Il l'a osé. Le ridicule ne tue plus de nos jours et, souvent, je me prends à penser que c'est bien dommage.
Cela vous a peut-être échappé, mais Jean-Luc Mélenchon a déclaré que Vladimir Vladimirovitch Poutine était dans son droit le plus strict lorsqu'il a envoyé ses troupes prendre la Crimée. Que ne ferait-il pas pour faire parler de lui et prétendre être le digne successeur du regretté Maurice Thorez, tellement apprécié des russes que ceux-ci ont rendu au quai de Moscou portant son nom son toponyme originel dès 1994. N'en déplaise à Mélenchon, l'ambassade du Royaume-Uni n'est plus à Moscou, quai Maurice Thorez, mais, sans avoir déménagé le moins du monde, quai Sainte-Sophie.
Donc, les russes occupent la Crimée, province autonome ukrainienne. Les européens et le gouvernement américain gesticulent, espérant faire plier Poutine. Symptomatiquement, l'Allemagne est en tête des actions diplomatiques à l'heure où j'écris ces lignes.
En effet, la situation est assez similaire à l'annexion des Sudètes par le Reich allemand à la suite des accords de Munich en 1938. Remplacez Daladier par Hollande — ou Fabius —, Chamberlain par Cameron et la SDN par l'ONU et vous aurez un bel aperçu de la situation actuelle.
En 1994, par le mémorandum de Budapest, la Russie s'était engagée à respecter l'indépendance de l'Ukraine. Mieux que cela, les USA, la Grande-Bretagne et la Russie étaient, toujours d'après ce mémorandum, garants de l'intégrité territoriale de l'Ukraine.
Lorsque Moscou a utilisé la désinformation pour prendre possession par les armes de la Crimée, il ne fallait pas négocier. Le temps n'était plus à la négociation. Il fallait immédiatement riposter à la façon Blitzkrieg. Pourquoi ? Parce qu'après la promenade russe en Géorgie en 2008, Poutine est en train de tester les puissances étrangères pour savoir jusqu'où il peut aller sans se faire taper sur les doigts par la communauté internationale. Et il serait temps que cette communauté internationale lui impose des limites. Gesticuler en déclarant que tel ou tel autre pays arrête ses préparatifs pour le G8 de Sotchi doit faire doucement rigoler les russes puisque nous avons plus besoin du gaz russe que les russes ont besoin de nous.
Poutine est un dictateur élu, omnipotent, un nationaliste de la pire espèce qui ne cherche pas à sécuriser son accès au Pont Euxun pour sa flotte. En effet, d'une part l'est de la Mer d'Azov est russe et rien n'empêche la Russie de créer une base maritime sur son propre sol et, d'autre part, le bail que la Russie avait pour sa base de Sébastopol court jusqu'en 2042. Non, Poutine veut recréer la grande Russie comme Adolf fut en son temps le chantre du pangermanisme.
En ce sens, cet homme est dangereux, hypocrite et bien plus faux d'ailleurs que les négociateurs du Reich allemand aux accords de Munich puisqu'eux, au moins, n'avaient pas l'outrecuidance de se cacher derrière une armée sans signe extérieur de reconnaissance.
Les russes imposent donc leur loi à l'Ukraine et finalement au monde entier. Les USA et la Grande-Bretagne vont perdre leur crédibilité, si tant est qu'il leur en reste une, puisqu'en tant que garants ils se doivent d'intervenir. Poutine sortira grand vainqueur car, contrairement aux Russes, personne ne veut la guerre et Mélenchon continue à faire du Mélenchon. Enfin, tout le monde ne peut pas être au diapason de l'histoire et on ne peut pas demander plus à Mélenchon qu'aux petits-fils de Charlemagne.
Remarquez bien, on ne peut pas en demander plus à Hollande, Cameron et Obama non plus. Les massacres en Syrie continuent avec la bénédiction de la Russie et l'Union Européenne continue à légiférer sur la vitesse des essui-glaces des véhicules utilisant son infrastructure routière au lieu de dégaîner sa diplomatie pour un conflit qui couve à ses portes.
Il me faut un document attestant que je suis à jour de mes cotisations URSSAF et RSI pour l'année 2013 pour être enregistré comme fournisseur de la société qui m'a envoyé concevoir la nouvelle mouture de Nao.
Pensez donc. Demander à l'URSSAF et au RSI de fournir une attestation fin février 2014 mentionnant que je suis à jour de mes cotisations de 2013 ? C'est tout bonnement impensable vue la rapidité de traitement des dossiers qui leur sont confiés. J'ai donc pris mon bâton de pèlerin représenté pour l'occasion par un téléphone cellulaire et deux numéros surtaxés, il n'y a pas de petits profits. En effet, contrairement à ce qui est écrit sur les sites de l'URSSAF et du RSI, il est impossible d'obtenir ces attestations électroniquement même une fois dûment enregistré sur les sites respectifs. J'ai essayé pour vous, ma comptable a confirmé.
