Le point Lavrov

04.03.22 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Je n'aime pas écrire à chaud mais la situation actuelle me navre.

Nous avons en face de nous un potentat mégalomane qui ne rêve que d'empire. Nous le savons depuis longtemps, depuis au moins 2004 et nous n'avons rien fait jusqu'à présent parce que, comme le disait déjà Pierre Desproges, nous achetons du gaz aux russes, poussés que sont certains pays européens par des ONG grassement financées en sous-main par des sociétés russes (Greenpeace, mais ce n'est pas la seule, la liste est longue).

La semaine passé, ce sinistre personnage a décidé d'envahir l'Ukraine sous des prétextes fallacieux. Ses discours — que j'ai écoutés sous-titrés — sont ceux d'un paranoïaque qui prétend que tout le monde est contre lui. Et il menace. Il ne fait que cela.

Problème : trois blocs d'états se sont constitués. Le premier réunit la Russie et ses quelques alliés (Syrie, Vénézuéla… Que des pays recommandables qui ont vu contre leur soutien l'effacement de tout ou partie de leurs dettes à l'encontre de la Russie, le contribuable russe appréciera.). Le second contient la majorité des pays dits occidentaux. Mais on en trouve un troisième qui se compose d'un bon nombre de pays que l'on dira, prudemment, non alignés parmi lesquels se trouve une grande partie de l'Afrique, la Chine gênée aux entournures et quelques autres, soit pour des raisons de politique interne, de dépendance ou pour tout autre motif moins avouable encore.

La Russie — disons plutôt Vladimir Hitlerovitch Poutine (j'ai trouvé Vladimir Napoléovitch Poutine dans la presse suisse mais je m'inscris en faux, la dialectique de Poutine étant bien plus proche de celle du IIIe Reich que de Napoléon) — a décidé de dénazéifier l'Ukraine alors même qu'elle ne devrait pas avoir la conscience tranquille après ce qu'elle a fait à Grozny, dans le Donbass et dans un certain nombre de conflits petits ou grands depuis vingt-cinq ans, après avoir envoyé ses commandos Wagner dans un certain nombre de pays. Pour cela, cet autocrate apprenti empereur a donc envahi l'Ukraine. Cela ne se passe pas aussi bien que ce qu'il avait prévu, peut-être parce qu'à l'instar de ce qu'il se passait du temps de la regrettée Union Soviétique, les chefs militaires l'ont abusé sur l'état réel de l'armée ou que certains oligarques se sont servis au passage sur les budgets de l'armée. Bref, ça avance, mais pas assez vite et Poutine est en train d'appeler à l'aide ses frères biélorusses.

Résultat des courses, que j'avais déjà indiqué dans un précédent article, il aura plus d'OTAN et d'UE à ses portes. Le Kosovo a demandé son intégration dans l'OTAN. Les Suède et Finlande sont en train d'en discuter. La Moldavie, la Géorgie et l'Ukraine ont demandé leurs intégrations à l'UE, la Turquie est un peu gênée, elle ne veut pas déplaire à son allié russe, mais a fermé les détroits aux navires militaires tout en fournissant l'Ukraine en drones dévastateurs. Je m'attends à ce que la Grande-Bretagne en profite pour demander sa réintégration dans l'UE et à ce que la Chine fasse de même vis à vis de l'OTAN.

Et pendant ce temps, Lavrov, ce Pasqua russe à côté duquel Goebbels passerait pour un débutant, a menacé la Suède et la Finlande, par courrier officiel, de représailles si elles demandaient leur intégration à l'OTAN quelques jours après avoir menacé ouvertement l'Estonie. L'ambassade de Russie au Canada a rendu public un texte ahurissant que l'on dirait sortie directement de la guerre froide. Il suffit de remplacer Russie par URSS et armée russe par armée rouge, tout y est. La seule vérité, là-dedans, c'est l'adresse de l'ambassade. Et encore, je n'ai pas vérifié !

Rajoutons au tableau qu'un avion de chasse roumain est porté disparu et que l'hélicoptère de secours s'est écrasé au sol. Officiellement, les deux accidents ont eu lieu pour des raisons météorologiques. Ventusky montre pourtant lors de ces deux accidents des conditions calmes (rafales de vent inférieures à 50 km/h, 20 km/h en moyenne, quelques précipitations, mais faibles, pas de quoi mettre un avion de chasse au tapis). Il peut s'agir d'un problème mécanique, mais pourquoi mettre cela sur le dos des conditions météorologiques ?

