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Le carnet du grincheux

Contre les uns ne signifie pas pour les autres

17.05.21 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les politiciens

Avant de me lancer dans ce que certains appelleront certainement la dialectique du vide, je tiens à une remarque liminaire. Je ne suis ni pro-palestinien, ni pro-israélien, ni antisémite d'ailleurs. J'accepte à la limite que l'on me taxe d'antisioniste, ce que j'assume, j'expliquerai pourquoi. Je resterai dans cet article sur une analyse froide de ce qu'il se passe actuellement au Proche-Orient en général et en Israël et ses territoires conquis en 1967 en particulier.

J'ai eu l'occasion de parcourir ce pays à pied il y a quelques années du nord au sud et d'est en ouest, allant de Haïfa à Hébron et de Jéricho à Jérusalem. J'ai pu dormir chez des druzes du plateau du Golan annexé qui ne voulaient surtout pas redevenir syriens puisque depuis qu'ils ont été annexés, ils avaient l'eau, l'électricité et le gaz. J'ai pu aller avec des arabes musulmans à Hébron ou des juifs que l'on n'appelait pas encore ultra-orthodoxes à Safed. J'ai vu des descentes de militaires israéliens un samedi à Hébron parce que les boutiques du centre ville devaient être fermées même si elles étaient tenues par des musulmans qui préféreraient avoir le vendredi comme jour de repos. J'ai pu constater que les militaires en question étaient des arabes israéliens encadrés par une police militaire à kippa. Sans doute les militaires devaient-ils parler arabe, mais il fallait les surveiller par d'autres militaires juifs pour éviter la fraternisation. J'ai des photographies dans mes archives pouvant prouver mes dires.

Il y a quelques années, le conflit était un conflit religieux, entre d'une part les israélites — et non les juifs — et les musulmans — et non les palestiniens —, que ces derniers soient ou non de nationalité israélienne. Les arabes chrétiens que l'on oublie souvent en étaient les arbitres et servaient de tampon au milieu de la bataille. Il était d'ailleurs assez surprenant de constater que dans une localité où se trouvait une école tenue par des chrétiens, les enfants de la bonne société, quelle que soit leur religion, allaient tous étudier chez les bons pères. La situation n'était pas saine, mais il y avait un genre de statu quo permettant à chacun de vivre. Il y avait bien de temps en temps des flambées de violence, généralement dues à des exactions d'un parti ou d'un autre.

J'ai été par exemple choqué des conséquences du sionisme à Jérusalem. Tous les juifs pieux et sionistes rêvent de se faire enterrer dans le Jardin des Oliviers. Le Jardin des Oliviers, ce n'est pas un lieu bucolique avec un ruisseau qui coule au milieu, notre perception est biaisée par la lecture des évangiles. Le Jardin des Oliviers, c'est un cimetière qui se trouve aujourd'hui à l'est de Jérusalem, au milieu de quartiers arabes. La place y est comptée et il faut l'agrandir. J'ai vu, personnellement, des habitants des maisons en lisière de ce jardin partir travailler le matin, les bulldozers entrer en action pour raser leurs maisons et les premières tombes installées dans l'après-midi avant que les habitants ne reviennent. On ne peut pas vraiment dire que c'est fait pour apaiser la situation.

J'ai été choqué par les conséquences du sionisme à Hébron où se trouvent les tombeaux des patriarches. Une colonie implantée sur les hauteurs de la ville déverse le samedi ses habitants armés qui prennent d'assaut l'ancienne cathédrale croisée qui sert aujourd'hui de mosquée pour s'en servir de synagogue. Le vendredi, les musulmans du centre ville d'Hébron prient avec la Torah devant leurs yeux et passent trois portiques détecteurs de métaux successifs tenus par des militaires pour entrer dans ce bâtiment. Là encore, j'ai des photographies qui l'attestent.

J'ai été choqué parce que les transports en commun des grandes villes refusaient de marquer les arrêts dans les quartiers palestiniens.

J'ai été choqué parce qu'il y avait des routes au milieu du désert réservées aux israéliens et d'autres aux palestiniens.

J'ai été choqué par le morcellement continu de la Cisjordanie par de nouvelles colonies qui ne se justifiait qu'en utilisant la bible comme un cadastre et qui rendait tout retour à la situation d'avant 1967 impossible. J'ai été outré de l'inaction de la communauté internationale qui appelle de ses vœux la paix alors qu'elle refuse de combattre cette colonisation. Il est d'ailleurs assez surréaliste de constater que cette même communauté internationale inscrit la Nouvelle-Calédonie sur la liste des territoires à décoloniser alors même qu'elle ne dit rien ou pas grand'chose pour les territoires palestiniens.

Mais malgré tout cela, le conflit restait un conflit inter-religieux, entre d'un côté les israélites et de l'autre les musulmans.

