Ce soir eut lieu une allocution télévisée d'Emmanuel Macron à la suite des événements récents.
Ce fut pathétique. Nous avons encore une fois pu constater le courage politique et la colonne vertébrale des mollusques qui nous servent de gouvernants.
Les annonces qui ont été faites l'ont été à l'encontre des smicards et des retraités ayant moins de 2000€ de pension par mois. Les premiers auront une augmentation de 100€ sur le SMIC d'ici fin 2019, les seconds se verront exonérés de l'augmentation de la CSG. Rien n'a été dit pour tous ceux qui n'ont pas la chance d'être salariés et qui peuvent crever la gueule ouverte. Rien non plus pour les entreprises qui devront se débrouiller avec cette hausse du salaire minimal.
En d'autres termes, nous allons dépenser quelque 10 à 12 milliards d'euros de plus tous les ans sans faire aucune économie. Et nous allons le faire parce que nous sommes en panique totale. Pire, je vous file mon billet que, le budget allant exploser l'an prochain, on aura même le culot d'aller pleurnicher à Bruxelles et menacer l'Europe d'une vague populiste si on ne nous laisse pas exploser les déficits en refilant joyeusement la dette aux générations futures.
En d'autres termes, pour ceux qui n'auraient pas compris, nous accélérons vers le mur. Nous nous permettons même le luxe de le faire en klaxonnant. C'est tellement plus festif ! Rendez-vous donc en 2020 pour une crise économique sans précédent. D'ici-là, les français devraient prendre le temps d'apprendre à faire pousser des patates. Le pire est que je ne suis même pas sûr qu'à ce moment-là le Français comprenne ce qui l'a envoyé dans le mur. Il accusera les riches, ces salauds de riches d'être partis à l'étranger, cet ordure de patron de l'avoir licencié, les salopards de libéraux d'avoir mené une politique économique néo-libérale en France (dont on attend encore la définition précise), mais jamais ces imbéciles d'électeurs d'avoir voté avec leurs pieds et d'avoir refusé toute réforme.
Je ne suis même pas sûr qu'ils comprennent un jour ce que le socialisme leur aura apporté : la misère. Ce sera toujours la faute de l'autre.
Pourtant, nous avions aujourd'hui une fenêtre de tir pour réformer ce qui devait l'être depuis très longtemps. Et nous avons raté le coche. Il nous fallait un De Gaulle, nous avons eu un Daladier.
Depuis quelques jours, nous voyons fleurir dans les revendications des « gilets jaunes » la mise en place d'une manière ou d'une autre d'un machin qu'ils appellent pompeusement le référendum d'initiative citoyenne. Cela leur semble la solution à tous leurs maux. Souvent, ces manifestants nous expliquent que cela fonctionne très bien en Suisse. C'est un fait.
Pourtant, il n'en sera rien en France. Pourquoi ?
La carte sociologique française n'a rien à voir avec la carte suisse. De la même manière, le niveau d'éducation pour ne pas dire d'instruction n'est pas le même non plus. En Suisse, tous les contribuables ou presque règlent les impôts directs que sont l'impôt sur le revenu et l'impôt sur le patrimoine, même si c'est de manière symbolique outre d'autres impôts directs tant fédéraux que cantonaux ou municipaux. Tous les Suisses font ainsi partie du même corps de contribuables. Il n'y a pas comme en France, 46% de la population qui vit directement ou indirectement des subsides versés par les 54% autres. Il n'y a pas comme en France un pourcentage délirant de salariés du secteur public qui ne voteront jamais pour la réforme d'un état obèse.
Et c'est bien pour cela que, lorsque par votation, on demande aux Suisses s'il faut supprimer la redevance audiovisuelle, ceux-ci ont répondu par la négative. C'est bien pour cela que les Suisses, lorsqu'ils se prononcent, le font pour le bien général et la bonne gestion de l'argent du contribuable — son argent — et non pour le bien particulier de chaque électeur à court terme. Il ne viendrait à l'idée à aucun Suisse de prétendre que lorsque l'état paie, c'est gratuit. Cela n'a l'air de rien, mais la différence est énorme avec la France.
