Cela vous a sans doute échappé, mais à Gunsbach, petite bourgade de l'entrée de la vallée de Munster s'est déroulé il y a quelques jours un vol particulièrement lamentable et risible. Les habitants de ce village ont la chance d'avoir un artisan boulanger-pâtissier qui a passé une partie de son carême à fabriquer des œufs, des lapins, des cloches et tout un tas de petites choses autour du chocolat et du praliné qui devaient faire le plaisir des petits et des grands pour Pâques.
Figurez-vous que dans la nuit de dimanche à lundi dernier, vers 1h30, la boulangerie Maurer, rue Adolphe Muller à Gunsbach a été dévalisée. Lorsque le propriétaire est arrivé sur place, le ou les cambrioleurs avaient disparu, emportant avec eux quelque vingt-cinq kilogrammes de pralinés et moulages, soit près d'un tiers de la production des chocolats de Pâques estimée à 1500 €.
Visiblement, ils n'en étaient pas à leur coup d'essai. En effet, un peu plus d’une heure plus tôt à quelques kilomètres de là, à la boulangerie Adelaïde de la station-service Total à Mittelwihr, deux individus ont été mis en fuite par le boulanger qui travaillait alors qu’ils portaient des coups dans la porte d’entrée. Ils sont parvenus à remonter dans leur voiture, mais sont repartis bredouilles.
Dans quel pays vit-on ? J'arrive encore à concevoir qu'on s'en prenne à des gens fortunés même si je ne cautionne pas ces pratiques, mais s'en prendre à un artisan pâtissier de village pour dérober 1500 € de chocolat est particulièrement lâche. C'est tout aussi lamentable qu'attaquer une vieille dame au sortir de la poste où elle vient de toucher son minimum vieillesse ! Où est le sens de l'honneur du milieu si tant est qu'il existe encore ? J'espère au moins que ces monte-en-l'air auront une crise de foie mémorable !
Je ne sais pas pourquoi j'ai accepté de changer un robinet d'évier chez une de mes connaissances. J'aurais dû fuir courageusement lorsqu'on me l'a demandé. Fuir parce que je n'avais pas les outils sous la main et fuir d'autant plus que je devais passer derrière un plombier parisien. Je ne sais pas si vous voyez bien ce que je veux dire.
J'ai donc dû partir à la recherche d'un chalumeau. Un chalumeau bête pour braser des tuyaux de cuivre au cuivre-argent ou cuivre-phosphore. Si vous rentrez un jour dans un magasin en demandant un tel chalumeau, vous ressortirez à coup sûr avec un chalumeau oxhydrique ou un bazar à acétylène. C'est tellement plus cher et franchement pas beaucoup plus efficace qu'un bon vieux chalumeau fonctionnant au propane.
Figurez-vous que j'habite au centre de Paris, une bourgade tellement sous-développée qu'il est impossible de trouver un chalumeau au propane correct et encore plus difficile de trouver une bouteille de gaz propane. J'ai fini par trouver chez Primagaz, sur internet, un chalumeau acceptable. Mais ce chalumeau ne fonctionne qu'avec une bouteille de propane qu'on ne commande pas encore sur internet.
Je viens de passer deux semaines à chercher une petite bouteille de propane. Pas une de 13 kg, une demi-bouteille qui suffira largement et sera plus facile à ranger. Après avoir téléphoné à tous les revendeurs de gaz de mon quartier, certains ne vendant que des recharges, non des consignes, et encore seulement sur commande expresse, d'autres ne vendant que du butane parce que comprenez-vous il ne gèle pas dans Paris, je finis par tomber sur la capitainerie du port de Paris-Arsenal qui me signale aimablement que oui, ils ont bien des bouteilles de propane et qu'ils font naturellement les consignes. L'employé n'était pas plus étonné que ça, il a l'habitude de voir débarquer chez lui des non plaisanciers dans le seul but de lui acheter du propane.
