Crédit d'impôt recherche

26.05.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Mauvais esprit, Haines ordinaires

Vous le savez sans doute, il existe en France un système permettant aux PME de financer leurs activités de recherche et de développement et aux grands groupes de payer moins d'impôt sur les sociétés. Il s'agit du crédit d'impôt recherche. Comme tous les ans, j'ai publié mon bilan pour le 15 avril et aussitôt envoyé la liasse fiscale à la direction générale des impôts pour d'une part faire ma déclaration d'impôt sur les sociétés et d'autre part demander le remboursement anticipé de ce crédit d'impôt. Depuis le 15 avril dernier, malgré un coup de téléphone tous les deux jours — enfin, lorsque je dis tous les deux jours c'est une licence presque poétique car avant 10h00, il n'y a personne, après 16h00, c'est pareil, entre midi et deux, c'est la pose déjeuner et le mercredi, c'est le jour des enfants ! —, la seule information que j'arrivais à avoir était que mon dossier était encore à l'étude. Ce dossier comporte trois pages, c'est donc un gros dossier. Je veux bien qu'ils aient un certain nombre de dossiers à traiter, mais de là à en avoir pour plus d'un mois…

Or hier, nous étions tout de même le 25 mai, je reçois par la poste un courrier émanant du centre des impôts me demandant des pièces complémentaires et qui n'étaient pas à verser avec le dossier initial, courrier daté du 20 avril et affranchi en tarif lent, il n'y a pas de petit profit. Ce courrier a été estampillé d'un superbe NPAI puis d'un FD avec mon adresse personnelle car le fisc a trouvé amusant d'une part d'utiliser une enveloppe à fenêtre inadaptée au format du pli et d'autre part de plier soigneusement le courrier à l'intérieur pour que la poste ait à deviner l'adresse. Ainsi, la place de l'école s'est transformée en rue des écoles, rue existant effectivement, mais étant à l'autre bout de la ville. La nuance est donc de taille.

Il a fallu que quelqu'un se préoccupe de ce courrier en souffrance sur une boîte aux lettres depuis un mois pour que ce pli me parvienne. Et encore, j'ignore comment cette personne a eu mon adresse personnelle. Naturellement, faute de réponse avant le 30 mai, mon dossier sera caduc. J'ai encore un peu de chance et du temps pour rattraper les choses.

Notre administration fonctionne donc parfaitement puisque le service payeur ignore qu'il m'a envoyé un courrier et que je n'y avais pas encore répondu. Il trouvait tout aussi normal que je l'appelle tous les deux jours pour avoir des nouvelles de ce dossier sans même trouver bizarre que je n'aies pas répondu à son courrier.

Nous vivons donc dans un système amusant. Lorsque l'état me réclame de l'argent, il se débrouille toujours pour que le courrier arrive, quitte à me l'envoyer en courrier recommandé avec accusé de réception ou à dépêcher un huissier de justice comme lors de la dernière bourde de l'URSSAF que j'ai à déplorer. Et il n'y a pas de date limite ! En revanche, lorsque c'est à ce même état de me rembourser quelque chose, bizarrement, les courriers n'arrivent pas, ou en retard, ou ne sont pas assez affranchis, et surtout, il y a une date limite à partir de laquelle le dossier est caduc. Comme personne chez eux ne sait exactement ce qu'il en est, c'est à l'administré de savoir qu'il pourrait recevoir un courrier pour telle ou telle raison.

Je ne dois pas avoir de chance, mais j'ai l'affreuse impression que le traitement de mes dossiers se dégrade depuis quelque temps, voire que l'administration me prend ouvertement pour un imbécile. Lorsque je parle de dossiers, je parle essentiellement des impôts, lorsqu'il s'agit de remboursement, et de l'URSSAF. Il n'y a donc que deux solutions : soit ces deux fleurons de l'administration française n'ont vraiment pas eu de chance et n'ont embauché ces dernières années que des gens incapables de faire leur métier — et dans ce cas qu'attend-on pour les virer ? —, soit la politique tacite est de se débrouiller pour faire rentrer le maximum d'argent et d'opérer le minimum de remboursement.

