Dealer en ligne

13.07.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit

Les techniques publicitaires du petit commerce de proximité me laisseront toujours pantois. À moins qu'il ne s'agisse de la bêtise crasse du chaland. Il y a quelques jours, souvenez-vous, j'écrivais un papier sur le départ à la retraite de mon dealer. Il s'agissait d'une métaphore et d'un petit marchand de café de la rue Rambuteau, à Paris. Tiens, un zeugme…

Visiblement, le quartier de Belleville, à Paris, comporte un assez grand nombre de toxicomanes et ceux-ci sont actuellement à la recherche de drogues diverses et variées pour passer l'été, leurs fournisseurs habituels de matière toxique étant certainement au vert s'ils ne sont pas à l'ombre.

En effet, depuis deux jours, j'ai un nombre assez impressionnant de requêtes sur ce blog qui arrivent depuis google.fr avec la requête suivante : dealer belleville. Ces requêtes arrivent de machines différentes, principalement de chez Free d'ailleurs, les adresses IP n'étant même pas bricolées par un proxy.

Je ne sais pas ce que vous feriez, mais moi, si j'avais à rechercher un dealer à Belleville, je ne le chercherais pas sur internet. D'un autre côté, si j'étais le dealer en question, je ne m'en vanterais pas vraiment non plus sur internet. Il y a donc deux conclusions immédiates. Soit le dealer est un individu particulièrement idiot, soit la drogue que s'injecte le client attaque sérieusement le cerveau pour qu'il en soit à croire que le dealer tient boutique sur le net.

Remarquez, si tous les dealers de France et de Navarre possédaient une boutique en ligne, cela simplifierait grandement les tâches de la police des stupéfiants.

 

Marcel Sembat

12.07.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur

Je dois avoir un assureur bizarre. Il me refuse, à moins de payer une prime d'assurance quatre fois supérieure à ma prime actuelle, le droit de rouler dans Paris en DS. En revanche, cela ne semble pas être le cas de tout le monde. En effet, ce soir vers 17h15, à la station Marcel Sembat de Boulogne-Billancourt, quelle n'a pas été ma surprise de voir démarrer au feu pour se ruer vers la porte de Saint Clou — ou plutôt décoller — une antique Bugatti de type 35 ou 51 dans sa livrée bleue azur. Je ne suis pas bien sûr du modèle, le temps de comprendre l'engin était déjà passé, mais c'était une voiture approchante, en modèle sport, sans pare-choc avant ni arrière.

Une folie furieuse dans la circulation d'une heure de pointe !

 

Ceinture noire du ridicule

10.07.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit, Vieux con

Je me suis souvent demandé quelles étaient les qualifications que l'on était en droit d'attendre d'un ministre. Alors que l'on exige du moindre employé de bureau des diplômes, des qualifications et une expérience du poste qu'il va occuper, on peut devenir ministre du jour au lendemain au seul motif que les français vous apprécieraient. C'est un peu mince et l'on comprend mieux que le travail d'un chef de cabinet est vraiment un travail ingrat puisqu'il consiste à faire comprendre à un ministre, qui n'est là que pour de la figuration, quelques rudiments des dossiers qu'il est censé parfaitement maîtriser.

Le 29 juin dernier, à la suite de l'affaire DSK qui a permis à Christine Lagarde de prendre la direction du FMI, s'est tenu un jeu de chaises musicales ministérielles au cours duquel David Douillet s'est vu offrir le sous-ministère créé de toutes pièces des français de l'étranger. Peut-être aurait-il eu quelques compétences au sport, mais non, on a créé pour lui le sous-ministère des expatriés. Quelle est donc la mission de ce secrétariat d'état ? Personne au gouvernement ne semble le savoir puisque la page du secrétaire d'état, plus de dix jours après sa nomination, ne comporte encore aucune attribution. Tout au plus apprend-on que son ministère de tutelle est le quai d'Orsay.

Fig. 1: capture de la page http://www.gouvernement.fr/gouvernement/david-douillet/attributions le 10 juillet 2011. Réalisé sans trucage.