Rajoutons un cargo estonien coulé par ce qui semble être une mine russe au large d'Odessa.

Rajoutons la violation de l'espace aérien suédois au dessus du Gotland. Notez bien suédois et non finlandais, ce qui ne peut être qu'un test pour voir la réaction de l'occident, la Suède étant généralement d'une neutralité plus absolue que celle de la Finlande.

Rajoutons le bombardement de la plus grande centrale nucléaire d'Europe cette nuit par une armée russe qui savait parfaitement ce qu'elle faisait. Au mieux, couper l'électricité dans une partie de l'Ukraine (hôpitaux compris), au pire, provoquer un nouvel accident par l'emballement d'un réacteur.

Il est urgent d'arrêter ce fou furieux qui pousse le bouchon toujours un peu plus loin pour voir jusqu'où il est capable d'aller. Comme il n'y a aujourd'hui aucune réaction immédiate, il y va. Cela signifie que la dissuasion nucléaire n'a plus aucune pertinence puisque il est maintenant acté que l'occident ne s'en servira pas. Comme il semble acté que personne n'enverra des troupes au sol ou fera respecter une zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Ukraine parce que ce fou est tout à fait capable d'envoyer un ou deux ogives nucléaires.

Plusieurs problèmes vont en découler. Le conseil de sécurité de l'ONU ne sert à rien lorsqu'un l'un de ses membres part en guerre pour des raisons douteuses condamnées par l'assemblée générale. Il est bloqué, donc pas d'observateurs, pas de casques bleus, rien. A minima, un membre du conseil de sécurité ne devrait pouvoir opposer un veto sur une résolution pour laquelle il est partie. Mais surtout quand, comment va-t-on arrêter Poutine ? Jusqu'où va-t-on accepter ses opérations de dénazification ?

Hier, j'ai pu entendre que les démocraties n'envoyaient plus de forces pour exécuter des dirigeants cinglés parce qu'il fallait des condamner devant des cours internationales. Si j'entends l'argument, il faut tout de même se demander combien de morts il y aura en plus parce qu'on refuse ce genre d'action qui semble aujourd'hui la moins risquée ? Est-ce que le fait de voir un jour Poutine traduit devant une cour pénale internationale valait tous ces morts ? Et si les pays occidentaux ne bougent pas aujourd'hui, n'y a-t-il pas un risque de Poutine décède dans son lit, seul et haï même par ses proches, comme feu Staline ?

Ce qu'il se passe aujourd'hui, outre l'invasion de l'Ukraine et la révélation au grand public de qui est Poutine, c'est la consolidation du bloc occidental, pour l'instant uni. Mais il risque fort d'être uni dans l'inaction sous prétexte de respect des principes de l'état de droit. Il est impossible de combattre un autocrate sans jouer à la guerre avec les mêmes règles que lui. Sinon, cette guerre sera asymétrique et risque fort de s'enliser.

 

Le cas Vladimir Hitlerovitch Poutine

Il est parfaitement idiot pour Vlad l'éventreur d'envahir l'Ukraine. Je persiste et signe, c'est la preuve d'un dérangement mental.

D'une part, personne n'a demandé aux anciens pays du Pacte de Varsovie d'adhérer à l'OTAN. Il faut se souvenir qu'après l'éclatement de l'URSS et la chute dudit pacte, la Russie a eu des velléités d'annexions des anciennes républiques soviétiques, à commencer par les pays baltes, qui ont immédiatement demandé (et obtenu) leur intégration dans l'OTAN avec, en prime, la construction de base américaines et la présence de missiles défensifs dès 1995. Les arguments aujourd'hui poutiniens et putassiers étaient exactement les arguments russes à l'époque. Il fallait absolument protéger les minorités russophones des pays baltes contre les nazis des différents gouvernements.

Tout le monde a laissé faire le boucher Poutine en Tchétchénie. En 2008, tout le monde a baissé les yeux lors du conflit en Géorgie. Je ne parle même pas de l'annexion de la Crimée en 2014 et de la genèse du conflit dans le Donbass qui est tout de même lié à l'émergence, à Kiev, d'un gouvernement qui n'était plus le laquais de Poutine après la révolution de 2014.

