J'ai reçu ce soir par la poste toujours au tarif lent un courrier de mon ancienne URSSAF. Je suis en effet en procédure contre elle depuis plusieurs années pour entre autres des faux en écriture de sa part. J'attendais une n-ième réponse négative de leur part voire leurs conclusions pour l'audience du 10 février prochain. Il serait temps.
Je n'ai reçu qu'un courrier gentil me signalant qu'en date du 15 janvier 2015, mon compte cotisant avait été transféré de mon ancienne adresse à l'URSSAF de Paris. C'est très bien, j'ai déménagé mon siège social l'an passé dans le département de la Corrèze. Je leur ai aussi signalé que j'étais l'un des 472 salopards libérés de la sécu.
Nous voyons donc que le grand machin que le monde nous envie sans le vouloir chez lui s'améliore indubitablement. Il ne perd plus les dossiers, il les traite comme bon lui semble.
Ça y est, c'est fait. La banque centrale européenne vient d'annoncer hier son premier quantitative easing, en bon français, son premier assouplissement quantitatif. L'euro est donc officiellement mort ce jeudi 22 janvier 2015. Je vais vous expliquer pourquoi.
Qu'en termes galants ces choses sont dites. En effet, un assouplissement quantitatif est un euphémisme par litote. Il s'agit tout simplement de faire tourner la planche à billets pour fabriquer de la monnaie de singe. Et la BCE va en imprimer pour quelques onze cents milliards d'euros en dix-huit mois. Rien que cela.
Pour fixer les idées, posons un petit calcul. La zone euro est actuellement constituée de dix-neuf pays qui comptent trois cent trente-quatre millions d'habitants. Logiquement, la France devrait récupérer deux cent dix-sept millions d'euros de masse monétaire supplémentaire sur la même période, à peu près 10% de sa dette publique. Les esprits simples et les électeurs du front de gauche diront que c'est très bien, que cela permet de se désendetter. Sauf que ce n'est pas réellement prévu comme cela. Le diable est vraiment dans les détails.
Un petit schéma valant souvent mieux qu'on long discours, voici les cours de deux monnaies étrangères vis à vis de l'euro.
Fig. 1 : lente agonie vis à vis du dollar US
La chute de l'euro face au dollar semble lente, mais c'est une illusion d'optique. En effet, le dollar US est en petite forme et se déprécie lui aussi. Tout au plus se déprécie-t-il moins vite que l'euro. En revanche, le cas du franc suisse est assez éloquent :
Fig. 2 : décrochage de l'euro, dévissage vis à vis du franc suisse
Le décrochage du franc suisse a été immédiat, dès l'annonce par la banque centrale de la confédération de ne plus suivre un taux de 1,2 CHF pour 1 €. On peut dire ce que l'on veut des helvètes, on peut gausser sur leur drapeau qui ressemble à deux sens interdits, mais on ne peut pas nier leur pragmatisme financier. Le banquier central suisse est très loin d'être un imbécile et savait qu'en lâchant l'euro, le franc suisse allait bondir. Il ne pouvait donc pas ignorer que les exportations suisses qui constituent tout de même une bonne part des revenus suisses allaient en pâtir et que cela risque aussi de mettre à mal les 3,5% de chômeurs de la confédération. Pourtant, il l'a fait.
Je suis prêt à faire le pari que cette décision a été mûrement réfléchie et n'a été appliquée que devant les rumeurs insistantes de QE de la part de la BCE, le banquier suisse préférant à un marasme économique en Suisse une période de difficultés qu'il juge temporaires.
Pourtant, quasiment tous les commentateurs, les marchés et les investisseurs saluent cette opération. À titre personnel, cependant, j'ai plutôt à cette occasion l'immense regret de vous faire part du décès de la monnaie unique appelée « euro ». Je ne suis ni heureux ni triste. L'euro était une bonne idée, mais on ne conçoit pas une monnaie unique sans avoir a minima un gouvernement économique commun. La question est maintenant de savoir s'il faut à tout prix continuer cette aventure désastreuse.
Regardons maintenant les conséquences probables de cet assouplissement quantitatif annoncé par Mario Draghi. Le mécanisme est assez subtil pour tenter de le décortiquer. Dès l'annonce de cette opération, les opérateurs de marché ont réagi positivement et le CAC40 s'est apprécié de 1% en quelques minutes. Mais, dès que Mario Draghi a précisé que les banques centrales nationales porteront 80% des risques liés aux rachats contre 20% pour la banque centrale européenne, les mêmes opérateurs ont immédiatement prix leurs bénéfices. Pas folles, les guêpes !
En d'autres termes, chaque banque nationale va racheter ses propres obligations d'état, la banque centrale européenne ne portant que 20% du risque, soit deux cent vingt milliards d'euros sur les once cents milliards qui devraient être injectés. Toutes les banques nationales viennent donc d'obtenir le droit de battre monnaie quasiment à discrétion pour monétiser leurs dettes d'état, ce qui semble tout de même assez paradoxal lorsqu'on se targue d'avoir une monnaie unique.