J'ai bien peur que la seule hypothèse valable soit la seconde…

 

Mesure de radioactivité

23.05.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les écolos

Je viens de regarder d'un œil distrait un reportage sur Arte parlant de la fameuse zone industrielle de Lodève. Cette zone a été implantée sur l'ancien site de la mine d'uranium d'Aréva. On imagine tout de suite la teneur du reportage. Aréva n'a pas décontaminé le site qui est toujours radioactif, le laboratoire de mesure est vendu à cette entreprise et seuls les gentils écologistes possèdent la vérité.

Je vais donc vous donner la bonne parole telle qu'elle a été donnée par un écologiste barbu et un physicien nucléaire de la CRIRAD. Pour avoir fait un peu de métrologie dans ma vie — et c'est un euphémisme par litote —, j'ai décidément de moins en moins confiance en cet organisme.

Nous voyons donc notre écologiste avec la version moderne du compteur Geiger, compteur qui s'excite et qui donne une valeur double de celle mesurée par le laboratoire qui rappelons-le est vendu à Aréva. Nous n'avons aucune information sur la tolérance des mesures données par cet appareil. Nous ne savons pas non plus quand il a été étalonné la dernière fois si jamais il a été étalonné, d'autant que l'appareil en question me semble un appareil de bricoleur. Je n'ai pas connaissance du protocole de mesure du laboratoire en question, mais vue la façon dont notre écologiste effectuait ses mesures, j'ai bien plus confiance en un laboratoire qui a pignon sur rue plus qu'en ce barbu se baladant avec son compteur Geiger.

Et nous avons pu voir dans la foulée la justification des différences de mesure par un soi-disant physicien de la CRIRAD. J'aime autant dire que s'il travaillait pour moi, celui-là, il n'aurait pas intérêt à me tenir ce genre de discours parce qu'il prendrait directement la porte !

En substance, il nous affirmait, preuve à l'appui, que plus on s'éloignait d'un échantillon d'uranium, plus la radioactivité mesurée était faible. Et j'ajouterais que c'est normal, puisqu'on mesure cette radioactivité sur un angle solide apparent qui diminue avec l'accroissement de la distance de la source. Sans rire, il affirme que le laboratoire a sous-évalué les valeurs parce que les mesures ont été faites à un mètre du sol. Qu'en sait-il ? C'est peut-être vrai, mais cela n'a pas été indiqué dans le reportage. C'est donc une affirmation gratuite qui n'engage que ceux qui la croient. Laissons-lui le bénéfice du doute, même si cette affirmation ne sert qu'à bâtir un raisonnement litigieux. En effet, ce type, qui est indigne d'être appelé scientifique, ignore donc tout du principe d'Huygens, principe de base dès qu'il s'agit de caractériser des ondes. Dans le meilleur des cas, ce type est un incompétent, dans le pire, un manipulateur.

Le principe d'Huygens stipule que tout point de l'espace soumis à un rayonnement incident réémet ce rayonnement sous forme d'une onde sphérique. En d'autres termes, cela signifie que, si la radioactivité est répartie sur une surface importante, ici cent quinze hectares au bas mot, et que la distance entre le sol et le point de mesure est faible devant la plus petite distance entre la projection de ce point sur le sol et le bord du terrain contaminé, la radioactivité mesurée au sol et à un mètre de haut sera en première approximation la même. Il est donc impossible de balayer les mesures d'un laboratoire a priori sérieux d'un tel revers de main. Il va donc falloir trouver autre chose pour démonter ces mesures.

Cette personne a tout à fait le droit de dire que les mesures de ce laboratoire sont fausses pour un certain nombre de raisons, mais il est parfaitement inadmissible que quelqu'un qui se présente comme un physicien nucléaire se permette d'induire les téléspectateurs en erreur, qui plus est avec une expérience pseudo-scientifique indigne d'un charlatan.

