Théodule

30.10.13 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Les deux nouvelles auraient pu passer inaperçues si un journaliste n'avait pas daigné faire son travail. À une époque où les informations sont reprises d'un media à un autre en boucle sans aucune vérification et sans que quiconque ne sache réellement d'où elles viennent, il faut s'en réjouir. Je me demande à la réflexion s'il ne faudrait pas empailler le journaliste en question pour le montrer dans toutes les écoles préparant à ce beau métier.

Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères — ou des affaires qui lui sont étrangères à tel point son action est discutable — a nommé le 25 octobre 2013 Jean Lévy ambassadeur pour le sport. En effet, désireux de développer le rayonnement international de la France vers le sport et pour le sport (sic), il a nommé à ce poste ce diplomate expérimenté, ancien ambassadeur de France à la Havane — et non du Havane mais je n'ai pas encore réussi à contacter André Santini pour savoir s'il faisait partie de son club. Il faut noter que c'est la première fois que le Quai d'Orsay choisit d'affecter un haut responsable à ce secteur sans nul doute très important.

La mission de cet ambassadeur sera, aux dires du ministre, triple. Il s'agit pour cet ambassadeur de mobiliser l'ensemble du réseau diplomatique de la France pour organiser de grands événements sportifs majeurs, de promouvoir les entreprises françaises sur tous les marchés liés aux sports et de renforcer la présence françaises dans les postes de décisions au sein des instances sportives. Dit comme cela, je me demande à la réflexion si ce n'était pas plutôt un poste pour Jack Lang.

Soyons rassurés, le gouvernement travaille. La France va pouvoir se relever parce qu'elle possède maintenant la seule chose qui lui faisait cruellement défaut et que le monde entier va nous envier, un ambassadeur pour le sport. Personne ne sait combien cela va coûter.

Ce n'est pourtant pas la seule nouvelle qui n'a pas été relayée très fort ces temps-ci. Une autre anecdote, d'autant plus croustillante qu'elle vient d'un ministre estampillé EÉLV, est passée inaperçue et le serait restée si le Canard Enchaîné ne l'avait pas rattrapée au vol dix jours plus tard. Vous l'aviez sans doute oublié, mais le 26 septembre dernier se tenaient à Angers les journées parlementaires d'Europe-Écologie-les-Verts. Cécile Duflot y avait perdu son téléphone portable sans lequel il est décemment impossible pour un ministre de la république de travailler, que l'on s'appelle d'ailleurs Duflot ou Morano. Le Courrier de l'Ouest a vendu la mèche :

Les services de l'État l'ont finalement retrouvé sur la banquette arrière d'une des voitures officielles du cortège. La préfecture de Maine-et-Loire a proposé qu'un fonctionnaire qui devait se rendre à Paris lundi 30 septembre rapporte le précieux objet au ministère, rue de Varenne. Mais Cécile Duflot a préféré envoyer dès samedi 28 septembre, un officier du Service de protection des hautes personnalités pour venir chercher son cher téléphone portable.

Cette information a été publiée le vendredi 12 octobre et a été reprise par le Journal du Dimanche et Europe 1 le dimanche suivant. Deux jours plus tard, Europe 1 a bizarrement mis à jour son article et nous pouvons maintenant lire sur le site de la radio :

L'entourage de Cécile Duflot a contacté Europe1.fr, mardi matin, pour assurer que ce fonctionnaire a pris le train, et ce n'était pas un membre de son service de protection, mais son chauffeur.

Là, si ce n'est pas un assassinat en règle sur le ton de « racontez-nous des n'importe quoi, on n'y croit pas », je ne sais pas ce que c'est. Un journaliste sérieux aurait écrit un démenti. Celui-ci resssemble plutôt à une divulgation d'une tentative de rattrapage aux branches.

Reste alors à savoir qui a payé la promenade en train de 600km aller et retour du chauffeur de Duflot. J'avoue ne pas avoir trouvé l'information. Ou plutôt, j'ai trouvé un tas d'informations contradictoires, un beau rideau de fumée. En effet, dans l'article du Courrier de l'Ouest, un certain Michaël Luzé qui prétend appartenir au service de presse de Cécile Duflot déclare que :

le billet a été pris dans le quota des billets gratuits attribués au ministère.