Mais la propagande russe fonctionne à plein régime. Elle a réussi à faire accroire que la population du Donbass était russe. Non, elle est majoritairement russophone aujourd'hui. Pourquoi ? Après l'Holodomor (d'origine soviétique, guidée depuis Moscou), 30% de la population russe d'Ukraine avait disparue, morte de faim. Cette population a été remplacée par des russes ethniques. La proportion de russes ethniques n'a pas changé jusqu'au dernier recensement complet de la population (début des années 2000). En revanche, le nombre de russophones a augmenté parce que l'URSS et les ukrainiens de ces zones considérait le Russe comme une lingua franca. Le dernier recensement indique 60% de russophones et seulement 30% de russes ethniques dont la plupart ne veulent vivre qu'en paix. Depuis ce recensement et la séparation, un peu de nettoyage ethnique a été mené. Si Poutine n'était pas derrière les factions séparatistes, il ne se passerait strictement rien dans le Donbass. Son but n'a jamais été de récupérer ces deux républiques autoproclamées mais de déstabiliser l'Ukraine qu'il considère comme une erreur de l'histoire, un pays fantoche qui doit être dépecé à son profit.. Chose amusante, ce salopard parle de dénazifier l'Ukraine alors que le pedigree de son âme damnée ayant créé la fameuse société Wagner est assez éloquent. On ne se fait pas tatouer le logogramme SS sur les épaules même en étant bourré à la Vodka.

Poutine utilise une rhétorique digne de celle du IIIe Reich. On y entend parler d'espace vital, de panslavisme. Il renie les droits d'un pays souverain sans se demander pourquoi un pays souverain entend chercher de l'aide du côté de l'OTAN que du côté russe. Pire, il utilise un argumentaire consistant à dire qu'une alliance défensive à ses portes le menace alors qu'il a tout fait pour qu'elle y soit. En déclarant la guerre à l'Ukraine, tout ce qu'il fera, c'est avoir encore plus d'OTAN à ses frontières. Au lieu de faire cela, cet imbécile devrait se demander pourquoi une telle alliance existe toujours et pourquoi elle n'a pas disparu à l'instar du Pacte de Varsovie lors de la chute de l'URSS.

Hier, la Suède et la Finlande ont été menacées. La Suède réarme le Gotland et une partie de sa classe politique commence à bouger pour demander une intégration expresse à l'OTAN. La France a envoyé des troupes en Roumanie. La Pologne a envoyé des armes et des munitions en Ukraine. L'armée anglaise à la demande de l'OTAN a été envoyée en Estonie. La Suisse, pourtant d'une neutralité parfaite depuis de XVIe siècle, a pris position. La population et l'armée ukrainienne se battent comme de beaux diables avec un président qui en l'espace de quelques heures a pris l'ampleur d'un Churchill. Même la Turquie fait quelque chose sans que l'on sache très bien quoi exactement puisque deux avions A400M ont atterri en Pologne à un jet de pierre de la frontière ukrainienne.

À l'heure où il est urgent d'envoyer des troupes (au sol ou dans les airs) pour aider l'Ukraine, on tergiverse, on hésite. Parce qu'on a besoin du gaz russe (merci les écologistes qui nous ont mis dans les mains de Monsieur Poutine), parce que les russes ont l'arme nucléaire et qu'il paraît qu'ils n'hésiteront pas à s'en servir. Mais je pose la question : à quoi sert l'arme nucléaire si on a peur de s'en servir ? La position des occidentaux est aujourd'hui celle de pays faibles qui laissent faire, ce qui donne raison à Poutine et ce n'est pas les quelques militaires du GIGN envoyés à Kiev qui pourront changer quelque chose à la situation. Vont-il former un nouveau von Stauffenberg ? Ce serait peut-être une solution, le novitchok a parfois un goût de bergamote.

Il est aujourd'hui urgent d'aider réellement l'Ukraine pour donner un coup d'arrêt à Poutine tant qu'il en est encore temps. Si on ne le fait pas là, sa folie va le pousser plus loin. Et il est grand temps de devenir indépendant énergétiquement parlant, donc de relancer la filière nucléaire pour ne pas dépendre du gaz russe, que cela plaise ou non aux idiots utiles russes que sont les écologistes de papiers qui ont toujours été du mauvais côté de l'histoire.