Personnellement, j'ai des doutes sur les compétences du nouveau ministre. En effet, lorsqu'un journaliste d'Europe 1 lui a demandé, le 30 juin dernier, s'il avait les épaules pour le poste, l'ancien judoka a lourdement chuté en répondant :

On peut surtout avoir des acquis que l'on peut mettre dans tous les domaines possibles et inimaginaux.

Ça commence mal. Personnellement, je n'ai pas compris le rapport entre la question du journaliste et la réponse du ministre. Vous me direz que ce n'est pas quelque chose de trop grave, souvent, lorsqu'un homme politique répond, on n'arrive plus à se souvenir de la question qui lui a été posée. Mais même en faisant abstraction de la question et en remplaçant le mot inimaginaux — sans doute de l'adjectif inimaginal que mon dictionnaire ne connaît pas — par inimaginables tout de même un peu plus français, je n'arrive toujours pas à comprendre la réponse.

Ne vous en faites pas trop, j'ai vérifié pour vous, il n'est pas en charge de la francophonie qui reste une attribution du ministère des affaires étrangères. C'est déjà ça…

 

Annecy a bu le bouillon

07.07.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvais esprit

Les jeux olympiques d'hiver ne menacent plus Annecy. Cette fête du dopage, du fric, de la pollution et de la construction d'installations éphémères et dégradables à mille lieues de ce que voulait Pierre de Coubertin — souvenez-vous d'Albertville 1992 et regardez bien l'état actuel des installations — ne se tiendra donc pas en France. C'est une victoire, un jour béni pour Annecy, son lac et sa région.

Les défenseurs du dossier d'Annecy péroraient partout en répétant à l'envi que ce dossier était très bon et ne souffrait d'aucune faille. Pourtant, sur les quatre-vingt-quinze voix à s'exprimer, Pyeongchang en a recueilli soixante-trois, Munich vingt-cinq et Annecy, seulement sept. Même si l'on admet qu'il puisse exister des compensations plus ou moins occultes et des raisons de basse politique, cela fait tout de même une seconde claque. Sept voix sur quatre-vingt-quinze, à peine plus de 7% des suffrages ! Annecy aurait pu perdre avec panache, là, c'est pathétique.

La question est donc de savoir comment ce dossier a été monté et surtout avec quels moyens. Car de deux choses l'une. Soit ce dossier était vouer à perdre et a été monté en tant que tel, soit Annecy voulait réellement l'emporter et les gens qui ont construit ce dossier n'étaient pas à la hauteur. Dans les deux cas, je doute fort que cette équipe ait travaillé gratuitement. Il serait donc intéressant de connaître le coût réel de cette campagne ainsi que le nom de tous ceux qui y ont participé directement ou indirectement. Disons pudiquement que cet argent dont une partie est tout de même de l'argent public, donc des fonds qui proviennent de nos impôts, heureux contribuables que nous sommes, a été bien utilisé et qu'il n'a pas été perdu pour tout le monde.

Mais tout n'est pas perdu. De nouveaux comités x ou machin vont pouvoir être créés dès aujourd'hui, avec d'anciens sportifs ou des hommes politiques dont personne ne sait plus que faire et qui doivent pourtant gagner leur pain quotidien. Cela vous a sans doute échappé, mais ce matin, j'ai entendu d'une oreille pas assez distraite que, pour laver l'affront, Nice, station de sports d'hivers bien connue et qui entend le rester, a posé sa candidature pour 2022. Je précise que je n'ai pas un esprit assez chagrin pour qualifier moi-même Nice de station de sports d'hivers. Le ridicule ne tuant malheureusement plus, un élu du lieu s'en est chargé.

Remarquez, une épreuve de curling sur la promenade des anglais, ça aurait vraiment de la gueule !

 

Perroquet

05.07.11 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur

Je ne sais pas si vous avez déjà eu l'occasion de traiter avec des douaniers. Personnellement, j'ai eu cette chance à de nombreuses reprises et j'ai pu cotoyer de trop près la désuète organisation des douanes de certains pays, France comprise. L'anecdote qui va suivre est heureusement couverte par la prescription puisqu'elle s'est déroulée il y a largement plus de quinze ans à l'aéroport international d'Ivato, plus connu sous le nom d'aéroport d'Antananarivo, à Madagascar.