Le référendum d'initiative citoyenne, en France, sera la manière de ne surtout pas réformer l'état et de ponctionner encore plus la classe moyenne en la mettant au service exclusif des classes populaires et des fonctionnaires qui sont aujourd'hui majoritaires et qui ne vont surtout pas voter pour aller dans le sens de la réduction de l'état et du poids de la sécurité sociale.
En France, le résultat des élections est truqué depuis des années par ce biais sociologique parce que l'intérêt général n'est plus la somme des intérêts particuliers. Et comme nous avons dépassé le point de bascule (en nombre d'emplois publics et nombre de bénéficiaires de prestations sociales), le pays est irréformable par élections, ce que certains partis politiques qui poussent ce genre de concept savent parfaitement. Ils ne le font pas pour la représentativité, mais pour leurs intérêts électoraux à court terme.
Le but d'un tel référendum n'est pas de pouvoir réformer le pays avec une légitimité populaire, mais justement de le figer et d'asseoir la revendication de ces partis. En d'autres termes, le référendum d'initiative citoyenne, c'est la mort économique de la France à court terme.
Je réfléchis pour ma part depuis longtemps aux problèmes de représentativité. Il est urgent de réformer les corps et code électoraux. Pour une démocratie saine, il me semble de plus de plus que certaines modifications doivent être faites :
Sans ces principes de base, la démocratie directe glissera encore plus vers l'ochlocratie. Et on mettra ce glissement sur les institutions de la Ve République. Or ces institutions ne sont pas responsables de l'état du corps électoral qui fait que ce pays est irréformable. Quelles que soient ses institutions, la France aurait terminé dans le même état, cet état étant les résultats de la politique de Mitterrand lors de son premier septennat, qui a appliqué entre 1981 et 1986 un programme déjà vicié lors de sa conception en 1971, programme qui a créé des pauvres et des assistés en assez grand nombre pour peser dans le résultat de toutes les élections.
Cette conclusion est déjà peu ou prou celle de Ayn Rand qui a théorisé en son temps que la différence entre un état providence et un état totalitaire n'est qu'une question de temps.
Il fallait s'y attendre. Le gouvernement réfléchit à la réintroduction de l'ISF.
Pourtant, il suffit de faire son bilan sur les trente-cinq dernières années pour voir qu'il est nocif à l'économie française. Cela ne fait rien, c'est un symbole et le gouvernement réfléchit à sa réintroduction. Il faut montrer les « riches » du doigt, les proposer à la vindicte populaire, en espérant faire d'une population pauvre une nation riche. Et comme l'ISF n'a pas porté ses fruits, n'a pas permis de réduire les inégalités, il faut le réintroduire en espérant qu'il fasse mieux cette fois-ci.
L'assujetti moyen à l'ISF est de la classe moyenne supérieure qui n'a pas les moyens de se payer des fiscalistes ou de procéder à des montages baroques pour s'en affranchir. Souvent et jusqu'à l'introduction du bouclier fiscal, il n'avait pas assez de revenu pour payer l'intégralité de ses impôts. Mais on le montrait comme un « riches ». Prendre aux « riches » n'a jamais enrichi les « pauvres » que dans les délires marxistes les plus graves et n'importe qui ayant dépassé le niveau de réflexion d'un enfant devrait comprendre que cela ne fonctionne pas comme cela.
N'importe qui mais ni le gilet jaune, ni l'électeur français d'ailleurs, ni même le gouvernement. Donc on va encore taper sur les mêmes, les « riches », qui sont toujours moins nombreux.
