé nous a signalé que ce n'était qu'une petite grippe durant des semaines, que seules les personnes à risque, donc d'un âge certain, avaient des complications. Durant ces mêmes semaines, les épidémiologistes tiraient la sonnette d'alarme car il n'y avait aucune raison que la progression de l'épidémie soit différente en France que dans les autres pays touchés au préalable. Chez nous, c'était juste une petite grippe, chez les autres, il y avait des restrictions de circulation, des contrôles aux frontières et dans les aéroports. Chez nos voisins suisses, l'âge médian de mortalité était pourtant de 47 ans. On a commencé à avoir des doutes lorsque des trentenaires sans antécédents sont décédés dans le sud de la France en raison d'une interaction avec des corticoïdes.

Et nous sommes arrivés à la situation surréaliste où les italiens pouvaient librement rentrer en France en provenance de zones contaminées alors que les français ne pouvaient pas entrer en Italie (frontières terrestres ou aéroports). Il y a quelques jours, certains pays africains (Maroc, Madagascar) ont même annulé tous les vols à destination ou en provenance de la France, signifiant par là qu'ils jugeaient la situation sanitaire en France plus mauvaise que chez eux.

Mais ce n'était pas grave. Nous avons maintenu les élections municipales. Mais en fermant au préalable les bistrots.

Les scientifiques, les vrais, continuaient à alerter en criant dans le désert. Dans l'est de la France, depuis le 11 mars, les services d'urgence sont surchargés et les patients sont triés en fonction de leurs âges. L'armée n'a pas été sollicitée pour installer des hôpitaux de campagne et les patients sont ventilés entre Besançon et Nancy.

Pire, le français a montré qu'il était un imbécile. On ferme un stade, les supporters du Paris-Saint-Germain font la fête juste à l'extérieur du stade, sans doute en vertu d'un certain darwinisme. On annonce la fermeture des bistrots, le français s'est rué dans les bars et autres cafés samedi dernier parce qu'il savait qu'il en serait privé durant quelques semaines (je rappelle qu'en Italie ou en Espagne, les villes étaient déclarées villes mortes). On lui dit de rester chez lui, il va s'exposer dans les jardins publics et autres squares. Et c'est le même qui va gueuler lorsque l'un de ses proches sera sacrifié parce qu'il n'y aura plus de lit d'urgence dans les hôpitaux. J'ai coutume de dire que l'Italie ne sert qu'à faire croire que la France est organisée, là, pourtant, même l'Italie fait mieux que nous.

 compréhension des consignes
Fig. 1

Et c'est sans compter non plus avec la soviétisation de la médecine. La gestion étatique de l'hôpital fait que nous avons aujourd'hui entre deux et trois fois moins de lits d'urgence pour mille habitant que tous les pays comparables. C'est sans compter avec les élucubrations du phare français de l'économie qu'est Bruno Le Maire qui impose un prix au gel hydro-alcoolique sans ce soucier que le prix imposé est inférieur au prix de revient (fabrication, stockage et distribution) du produit et que les industriels, capables de produire à marge nulle, ne vont pas produire pour perdre de l'argent. La pénurie de soignants, de matériel et de consommable se fait cruellement sentir.

Là encore, le gouvernement n'a pu anticiper alors que la progression de l'épidémie suit exactement avec quelques semaines de retard ce qu'il s'est passé dans tous les pays comparables. Pire, l'augmentation des cas est même supérieure en France.

La situation empirant logiquement, nous avons eu le droit hier soir, à un discours délirant de notre président de la république adoré. Je passe sous silence les contradictions comme le fait de se confiner chez soi en ayant des interactions sociales avec ses voisins, je ne vais m'attacher qu'au fond. De confinement de la population, il ne fut pas question. Même le mot n'a jamais été utilisé. Il n'y a par ailleurs aucune obligation parce que pour circuler, il suffira d'une déclaration sur l'honneur sur le Cerfa idoine. On croit rêver !

Une fois de plus, c'est trop peu et trop tard.

Une telle crise sanitaire qui aurait pu être jugulée avec un mois de traitement de choc va perdurer plusieurs semaines, vraisemblablement plusieurs mois, parce que la classe politique (majorité comme opposition) est en-dessous de tout. Elle va se chiffrer en centaines de milliards d'euros d'argent public, donc d'argent du contribuable. Et tout cela dans le pays le plus taxé au monde. Forcément, ça va bien finir.

À partir de midi, les déplacements seront enfin entravés. Légèrement. Enfin. Pour une quinzaine de jours. Prévoyez néanmoins au moins le double, plus raisonnablement six semaines.

Si j'en ai le temps, je vais tenir un journal.

27 avril 2020, confinement, jour 43.

Cher journal. Je t'appelle cher journal parce que je n'ai plus personne avec qui discuter. Le dernier coup de vent a fait définitivement tomber un poteau de la ligne téléphonique qui avait déjà été endommagé par un ivrogne il y a quelques mois et même le téléphone est aujourd'hui silencieux. L'isolement devient difficile à supporter. Je commence à délirer en parlant tout seul. J'ai même cru que le chat m'avait insulté alors que je l'ai mangé lundi.

Dehors, la nature a repris ses droits. Les hautes herbes et les corbeaux ont fait leur œuvre, on ne voit plus le corps du facteur dans l'allée mais l'odeur est insoutenable et ça attire des mouches.

 

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