Incidemment, cette guerre en Ukraine va peut-être donner le déclic à l'Union Européenne pour avoir enfin une défense digne de ce nom et prendre un poids politique, ce qui est tout le contraire de ce que cherche Poutine.

La Russie de Poutine n'est que la ruine des utopies (anagramme). Il est grand temps que cela cesse. Pour le peuple russe, fatigué, pour les opposants politiques à Poutine, réduits au silence, et pour ses voisins.

 

Les sudètes, ça vous rappelle quelque chose ?

20.02.22 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Des bruits de bottes se font entendre en Ukraine et le monde semble découvrir qui est réellement Vladimir Vladimirovitch Poutine.

Vladimir Vladimirovitch Poutine est un autocrate mâtiné de despote même pas éclairé qui n'a qu'un seul but, rendre à la Russie son empire quitte à écraser ici ou là quelques velléités de résistance, que celles-ci soient internes ou externes à la Russie. Exactions, novitchok, guérillas, guerres larvées ou non sont assez dans ses sales manières.

Dans les années 1990, déjà, la Russie lorgnait sur les anciennes républiques baltes devenues indépendantes. Je vous l'accorde, c'était avant l'ère Poutine, mais cela a conduit l'OTAN à intégrer les pays baltes et quelques autres anciennes républiques dites populaires d'Europe de l'Est dans son organisation en 1999. Les visées expansionnistes par annexion des pays baltes se sont donc terminées par la présence de force de l'OTAN et d'armement lourd dans ces républiques au grand dam de l'ours russe qui, pour l'instant, doit faire profil bas dans la région.

Qu'à cela ne tienne, depuis que Poutine est au Kremlin, que ce soit en tant que président ou premier ministre flanqué d'un président fantoche, il n'a de cesse de déstabiliser la région. Entre le maintien au pouvoir du potentat biélorusse, la déstabilisation du Caucase (par annexion pure et simple d'une partie de la Géorgie ou financement de guerre dont l'Arménie a fait récemment les frais) et le soutien à des séparatistes ubuesques comme ceux de Transnistrie ou d'Ukraine, il serait osé de prétendre que le Kremlin est un facteur d'accalmie et de stabilité. Bien au contraire, le Kremlin souffle sur les braises dès qu'il le peut.

Je passe sous silence l'annexion pure et simple de la Crimée.

Pour revenir à l'Ukraine et au Donbass, il faut commencer par signaler que si le nombre de russophones dépasse largement celui de russes ethniques (d'un facteur deux en 2001), il y avait avant le début de la guerre au Donbass 30% d'habitants parlant l'Ukrainien et à peu près 70% d'ukrainiens ethnique dont la moitié était russophones de naissance. La langue russe s'est implanté comme lingua franca, surtout après l'Holodomor où des russes ethniques sont venus remplacer les ukrainiens exterminés par Staline.

Le rattachement de ces deux provinces à la mère patrie russe n'a donc aucun sens. Ou en tout cas le même sens que si la France voulait annexer le Val d'Aoste et la Suisse' Romande sous prétexte que les deux parlent français. Sauf que... sauf que depuis le début du conflit se déroule une épuration ethnique à bas bruit, les civils fuyant soit vers l'Ukraine soit vers la Russie et bien malin celui qui peut dire aujourd'hui de quoi est constituée la population du Donbass.

Sur ces entrefaites, les séparatistes aiguillonnent tous les jours l'armée régulière ukrainienne qui, pour l'instant, subit sans répondre. Le seigneur du Kremlin attise les flammes en prétendant venir défendre ses frères de sang (qui ne le sont pas, en tout cas ne l'étaient pas lors du dernier recensement). Depuis quelques semaines se tiennent d'immenses manœuvres militaires aux frontières de l'Ukraine, que ce soit en Russie ou en Biélorussie.

Et là, manque de chance, Trump n'est plus aux affaires aux USA et l'administration Biden ne voit pas ces manœuvres d'un œil aussi complaisant. Le ton monte. Et ce ton monte tellement que Poutine est maintenant acculé. Il a montré ses gros bras, il a vu un front uni se dresser devant lui (USA, mais aussi EU qui pour une fois a parlé d'une seule voix, la Pologne et même Viktor Orbán étant rentrés dans le rang). La logique voudrait qu'il laisse tomber puisqu'il a claqué lui-même toutes les portes de sortie honorables, mais en bon autocrate qu'il est, il ne peut voir son image écornée par un tel affront. Il en va de sa survie politique en Russie.