Aujourd'hui, c'est un peu différent. La communauté internationale laissant faire, qu'avons-nous en présence ? Nous avons d'un côté de plus en plus d'ultra-orthodoxes juifs qui mettent de l'huile sur le feu un peu partout, nous avons une population civile israélienne modérée juive ou non juive — mais qui est allée jusqu'à boycotter les dernières élections, ce qui n'a rien arrangé —, nous avons de plus en plus de colons dans les territoires occupés pour rendre la solution à deux états non viable et nous avons le bloc palestinien, hétéroclite puisque nous y trouvons entre autres le Hamas, le Hezbollah, les druzes et les chrétiens de toutes obédiences. Notez bien que j'écris le bloc palestinien et non les musulmans de Cisjordanie. Le bloc palestinien est aujourd'hui composé des musulmans de Cisjordanie, mais aussi de tous les non musulmans de Cisjordanie et de tous les citoyens israéliens non israélites qui se radicalisent peu à peu dans les territoires Israéliens d'avant 1967.

Pourquoi ?

La raison est assez simple, il y a la démographie. Le taux de natalité des habitants arabes est supérieur à celui des habitants juifs. Et parmi la population juive, le taux de natalité des ultra-orthodoxes est largement supérieur à celui de la population juive générale. Le fait d'avoir annexé la Cisjordanie en 1967 et de refuser depuis une solution à deux états abouti à terme à avoir une population juive — j'utilise ce mot pour indiquer l'origine de la population et non une quelconque pratique religieuse — minoritaire sur son territoire alors même que, depuis 2018, l'Arabe n'est plus une langue nationale. Pire, la constitution israélienne indique maintenant qu'Israël est le foyer national du peuple juif (sic). C'est faire très peu de cas de toutes les populations non juives y résidant actuellement et de toutes les populations y vivant avant 1948. C'est faire très peu de cas aussi de la démographie qui indique que la population juive sera minoritaire chez elle à moyen terme. Le gouvernement israélien, sous prétexte de flatter la partie la plus dure de sa population, cristallise contre lui non seulement les musulmans, mais l'ensemble de la population arabe, que celle-ci soit de Cisjordanie occupée ou des territoires historiques de 1948.

En quelques années, le conflit est passé d'une guerre de religion à une guerre de peuples utilisant comme prétexte la religion. Pire que cela, lorsque la communauté internationale s'indigne, la réponse est toujours la même. En étant contre les exactions israéliennes, on est forcément pro-palestinien ou antisémite. Lorsqu'on ose critiquer la politique israélienne, on est forcément antisioniste, donc antisémite. Or les mots ont un sens. Ce glissement sémantique est odieux et devrait discréditer immédiatement quiconque l'utilise. Ce n'est malheureusement pas le cas.

Je ne suis ni pour les uns, ni pour les autres. Je constate simplement que la politique israélienne est en grande partie responsable de ce qu'il se passe actuellement — je ne parle pas du passé mais de ce qu'il se passe aujourd'hui — et, à la vue des événements récents, je pense même que la droite dure tenant actuellement le gouvernement israélien cherche le conflit pour rester au pouvoir. Ce conflit est instrumentalisé par Nétanyahou et ses sicaires car il y trouve avantage, tout cela avec la bénédiction de la communauté internationale.

C'est pourtant une vue à court terme. À moins d'expulser tous les non juifs des territoires israéliens, la démographie vaincra et le seul moyen pour Israël de survivre sera d'instaurer un apartheid encore plus prononcé que l'apartheid rampant actuel qui refuse de dire son nom.

Il faudra bien un jour où l'autre que la communauté internationale se réveille. Non pour soutenir les palestiniens, mais pour lâcher les israéliens qui ont une politique déplorable vis à vis des arabes vivants sur leur territoire. Si elle ne le fait pas, elle sera responsable de la libanisation de l'état d'Israël qui n'aura pu se faire que grâce à sa bénédiction.

 

Hymne à l'arsouille

13.05.21 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les politiciens, Pignoufferies de presse

Il n'a pu vous échapper qu'on nous rebat actuellement les oreilles avec la commémoration de l'accession au pouvoir de François Mitterrand en 1981. Quarante ans déjà, quarante ans de déclin continuel de la France. Les hordes de jeunes décérébrés ayant entendu depuis leur plus tendre enfance la doxa entretiennent le mythe. Mais pour les plus vieux, ceux qui ont connu la France avant Tonton, se souviennent de la claque prise et de ce qu'étaient réellement les années Mitterrand que l'on paie encore cher.

