J'ai appris ce samedi que la boulangerie d'un village voisin avait fermé. Elle n'a pas fermé parce qu'elle n'avait pas de clients, que le pain était mauvais, non, elle a fermé à cause de l'aberration qu'est le tribunal des prud'hommes. Dans notre beau pays, plus rien ne m'étonne vraiment. Je rappelle à toutes fins utiles que j'ai été condamné par ce même tribunal il y a plus de dix ans pour non paiement de salaire à une personne qui n'a jamais travaillé pour moi, ce qui est d'autant plus facilement démontrable qu'il m'a été reproché le nom paiement de salaire sur une période où mon entreprise n'existait pas encore. J'ai appris ce jour-là que l'on gagne ou que l'on perd devant les prud'hommes en fonction de ses accointances syndicales. J'étais le méchant patron, la brave fille était solidement suivie par un syndicat. Je ne pouvais que m'en prendre plein la figure avec une condamnation exécutoire. J'ai donc payé, mais la vengeance étant un plat qui se mange froid, j'ai tellement travaillé la réputation de la dame en question qu'elle a eu le plus grand mal à retrouver un emploi. Maigre consolation, mais c'est déjà cela !
Fig. 1 : non, je ne parlerai pas du soutien de la dame !
Mais revenons à notre artisan boulanger. Cette boulangerie était assez importante pour avoir au moins deux employés dans le magasin. Depuis plus de deux ans, ces employés étaient plus en congés maladie qu'à leur poste. Or la convention collective applicable est tellement tordue que ces deux congés maladie coûtaient plus de mille euros par mois à l'artisan. Ne pouvant plus faire face, le boulanger a donc décidé de licencier ces deux employés.
Je ne sais pas comment il s'y est pris. Tout ce que je sais, c'est que les prud'hommes, dans leur grande sagesse, ont requalifié ces licenciements en licenciements abusifs et que notre brave boulanger a été condamné à leur verser 40000 euros de dommages et intérêts, semble-t-il par personne. Artisan, il est solidaire des dettes de son entreprise et est en train de vendre sa boutique et sa maison pour payer sa condamnation et les divers frais annexes.
Fig.2 : Gégé content.
La CGT est contente, le droit du salarié a été respecté et l'employeur qui a dû faire une petite erreur dans le suivi de la procédure de licenciement a été bien justement sanctionné. Jamais ces fichus syndicats n'ont regardé le fait qu'un boulanger se retrouvera sans toit — en raison de salariés, je le rappelle, indélicats —, jamais ils ne regarderont le fait qu'il faudra faire au moins dans un premier temps une vingtaine de kilomètres pour acheter son pain. Quant aux autres employés du boulanger, ce ne seront que des victimes collatérales elles-aussi au chômage.
Et pendant ce temps, d'autres syndicats (lycéens et étudiants en particulier) manifestent contre la réforme du droit du travail. Il y a du bon et du moins bon dans la réforme portée par Myriam El Khomri. Mais dans beaucoup de pays, cette réforme serait néanmoins perçue comme une avancée. Je précise que ce n'est pas moi qui le prétends, mais Daniel Cohn-Bendit dont le moins que l'on puisse dire est qu'il porte plutôt à gauche. Ce serait une avancée, mais pas en France où nous avons les syndicats les plus bêtes et réactionnaires du monde, ce qui explique sans doute pourquoi le taux de syndicalisation est aussi faible.
Les jeunes — qui n'ont pas tout compris des enjeux mais qui ont peur —, les syndicalistes — qui doivent justifier l'immobilisme au nom de la lutte des classes et de la préservation des acquis sociaux — vont torpiller cette réforme pourtant nécessaire. L'honneur sera sauf, les acquis sociaux d'un autre temps ne seront pas touchés et nous garderons toujours notre taux de chômage délirant parce qu'il faut être complètement cinglé ou totalement inconscient aujourd'hui en étant patron de PME ou artisan pour engager un salarié en CDI.
Faisons fi des connaissances géographiques de nos hommes politiques. Cela n'a pa pu vous échapper, ils se sont réunis à beaucoup, hier, pour décider du nouveau nom de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie issue du découpage hasardeux de la majorité actuelle. Et cela a donné Hauts-de-France. Notez bien que cela aurait pu être bien pire.
Hauts-de-France pour la région la plus plate de France sous prétexte qu'elle est en haut de la carte de France… Les géographes vont apprécier. Il faut sans doute avoir l'adjectif haut dans son nom de région, comme les Basses-Alpes sont devenues jadis les Alpes-de-haute-Provence, cela fait mieux.