Il y a donc grandes chances qu'il parte en guerre, même si c'est pour lui une folie. Cela se précise de plus en plus. Mais contrairement à la Géorgie, à l'Arménie ou à d'autres conflits plus anciens, les USA et l'OTAN ne semblent pas vouloir passer l'éponge. Une nouvelle est passée inaperçue, mais il y a un mois, les pays baltes ont annoncés avoir envoyé en Ukraine des missiles antichars et antiaériens avec la bénédiction de l'Oncle Sam. Sans être grand clerc, nous voyons se dessiner les belligérants de demain. D'un côté la Russie (peut-être épaulée de loin par la Chine, mais qui n'a aucun intérêt direct dans le conflit), de l'autre l'UE, les USA et plus généralement les pays associés à l'OTAN. D'un côté la Russie qui est un pays avec le PIB de l'Espagne et une population bien plus importante, avec de l'autre des pays qui peuvent réellement y mettre les moyens. Que se passera-t-il ? L'Ukraine sera agressée et appellera le soutien d'alliés, ce qui va transformer l'Ukraine en l'Afghanistan de Poutine qui ne pourra que s'y enliser sauf à y envoyer quelques bombes thermonucléaires.

La seule question qui vaille est donc de savoir ce que cherche Vladimir Poutine. Il a tout à perdre dans une invasion de l'Ukraine sauf le soutien de son peuple pour des problèmes de politique interne à la Russie. Le jeu est dangereux parce qu'il glissera en cas de guerre du plan militaire à celui de la propagande et le peuple russe pourrait fort bien s'apercevoir des mensonges de Poutine sur la grandeur de la Russie. Dans ce cas, Poutine, de nouveau tsar, pourrait passer très vite à fossoyeur de la Russie.

Et s'il perd le conflit, il se retrouvera d'office avec plus d'OTAN en Mer Noire.

 

De l'inutilité des tests

21.01.22 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Il ne vous a pas échappé que vous testons, toujours plus, toujours mieux, pour savoir qui est porteur ou non du Covid. Oui, je parle du covid et non de la covid, je ne me mettrai à parler de la covid que lorsque nous parlerons de la week-end. Mais arrêtons-nous un peu sur les statistiques que tout le monde ignore ou feint d'ignorer, médecins et classe politique en tête.

La fiabilité des tests PCR est d'environ 90% d'après l'Institut Pasteur et, nous avons de la chance, il n'y a pas de faux négatifs. C'est-à-dire que tous les gens malades sont positifs au test. En revanche, 10% des personnes testées positives ne sont pas malades. Il y a donc 10% de faux positifs.

Il est difficile de connaître le nombre de cas en France actuellement. Il est raisonnable de penser qu'il y a peu ou prou trois millions de personnes malades en extrapolant les chiffres consolidés de la DREES. En d'autres termes, 4,5% de la population est actuellement malade. Attention, ces chiffres proviennent des tests positifs, notez le bien, cela servira plus tard.

Quelle est maintenant la probabilité pour qu'une personne positive au test soit malade ? Cette question n'est jamais abordée alors qu'elle est primordiale.

Sur 1000 personnes, 45 sont effectivement malades. Mais sur ces 1000 personnes, 95 reviennent positives au test sans être infectées. En d'autres termes, si vous prenez une personne positive au test, aléatoirement dans la population, la probabilité qu'elle soit effectivement infectée est de 47%. Ce n'est pas bien brillant, autant trier les personnes aléatoirement, ce sera tout aussi efficace et bien moins cher.

L'hypothèse de travail disant que 4,5% de la population est actuellement malade est donc biaisée puisque provenant des tests positifs et, au vu du calcul précédent, il n'est pas idiot de prétendre que le nombre de malade est surévalué d'un facteur deux. Refaisons donc le calcul avec cette correction. Nous n'avons plus que 2,2% de personnes infectées dans la population. Sur 1000 personnes, donc, 22 sont infectées et 98 ne le sont pas mais sont positives au test. Le pourcentage qu'une personne positive soit effectivement malade tombe alors à 22%.

Ainsi, à moins de réduire drastiquement le nombre de faux positifs en augmentant la fiabilité des tests, il est totalement inutile de soumettre l'ensemble de la population à des tests. L'opération est inepte et ne sert strictement à rien.