En fêtant les quarante ans de l'arrivée de la gauche mitterrandienne au pouvoir en ce sinistre jour du mois de mai 1981, nous célébrons en réalité la haine de l'autre, de l'autre sous toutes ses formes. Le socialiste possède un mécanisme de pensée simpliste qui consiste à désigner au plus grand nombre un ennemi commun. Et cet ennemi, comme l'aurait dit Brel, est un régiment. Il s'agit du juif, du Kapital, de l'étranger, de l'actionnaire, du rentier, de celui qui ose travailler le week-end sans compter ses heures, de l'école privée, de la retraite par capitalisation ou de tout autre individu qui ose sortir du rang pour s'assumer par lui-même. Cette idéologie était qualifiée de négative par Hayek car elle ne peut qu'engendrer l'envie et la haine de l'autre.

Le socialisme, c'est a minima la politisation de la jalousie sociale et je défie quiconque de me démontrer le contraire. Mais c'est souvent bien pire que cela à terme puisque ce qu'il y a de vraiment fascinant avec la gauche bien pensante, c'est qu'elle obtient quasiment systématiquement l'opposé de ses niaiseries. Son désir de liberté finit au goulag, son anticléricalisme priera bientôt à la mosquée et son antiracisme se transforme peu à peu en guerre raciale.

Je conçois que l'on puisse se dire de gauche jusqu'à l'âge de dix ans. Au-delà, cela relève de la pathologie mentale, que ce soit celle qui consiste à imposer à autrui ses volontés ou que ce soit celle qui consiste à raisonner comme un gamin de cinq ans. En fait, à bien y réfléchir, je ne trouve aucun exemple d'une société dite de gauche et libre. Remarquez bien, je connais aussi des sociétés dites de droite et pas libre non plus. Et là, n'importe quel adorateur de la gauche me rétorquera que ce n'était pas le vrai socialisme. Très bien, mais dans ce cas, vu qu'il a échoué partout où il a été tenté, peut-être que le socialisme est vicié dès l'origine et qu'il faudrait renvoyer cette doctrine dans les oubliettes de l'histoire.

Mais revenons aux faits et aux quarante ans de l'accession au pouvoir de l'arsouille. Les chiffres sont têtus et il serait dommage de s'en priver.

Entre 1950 et 1980, le niveau de vie des français a triplé. Pour fixer les idées et bien comprendre de quoi l'on parle, il s'agit du même accroissement que celui que l'on a observé entre la mort de Louis XIV (1715 pour les imbéciles et les électeurs de gauche) et la seconde guerre mondiale (1940 chez nous). Cette réussite impressionnante est due en particulier aux réformes capitalistes mises en place dans le bloc occidental à partir de 1950, n'en déplaise à la gauche.

Or le 10 mai 1981 intervient « la rupture avec le capitalisme » imposée par François Mitterrand et voulue par les socialistes français et leur programme commun. Alors que le Royaume-Uni avec Thatcher et les États-Unis avec Reagan se lancent dans la libéralisation de l'économie, la France tombe dans l'étatisation de l'économie vantée et planifiée par le sherpa Jacques Attali qui continue, quarante ans plus tard, son travail de sape (le sherpa parce que malheureusement ce cuistre sévit toujours et l'étatisation parce que nous en sommes resté là). Les conséquences du 10 mai 1981 sont dramatiques pour la France et pour les Français mais le mythe a la peau dure.

Le socialisme mitterrandien est une catastrophe biblique. Ceux qui s'en souviennent auront noté les augmentations délirantes des produits de base et le matraquage fiscal de ces années. De 1981 à 1984, le nombre de chômeurs réels a augmenté de plus d'un million, le franc a perdu 100% de sa valeur face au dollar US et 50% face au mark (RFA). Le ministre de l'économie, un certain Jacques Delors, a été contraint de dévaluer par trois fois le franc sans obtenir de résultat. L'endettement extérieur de la France a dépassé 80 milliards de dollars US et, pour la première fois depuis la guerre, le pouvoir d'achat réel français a baissé.

Mais le socialiste mitterrandien n'est pas qu'une catastrophe économique du passé, nous baignons encore aujourd'hui dedans puisque personne n'a pu ou voulu s'affranchir de la marque de l'arsouille. Le socialisme mitterrandien, c'est aussi une réforme de l'éducation. Vous avez oublié le fameux rapport Legrand, je vais vous rafraîchir la mémoire.