Ce ne serait pas grave si la France n'était pas gouvernée par la démagogie depuis 1981. Ce ne serait pas grave si nous avions une économie qui fonctionne, sans les boulets de la fiscalité délirante amassée depuis des années pour payer un état toujours plus dispendieux. Ce ne serait pas grave si nous avions une autre sortie de crise possible que l'implosion complète de l'économie. Mais c'est grave parce que dans un pays déjà ruiné, nous rajoutons une couche pour faire fuir les capitaux sous un prétexte fallacieux qui ne permettra de toute façon pas de faire de la redistribution, si tant est que le concept de redistribution ait un fondement. En effet, faut-il ponctionner pour redistribuer ou laisser chacun vivre avec l'entièreté des fruits de son travail ?
Cela ne fait rien, cela n'a pas fonctionné, remettons-en donc une couche, nous ne sommes pas allés assez loin ! Pourtant, nous crevons aujourd'hui de ce collectivisme.
Ce pays est fou, ce gouvernement est débile, les gilets jaunes sont manipulés. Forcément, ça va bien finir. Personnellement, je ne vois plus qu'une seule chose, une distribution d'iode massive tant le crétinisme fait rage !
Hier soir, je suis tombé par le plus grand des hasards sur une émission politique spéciale diffusée par France 2. Je me suis accroché, je l'ai écoutée jusqu'au bout au mépris de ma santé mentale puisque, après tout, je suis contraint de payer la redevance audiovisuelle pour avoir des médias de qualité. Que devrais-je dire, des Marx Merdias.
Cette émission devait faire le point sur les demandes des gilets jaunes. Cela fut un déballage des programmes politiques de la France Insoumise (se retrouvaient Méchancon, pardon, Mélenchon qui exultait, puis son âme damnée Ruffin), des économistes atterrants comme Piketty et autres badernes du même tonneau. En dehors de François-Xavier Bellamy qui, seul, a essayé de poser les bonnes questions mais qui fut le dernier à avoir la parole donc qui était inaudible, tous les autres se sont roulés sans vergogne dans la fange de la démagogie. En revanche, force fut de constater que les seules personnes avec un discours construit, que l'on y adhère ou non, était les gilets jaunes invités. ils étaient dignes, polis, face à des vieux routiers de la politique qui n'attendaient que de récupérer leur mouvement. Quant aux jeunes loups aux dents longues de la politique en marche, ceux-ci étaient pathétiques tant leur discours était creux et totalement déconnectés de la réalité. Coller Gabriel Attal sur un sujet comme l'ISF face à la France Insoumise est aberrant parce que d'une part le marcheur ne brille pas par son intelligence et d'autre part il n'avait aucune idée des conséquences de l'ISF. Quand Mélenchon ou Ruffin parlent de symbole, on doit leur rétorquer immédiatement que la conséquence d'un rétablissement de l'ISF est une mise en danger des entreprises pour telle ou telle raison et que la conséquence à moyen terme est un chômage plus important et une précarisation des salariés, juste le contraire de ce qu'ils prônent. Au lieu de cela, ce fat a répondu qu'on allait évaluer la suppression de l'ISF. Ce n'est pourtant pas le débat, cela fait trente-cinq ans que l'on évalue les dégâts de l'ISF. On a donc aujourd'hui une excellente idée des conséquences de l'ISF. Six millions de chômeurs et neuf millions de pauvres, ce n'est donc pas suffisant pour la France Insoumise.
On y a parlé de l'ISF et de sa suppression inique et de son rétablissement. Et on ne a parlé en vase clos puisqu'il n'y a jamais eu de contradicteur. Les deux journalistes eux-mêmes devaient concourir pour le prix anti Albert Londres tellement ils étaient en dessous de tout. Lorsqu'on se targue d'inviter de telles énergumènes (Piketty, Mélenchon, Ruffin…), on travaille un peu ses fiches. Le journaliste est censé être là pour opposer aux délires des invités des faits. Il n'est pas là pour prendre position. Or, en refusant d'indiquer aux téléspectateurs des faits simples sur les conséquences d'un impôt aussi idiot et dogmatique que l'ISF sur l'économie française, ces journalistes ont ouvertement pris parti pour la franche la plus rouge écarlate du plateau.