Je me retrouve donc avec une bouteille de propane jaugeant 15 kg au bas mot à la capitainerie du port et il me fallait rentrer vers la place de la République. J'essaie de prendre le bus. Il est parfaitement impossible de prendre le bus avec une demi-bouteille de gaz, le machiniste refuse. Qu'il soit condamné — et avec lui ses sept générations suivantes ! — à marcher trois kilomètres avec une telle bouteille !
Et heureusement encore que je n'ai pas une tête de terroriste sinon il aurait directement appelé les forces de l'ordre et les démineurs. Je ne tente même pas le métro et essaie de trouver un taxi. Même motif, même punition. Je n'ai pas trouvé un seul taxi qui m'autorisait à monter avec ma bouteille de gaz. Comme je bataillais depuis quinze jours, il était hors de question de la laisser sur le trottoir !
Je décide donc de rentrer à pied. Une balade romantique avec une bouteille de gaz sur l'épaule. Il faut dans un premier temps éviter les grands boulevards. Les gens ne faisant absolument pas attention en général, pourquoi feraient-il attention à un individu assez bête pour se balader avec une bouteille de gaz sur l'épaule ? En route donc par la rue des Tournelles, place des Vosges, rue de Turenne… Enfin, en route, c'est un bien grand mot parce que j'avais oublié que rue des Tournelles se trouvait une synagogue, que celle-ci était gardée par un cordon de forces de l'ordre et que je remontais négligemment la rue quelques jours avant la pâque juive avec une bouteille de gaz verte du plus bel effet. J'ai échappé à la fouille au corps mais ai dû présenter mes papiers et justifier ma présence en un tel lieu avec une bouteille de gaz. Bientôt, il faudra faire des détours pour éviter les synagogues, ce qui ne fera en y réfléchissant bien qu'un embryon de ghetto. Pauvre France ! Arrivé square du Temple, une bande de jeunes était en train de se faire contrôler pour détention et usage de stupéfiants. Il faut dire que fumer au nez et à la barbe d'un cordon de CRS des cigarettes qui font rigoler n'est pas la chose la plus intelligente qui soit. Et dire qu'il s'en trouve encore pour dire que le canabis n'est pas nocif pour le système nerveux central… Je ne sais pas pourquoi, mais l'un de ces CRS se tourne vers moi pour me demander une seconde fois mes papiers. Deux fois en une heure pour la simple raison que je portais une bouteille de gaz dans Paris. La dernière fois qu'un agent de police m'a demandé mes papiers, c'était juste après les attentats de 1995 devant chez moi, à côté de Beaubourg !
La psychose doit être assez sérieuse pour que les gardiens de la paix aient pour consigne de contrôler tout porteur de bouteille de gaz. Mais restons dans le sujet. On nous bassine avec les transports en commun pour éviter la pollution et les embouteillages. Peut-être, mais encore faudrait-il pouvoir les utiliser pour transporter quelque chose d'aussi petit qu'une demi-bouteille de gaz ! Je n'ose me mettre à la place d'une personne âgée qui cherche une bouteille pour sa gazinière.
La bonne vieille télévision de Monsieur Henri de France est morte. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, Henri de France est l'ingénieur qui a mis au point le procédé SECAM que le monde entier nous envie. En effet, il corrigeait les problèmes du NTSC américain que les mauvaises langues dont moi qualifiaient de Never Twice Same Colors. Le PAL est juste une introduction dans le NTSC des corrections apportées par le procédé SECAM.
Donc, la télévision couleur analogique a vécu. Vive le numérique. Oui, enfin, le numérique, ça pourrait être bien, et c'est un spécialiste de la chose qui vous le dit. En analogique, on arrive à faire des choses intéressantes, mais il faut terminer les circuits au point de colle, ça prend du temps et ce n'est pas donné à tout le monde. Je ne sais pas si vous avez déjà réaligné un récepteur radiophonique superhétérodyne, mais c'est un gros travail qui, même effectué en Inde ou en Chine, ajoute un surcoût certain au matériel. D'ailleurs, depuis l'invention du poste à transistor, on s'est débrouillé pour limiter ces alignements au détriment de la sensibilité. Imaginez qu'avec la seule antenne ferrite et dans un bâtiment aux murs épais, mon antique Grundig 4295 arrive à capter en ondes courtes la Voix de la Russie canal francophone émise à Vladivostok ! D'autres soirs, c'est Radio Canada (à dire avec l'accent), ou les postes africains. Essayez aujourd'hui de capter quelque chose en ondes moyennes avec un poste à transistors. Je puis pourtant vous assurer que ces bandes sont saturées.