Le rapport Legrand est un rapport achevant une funeste mission qui est celle de détruire l'école. En effet, il part du postulat délirant qu'un bon élève ne peut provenir que d'une catégorie sociale privilégiée. Ce cuistre devrait regarder les cahiers des élèves de mes grands-parents, instituteurs dans un patelin rural de France où les enfants n'apprenaient et ne parlaient Français qu'à l'école, il aurait vu immédiatement que son hypothèse de travail tenait autant la route qu'une Dauphine sans le traditionnel sac de sable dans le coffre. Il a donc été décidé pour y remédier d'instaurer l'égalitarisme dans les rangs en « en rendant impossible la mise en évidence de la supériorité intellectuelle (sic) ». La mitterrandie, c'est cela, et on en paie encore le prix aujourd'hui. L'éducation nationale, malgré des budgets de fonctionnement énormes sinon délirants, produit des générations de jeunes semi-illettrés condamnés au chômage de longue durée. Vous seriez surpris de voir la qualité des écrits des étudiants au niveau bac+5 que je vois passer. Ils écrivent très mal, ils ne comprennent pas ce qu'ils lisent. Mais il reçoivent un diplôme qui a moins de valeur que le papier sur lequel il est imprimé.

L'arrivée de Mitterrand au pouvoir, c'est aussi des choses que l'on veut oublier. Je citerai en une liste non exhaustive :

  • les taxes sur l'essence et le téléphone (à une période où la moitié de la France attendait le raccordement et l'autre la tonalité) ;
  • l'impôt sur les magnétoscopes (vous l'avez oublié, celui-là, avouez !), instauré par Jean-Pierre Chevènement, à l'époque ministre de l'industrie ;
  • la restriction des voyages à l'étranger car, d'après Max Gallo porte-parole du gouvernement, « cette mesure ne gêne que 16% de la population qui ont les moyens d'en faire » ;
  • la liquidation des radios libres de droite par tous les moyens, liquidation conduite par Georges Fillioud ;
  • le désarment des avions au Bourget le 10 juin 1981 avec 80 milliards de francs d'annulation de commandes (et de nombreuses commandes ratées par la suite) ;
  • l'impossibilité pour les entreprises d'acheter certains matériels, ce qui a incidemment sauvé Bull puisque par Bull il était encore possible d'acheter du matériel IBM. Ça semble anecdotique, mais de nombreuses entreprises américaines ne livraient plus en France, ce qui a occasionné des pénuries non négligeables ;
  • la retraite à 60 ans non financée avec le coût induit aujourd'hui ;
  • le droit du sol avec le regroupement familial ;
  • la semaine de 39 heures payées 40 avant que Martine Aubry nous fasse la semaine de 35 heures payées 39. Comme quoi, on fait toujours deux fois les mêmes bêtises ;
  • l'affaire du sang contaminé permettant d'être responsable mais surtout pas coupable ;
  • l'affaire URBA, le Rainbow Warrior qui fut une affaire gérée de main de maître par des pieds-nickelés ;
  • l'affaire des bulletins de santé truqués, l'affaire Mazarine, hébergée avec sa mère par la République et responsable d'une brouille diplomatique avec l'Arabie Séoudite en raison d'un pur sang arabe donnée par le roi Fadh que plus personne n'était capable de retrouver dans les écuries de la République, ce brave cheval servant aux leçons d'équitation de Mazarine ;
  • le Carrefour du développement, le circuit de Magny-Cours, l'affaire Luchaire, les écoutes de l'Élysée (les journalistes ont la mémoire courte), les Irlandais de Vincennes…

Tout cela, c'est ce qui est visible. Mais il y aussi l'invisible. L'ère Mitterrand, ce sont aussi les magouilles à côté desquelles celles tournant autour du SAC gaulliste sont des enfantillages, des affaires et des courtisans courbés. Mai 1981, c'est aussi l'état culturel de Jack Lang, l'argent distribué à tout-va, la réforme Savary, l'étatisation absolue de la recherche et de l'université. C'est l'état omnipotent obèse.

« À la confiscation politique du pouvoir, encore aggravée par rapport à l'égocentrisme gaullien, il [François Mitterrand] ajouta la confiscation financière de l'argent public et les profits mal acquis, dus à la corruption et à la plate délinquance, sous haute protection de l'état », écrit Jean-François Revel dans ses Mémoires. Courtisans, prébendes, pratiques mafieuses, l'état socialiste se dote de tous les attributs d'un état voyou. Pour Revel, Mitterrand et ses sycophantes « établirent et enfoncèrent dans les replis les plus intimes de la chose publique un régime de concupiscence, de dilapidation et de corruption, déshonneur de ces temps par ailleurs ‘'tellement infectés et souillés par l'adulation'', comme dit Tacite (Tempora illa adeo infecta et adulatione sordida). Jamais président de la République française ne sa vautra avec autant de placide vulgarité et de tranquillité goulue que Mitterrand dans les avantages et commodités de sa fonction pour ses plaisirs personnels et ceux de ses parasites, flatteurs et courtisans. »

Qu'en reste-t-il quarante ans plus tard ? De Jack Lang à Jacques Attali dont les pets de l'esprit sont toujours adulés et font toujours la une des médias, du repris de justice Bernard Tapie nommé ministre aux dogmatiques socialistes Pierre Mauroy, Jean-Pierre Chevènement, Régis Debray ou Laurent Fabius, le président Mitterrand s'est entouré d'une cour de serviteurs aussi incompétents que zélateurs.