L'ISF est en grande partie responsable de la situation actuelle du pays. Depuis l'annonce de sa suppression, l'investissement dans les entreprises a retrouvé un taux correct (24%) alors qu'on en était encore loin l'an passé où les capitaux fuyaient l'économie française. Mais non, pour la France Insoumise, il faut fermer les frontières. Pour le Rassemblement National aussi d'ailleurs, ce qui transformera la France en un genre de pays de l'est avant la chute du rideau de fer. Ce n'est pas en fermant les frontières qu'on arrivera à taxer et surtaxer encore le contribuable. Ça fonctionnera un temps, le temps pour eux de s'organiser. Et cela fera fuir tous ceux qui travaillent dur pour ne pas se faire spolier.
Et on ne fera jamais un pays de riches avec une population uniquement composée de pauvres.
Nous n'avons pas entendu non plus que la France est la championne du monde, toutes catégories confondues, du taux de prélèvement obligatoire. Devant le Danemark, mais la pression est acceptée par les danois parce qu'ils ont un pays qui fonctionne, des services publics tout à fait correct, une sécurité assurée, ce qui n'est plus le cas en France depuis de trop longues années. La question que devait poser l'un des deux journalistes sauf à devoir rendre sa carte de presse et les avantages fiscaux qui viennent avec elle, c'était de savoir comment font les pays similaires à la France avec quinze à vingt points de moins de prélèvements obligatoires. À l'éternelle augmentation du SMIC, personne n'a répondu qu'en dynamitant la sécurité sociale, nous pourrions immédiatement à coûts constants pour les employeurs, avoir un SMIC à 1500€. J'oubliais, c'est bien connu, sans la sécu, on crève dans la rue ! Il s'agit d'un totem, d'un tabou, ce n'est même pas discutable.
Personne n'a évoqué non plus que le contributeur de l'ISF était principalement la classe moyenne supérieure, pas les plus riches pour utiliser le jargon de la France Insoumise et que certains n'avaient même pas de quoi payer leur impôt sur les revenus ainsi que l'ISF. Personne n'a évoqué que ces heureux contribuables n'avaient souvent qu'un appartement en héritage dans les grandes villes, rien de plus. Non, ce sont des salauds de riches, il faut les faire casquer.
Cette émission était pourtant le moment de mettre toute cette classe politique face à ses contradictions en mettant en perspective leurs idées — testées pour la plupart depuis 1981 avec les résultats que l'on connaît — et la réalité des faits qui sont têtus. C'était le moment de faire de la pédagogie. Au lieu de cela, seuls ont pu s'exprimer des idéologues de la frange la plus gauchiste de la classe politique sans la plus petite contradiction qui aurait pu faire le lien entre les décisions passées (35 heures, 5 semaines de congés payés, ISF, sécurité sociale monopolistique et j'en passe) et la situation actuelle. Quant à faire le lien entre les revendications des gilets jaunes sur l'ISF et l'avenir, c'était encore plus compliqué. Notez bien que je n'en tiens pas rigueur aux jilets jaunes, ceux-ci ne s'étant peut-être jamais posés les bonnes questions. En revanche, j'en veux énormément à ces prétendus journalistes.
Le pompon final est tout de même détenu par celui qui a trouvé le moyen de dire que la démagogie ne doit pas gouverner la France. Je ne puis qu'y souscrire. Mais je pose la question. Ne serait-on justement pas dans la situation actuelle parce que la démagogie était au pouvoir depuis 1981 ?
Bref, un magnifique exemple de pignoufferie de presse subventionnée grâce à vos impôts (et pour votre bien).