Ce que vient donc de faire Mario Draghi est de reconnaître implicitement que l'euro est mort. Parce que la conséquence de cette monétisation est la suivante : l'Italie va battre monnaie comme du temps de la lire, même chose pour l'Espagne ou la Grèce. L'Allemagne quant à elle n'imprimera pas un seul billet puisqu'elle se permet même le luxe d'avoir un budget excédentaire. Quant à la France, je vous file mon billet que nous amis du gouvernement vont monétiser à tout va en nous expliquant comment dépenser cette cagnotte providentielle.
Sauf que ces billets vont être imprimés et mis en circulation. Les banques centrales vont les inscrire à leurs bilans et il risque fort de se passer quelque chose. C'est justement ce quelque chose qui a poussé la Suisse à ne plus défendre sa monnaie puisque la Suisse à elle seule ne peut pas défendre l'euro. Y a-t-elle seulement intérêt ? Si la Suisse continue à acheter des euros, que fera-t-elle lorsqu'elle ne sera plus en possession que de monnaie de singe ? Continuer à défendre l'euro est même dangereux pour elle puisque du jour au lendemain, l'euro pourrait bien ne plus rien valoir du tout.
La décision de jeudi dernier enterre simplement le concept d'union monétaire puisqu'il est impossible de parler d'union monétaire lorsque toutes les banques nationales peuvent monétiser comme elles le veulent. Aujourd'hui, toutes ces banques vont imprimer des euros, mais ce n'est pas une solution viable à terme. Certaines banques vont en imprimer plus que d'autres mais la valeur globale de l'euro sera fixée par la masse monétaire libellée en euros. Lorsque le déséquilibre sera trop grand, l'euro implosera de lui-même, naturellement.
La catastrophe est déjà écrite, rien ou presque ne pourra l'arrêter. C'est cela que la décision de la Banque centrale suisse a voulu dire. La taille de l'assouplissement n'est pas le sujet.
Sale journée. Me reviennent les paroles du générique du Pop Club version Lucien Ginsburg, dit Serge Gainsbourg :
Connaissez-vous les Champs Élysées ?
Pour les alyzées, allez-y !
Bercé par la voix de José,
Du lundi jusqu'au vendrediPrenez une bouffée d'air pur,
Écoutez José Artur !
Des mots trempés dans le cyanure,
Écoutez José Artur !
Cette émission rythmait mes soirées d'étudiant. Je passais du devoir de mathématiques à celui de physique lorsque j'entendais Georges Brassens dans le poste, juste après le flash d'information de 23h00. J'ai apprécié ses différents talents, son éclectisme, sa voix et son culot.
Aujourd'hui, 24 janvier 2015, la voix de José Artur s'est définitivement tue à la suite d'un accident vasculaire cérébral. La camarde dont il se moquait — souvenez-vous qu'il disait que les quatre-vingts premières années de sa vie avaient été très dures mais que maintenant, ça allait mieux — a fini par le rattraper.
MST et son fan club n'en ratent décidement pas une. Dernièrement, il paraît que notre cher ministre de la santé se serait faite insulter par une fresque dans un local de l'hôpital universitaire de Clermont-Ferrand. Cette fresque, la voici :
Fig. 1 : preuve du délit
Certes, cela frôle le bon goût sans jamais ne tomber dedans. Notre chère ministre de la santé s'en est offusquée et son entourage a même cru bon d'ajouter qu'il s'agissait d'une image d'un viol du ministre. Il y juste un petit problème car, au moment de faire recouvrir cette fresque d'un goût douteux, un petit malin a pris une photographie des ouvriers. Cette photographie, la voici :
Fig. 2 : preuve du mensonge
L'absence de bulles m'a fait creuser le sujet. J'ai appris que cette fresque décorait ce local depuis plus de dix ans. Quatorze ans pour être très exact. Ce n'est que parce qu'un interne avec un esprit aussi potache que l'artiste initial l'a détournée pour s'adresser au ministre que cette fresque a défrayé la chronique et que la direction de l'hôpital s'en est ému. Jamais il n'y a eu de phylactères sur cette fresque, ceux-ci n'existaient que dans la mémoire d'un ordinateur. Ce n'était qu'un vulgaire montage photographique.
Mais ce mensonge a fait couler beaucoup d'encre. Et tant qu'on ne parle que de cela, on divertit, on élude le fond du problème. Cela permet de faire passer à peu de frais les médecins pour des gens infréquentables qu'il convient de remettre dans les rangs.
Je pensais personnellement que notre classe politique avait déjà touché le fond. Force est de constater qu'elle peut encore creuser.
Cela aurait pu être le titre d'une fable que La Fontaine n'aurait pas pu piller à Ésope. Cela aurait pu l'être si ce n'était pas aussi risible et symptomatique de l'évolution de certains courants religieux.
Il a neigé. Pas chez nous, non, mais en Arabie Saoudite où un joli manteau blanc recouvre le nord du pays. Le froid n'est pas une nouveauté dans ce pays, mais la neige est tout de même assez rare. Et avec la neige se trouvent toujours quelques personnes pour faire des dromadaires de neige, voire pour les plus mécréants des bonshommes de neige.