Mais d'autres partisans restent dans l'ombre. Le nom de Guy Penne ne vous dira sans doute rien. Il s'agissait du dentiste personnel de l'arsouille, celui qui lui avait limé les dents du haut (si, si !) et qui fut nommé après cet acte hautement symbolique et politique conseiller à l'Elysée pour les affaires africaines.

La France vient donc de fêter le 10 mai dernier une période très sombre de son histoire, période qu'elle n'a pas fini de payer et que beaucoup continuent d'encenser. Les socialistes français restent sous l'emprise du marxisme économique dogmatique et n'ont visiblement rien compris à l'histoire. Le nez dans l'évidence, ils la nient toujours. Les faits ne mentent jamais. C'est ce que Mitterrand et les socialistes n'ont jamais voulu savoir. Et ils n'en convainquent allant jusqu'à nier qu'ils s'étaient opposés au vote des femmes dans les années 1920 et 1930, que De Gaulle avait permis la contraception (qu'ils avaient aussi refusé aux femmes) et que Giscard avait lancé la possibilité de l'avortement.

 

La technique vue par un journaliste économique

11.05.21 | par Le Grincheux | Catégories: Pignoufferies de presse

Tous les matins, un certain Dominique Seux sévit ver 07h45 sur France Inter. Ses chroniques vont de particulièrement intéressantes à totalement ineptes. Ce matin, nous avons été des petits gâtés, elle fut totalement inepte. Il était question de sécurité informatique, d'un pipe-line piraté par on ne sait qui aux États-Unis, de télétravail cible facile pour des pirates et de pandémie en général.

Mon cher Dominique, vous étiez totalement à côté du sujet et vous ne devriez parler que de ce que vous maîtrisez.

Les pirates informatiques existent depuis qu'existe l'informatique. Ils sont opportunistes et se sont développés avec elle. En revanche, ce ne sont pas forcément des flèches. La recrudescence des attaques actuelles n'est pas due à la massification de l'outil informatique, mais à son appauvrissement génétique déplorable. Elles sont aussi dues à la politique de Microsoft qui ne permet pas les mises à jours de systèmes anciens qui sont utilisés dans le milieu médical (il n'est pas rare de voir un équipement de radio, par exemple, ne fonctionner qu'avec Windows XP, j'en croise encore très régulièrement) et au fait que la sécurité informatique est toujours le parent pauvre (pourquoi les gens qui sont en télétravail n'auraient pas un simple VPN pour accéder aux serveurs de leur entreprise ?). Cela fait des années que les spécialistes alertent et prêchent dans le désert. Cela fait des années qu'ils alertent en disant que si le terrorisme international s'allie avec une bande de pirates, cela pourrait faire mal. Tant qu'il n'y aura pas une catastrophe d'ampleur, rien ne changera parce qu'il y a une raison financière derrière cela.

Lorsque j'ai débuté dans le métier de l'électronique, la conception d'un produit complexe passait par une étude poussée et on mettait en regard du cahier des charges des composants permettant d'atteindre le but recherché. Une fois que c'était fait, on attaquait la conception des cartes puis le code embarqué. Aujourd'hui, on fonctionne à l'envers. On passe directement du cahier des charges à l'écriture des programmes en utilisant des briques toutes faites, qu'il s'agisse de cartes électroniques, de systèmes d'exploitation ou de bibliothèques dont plus personne dans les équipes de développement ne connaît les limites. Et c'est aussi comme cela qu'on a des circuits électroniques qui fonctionnent à 98% du temps, qu'il faut régulièrement réinitialiser. Je ne me souviens pas avoir une seule fois redémarré mon premier ordinateur, un Goupil G3/6809 durant toute son existence.

Pour fixer les idées, il m'est arrivé à plusieurs reprises à remettre des projets sur les bons rails, projets qui étaient tous sur une mauvaise pente en raison d'une erreur de base, à savoir de mauvais choix en terme d'architecture ou de logiciel. Là où on aurait utilisé dans les années 1980 un microprocesseur 6502, un 6809 ou pour les plus joueurs un 8085 avec un peu de ROM et de RAM, il n'est pas rare de voir dégainer aujourd'hui une carte-mère avec un processeur x86 ou un ARM quelconque, un système Linux embarqué, beaucoup de Go de stockage, plusieurs Go de RAM et une machine virtuelle Java par dessus. Le développement n'est pas cher, on n'a plus besoin de personnes qualifiées pour écrire du code, mais simplement de gens sachant à peu près empiler des briques préexistante. Le résultat est dramatique.