Pourtant, il y avait quelques chiffres à donner en préambule. Entre 2011 et 2017, les revenus des 10% des français les plus pauvres sont passés avant redistribution de 450 à 350€ mensuels. Le revenu médian est toujours aux alentours de 2000€ mensuels. Pour que ces pauvres puissent vivre, on a massivement reporté les aides fournies à la tranche des français situés entre 20% à 50% de richesse à la tranche entre 0 et 20%. Mais on a aussi continué à augmenter les prélèvements dans tous les sens. Le résultat est assez simple : les français qui gagnaient en 2011 entre 1 et 1,8 fois le SMIC se sont massivement appauvris au profit des 20% des français les plus pauvres. C'est ce ventre mou qui est aujourd'hui affublé de gilets jaunes. C'est ce ventre mou qui n'a plus de courage de s'élever dans l'échelle sociale parce que la fiscalité ne l'invite pas à le faire. À quoi bon se lever, travailler 70 heures par semaine pour que l'état me vole au moins les deux tiers de ce que je gagne ?
Ceux qui sont encore au-dessus du revenu médian ne sont pas, pour l'instant, dans la rue. Ils ont aujourd'hui trop à y perdre. Mais ça ne saurait tarder si le mouvement continue. Les revendications seront alors un peu différentes parce que la classe moyenne souvent réfléchit différemment.
Hier se tenait le troisième jour de grogne des « gilets jaunes ». Ceux-ci ont été visiblement accompagnés à leur corps défendant par des hordes de casseurs. J'ai pour ma part beaucoup de difficulté à croire que ces trois mille casseurs (selon la préfecture de police de Paris) aient pu passer impunément les barrages de police munis de lunettes de ski, de casque de moto et de barres de fer à tel point que je me demande si ce n'était pas voulu pour décrédibiliser une révolte populaire et dissuader le manifestant pacifique de rejoindre le mouvement.
De toute façon, ce mouvement n'accouchera pas de grand'chose pour plusieurs raisons. Ou plutôt ce mouvement aura des conséquences, mais des conséquences néfastes. Pourquoi ?
De ce que j'ai pu voir et entendre, les revendications sont assez disparates. Mais il en ressort quelques grandes lignes :
Le gouvernement fait la sourde oreille. Il ne le fait pas de gaîté de cœur, il ne le fait que parce qu'il n'a pas le choix. Cela fait maintenant quarante ans que l'on applique en France sur un terreau de collectivisme échevelé des recettes qui ne fonctionneront jamais parce qu'elles n'ont jamais fonctionné ailleurs et parce que ce sont les deux seules théories fumeuses qui sont inscrites dans les manuels d'économie de l'École Nationale d'Administration. Ces deux théories sont d'une part le marxisme et d'autre part le keynésianisme.
Le marxisme n'a jamais fonctionné nulle part non parce qu'on n'en a jamais fait assez, non parce qu'il fut dévoyé, mais parce que son hypothèse fondamentale est une erreur grossière. Le jeu économique n'est pas un jeu à somme nulle. En d'autres termes, ce qu'un riche possède, il ne l'a pas forcément volé à un pauvre. La lutte des classes s'effondre d'elle-même et tout le merveilleux édifice tombe à la renverse. Le marxisme, c'est un peu comme les sciences shadokes, la première pierre est de biais et, ensuite, tout est logique. Mais personne ne remet en cause les fondations de l'édifice.
Le keynésianisme a fonctionné une seule fois, dans un pays dans une situation très particulière qui n'est plus du tout celle des pays industrialisés modernes. Le keynésianisme a fonctionné au début des années 1930 dans un pays (les USA) qui n'avaient pas énormément d'infrastructures. Son multiplicateur entre les investissements publics et la croissance a eu quelques effets deux ou trois ans avant que la dépense publique mette l'économie américaine à genou et plonge le pays tout entier dans une crise profonde. Les USA ne sortiront de cette crise qu'avec la reprise insufflée par l'effort de guerre. Prétendre que les théories de Keynes ont relevé les USA est mensonger, ces théories n'ont donné qu'un bol d'air avant de détruire profondément l'économie à tel point que la population des grandes villes américaines mourait de faim.