Fig. 1 : activités anti-islamiques de dangereux progressistes qu'il convient remettre dans le droit chemin
En effet, un certain Mohammad Saleh Al-Munadjid, un des cheikhs islamiques les plus influents du royaume, prétend que ceux qui seraient tentés de confectionner des bonshommes de neige feraient preuve d'un comportement dangereusement anti-islamique.
Tu m'en diras tant. Je propose qu'on leur coupe immédiatement la tête au sabre en place publique pour dissuader ceux qui seraient enclins à devenir de dangereux contrevenants à ne pas franchir la ligne blanche.
Le pire est que ce monsieur a été interrogé sur un site web religieux où il répond aux questions des fidèles par un père de famille. Si vous ne me croyez pas, la question et les réponses argumentées du cheick se trouvent ici. Je suis profondément désolé pour ceux qui ne liraient pas les plats de nouilles dans le texte, dans ce cas, il vous reste les services de traduction en ligne qui donnent une image assez fidèle de la teneur du texte.
Le cheick répond à la question à la question de savoir si un bon musulman a le droit de s'amuser avec ses enfants en faisant un bonhomme de neige et surtout de savoir s'il lui est permis sans griller en enfer de lui faire des yeux, un nez et une bouche. La réponse, détaillée et appuyée par l'avis d'érudits musulmans ou prétendus tels, démontre que ce type de construction revient à recréer l'image d'un être humain et que, selon l'interprétation rigoriste de l'islam sunnite pratiqué en Arabie Saoudite, c'est un grave péché. Les frondeurs s'exposent à des sanctions entre autre parce que le chick estime que :
Dieu a accordé aux gens la liberté de construire tout ce qu'ils veulent, à condition que ça ne contienne pas d'âme : des arbres, des bateaux, des fruits, des habitations…
Je suis assez contents pour les chiites iraniens qui ont la chance d'avoir un peu plus de neige à Téhéran et le droit de faire des bonshommes de neige sans qu'une fatwa leur tombe sur la figure sans crier gare. Mais à bien regarder, je trouve cette analyse quelque peu étrange. En effet, je suis assez content de savoir qu'un arbre, qu'un bateau, qu'un fruit ou qu'une habitation ne contiennent aucune âme. Le contraire m'eut dérangé et je pense que je n'aurais plus jamais abattu un arbre ou coupé un fruit de la même façon. Cela sous-entend aussi qu'un bonhomme de neige aurait une âme et que le cheick estime que le musulman est si faible qu'à partir du moment où il construit un bonhomme de neige, ce bonhomme de neige devient une icône païenne qu'il va forcément prendre pour un dieu et adorer. S'il n'y a pas d'alcool dans son beau pays, j'aimerais tout de même savoir ce que le cheick a bu — sans doute pas seulement de l'eau de la source zamzam — ou fumé pour produire un tel tissu de bêtises. Mais je suis beau joueur, je reconnais l'effort produit et l'entraînement sévère qu'il doit y avoir caché derrière cette petite déclaration.
Une question sous-jacente mérite pourtant d'être posée. S'agit-il d'une n-ième fatwa insolite de ce cheick qui n'en est pas à son coup d'essai puisqu'en 2008, il avait déjà appelé à tuer tous les rongeurs ? Dit comme cela, la fatwa pourrait paraître anodine tant les rongeurs peuvent être des nuisibles. Mais il conclut sa fatwa par un appel explicite à tuer Mickey Mouse, ce qui en change un peu le sens et la portée. Le pas qu'il a alors franchi aurait dû immédiatement l'amener à l'hôpital psychiatrique le plus proche muni d'une chemise avec les manches dans le dos. Mais il n'en a rien été. Et s'il ne s'agit pas d'une fatwa né dans le cerveau malade d'un religieux dément, ne s'agit-il pas plus incidieusement d'un combat contre une tradition prétendûment occidentale ?
Lorsque je travaillais dans ce pays, j'ai à de nombreuses reprises constaté la disjonction entre l'homme de la rue et le gouvernement rigoriste qui n'était là que pour donner bonne mesure aux musulmans du monde entier. Le roi n'est ni roi ni émir, son titre est le gardien des deux mosquées, ce qui n'est pas anodin. Le résultat est une population sclérosée, hypocrite. Il n'y a officiellement ni alcool ni pornographie. Je n'en ai jamais vu autant. Certes, pas dans la rue, mais sur les téléphones cellulaires, dans les palaces. Je n'en ai jamais vu autant parce que c'est interdit, comme durant la prohibition aux États-Unis. Un saoudien est capable de faire 1500 kilomètres un week-end pour aller se saouler à Bahrein et retrouver des marocaines qui l'attendent dans le placard de sa chambre, livrées par lespalaces comme oreillers. Puis il rendre chez lui complètement ivre au volant de sa voiture mais il n'y a aucun contrôle d'alcoolémie, officiellement, il n'y a pas d'alcool.
Si elle veut évoluer, la maison saoudienne devrait refuser les cheicks.
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