Fig 1 : authentique récepteur Grundig 4295 stereo, bandes LW, MW, KW, UKW, quatre hauts-parleurs (deux en façade et un de chaque côté) et égaliseur graphique à cinq bandes
En numérique, la reproduction des circuits à l'identique est aisée, mais l'algorithmie est largement plus complexe. Nous nous retrouvons donc aujourd'hui avec du tout numérique conçu par des ingénieurs qui n'ont plus aucune idée de ce qu'est le traitement du signal analogique et encore moins de ce qu'est une adaptation.
La conséquence de ce tout numérique est assez catastrophique. Si en analogique, la qualité de la réception se détériore à mesure que l'on s'éloigne de l'éméteur, en numérique, cela fonctionne en tout ou rien. Soit le niveau de réception est supérieur à un certain seuil et on récupère ou reconstruit son signal, soit il est inférieur à ce seuil et on ne reçoit plus rien. À Paris, c'est encore plus amusant. Les niveaux de réception sont bons. J'ai une antenne d'intérieur excellente puisqu'elle embarque un amplificateur de 45 dB. Pour corriger les problèmes d'égalisation déficiente de mon adaptateur TNT et retirer le signal du bruit radioélectrique ambiant — il y a place de la République un radio-amateur amateur de morse qui pollue le quartier avec des équipements qui à mon avis ne sont pas filtrés correctement —, il me faut mettre cet amplificateur au maximum. Or les bus de la RATP ne sont pas déparasités et même fenêtres fermées, je sais à coup sûr quand passe le bus 96 au pied de l'immeuble. Et je le hais encore plus lorsque le feu est rouge parce que je ne reçois plus rien tant que ce bus stationne au pied de l'immeuble !
Au moins, avec l'ancien système, on recevait encore quelque chose de regardable et on ne subissait pas une coupure de deux minutes. Remarquez, au vu des programmes actuels, ce n'est pas bien grave. Il paraît que c'est le progrès.
J'habite dans un quartier qui compte une certaine proportion d'israëlites. Et parmi ces israëlites se trouve une certaine proportion de pratiquants voire d'orthodoxe. Un orthodoxe se reconnaît. Dans son biotope naturel, il marche cinq mètres devant sa femme qui porte toujours quelque chose sur la tête — perruque ou couvre-chef improbable — et joue aux boules lorsque les non israëlites vont au choix à la messe, au temple ou à la mosquée. Lorsque la religion reste dans le domaine privé, cela ne me pose aucun problème. En revanche, lorsqu'on en arrive à des batailles de rue entre sépharades et ashkénazes pour des mètres carrés de stands de magasins de téléphones portables d'occasion comme vu récemment, cela comment à me défriser légèrement.
Tant que la bataille reste rangée au sein de la communauté, c'est un moindre mal.
Cependant, il y a quelques jours se tenait au Cirque d'Hiver une fête juive. Jusque-là, rien d'anormal. Ce qui l'est un peu moins, c'est ce qui s'est passé autour de ce Cirque d'Hiver. Les voitures des participants, arrivés après le shabbat vers 22h00, étaient stationnées de manière tellement anarchique que les bus de la RATP ne pouvaient plus passer. Le samedi soir, à plus de 23h00, nous avons donc vu arriver la fourrière pour dégager les voitures gênantes. Or dans ma rue, le stationnement n'est autorisé que d'un seul côté, et l'un de mes voisins, un entrepreneur en bâtiment, gare régulièrement son pick-up sur la place de livraison au bas de l'immeuble.