Et comme des ceux théories n'ont jamais fonctionné nulle part, elles devront fonctionner en France. Nous le tentons depuis 1981, tant avec les socialistes de droite que ceux de gauche au pouvoir. Pire, dès qu'une réforme va dans un sens qui n'est pas celui du socialisme rampant, la population hurle à l'ultralibéralisme. Pourtant, la France est sans doute parmi les pays développés, l'un des plus éloignés du libéralisme et ce, qu'il s'agisse de sa conception de l'économie ou de ses institutions. Alors que sa constitution a pour objectif de circonscrire précisément les prérogatives de l'état, toutes les politiques menées sont faites pour étendre l'emprise de l'état au détriment de sa population, l'arme absolue de l'état étant la sécurité sociale qui n'est pas là pour être au service de l'assuré mais qui l'est pour asservir la population. Dans un pays où la moitié de la population ne paie pas le principal impôt direct qu'est l'impôt sur les revenus et qui attend ses allocations, la révolte n'est pas aisée. Quant à la réforme…
Certaines voix s'élèvent pourtant ça et là. D'aucuns parlent de la France comme d'une Union Soviétique en moins bien. Certains pays, ouvertement communistes, ont fait des études sur notre beau pays (sous la présidence Chirac) pour savoir comment le communisme pouvait perdurer dans le fonctionnement de l'état dans un pays moderne sans parti unique. D'autres encore considèrent que la France est avec la Corée du Nord et Cuba l'un des derniers pays communistes. Pourtant, ce n'est pas près de changer. L'Europe de l'est était séparée du monde libre par un rideau de fer, en France, ce rideau de fer est dans les esprits et nous n'avons aucun parti politique qui défende autre chose que le crypto-socialisme. Il ne faut donc rien apprendre de la classe politique, pas un de ses membres n'ayant pris la peine d'ouvrir un ouvrage de l'école de Wien, de Hayek ou de Friedman.
Ainsi, les seules solutions envisagées par le gouvernement sont des rustines. Plutôt que de baisser les taxes sur les carburants, il envisage des aides. Il faudrait donc lever des taxes supplémentaires pour aider les gens à payer les taxes de ceux qui ne peuvent plus payer les taxes de ceux qui n'ont plus le pouvoir de payer les taxes. Ça me paraît logique. Il faut des aides pour acheter des véhicules électriques. Les gens envoient un signal fort disant qu'ils n'arrivaient plus à vivre, il faudra qu'ils trouvent de quoi rallonger les aides en question pour acheter un nouveau véhicule. Encore une fois, c'est parfaitement logique.
Le gouvernement est donc totalement à côté de la plaque. Mais les manifestant le sont aussi. En effet, parmi les slogans répétés un peu partout, on peut entendre « rends l'ISF d'abord ». Pas facile d'expliquer à certains que l'ISF est un impôt contre-productif qui fait perdre en IR et TVA cinq fois plus qu'il ne rapporte. Il fallait supprimer l'ISF. Et surtout, il ne fallait pas créer l'IFI.
Il fallait supprimer l'ISF pour mettre la France au niveau de la concurrence fiscale des autres pays européen, rendre notre économie compétitive et attractive. L'ISF n'était qu'un boulet au pied de notre économie. Il fallait supprimer l'ISF car, contrairement à ce que certains pensent, sa suppression n'a pas profité aux plus riches qui pouvaient au travers de structures complexes y échapper. Le principal contributeur de l'ISF était la classe moyenne supérieure. Il fallait supprimer cette hérésie parce que l'ISF était basée sur le patrimoine détenu et ne tenait aucun compte du revenu. Même avec le bouclier, sans épargne, il fallait vendre ses biens pour l'acquitter. L'ISF était donc une expropriation, expropriation d'autant plus saumâtre que si le seuil de déclenchement fut relevé à 1,3 million d'euros, l'assiette n'a pas bougé et était toujours fixée à 780000 euros. Il fallait supprimer l'ISF parce que c'était le plus gros racket de la classe moyenne supérieure 340000 personnes payaient 5,5 milliards d'ISF chaque année, ce qui faisait une moyenne de 16000 euros par assujetti, seulement une moyenne. Un