Ayant déjà eu maille à partir avec le grand machin que personne ne nous envie et qui s'appelle l'URSSAF, j'ai commencé mes démarches par le RSI pour m'entendre dire que je ne suis pas un heureux cotisant de ce charmant bidule. Dans ce cas, qui donc se permet depuis plusieurs années de prélever des sommes indécentes sur mes comptes ? Le RSI ne me connaissant pas, je me rabats sur mon organisme conventionné qui, lui, me retrouve et m'annonce que je ne suis pas à jour de mes cotisations de 2012.
Là, je m'énerve parce que j'ai sous la main l'attestation du RSI qui ne me connaît pas et qui m'a pourtant envoyé un document que je conserve jalousement indiquant que toutes les cotisations dues pour 2012 avaient été réglées. Passons donc à 2013. Là encore, je ne serais pas à jour.
Il est vrai que j'ai eu un rattrapage énorme entre septembre et décembre 2013 et que j'ai demandé au RSI de régler ce rattrapage en trois fois, les 24 novembre, 24 décembre 2013 et 24 janvier 2014. J'ai eu droit au passage à 10% de pénalité. Là non plus, il n'y a pas de petits profits.
Si les deux premiers chèques ont bien été encaissés (déposés en main propre), celui de janvier 2014 envoyé en courrier suivi n'a pas été traité. À quoi aurais-je dû m'attendre, c'est presque un fonctionnement normal et pour une fois, la poste n'est pas en tort, ce courrier ayant bien été distribué.
Ne pouvant obtenir ce papier et n'ayant pas les moyens de payer immédiatement le relicat, je décide donc d'attaquer le centre d'appel de l'URSSAF par la face nord en leur demandant immédiatement si j'étais à jour de mes cotisations chez eux. La réponse étant affirmative, j'avance mon pion en demandant si, par le plus grand des hasards, il était possible de m'envoyer cette attestation par courrier électronique. Ce n'est pas possible. En revanche, ce qui est possible, c'est de l'imprimer chez eux depuis leur logiciel de gestion, de le glisser dans une enveloppe et de coller un timbre urgent sur cette enveloppe.
Nous sommes en 2014. J'ai bien vérifié tant j'ai eu l'impression un instant d'être tombé dans une faille de l'espace-temps. Les entreprises et les professions libérales sont contraintes à utiliser les déclarations informatiques, mais l'URSSAF est incapable d'envoyer par courrier électronique une attestation de règlement.
Nous vivons vraiment une époque moderne.
Après avoir entendu durant trois mois que j'étais trop diplômé, trop compétent pour ne pas dire trop cher, que j'allais m'ennuyer chez tel ou tel client, je vais participer à la conception de la nouvelle mouture de Nao. Qu'est-ce que Nao ? Un petit robot humanoïde d'une soixantaine de centimètres de haut tout à fait craquant et, chose qui devrait intéresser Montebourg, un produit français.
Fig. 1 : deux Nao en évolution
Je vais enfin pouvoir refaire de l'électronique intéressante, pas du bricolage ou de l'informatique jetable et inintéressante au possible. Étant donné que cette tâche est très prenante, je risque d'avoir un peu moins de temps pour mes séances régulières de thérapie de groupe.
Il serait malhonnête de dire que je soutenais les idées politiques du quotidien Libération, mais je dois dire que ce journal ne récolte aujourd'hui que ce qu'il mérite.
En effet, depuis sa création, il ne suffit pas pour un tel journal, estampillé à gauche, de traiter d'actualité, il faut encore qu'il ne perde pas de vue sa ligne politique. Or ce journal a trahi son lectorat en ayant une vue à court terme et, pensant caresser ce même lectorat dans le sens du poil, a perdu l'essence de sa ligne politique et éditoriale.
Acheter Libération n'est pas aussi neutre que lire le Monde ou le Figaro. Les partis pris des lecteurs sont plus prononcés. Mais cela ne signifie pas qu'il ne faut pas informer ses lecteurs.
Je me souviens qu'au début de la fameuse crise dans laquelle nous sommes toujours et que nous ne sommes pas prêts de quitter, j'avais pris rendez-vous avec le journaliste économique en chef de Libération. Pourquoi Libération ? Pour plusieurs raisons. D'une part, ce n'était pas très loin de chez moi, mais aussi je pensais naïvement qu'un journal marqué à gauche aurait plus de liberté pour informer ses lecteurs de ce qui était en train de se passer et qui allait nous envoyer dans le mur. J'ai eu un entretien de deux heures et j'avais apporté avec moi un certain nombre de documents sur l'asphyxie des entreprises par le secteur bancaire français. Lehman Brothers n'avait pas encore fait faillite et le château de cartes tenait encore à peu près. Il y avait matière à monter un dossier complet sur l'explosion à venir de l'économie française. Au lieu de cela, rien. J'ai juste eu une fin de non recevoir parce que cela n'était pas dans l'air du temps et que cela risquait de ne pas aller dans le sens de la ligne éditoriale du journal en question. Parler des problèmes du financement des entreprises dans un journal ouvertement de gauche sectaire n'était pas souhaitable.