 

L'université passe la seconde

19.05.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Mauvais esprit, Vieux con

Il s'est tenu récemment à Toulouse la conférence des présidents d'université. Daniel Filâtre, président de Toulouse le Mirail et responsable de la commission pédagogie au sein de la CPU, considère désormais que « tout jeune qui arrive en seconde est destiné à obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur ». Il faut comprendre par diplôme de l'enseignement supérieur une licence, soit un niveau bac+3.

Aujourd'hui (chiffres de 2009), 65,6 % d'une classe d'âge arrive au niveau du baccalauréat, général ou technologique (chiffres du ministère de l'éducation nationale). Comme il y a du déchet entre la classe de seconde et le diplôme du baccalauréat, je peux hasarder sans prendre trop de risque qu'en suivant les dires de Daniel Filâtre, avalisés par Valérie Pécresse, qu'il souhaite voir plus des deux tiers d'une classe d'âge sortir de l'enseignement supérieur avec un diplôme au moins égal à une licence. Pour être plus précis, nous allons considérer que le nombre d'élèves en seconde est le nombre de bacheliers pondérés par le taux de réussite au bac, soit 78,4 % pour l'année 2009. Nous obtenons donc en seconde 83,7 % d'une classe d'âge. Ce chiffre est légèrement faussé car il ne prend pas en compte les redoublements ni ceux qui se présentent deux fois au baccalauréat.

D'après l'OCDE, seuls 37 % des jeunes ayant l'âge d'entrer à l'université entreprennent des études supérieures. Sur ces jeunes, seuls 59 % obtiennent une licence, soit 22 % des bacheliers. En étant particulièrement optimiste, nous avons donc à peu près quatre fois plus d'élèves en classe de seconde qu'en licence. Le chiffre exact n'est pas vraiment intéressant, seul l'ordre de grandeur est important.

Pour que tous les élèves de classe de seconde sortent du système universitaire avec au moins un diplôme de licence en poche, il faudra donc augmenter sensiblement le nombre d'étudiants à l'université. Cela pose des problèmes de locaux, d'encadrement, de ressources humaines, bref, des problèmes matériels qu'on peut à la rigueur résoudre moyennant l'augmentation du déficit du budget du gouvernement qui n'en demande pas tant. Les grandes villes étant déjà munies d'universités, il faudra aussi songer à ouvrir de nouvelles facultés dans des coins perdus comme Mende, Guéret ou Charleville-Mézière — je ne sais pas si vous connaissez Charleville-Mézière, mais sous la pluie, ça ressemble à un décor de Simenon, je ne sais pas si vous voyez bien ce que je veux dire ; j'ai toujours eu l'envie indicible d'aller passer un week-end gris et pluvieux sous les arcades de la place ducale —, dans tout un tas de bourgades excentrées des grands centres urbains. Peut-être le TGV arrivera-t-il en même temps que ces universités dans ces contrées reculées.

Nous pourrons toujours trouver une solution à tous ces problèmes matériel, mais il sera impossible de changer la biologie de l'étudiant moyen. Chercher à augmenter jour àprès jour le pourcentage d'une classe d'âge diplômée d'une licence revient à demander à un sportif de faire toujours mieux. Pourtant, on conçoit facilement que jamais, tout au moins dans un avenir proche, un coureur ne pourra faire un 100 m en moins de cinq secondes. Pourquoi demander à un cerveau ce qu'on n'imagine même pas demander à un ensemble de muscles ? L'intelligence — ou la débilité — du bipède médian habitant cette vallée de larmes n'ayant aucune raison scientifique d'avoir changé au cours des derniers siècles, il n'y a aucune raison de pouvoir tendre — à contenu de la licence constant —, à plus de 80 % d'une classe d'âge au niveau bac+3. Il y aura toujours du rebut. Le problème est de savoir ce que l'on décide de faire de ceux qui sont incapables de suivre un tel enseignement et rien n'est vraiment prévu. Il n'est pas question de laisser ces gens sur le bord du chemin, il y a des tas de choses que l'on peut faire sans avoir une licence en poche. Nous manquons actuellement d'une foultitude de métiers qui ne demandent pas de grandes études mais un réel savoir-faire issu de l'apprentissage et qui permettent de vivre confortablement. Il faut absolument arrêter de vouloir pousser tout le monde à être diplômé de l'enseignement supérieur sauf si l'on veut absolument dégrader le niveau. Aucune raison scientifique ne peut faire qu'un élève qui suive correctement en classe de seconde puisse suivre un cours de licence.