À plus de 23h00, nous entendons l'épicier arabe appeler de toutes ses forces au travers de la place le propriétaire de ce véhicule pour qu'il descende avant que la fourrière ne l'enlève. Ce véhicule était sur une place de stationnement réservée à son usage et ne gênait en rien la circulation. En revanche, on ne pouvait pas en dire autant des véhicules stationnées de l'autre côté de la rue où figure pourtant un magnifique panneau d'interdiction de stationner.
Le propriétaire du véhicule en question s'est donc permis de demander à la maréchaussée pourquoi elle désirait tant enlever son véhicule qui ne gênait pas et qui était sur une place de stationnement, peut-être de livraison, mais dûment matérialisée avec un seul trait jaune. S'il y avait eu deux traits jaunes, on aurait pu commencer à discuter, mais il n'y en avait qu'un seul. Et les forces de police ont eu une réponse qui devrait laisser sans voix. Il ne faut pas enlever les véhicules des participants à la fête juive se tenant au Cirque d'Hiver parce que c'est un jour de shabbat.
Que dire après ça ? Que la nuit du samedi au dimanche n'est plus dans le repos du shabbat ? Que s'il est interdit d'utiliser l'électricité le jour du shabbat, je ne suis pas vraiment sûr qu'utiliser une automobile soit mieux vu. Oui, il est interdit d'utiliser de l'électricité et tout le mondes sait, ou devrait savoir parce qu'après tout c'est de la culture générale, que Moïse, dans le lévitique, a écrit : « tu n'utiliseras pas l'électricité le jour du shabbat » prouvant aux incrédules que s'ils n'étaient pas bien sûr qu'il fût un prophète, il était sans nul doute visionnaire, car mentionner l'électricité à une époque où on s'éclairait à la lampe à huile était un coup de génie.
Donc, d'après la préfecture de police qui n'en rate décidément pas une, il vaut mieux faire enlever des véhicules parfaitement garés pour ne pas s'aliéner les membres de la communauté juive dont les véhicules étaient pour le moins mal garés, en double file, et entravaient vraiment la circulation.
Dites, les penseurs de la préfecture de police, vous ne croyez pas que l'antisémitisme résulte aussi de ce genre de décision ? Les lois sont les mêmes pour tout le monde et le fait qu'une voiture soit bien ou mal garée ne devrait pas être pondéré par la religion de son propriétaire !
Quelle a été ma surprise lorsque j'ai trouvé dans les statistiques de ce site la requête suivante :
25.03.11 09:49:30 |
google.be | notice baume kamol |
Je passerais sous silence que l'origine est la Belgique, ne voulant pas me fâcher avec mes amis belges. Il faut dire qu'ils sont susceptibles tout en ayant de l'humour. Enfin, c'est eux qui le disent. En revanche, je ne peux m'empêcher de me moquer ouvertement des algorithmes performants de Google qui ont réussi à indexer mon site avec ce mot clef. Et comme je ne suis pas encore convaincu que les algorithmes belges sont différents des algorithmes des autres moutures locales de ce moteur de recherche, je vous laisse conclure.
Et encore, ce mot clef est un mot que l'on peut montrer aux enfants. Je me demande en effet si je ne devrais pas mettre un bandeau d'interdiction aux mineurs — pas ceux du Nord, ceux qui n'ont pas encore dix-huit ans — car il y a quelqu'un qui a réussi à arriver par ici en tapant dans un moteur de recherche dont je tairai ici le nom par égard à ses concepteurs « adresse callgirl paris 16 ». Là, j'avoue, les bras m'en tombent…
En revanche, pour aider les âmes perdues qui arriveraient encore par ici en cherchant des adresses de callgirls officiant dans le XVIe arrondissement, et afin d'éviter que les concepteurs de ce moteur de recherche ne passent pour des imbéciles, je veux bien créer une page spécifique, façon répertoire téléphonique, contenant tout ce qu'il faut pour contacter ces dames. Bien entendu, cette page sera accessible gratuitement, il s'agit d'une œuvre.
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