Pourtant, tout en étant de gauche, il n'est pas interdit d'informer. Le Monde offre des tribunes à des gens de droite comme le Figaro le fait pour des gens de gauche. Libération, non. Ce titre est bien trop sectaire pour parler de choses qui pourraient froisser son lectorat.
Libération est ainsi victime de ce que j'appellerais le syndrome de l'Humanité. En effet, les lecteurs attendent moins d'un journal aujourd'hui une ligne politique qu'une source d'information. Mettre sur le papier juste ce que son lectorat attend est le meilleur moyen de se tirer une balle dans le pied parce que ce lectorat s'aperçoit assez rapidement avec tous les nouveaux media que l'information distillé est lacunaire. Acheter ce journal devient donc un acte militant, plus un acte dicté par un désir d'information.
Le seul moyen de sauver Libération est d'en faire un journal d'information, pas une tribune politique qui fournit accessoirement un peu d'actualité. Mais, je ne sais pas pourquoi, ce n'est pas dans l'air du temps. Advienne donc que pourra.
J'utilise du matériel informatique. Du vrai, censé être fiable, pas du PC ou du Macintosh pas cher et jetable. Rectification, le Macintosh est cher et pourtant jetable.
J'ai retiré de production récemment une Sun Ultra1E de 1997, mais il me reste toujours une U2E tournant sous Solaris9 vingt-quatre heures sur vingt-quatre et qui va aujourd'hui sur ses quinze ans de bons et loyaux services. Elle a d'origine 2 Go de mémoire et deux processeurs à 300 MHz. J'ai tout de même changé les disques d'origine pour qu'elle utilise deux disques de 300 Go en Raid1. On n'est jamais trop prudent.
Heureusement que j'avais cette machine sous la main puisque vendredi derner, dans la soirée, une de mes Sun T1000 a décidé de rendre l'âme sur un problème d'alimentation. Je précise que cette T1000 est branchée sur un secteur secouru et parfaitement ondulé à 230V, que l'onduleur produit une forme d'onde parfaitement sinusoïdale et que la température et l'humidité de la pièce blanche dans laquelle elle fonctionnait sont parfaitement régulées à 20°C et 40% d'humidité relative. Connectée directement sur le réseau électrique standard, je pense qu'elle aurait sauté bien avant.
Cette T1000 a moins de sept ans et son prix d'achat était de plus de dix mille euros hors taxe.
Ce qui est acceptable pour un vulgaire PC à moins de mille euros ne l'est pas pour une telle machine qui n'est pas exactement jetable. D'autant que l'on sait faire des choses fiables.
En effet, parmi mes machines bizarres mais assez rarement allumées, il me reste un lot de SparcStation 20 munies soit de deux SuperSparc 75 MHz ou d'HyperSparc 200 MHz en version double ou quadruple, une SparcStation 2 (de 1991) et une 5, une SparcStation IPX, une Ultra60, une Ultra420, quatre Blade2000 et un AlphaServer 800. En dehors d'une alimentation d'U60 qui a claqué mais il faut dire qu'elle avait été stressée par un réseau électrique perturbé à Brive-la-Gaillarde par de nombreux orages, aucune de ces machines n'a eu le moindre problème et elles fonctionnent toujours comme au premier jour. L'électronique peut donc être quelque chose de fiable, encore faut-il y mettre le prix et ne pas faire des économies de bouts de chandelles. Je passe naturellement mes Ultra5 qui sont vraiment légères d'un point de vue électronique et la qualité des mémoire d'origine Sun qui n'arrêtent pas de claquer depuis quelques années surtout dans les Ultra5, les Blade2000 et les T1000. Étrangement, en achetant des mémoires compatibles, je n'ai plus ce problème. Je ne crois pas trop aux coïncidences.
Force est de constater qu'à partir de 2005, si le prix des machines Sun n'a pas franchement baissé, leur qualité est devenue déplorable. Sun Microsystems a donc vécu depuis sur un malentendu. Si l'architecture Sparc est sans doute avec la POWER l'une des dernières architectures matérielles performantes et, n'ayons pas peur des mots, valables et propres depuis que l'Alpha a été fossoyé sans vergogne par Hewlett-Packard qui est en train de le payer très cher, le reste de l'électronique est particulièrement bâclé. Pourquoi donc acheter de telles machines beaucoup plus chères qu'un PC de base et tout autant jetables ? Aucune raison valable, tant financière que technique, ne le justifie.
Je ne sais pas ce que va devenir l'architecture Sparc. Je ne sais pas ce que va en faire Oracle, mais j'ai très peu d'illusions. Pourtant, les processeurs Sparc ont leurs épingles à tirer dans la bataille de la réduction de la consommation. Mes quatre antiques T1000 déploient cent douze fils d'exécution parallèles, sont chacunes munies de deux disques SAS et de 4 ou 8 Go de mémoire et sont connectées à une baie SunStorage de douze disques U320. Le tout consomme en pointe 4A sous 230V. Difficile de faire mieux, même avec des serveurs à base d'Intel Atom comme j'en ai vu récemment.
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