Alors allons donc au bout du raisonnement.
Fig. 1 : proposition de noms tartes sur une carte non orientée
Je pense que nous devrions atteindre le consensus très rapidement.
Dimanche dernier s'est tenu à Shangaï une petite sauterie appelée le G20. Il n'y a pas vraiment eu d'écho en France, trop occupé qu'était le pays à suivre les navrantes aventures de son président en visite contrainte au salon de l'agriculture.
Ce sommet, donc, s'est terminé par un gueuleton et le constat amer d'une reprise mondiale atone voire totalement inexistante malgré toutes les gesticulations des banques centrales. Cette reprise que l'on cherche toujours se traduit chez nous par des difficultés économiques toujours plus grande pour les particuliers et par de sérieux soucis de budget pour l'état qui ne peut continuer à laisser couler le robinet à argent public puisque il est déjà à l'heure où j'écris ces lignes en dépassement d'un budget qui laisse pourtant filer allègrement les déficits.
On comprend alors bien facilement que la presse française oublie les sujets anxiogènes en s'emparant plus du sujet agricole et des jets de crottins vers une cible présidentielle que de celui, bien plus aride, de l'économie mondiale et des constats sans appels dressés par le G20.
Pourtant, même à faire l'autruche derrière sa ligne Maginot, il n'en reste pas moins que la conjoncture économique mondiale est préoccupante. Et d'autant plus préoccupante que nous ne faisons même rien sur le peu que nous pouvons encore maîtriser (migrants, relations avec la périphérie de l'Union Européenne, Turquie en tête, brexit…).
Au point où nous en sommes, regardons vers le passé. Que constatons-nous ? Les Quantitative Easings (QE) n'ont pas apporté les effets escomptés. Tout au plus ont-ils provoqué des effets d'aubaine sur certains marchés, effets totalement artificiels et dont les résultats ne furent pas à la hauteur du sacrifice demandé. Aucune inflation, rien, mais un tas de nouvelles dettes qui vont devenir particulièrement délicates à apurer. Une fois de plus Keynes reste la règle, pas un seul de ces grands argentiers n'ayant compris que les règles de Keynes ne peuvent s'appliquer que dans une zone sans infrastructure et restant en développement soutenu.
En bons keynésiens, l'inflation constitue la seule solution à l'apurement des dettes. La période actuelle de déflation est donc une calamité abominable. Pourtant, ce sont ces mêmes argentiers qui ont créé cette déflation en créant des bulles, des effets d'aubaines sur certains marchés au détriment d'investissements moins rentables mais bien plus nécessaires. Ne comprenant pas même que l’actuelle allocation des capitaux est complètement biaisée par des taux d’intérêt hors de toute réalité, ce sont les mêmes qui ont poussé les banques centrales à baisser tant et plus ces taux au point d’être à présent en territoire légèrement négatif sur cinq ans.
Et là survient un sacré problème. Pour que ces taux négatifs aient une utilité, puisqu'il ne s'agit même plus de les maîtriser, il faut absolument contraindre tout l'argent en circulation à dormir en s'érodant dans les coffres des banques. En effet, en période d'inflation, un bas de laine perd de la valeur au fil du temps. En période de déflation, celui qui garde son argent hors du système ne peut que s'enrichir. La seule solution est alors d'interdire tout argent liquide.
Cette interdiction qui aurait été décriée il y a encore quelques années est maintenant sérieusement débattue. Le G20 conclut d'ailleurs qu'il ne faudra pas hésiter à utiliser tous les outils pour soutenir l'économie. Cela comprend les réformes structurelles (dont la loi portée par le ministre actuel du travail au passage), les relances budgétaires et les méthodes les plus invraisemblables ou hétérodoxes.
Le problème est que j'ai beau chercher. Avec des taux durablement négatifs, la suppression de l'argent liquide est indispensable. L'épargnant n'aimant pas se faire tondre, il faudra l'obliger à déposer ses avoir dans une banque sur un compte et non dans un coffre. Une fois converti en ligne de compte, il sera facilement manipulable par un tiers — au hasard, l'état. En effet, l'exfiltration d'argent liquide hors du système bancaire est le dernier recours de l'épargnant pour éviter la spoliation et les bidouilles des banques centrales. En limitant la circulation d'argent liquide et en imposant l'argent électronique — sous couvert de lutte contre le financement du terrorisme alors que les terroristes ont bien d'autres monnaies d'échange à commencer par la drogue… —, le but n'est que de contraindre le déposant à une érosion de ses avoirs en soumettant définitivement la population au bon vouloir de l'état. Il serait étrange qu'il s'en prive.