Avant de se poser la question du nombre d'étudiants diplômés du supérieur, il faudrait déjà mettre des moyens sur la table pour que tous les étudiants qui en sont capables puissent suivre des cours dans le supérieur. Le fait que les étudiants ne suivent pas des cours dans le supérieur n'est pas forcément une histoire de capacités intellectuelles, cela peut simplement être une histoire de localisation ou de capacité des universités. Augmenter le nombre de diplômés, en décrétant qu'il en faut plus, coûtera tout aussi cher et aboutira mécaniquement à une baisse de niveau, niveau qui chute régulièrement depuis quelques années quoi qu'on puisse en dire. Il suffit pour s'en convaincre de donner des cours dans le supérieur ou de corriger des copies. C'est particulièrement affligeant.

Les chiffres sont vraiment durs. Pourtant, ni un ministre, ni un président d'université ne peuvent prétendre ne pas les connaître ou ne pas en saisir toute l'ampleur ou leurs conséquences. Est-ce par pure démagogie, pour caresser les électeurs dans le sens du poil ? Je n'ose le croire.

 

Alors, Dejean, on couche ?

17.05.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur

Dimanche dernier, la France entière a appris que DSK avait été arrêté à New-York, dans l'avion qui devait l'emmener à Paris, après avoir oublié dans sa suite du Sofitel l'un de ses téléphones. Le soir même, il était inculpé de tentative de viol, agression sexuelle et séquestration, rien de moins, et qu'il allait plaider non coupable.

Et l'on a entendu et vu toute la journée des personnes bien informées qui déclaraient que ce n'était pas dans son caractère, qu'il n'aurait jamais fait ceci parce qu'un séducteur n'est pas dans le registre de la violence et plein de choses de cet acabit. Rares étaient les voix qui le condamnaient par avance, ce qui est encore heureux. En fin de journée, on parlait même d'un complot ourdi contre lui voire d'un acte manqué par lequel il se serait sacrifié pour ne pas se présenter à la primaire socialiste.

Je ne comprends même pas qu'on puisse prendre fait et cause pour DSK alors que personne d'autre que la victime n'était avec lui dans cette fameuse chambre d'hôtel. La décence voudrait que tout le monde se taise et laisse la justice agir. Loin de moi l'idée de le condamner ou de le disculper, mais pourquoi vouloir à tout prix le défendre ? Imaginez un seul instant que pour une raison ou pour une autre, il ait eu une absence et que les faits aient été tels que relatés par cette femme de chambre. Ses défenseurs précoces auront l'air bête.

Et c'est ce qui est arrivé.

Aujourd'hui, après le résultat des premiers examens médicaux, on apprend qu'il n'allait plus plaider coupable mais plaider une relation consentie avec la victime dont nous ne savons toujours pas exactement s'il s'agit d'une plaignante. Bizarrement, la classe politique se tait oubliant ce qu'elle a dit hier. Beau revirement en moins de quarante-huit heures, selon le vieil adage faurien rappelant que c'est le vent qui tourne, non les girouettes.

Et les mêmes de fustiger les photographies indignes d'un DSK avec des menottes. Pourquoi râler contre le traitement offert à notre DSK national alors que personne ne semble être contrarié par les traitements habituels destinés aux présumés innocents par la justice américaine ? Y aurait-il deux poids et deux mesures ? Et que dire des arrestations menées en France ? Ne nous posons pas en donneurs de leçon comme Robert Badinter a cru bon le faire ce matin car notre justice aurait beaucoup de progrès à faire. Certes, les cameras et autres appareils photographiques sont interdits dans les tribunaux, mais ce n'est pas pour cela qu'il n'existe pas de prises de vues sauvages et indignes et que le traitement des présumés innocents est meilleur que le traitement offert actuellement à DSK. Quant aux journalistes qui annoncent que DSK est incarcéré dans une prison américaine où règne l'insécurité alors qu'il est retenu seul dans une cellule, bénéficie d'une heure de promenade seul par jour avec un gardin particulier et qu'il n'a aucun contact avec les autres détenus, je ne vous dirais même pas ce que j'en pense.