Pourquoi ?

Le noyau Linux est devenu un truc horrible avec des failles de sécurité potentielles à tous les coins du code (en particulier, la gestion des modules est déplorable avec des pointeurs NULL un peu partout). Même chose pour le système d'exploitation dans son intégralité. Ces failles sont parfaitement documentées et il existe sur internet des bouts de code permettant de lancer ces attaques sans trop de difficulté. Une fois une faille identifiée, elle pourra être utilisée sur tous les appareils connectées à un réseau quelconque utilisant la même version du noyau Linux. Les attaques se propagent toutes seules et on arrive aujourd'hui à avoir des systèmes Linux compromis lorsqu'ils sont gérés par des administrateurs systèmes un peu légers.

Le simple fait d'avoir du code écrit à façon, ou le simple fait d'avoir des firmwares génétiquement différents (pour les objets connectés, il est possible d'utiliser FreeRTOS, QNX Contiki et bien d'autres systèmes comme des noyaux L4 par exemple) et des architectures matérielles différentes régleraient ce problème. En effet, les attaques n'ont de sens que si le bénéfice qu'un pirate en retire est supérieur à l'énergie qu'il doit mettre pour arriver à ses fins. Être contraint d'étudier tous les systèmes à attaquer assez finement pour en découvrir les failles en découragera plus d'un rapidement. En ce sens, le fait d'avoir la majorité des serveurs sous Linux avec une architecture x86 est un risque inconsidéré. Le fait d'avoir des objets connectés qui ne peuvent pas être mis à jour facilement en est un autre (exemple : les smartphones sous Android qui, passé un certain temps, ne sont plus mis à jour par les constructeurs).

Et c'est comme cela qu'on se retrouve avec des ransomwares un peu partout. C'est aussi comme ça qu'on se retrouve dans un réseau de banques dont je tairais le nom à effectuer des opérations sensibles sur des clefs USB depuis que le cœur du réseau fonctionnant auparavant sous OpenVMS a été migré sous Windows Server.

Il est déjà trop tard. plus l'écosystème informatique en général (voitures autonomes comprises) s'appauvrira, plus le risque de terrorisme numérique deviendra grand. Pour lutter contre cela, une seule solution, refaire de la conception à l'ancienne. Ces développements coûtent un peu plus cher, mais nous prémunirait contre ce genre d'attaques.

Pourtant, on ne peut pas vraiment dire qu'on en prenne le chemin.

 

Socialisme et philanthropie (forcée)

07.05.21 | par Le Grincheux | Catégories: Pignoufferies de presse, La pikettrie du vendredi

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Cet article vaut à lui tout seul une nouvelle catégorie de papier que j'intitule bien volontiers la pikettrie du vendredi.

Thomas Piketty est un cuistre, c'est une histoire de famille. Malgré cela, force est de constater qu'on n'a malheureusement pas cassé le moule.

Socialisme et philanthropie (forcée)

Fig. 1 : preuve de la dégénérescence de fin de race

Ce matin, donc, se tenait comme tous les vendredis depuis le début de l'année sur Radio Paris France Inter un débat dispensable entre Dominique Seux des Échos — le journal, il ne s'agit pas d'un nobliau de province et Thomas Piketty, grand pourfendeur du capital à telle enseigne qu'il a tant truandé ses publications que cela commence à se voir.

J'écris que ces débats sont dispensables car Dominique Seux, qui est ce qu'il est, essaie d'argumenter face à un type pétri d'idéologie crasse qu'il veut appliquer à tout le monde sauf à lui. Pour s'en rendre compte, il suffit d'aller jeter se renseigner sur la vie de ce brave Thomas et ses publications. Et surtout ne pas oublier les critiques faites par ses pairs. Il y eut en particulier une vidéo d'une conférence sur Youtube où, face à ses pairs de Chicago (de mémoire, la vidéo a opportunément disparu), cet honnête économiste de salon se faisait chapitrer comme un collégien en étant contraint d'avouer qu'il avait un peu, un tout petit peu arrangé les faits et les statistiques selon son idéologie.

Bref, ce type est aussi économiste que je suis pape. Il surfe sur la vague sociale pour ne pas dire socialiste française et vit sur la bête en faisant un mal certain parce que le français moyen qui ne comprend rien à l'économie adhère facilement à ses solutions simplistes qui sont toutes résumées en une phrase simple : il n'y a pas assez d'état et pour qu'il y ait plus d'état, il faut encore plus d'impôts dans le pays qui est déjà le plus taxé au monde.

Jamais ce cuistre ne se pose la question de savoir pourquoi nous sommes économiquement en perte de vitesse constante depuis quarante ans. On ne change pas une équipe qui gagne et Piketty est un gagnant !