Il y a eu du vent. Pas une tempête, juste un peu plus de vent que d'habitude. Une fois de plus, nous avons subi une coupure de courant, le samedi toute la journée puis une bonne partie de dimanche. Ce n'est pas comme si c'était la première fois que cela arrivait. C'est même si courant que j'ai décidé il y a quelques années d'investir dans un groupe électrogène ne serait-ce que pour sauver en pareil cas le contenu du réfrigérateur et du congélateur et, accessoirement, utiliser une petite plaque électrique.
Chose suprenante, la semaine passée, j'ai dû une fois de plus contacter ErDF pour leur faire part d'un problème continuel de parasites sur le réseau en provenance d'un voisin très consommateur — et avec une installation électrique pour le moint baroque. Lors de mon attente, un disque me faisait part des sommes qu'ErDF investissait pour l'enfouissement des lignes à moyenne tension dans le département.
Oui mais…
En effet, ErDF investit massivement pour moderniser son réseau et enfouir les lignes à moyenne tension. Mais ces travaux ne sont menés que dans les villes et, si le temps le permet, les villages. Pour nous qui sommes dans un hameau à quelques kilomètres du village, nous sommes toujours à la merci d'un arbre mort qui tombe sur la ligne de 20kV. Et des arbres morts, il y en a déjà eu depuis quinze ans.
Pourquoi ne pas traiter une bonne fois pour toute les lignes de campagne où, a priori, il y a bien plus d'arbres qui tombent que les lignes urbaines ou périurbaines ? Sans doute est-ce plus facile. Une chose est sûre, il n'est pas évident que la personne qui ait imposé ce choix ait été sur le terrain ce week-end pour réparer dans la boue les conséquences de sa décision. Je ne suis même pas sûr qu'elle ait été contrainte de s'éclairer à la lampe à pétrole.
Je suis assez surpris du remaniement ministériel auquel nous avons assisté hier qui se place dans une série de pur bricolage. Mais peut-on réellement attendre de notre classe politique plus que des petits-fils de Charlemagne ?
Laurent Fabius qui n'a pas plus brillé comme ministre des affaires étrangères qu'il a pu le faire en tant que premier ministre ou que ministre de l'économie, lorgnait vers la présidence du conseil constitutionnel sans mêem s'en cacher. Il fallait donc remplacer un ministre falot par un autre. On aurait pu installer au quai d'Orsay un vrai diplomate comme Hubert Védrine, personnalité dont la compétence est reconnue et n'est plus à faire.
Non, cela aurait sans doute été trop dangereux. Pensez-vous, nommer à un poste de ministre quelqu'un de compétent est quelque chose dont nous n'avons plus l'habitude. C'est ainsi que l'ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a été nommé à ce poste. Jean-Marc Ayrault est le type qui pousse l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes sans aucune raison valable autre que son prestige personnel. Il paraîtrait que l'aéroport actuel est vétuste, trop petit et qu'il nuit au rayonnement de Nantes. Sauf qu'il ne faudrait pas oublier que l'actuel aéroport, celui de Nantes Atlantique, a été élu meilleur aéroport européen en 2011-2012, chose assez étrange pour un aéroport aussi vétuste.
Mais revenons à Jean-Marc Ayrault revenu au gouvernement en seconde place et sans son combi Volkswagen. Il nous a déjà montré durant un an et dix long mois l'indigence de ses propositions. Depuis qu'il n'est plus au gouvernement, il nous a fait passer quelques amendements conviviaux restés en travers de la gorge de l'actuel premier ministre. Que fera-t-il en tant que numéro 2 du gouvernement ? La maîtrise de l'Allemand ne sera pas suffisante et n'augure d'aucune compétence pour occuper le poste.
Pire, ancien numéro 1 du gouvernement qui avait un certain Manuel Valls, ministre de l'intérieur, en numéro deux, les places sont aujourd'hui inversées. Faut-il avoir aussi peu d'amour-propre pour accepter pareille situation. À moins que tout n'ait été fait pour rapprocher un peu un ancien ami un peu encombrant de la gamelle républicaine et lui donner un hochet pour l'occuper et le divertir du fiasco annoncé de l'Ayraultport ?
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