J'apprends donc que si je paie mes billets SNCF aussi chers, c'est en partie parce que le ministère du logement reçoit de la part de la SNCF des billets gratuits. Mais comme cela fait un peu désordre, deux jours plus tard, la terminologie du ministère change puisque l'entourage de Cécile Duflot déclare à Europe 1 :

cela n'a pas coûté un centime au ministère, qui a des billets prépayés.

Il ne s'agit donc plus billets gratuits mais de billets prépayés. L'honneur est sauf ! Pourtant, je m'interroge. Si ces billets ne sont pas gratuits et qu'ils sont effectivement prépayés, par qui sont-ils prépayés ? Le Canard ironise en parlant d'une opération du Saint Contribuable sans parvenir toutefois à trouver la réponse. Tout cela, je le rappelle, pour ne pas passer deux jours sans son téléphone portable. Cela fait cher le tweet de bas étage ou la minute de communication !

Et pendant ce temps, Marine Le Pen monte dans les sondages, elle qui prétendait hier sur France Inter, tout en ayant des idées très arrêtées sur l'économie (sortie de l'euro, dévaluation, protectionnisme, tout ce qui nous fera payer le litre de supercarburant à 5 euros en provoquant une inflation monstrueuse…), ne jamais ouvrir un quotidien économique. Elle n'a qu'à s'asseoir et attendre. Lorsque le fruit sera mûr, il lui tombera dans les mains et il se trouvera encore des hommes et femmes politiques se demander pourquoi nous en serons là !

 

De mal en pis

29.10.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les politiciens

Une rumeur circule de plus en plus et se fait plus insistante à mesure que le temps passe. Marie-Ségolène Royal désirerait revenir au ministère de l'éducation nationale à la place de Vincent Peillon qui cherche à se dépêtrer de sa réforme lamentable des rythmes scolaires pour le bien des enfants (sic). Depuis que sa défaite aux législatives lui a oté le perchoir tant convoité, elle ne sait plus que faire, la pauvre.

Sans doute est-ce pour cela qu'elle bataille contre des bizutages en Belgique, qu'elle se fait photographier en chemise de nuit mais sans sein à l'air ; sans doute pour occuper l'espace. Dans son délire de communication, je m'attends à voir figurer la madone du Poitou en pages centrales de Playboy…

Alors, amis enseignants, attendez-vous au printemps prochain à une catastrophe encore pire que celle que vous pourriez imaginer dans vos rêves les plus fous. Pour vous ménager, je vous suggère de commencer l'apprentissage du vocabulaire idoine dès aujourd'hui. Je vous propose donc un petit exercice de mise en jambe. Ne dites plus :

Ça fait un bail que les instits et les profs ont remarqué que pas mal d'élèves savent même plus tenir un stylo.

C'est vulgaire et commun. Dites :

Depuis de nombreuses années, dès le cycle des approfondissements de l'école primaire et plus encore dans les classes de collège, on peut constater que de très nombreux enfants, droitiers ou gauchers, ont de réelles difficultés à tenir un instrument scripteur.

Elle l'a dit. Plus précisément, elle l'a écrit dans le bulletin officiel numéro 24 du 17 juin 1999 (NOR : SCOE9900890C, RLR : 554-9, CIRCULAIRE N° 99-082 DU 10-6-1999, MEN DESCO A1).

Ségolène arrive, l'école est sauvée ! Quant à François Hollande, charge à lui de gérer son ex-compagne.

 

Je ne dis pas que c'est juste, mais je dis que ça soulage !

28.10.13 | par Le Grincheux | Catégories: Mauvaise humeur, Je hais les politiciens

Certains jours, il me prend l'envie d'appeler mes copains corses des montagnes — les pires — pour leur suggérer d'apporter lors de leur prochain passage parisien un peu des explosifs qu'ils cachent amoureusement dans le maquis pour faire sauter l'assemblée nationale. Ce ne serait pas juste pour les habitants du quartier qui ne peuvent que subir ce magnifique bâtiment et ses occupants, mais cela me soulagerait beaucoup.