Ce matin, donc, ce sinistre individu a toujours ramené Dominique Seux à son employeur, un actionnaire milliardaire. Le moyen est mesquin, mais ça donne une idée de la déontologie de ce détestable individu qui vit pourtant aux frais de la princesse depuis toujours et qui n'a, lui, jamais produit un travail réellement productif. Qu'on ne me parle surtout pas des torchons qu'il publie, ils sont ineptes et ne peuvent abuser que les gens qui ne comprennent rien au sujet. Ce matin, alors que le sujet était le divorce du couple Gates et l'avenir de leur fondation, la seule chose qui l'intéressait était leur pognon. Il fallait les taxer plus.

Qu'on me comprenne bien, je ne prendrai pas la défense de Melinda et Bill Gates. Je considère que Bill Gates, technologiquement, a fait fortune en pillant l'informatique et en bridant les technologies. Je considère aussi que leur fondation philanthropique est une arme à double tranchant. Effectivement, il y a une action philanthropique, mais il y a aussi une vitrine publicitaire pour les outils Microsoft que l'on ne peut nier.

Cette fondation fait vivre directement 1600 employés et finance des programmes humanitaires un peu partout. Elle n'a jamais poussé dehors les états dans lesquels elle gère ces programmes. Elle s'est substituée à des états qui n'étaient pas capables de gérer ou de financer ces programmes et taxer les époux Gates bien plus aux États-Unis n'aurait rien arrangé pour les pays dans lesquels la fondation opère.

Par ailleurs, ce cuistre de Piketty n'a aucune idée des travaux d'un certain Laffer. Arthur Laffer qui sans doute n'a jamais lu ou compris la pensée complexe de Piketty est un économiste libéral américain, ce qui doit suffire à notre cher Thomas pour éviter de lire ses travaux pourtant anciens puisqu'il a aujourd'hui quatre-vingts printemps. Arthur Laffer est en particulier l'auteur de la courbe portant son nom et qui tente de montrer que « trop d'impôt tue l'impôt ». En effet, selon la courbe de Laffer, le rendement d'un impôt est relativement bas au-dessous d'un certain seuil mais baisse aussi au-delà d'un autre. Il faut donc un juste milieu pour qu'il soit efficace. Rendons toutefois à César ce qui revient à César. En effet, les premières études sur la relation entre le taux d'imposition et la croissance remontent au XIVe siècle avec les écrits d'Ibn Khaldoun. Adam Smith suggérait le phénomène en écrivant : « l'impôt peut entraver l'industrie du peuple et le détourner de s'adonner à certaines branches de commerce ou de travail ». Jean-Baptiste Say concluait qu'« un impôt exagéré détruit la base sur laquelle il porte ». L'économiste français poursuit en précisant : « par une raison contraire, une diminution d'impôt, en multipliant les jouissances du public, augmente les recettes du fisc et fait voir aux gouvernements ce qu'ils gagnent à être modérés. »

Nul n'étant prophète en son pays, Frédéric Bastiat qui n'avait malheureusement pas étudié correctement les écrits de Piketty écrivit : « si un impôt est graduellement et indéfiniment élevé, par cela même qu'à chaque degré d’élévation il restreint un peu plus la consommation ou la matière imposable, un moment arrive nécessairement où la moindre addition à la taxe diminue la recette. »

Laffer n'est donc que le dernier d'une longue série qui conclut toujours que l'augmentation d'impôt est contre-productive à partir d'une certaine pression fiscale. Tout le monde le sait, depuis longtemps, sauf Thomas Piketty, ce qui lui permet de risquer qu'il faut avant tout taxer au maximum le couple Gates pour que l'état (quel état d'ailleurs ?) gère pour eux leurs œuvres de bienfaisance, en rajoutant que la fondation existant, ils continueraient à la financer. Bien entendu.

C'est oublier que c'est justement parce que le taux d'imposition n'est pas délirant pour eux qu'ils financent cette fondation. C'est oublier aussi que c'est parce qu'ils financent une telle fondation que leur imposition est réduite. Mais Piketty n'est plus à une grossière approximation près.

Mon cher Thomas, vue ta compréhension de l'économie de base, il serait de bon goût de rembourser immédiatement tes études qui ont, je te le rappelle, été payées par les impôts de français. Faire autant d'études pour dire de telles conneries montre que leurs impôts ont été très mal utilisés.

De toute façon, ce pays est foutu. Il y a quelques années, je me suis entretenu avec une chinoise (ayant fait ses études en Chine) qui me disait que la France figurait dans les manuel d'histoire et de géographie comme le seul pays communiste d'Europe de l'ouest. Il y a quelque jours, une chinoise vivant à Paris l'a déclaré dans le magazine d'Arte 28". Écoutez bien la réaction des journalistes.

Fig. 2 : émission du 4 mai 2021 (extrait)

Il n'y a rien à rajouter.