Travaillant sur les hauts plateaux de l'île rouge, au fin fond de la brousse et en contact étroit avec la population, j'ai reçu un certain nombre de cadeaux de remerciement, sans grande valeur autre que sentimentale. J'ai trouvé quelques autres produits que je souhaitais emporter avec moi. Problème, beaucoup d'entre eux, comme certains produits artisanaux, étaient interdit à l'exportation malgré leurs valeurs ridicules sauf s'ils étaient achetés dans des magasins spécialisés dits usines à touristes comme le marché artisanal de Tananarive. Je me voyais pourtant mal refuser des cadeaux de gens qui mangeaient à peine à leur faim ou les accepter puis m'en défaire avant de passer la douane. Ce n'était pas très moral.

Je devais donc passer la douane en évitant la casse pour des broutilles sachant qu'à l'époque, les bagages étaient systématiquement fouillés.

Sur le marché artisanal, j'ai trouvé une malle en osier de la dimension d'une malle-cabine. J'y ai mis tous mes effets qui prenaient du volume sans être trop lourds, donc toutes mes affaires sales. Je ne sais pas si vous avez déjà vécu au fond de la brousse. La poussière s'insinue partout et une chemise propre, dans une valise, ressort après une journée de transport dans un état de saleté tout à fait remarquable. Je n'ai donc pas eu besoin de forcer le trait. Chaussettes sales sur le dessus, de la malle en question émanait un fumet oscillant entre le Chanel N°5 et la chaussette de trois jours. À moins qu'il ne se fut agi de la même odeur que celle entourant une liasse de billets de 25000 francs malgaches…

Dans mon autre sac, j'ai installé ce qui était un peu plus lourd, mais sans l'être trop et j'ai meublé avec ce qui restait de ma trousse à pharmacie. Je voyage toujours dans ces pays avec une pharmacie complète — médicaments, seringues, aiguilles passe-partout, bref, avec tout ce qui est utile et qu'on ne trouve pas dans les hôpitaux du coin —, pharmacie que je laisse généralement et en grande partie à un médecin quelconque ou une organisation qui saura l'utiliser.

Mais ce n'était pas suffisant. J'avais encore à caser deux ou trois choses lourdes, mais alors très lourdes, comme un plateau de solitaire en marbre, deux ou trois pierres originales, un obectif de 500 mm reflex acheté chez un photographe de l'avenue de l'indépendance et deux ou trois autres babioles dont des pierres d'Antsirabe.

J'ai donc fait faire chez un tailleurs de la capitale une veste de reporter, le modèle solide avec des poches partout dont une grande dans le dos. J'ai mis tout ce que j'ai pu dans cette veste, dont le plateau de solitaire. Moi qui fait dans les 65 kg tout mouillé, je devais à ce moment-là en faire le double ! Et je me suis muni d'un perroquet avec son perchoir. Le modèle jaune et bleu amateur de cacahuètes et interdit à l'exportation. Ostensiblement, j'ai essayé de passer la douane avec ce perroquet, jouant le naïf.

Le douanier m'a immédiatement confisqué le perroquet, chose que j'attendais, a pris du temps pour remplir tous les formulaires idoines dont la contravention d'un montant ridicule que je lui ai naturellement réglée rubis sur l'ongle (si j'ose dire). Il a bien essayé aussi d'ouvrir ma malle, mais il n'a pas eu le courage d'explorer plus avant à l'odeur qui s'en dégageait.

Avec le recul, j'ai un peu honte de l'artifice, mais je ne vois toujours pas comment j'aurais pu faire autrement sans trahir les gens qui, malgré leur pauvreté, m'avaient accueilli au fin fond de la brousse.

 

Pages: 1 ... 151 152 153 ...154 ... 156 ...158 ...159 160 161 ... 204

Avril 2025
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30        
 << <   > >>

Le carnet du grincheux

(Mauvaise) humeur du Grincheux

Outils utilisateur

    Rechercher

      Flux XML

    blog software