Que n'a-t-on déjà entendu sur les nouveaux régimes de retraites voulu par le gouvernement ? Les syndicats des salariés sont déjà debouts contre la réforme parce qu'il ne faut surtout pas demander à un salarié de travailler plus longtemps, son travail étant par définition pénible. Remarquez bien que leurs arguments sont toujours les mêmes, à savoir que le travail de nuit nuit à la santé (et non les trois-huits) et que les cadres vivent plus longtemps que les ouvriers (alors qu'il a été montré que cette différence d'espérance de vie était principalement le fait d'une différence de mode de vie qui n'est pas imputable au seul travail).

Actuellement, le gouvernement s'apprête à faire ce qu'il faudrait qualifier de hold up sur les retraites des indépendants. Les syndicats s'en contrefichent comme à l'accoutumée. De toute façon, qu'attendre d'un syndicat de salariés ? Qu'il manifeste parce qu'il est inadmissible qu'un cotisant de la CIPAV donne 40% de ses cotisations pour financer les régimes spéciaux par lui votés ? Ne rêvons pas !

La mesure est passée sans faire grand bruit. Taxer les placements des épargnants à 15,5% fait descendre les petits épargnants dans la rue, taxer une fois de plus les 2,7 millions d'indépendants qui n'arrivent plus à s'en sortir n'émeut plus personne. Après tout, ils n'avaient qu'à être salariés. Mais cela relativise tout de même les choses. Taxer un plus riche que soi — ou prétendûment plus riche — est une mesure de justice sociale et de redistribution de bon aloi. Se faire taxer est toujours une mesure inique. Je traduirais ce comportement par « des impôts, oui, mais pour les autres ». Passons.

Pour rétablir l’équilibre des régimes de retraite à l’horizon 2020, le gouvernement a en effet prévu une hausse des cotisations retraite dites déplafonnées. Celle-ci n’apparaît subtilement pas dans le texte du projet de loi de réforme des retraites qui vient d’être adopté par l’assemblée nationale. Pourtant, cette augmentation devrait concerner tous les actifs : les assurés relevant des régimes des salariés, probablement ceux de la fonction publique, ainsi que les professions libérales qui sont toujours à la fête.

Et pour les artisans et commerçants, le projet de loi de financement de la sécurité sociale prévoit même de créer une cotisation elle aussi déplafonnée. Cette cotisation n'existe pas actuellement. Ainsi, à compter de 2014, les artisans et commerçants qui ont déjà la joie d'être affiliés au RSI et de connaître ses affres devraient en toute logique être redevables :

  • d’une cotisation d’assurance vieillesse plafonnée, calculée sur la part de leurs revenus inférieure ou égale au plafond annuel de la sécurité sociale (37032 euros par an en 2013), dont le taux actuellement fixé à 16,85% correspond déjà à la somme des cotisations plafonnées et déplafonnées appliquées dans le régime des salariés ;
  • d’une nouvelle cotisation d’assurance vieillesse déplafonnée, c’est-à-dire assise sur la totalité de leur revenu professionnel dont le taux serait égal, à l’horizon 2017, à l’augmentation de la cotisation déplafonnée prévue dans le régime général (soit 0,6%) et non au taux de 1,7% qui est le taux actuel de la cotisation déplafonnée du régime général.
 

Cotisation plafonnée *

Cotisation déplafonnée

2013

16,85 %

néant

2014

16,95 %

0,30 %

2015

17,05 %

0,40 %

2016

17,15 %

0,50 %

2017

17,15 %

0,60 %

Tab. 1 : régime social des indépendants : montée en charge des taux de cotisations

*La hausse du taux résulte d’un décret de 2 juillet 2012 pris pour financer l’ouverture du dispositif de retraite anticipée dit longue carrière aux assurés ayant commencé à travailler avant 20 ans.

Concernant le régime des professions libérales, aucune précision supplémentaire n’a été donnée, si ce n’est que cette augmentation sera mise en œuvre en lien avec les instances de ces régimes (sic). Cela devrait nous rassurer.