 

Histoires de pneumatiques

19.04.21 | par Le Grincheux | Catégories: Haines ordinaires

J'ai dû changer les pneus avant d'un tracteur Massey-Ferguson 825, un vénérable petit tracteur de 1961 me permettant de passer le gyrobroyeur sur une grande partie de mon terrain. Il y a quelque temps que je savais que je devais les changer, mais j'ai toujours procrastiné, ce tracteur n'allant que très rarement sur la route. Or la semaine passée, je me suis aperçu en voulant passer le gyro que le pneu avant gauche était à plat. Je me suis donc convaincu qu'il était temps de changer les pneus du train avant.

J'ai alors commandé des pneus agricoles. Vue l'utilisation de l'engin, j'ai considéré que des pneus à carcasse diagonale de type BKT 8181 en 16*5.50 seraient amplement suffisants. Il s'agit de pneus indiens, mais je ne risque pas le tête-à-queue avec ce genre de véhicule. J'ai acheté cela avec les chambres à air correspondantes.

J'attaque la roue avant gauche. Le vieux pneu, un Dunlop antédiluvien, n'oppose au démontage qu'une résistance tout à fait symbolique aux démonte-pneus. Je vais pour remonter le nouveau pneu et là, une fois le pneu monté, je m'aperçois que la chambre à air est percée ! Naturellement, j'ai bien veillé à ne pas pincer la chambre à air au montage. Je redémonte et, un coup de rustine plus tard, remonte le pneu qui va prendre place sur la fusée avant gauche en râlant copieusement parce que remonter une roue sur une fusée folle est un combat de tous les instants. Mais la roue finit par être en place et serrée.

Au tour de la roue avant droite qui portait un antique pneu d'origine Firestone. Je m'aperçois que la chambre à air était elle aussi poreuse. Mais, malgré une pression faible, ce peu n'était pas déformé. Par endroit le caoutchouc laissait voir la trame. Bref, ce pneu était en sale état et l'absence de déformation aurait dû me mettre la puce à l'oreille.

Roue sur le sol, j'essaie de désolidariser le pneu de la jante. Impossible avec les démonte-pneus. Je saute dessus avec des chaussures de sécurité, rien à faire. Je réussi à les décoller avec des coups de masse ! Le pneu n'était pas monté à la graisse à pneu mais à la colle de type colle néoprène ou approchante ! Qu'à cela ne tienne, la jante est maintenant désolidarisé du pneu et j'essaie de sortir la chambre à air. Problème : une chambre à air, même crevée, contient toujours de l'air à la pression atmosphérique et ce fichu pneu est tellement rigide qu'il m'est impossible de la sortir, il n'y a pas la place et la résistance est tellement forte que je me pince un certain nombre de fois les doigts jusqu'au sang. Poreuse pour crevée, je la perce avec un clou pour tenter de la vider au maximum et pouvoir la tirer entre la jante et le pneu. Peine perdue, même avec une pince, je n'arrive qu'à la déchirer.

Une seule solution : attaquer ce pneu à la scie puisque je n'arrive pas à sortir la chambre et qu'il est impossible de faire passer la jante avec la chambre. Là, je comprends pourquoi ce pneu est aussi rigide. Il ne contient pas de tresse métallique comme certains pneus, mais des fils d'acier de pas loin de 1 mm chacun, tressés entre eux. La scie égoïne ne sera d'aucun secours, il faut attaquer à la scie à métaux. Et je ne sais pas si quelqu'un d'entre vous a déjà attaqué un pneu de grandes dimensions à la scie à métaux en prenant garde de ne pas attaquer la jante. Il y a le problème de la matière, la scie à métaux m'aimant pas attaquer le caoutchouc et celui consistant à ne pas attaquer la jante, parce que pour le coup, la scie à métaux se retrouve dans ce qu'elle sait faire.

Quelques longues dizaines de minutes plus tard, le pneu est coupé et je peux enfin l'ouvrir pour le retirer de la jante. Je comprends alors pourquoi je n'avais pas pu retirer la chambre à air. La personne qui l'avait montée l'avait aussi mise à l'envers et pour ne pas que la valve se débine dans la jante avait, plutôt que de la replacer à l'endroit, décidé de la coller ! Maintenant, il faut retirer les résidus de colle. Résidus enlevés, le nouveau pneu est remonté en une dizaine de minutes.

J'oublie de préciser que ce pneu Firestone a eu une existence sans doute bien remplie puisqu'il fut monté vraisemblablement d'occasion sur ce tracteur. Son code date indique qu'il a été fabriqué en janvier 1959. Je n'avais encore jamais changer un pneu de 62 ans d'âge. Je ne suis pas sûr que les BKT tiennent aussi longtemps.

 

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