contribuable qui détenait 10 millions d'euros de patrimoine payait 98000 euros d' ISF par an, même s'il n'avait que des résidences secondaires et un revenu insuffisant pour payer l'ISF. Avant le plafonnement du Conseil Constitutionnel à 75 % (IR + CSG-RDS + ISF), certains contribuables ont payé plus de 100 % d'impôts sur leurs revenus, qui étaient donc intégralement confisqués à cause de l'ISF. Ils sont passés de 100 % d'impôts, voire bien plus, à 75 % de leur revenu confisqué. Il ne leur restait que 25 % de leur revenu. La gauche appelle cette spoliation la « justice sociale » et la « redistribution des richesses », mais pour que l'état les « redistribue » avec l'efficacité que l'on sait, il doit d'abord les voler à ceux qui les ont créées et qui les détiennent. Il fallait supprimer l'ISF parce que le patrimoine avait déjà été lourdement taxé lors de sa constitution. Il fallait supprimer l'ISF parce que cet impôt a entraîné une hémorragie de capitaux durant plus de 35 ans en affaiblissant considérablement l'économie française par défaut d'investissement et par défaut de consommation. Il fallait supprimer l'ISF parce que, au bout de 35 ans, nous avons pu voir que le principe de taxation des plus riches pour donner aux plus pauvres ne fonctionnait pas, notre économie étant aujourd'hui en voie de tiers-mondisation. Nous avons six millions de chômeurs, neuf millions de pauvres. Le bilan de l'ISF est donc largement négatif. Il fallait supprimer l'ISF parce que cet impôt pose de gros problèmes d'actionnariat dans les PME françaises. Beaucoup ont fermé, d'autres sont parties sous des cieux plus cléments. Je passe sous silence les détails, mais il fallait posséder des parts de capital à une certaine hauteur ainsi qu'un poste de dirigeant dans l'entreprise, poste payé à sa juste valeur (sic), bref, tout ce qu'il fallait pour planter une entreprise.
Pourtant, une bonne partie des manifestants appellent au rétablissement de ce qui les a créé le problème. Mais Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit (livre IV de l’Histoire des variations des églises protestantes, œuvres complètes, éd. Vivès, p. 145). Et il risque de rigoler longtemps en contemplant la France.
Il n'y aura donc que deux solutions pour résoudre la crise et ne pas attendre, attentiste l'implosion finale :
La libéralisation de l'économie, qui permettrait à coût constat pour l'employeur et à protection constante pour le salarié, de passer immédiatement le SMIC à 1500 € nets ne se fera pas. On ne touche pas à un totem (pour le peuple) et un moyen de financement (pour les partenaires sociaux).
Le gouvernement ne peut pas réduire la pression fiscale d'autant que le déficit de l'état n'est pas de 3,2%. L'an passé, en calcul dépenses/recettes, il était supérieur à 11%. Une note récente de Natixis( natixis_dette.pdf) indique qu'en cas de baisse de la pression, la note de la France (état et sécurité sociale) serait dégradée. Donc augmentation des taux d'intérêt et, comme nous empruntons pour payer les fins de mois, cela va très bien se passer.
Ainsi, le gouvernement ne bougera pas. Il donnera tout au plus à la marge de nouvelles aides qu'il financera en accablant encore un peu plus la classe moyenne supérieure. Il ne renoncera surtout pas à la fiscalité qu'il a déjà voté et à celle qu'il a voté depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes (taxe sur les abonnements téléphones…).
Et nous aurons comme en Italie aux prochaines élections deux partis en tête, la France Insoumise et le Rassemblement National. Nous l'aurons voulu. Et il nous faudra attendre l'implosion finale, ces deux partis ne pouvant strictement rien faire sinon achever ce qu'il reste d'économie.
Nous n'aurons peut-être même pas à attendre les prochaines élections. J'espère que vous n'avez que des dettes dans les banques parce que l'avenir n'est pas riant. En début d'année, je pronostiquais encore une implosion à horizon de cinq ans, je ne pensais pas que cela viendrait aussi vite. Nous y sommes.
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