 

Occupons les gosses et montrons-leur la déchetterie pour leur enseigner la citoyenneté

25.10.13 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Vincent Peillon, actuel ministre de l'éducation nationale, s'est attaqué à faire fonctionner encore moins bien ce qui fonctionnait déjà mal. Sa réforme des rythmes scolaires pour le bien des enfants (sic) est une catastrophe à tel point que des municipalités qui avaient fait l'effort d'y entrer dès cette année sont en train d'essayer d'en sortir. Pour les autres se pose la question du financement des activités extrascolaires. Une cité dortoir de Seine-et-Marne, de 70000 habitants, pourtant de gauche, a calculé que l'application de cette réforme conduirait à une augmentation de 10% des impôts locaux l'an prochain. Une paille qui n'est pas dans l'œil du ministre.

Par ailleurs, il y a quelques jours est tombé le dernier classement PISA grâce auquel nous apprenons que le système éducatif français produit de plus en plus d'illettrés tout en étant de plus en plus cher au contribuable.

Au lieu de se poser la question qui est finalement de savoir si les pédagogues et les professionnels des sciences de l'éducation, un joli mot, ne seraient pas les fossoyeurs de l'école, on se contente d'annoncer de nouvelles réformes. Et là, après avoir crucifié l'école primaire sur l'autel du bien des enfants, Vincent Peillon s'attaque à la formation professionnelle. Dans quel but ? Rattacher les BTS aux universités ? Beau programme s'il en est. Et sans doute parfaitement utile.

Aujourd'hui, un collégien arrivant en classe de sixième ne sait plus ni lire ni écrire correctement. Sa compréhension d'un texte écrit est minimale. Vincent Peillon serait bien avisé de corriger ce qui ne va vraiment pas dans les apprentissages de l'école primaire plutôt que de réformer l'enseignement professionnel qui ne fonctionne peut-être pas très bien, mais dont les difficultés sont principalement issues des problèmes de l'enseignement primaire. Comment avoir un enseignement professionnel performant àpartir du moment où les élèves qui y entrent ne maîtrisement pas les matières fondamentales ?

Ne voulant pas s'attaquer au fond du problème, le ministre va une fois de plus s'attaquer aux seuls symptômes et sans doute y mettre les moyens nécessaires, moyens qui aurait certainement été bien plus utiles pour refaire de l'école primaire ce qu'elle a fait entre Jules Ferry et les réformes de l'ère pédagogienne que nous daterons à la louche au début de l'ère mitterrandienne.

Si ce n'était pas avec nos impôts, ce serait risible.

 

Le complexe de la chemise de nuit (de la camisole ?)

24.10.13 | par Le Grincheux | Catégories: Je hais les politiciens

Elle a osé. Tout est bon pour faire parler d'elle, même la communication la plus ridicule.

Fig. 1 : Marie-Ségolène Royal en chemise de nuit (en grand)

J'avoue que les bras m'en tombent. Surtout à la lecture du passage où elle prétend avoir été battue en 2007 parce qu'elle était en avance sur son temps et qu'elle était née femme. Ayant eu la chance de la rencontrer dans son bureau de la présidence de la région Poitou-Charentes, je ne suis pas sûr qu'il s'agisse de la seule raison. Je ne sais pas si vous voyez bien ce que je veux dire.

Chose amusante, outre le fait qu'elle se soit pliée alors que rien ne l'y obligeait au jeu de la photographie en tenue, elle a choisit de se faire prendre en mimant le tableau de Delacroix, la liberté guidant le peuple.

Non, ma grande, je ne vais pas comme tu le supposes te traiter de Jeanne d'Arc de pacotille ou de Marianne au rabais. Tu n'as l'étoffe ni de l'une ni de l'autre. Je vais en revanche appuyer sur le contresens que tu fais du tableau de Delacroix. Ce n'est pas très charitable, tu es une cible facile, mais je n'ai écrit nulle part que j'étais charitable.

La liberté de Delacroix, c'est avant tout une prostituée en tenue de travail. Ce tableau a été peint en 1831 par Delacroix pour faire plaisir au pouvoir en place, donc au roi Louis-Philippe. Il serait bon de s'en rappeler avant de l'ériger en symbole de la république.

 

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