 

Choc pétrolier

20.01.22 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Nous entrons dans une période de turbulences et bien malin celui qui peut nous dire comment nous en sortirons. Le prix de l'énergie flambe et cela risque fort de durer. Lorsque je parle du prix de l'énergie, je ne parle pas simplement du pétrole, mais de toutes les énergies.

En effet, le pétrole augmente. L'électricité — qui n'est pas une énergie mais un vecteur — augmente elle aussi considérablement parce que nous avons arrêté voire fermé des centrales nucléaires au moment où nous savions que nous aurions un besoin accru d'électricité. Résultat des courses, nous importons de l'électricité produite à base de gaz, de charbon et d'autres sources certainement non polluantes et écolo-compatibles. Même le bois de chauffage augmente parce qu'il faut le couper et le transporter. C'est cette augmentation de l'énergie qui est le principal facteur de l'inflation que nous constatons car toute l'économie, de l'agriculture aux télécommunications, en a un besoin vital et grandissant.

Dans ce brouhaha, on nous parle encore de véhicule électrique ou de véhicule à hydrogène et Carlos Tavares vient une fois de plus de mettre les deux pieds dans le plat en y sautant à pieds joints. Les journaux spécialisés en font leurs choux gras. Toutefois, le sémillant patron de Stellantis ne semble pas aller dans une autre direction que celle de l'électrification à marche forcée.

C'est pourtant une ineptie absolue.

D'une part, le problème est un problème énergétique lié au coût du pétrole que l'on ne résoudra pas en passant au tout électrique sans la construction de plusieurs dizaines de centrales nucléaires nouvelles (électrifier tous les moyens de transport routiers en France demande 1500 TWh/an, on en produit 500, j'ai déjà présenté le calcul dans ces colonnes). On ne veut pas de ces centrales, mais on mise tout sur les énergies renouvelables et non pilotables. Il y a déjà une contradiction.

D'autre part, d'un strict point de vue écologique, le véhicule électrique n'est ni propre ni durable. Les dernières statistiques du parc automobile français indique une durée de vie médiane de plus de 11 ans et 240 000 km pour les véhicules thermiques contre moins de 8 pour les véhicules électriques (durée de vie théorique annoncée par les différents constructeurs, cette durée de vie étant limitée par celle de la batterie).

Pire, en ne s'attaquant qu'au problème des transports, on élude une grande partie des soucis liés à la raréfaction du pétrole (liée soit à la disponibilité moindre du pétrole, soit à l'augmentation de son coût). Or toute une partie de la chimie fonctionne directement ou indirectement grâce à des dérivés du pétrole. Cela va des matières plastiques bien pratiques aux engrais en passant par une foultitude de produits de grande consommation. Le pétrole sous toutes ses formes est aussi un produit pratique, stable et ayant une grande densité énergétique, raison pour laquelle ce produit a été utilisé comme carburant dans les automobiles.

Continuer dans la voie du véhicule électrique en pensant résoudre tous les problèmes est donc une gageure. Aujourd'hui, nous avons quelques années devant nous et il est urgent d'investir dans la filière du carburant de synthèse. Il existe aujourd'hui deux procédés quasiment industriels, le eFuel et un nouveau procédé générant du pétrole à partir de biogaz (méthane). Si le prix annoncé est aujourd'hui pour le eFuel de 2,25€/l, gageons qu'en investissant massivement dans la filière, le prix pourra devenir acceptable.

Au lieu de cela, on continue dans une voie qui ne pourra être qu'une voie de garage. Si le véhicule électrique peut faire illusion en ville, il faudra expliquer à un agriculteur que son tracteur de 300 ch n'aura une autonomie que de quelques minutes. Même chose pour un poids lourd.

Le principal problème est qu'en refusant pour des raisons idéologiques d'investir dans cette production de pétrole synthétique, on n'aura plus le temps de rendre la filière assez productrice et rentable lorsque nous aurons besoin de ces carburants alternatifs. Et là, nous aurons des révoltes partout dans le monde, des révolutions de la faim. C'est aujourd'hui qu'il faut faire les bons choix, pas lorsqu'on sera au pied du mur dans l'impasse énergétique et que nous n'aurons plus ni le choix ni le temps.

Gouverner, c'est prévoir, ce n'est pas se plier à une idéologie à court terme.

 

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