Tous ces media vendent aujourd'hui du papier sur le dos de DSK. Qu'il soit coupable ou innocent ne change rien au fait que cela fait vendre du papier. En France, on savait depuis très longtemps ce qu'il en était mais il était interdit d'en faire état. La condamnation sur le ton humoristique avait même coûté sa place à un chroniqueur de France Inter puisqu'il ne fallait surtout pas dire tout haut ce qui se murmurait tout bas depuis fort longtemps.




Écoutez bien cette chronique. Je ne vois pas avec le recul ce qu'il y aurait à rajouter. Patrick Poivre-d'Arvor et Fabrice Drouelle en prennent pour leurs grades, ainsi que dans un tout autre registre Agnès Bonfillon. Le seul à s'être indigné était l'encore président du FMI qui pourtant avait sur ce sujet déjà un lourd passif puisque son aventure avec Piroska Nagi avait fait assez de bruit.

La seule façon de faire aurait été à ce moment de mettre les rieurs de son côté plutôt que de s'indigner en public comme il l'a fait et de tout faire pour avoir la peau du trublion. J'en connais au moins un qui doit, en ce moment, rire dans sa barbe.

 

Tu ne seras pas parrain, mon fils

15.05.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit, Je hais les tradis

L'église catholique se mêle souvent de ce qui ne la regarde pas, mais après tout, c'est aussi ce qui fait son charme désuet. Cela vous a sans doute échappé car depuis ce matin, on n'entend plus parler que de l'affaire DSK, mais il y a eu un communiqué daté d'hier, soit du 14 mai 2011, de l'église catholique de la région de Naples dans laquelle cette dernière signale avoir décidé de refuser, dès aujourd'hui, les sacrements aux mafieux non repentis. Entre autres et d'après le cardinal Crescenzio Sepe, archevêque de Naples, cela leur interdit des funérailles religieuses ou d'être témoins de mariages ou parrains lors de baptêmes. Pour des gens qui se targuent d'avoir un sens certain de la famille, c'est assez navrant vous en conviendrez.

Il faut alors poser une question cruciale (si j'ose dire). Comment reconnaît-on un mafieux non repenti ? Faut-il qu'il soit dénoncé par son voisin ? Le délit de sale gueule risque de ne pas être très loin. S'il est au contraire connu sans dénonciation et qu'il est toujours en liberté, il y aurait comme une odeur de moisi dans le sud de l'Italie que ça ne m'étonnerait guère. Vous me direz que le gouvernement italien montre l'exemple de la probité personnifiée et qu'il est impossible de demander à un mafieux plus qu'on ne demande au chef du gouvernement italien.

Pour un ancien parrain, cette position de l'église est pourtant suprenante. Il lui semble, enfin c'est écrit dans les évangiles, qu'un chrétien doive pardonner. Plutôt que d'interdire des sacrements à des mafieux non repentis, elle devrait plutôt chercher à comprendre comment on devient mafieux. Il qualifie alors ce discours qu'il qualifie de démagogique puisque ces personnes doivent « être aidées et non condamnées [par l'église, ndlr] ». Il s'agit de comprendre la suite de problèmes profonds qui font que quelqu'un adhère à une organisation mafieuse, en particulier la pauvreté ou le chômage. C'est un peu court, mais ça peut encore se défendre.

Refuser des sacrements sans chercher à comprendre comment on devient mafieux revient non seulement à caresser le napolitain dans le sens du poil mais aussi à vider la mer ligurienne avec une cuillère à café. Mais cela fait parler. Après tout, c'est peut-être le but recherché. Communication, quand tu nous tiens…

 

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